Ai Weiwei fait partie de ces hommes qui font feu de tout bois, qui savent utiliser plusieurs formes d’expression pour manifester leurs convictions. Sculpture, architecture, photographie, vidĂ©o, mais aussi Twitter (dans une Chine oĂą l’Internet n’est pas libre), tous les moyens sont bons pour permettre Ă l’artiste-blogueur dissident chinois d’envoyer des piques au rĂ©gime communiste. ArrĂŞtĂ© en 2011 et maintenu en dĂ©tention durant quatre-vingt un jours, l’artiste polymorphe a dĂ©cidĂ© de mettre en scène et de raconter sa pĂ©riode de captivitĂ© Ă travers un morceau intitulĂ© « Dumbass ». Un morceau de metal.
Autant le dire tout de suite, Ai Weiwei ne fait pas du metal pour faire du metal. Avec son premier album The Divine Comedy, prĂ©vu pour le 22 juin prochain, le trublion pĂ©kinois envisage surtout de se faire entendre et d’exprimer comme il l’entend ses pulsions crĂ©atrices. A l’instar de ses autres escapades inventives, l’ennemi artistique numĂ©ro un chinois ne vise ici aucunement la qualitĂ© ou la beautĂ©, mais la libertĂ©. AccompagnĂ© du musicien Zuoxiao Zuzhou Ă la composition, le chanteur improvisĂ© laisse vibrer ses cordes vocales avec une faussetĂ© et une dissonance complètement assumĂ©es, et dĂ©livre un propos des plus crus, en chanson mais aussi en vidĂ©o dans un clip rĂ©alisĂ© par nul autre que Christopher Doyle, directeur de la photographie des films de Wong Kar-wai.















































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