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Interview   

Bukowski : de la lave fleurit l’espoir


La résilience coule dans le sang bouillant de Bukowski. Confronté au décès de son membre fondateur, bassiste et parolier Julien Dottel, le groupe aurait pu légitiment choisir d’en rester là. Il a souhaité poursuivre son aventure, autant pour lui que pour faire vivre l’héritage de son frère d’armes. En résulte Cold Lava, un brûlot rock’n’roll qui va à l’essentiel et aligne onze pépites aux refrains imparables. Une reconnexion à ses racines que Bukowski a voulu totale en s’enfermant de nouveau au studio Sainte-Marthe de Francis Caste, producteur historique du groupe ayant officié sur les albums Amazing Grace, The Midnight Sons et Strangers.

Si Cold Lava s’inscrit de fait dans une certaine forme de « tradition » du son Bukowski, il symbolise autant le renouveau que la sérénité. Le groupe y apparaît plus soudé et complice que jamais, comme en témoignent les propos de Mathieu Dottel et Romain Sauvageon dans l’entretien qui suit. Les musiciens évoquent à cette occasion l’équilibre et les méthodes de travail qu’ils ont tous eu à trouver pour envisager l’après, la contribution essentielle de leur nouveau bassiste Max Müller ainsi que l’optimisme qui leur semble désormais nécessaire de trouver au quotidien.

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Chronique   

Lord Of The Lost – Opvs Noir Vol. 2


Opvs Noir Vol. 2 sort de sa tanière et, avec lui, Lord Of The Lost poursuit sa descente dans les ténèbres avec une assurance presque désarmante. Là où le premier volume posait les bases d’un univers opulent et dramatique, ce second chapitre en affine les contours, comme s’il explorait chaque ombre avec une précision nouvelle. La patine gothique, toujours présente, se fait ici plus sensuelle, plus intérieure, presque murmurée.

« The Fall From Grace » confirme cette ambition cinématographique : un piano lointain à la Hans Zimmer qui éclot lentement avant de devenir un morceau ample, presque lumineux. Une bouffée d’air avant la plongée : « Would You Walk With Me Through Hell » renverse aussitôt l’atmosphère. Sombre, ardent, presque vicieux, le titre façonne un véritable hybride avec Infected Rain, comme une chanson d’accueil aux portes de l’enfer. Plus loin, « Walls Of Eden » offre une respiration essentielle : plutôt que courir après un paradis fantasmé, Harms suggère de trouver l’Eden dans ce que l’on est. Tempo lourd, refrain aérien, batterie métronomique — un équilibre fragile mais puissant entre gravité et apaisement. L’album dévoile aussi des fulgurances intimes : « One Of Us Will Be Next », guidé par un piano délicat et un solo aux accents de « November Rain », rappelle une vérité simple : l’un de nous sera le prochain. Une mélancolie qui donne du poids à chaque instant. « The Last Star » étend enfin l’univers vers le cosmique : l’image d’une ultime étoile mourante, portée par des guitares doublant parfois la ligne vocale et un arrangement électronique presque à la Daft Punk. Parmi les collaborations, celle avec IAMX se distingue nettement. Le titre est fait pour Chris Corner, tant sa voix unique le façonne et l’ancre dans son esthétique, comme un pont entre deux mondes introspectifs.

Ce deuxième volume semble confirmer que la trilogie s’imposera comme l’une des œuvres les plus sensibles et profondes de Lord Of The Lost. Le groupe reprend les codes du Vol. 1 sans chercher à surprendre artificiellement : il préfère approfondir, consolider, densifier, comme si la vraie innovation résidait dans la façon de polir les ombres et d’y trouver une touchante beauté. On en redemande — et ça tombe bien : le Vol. 3 arrive bientôt, prêt à achever cette étreinte noire étrangement réconfortante…

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Live Report   

Last Train : Le minimalisme éclatant


Last Train a eu une année bien chargée. Le groupe a été vu partout : sur les routes, dans les salles pleines, sur les scènes des festivals en tout genre, dont un Hellfest remarqué. Sans bruit inutile, Last Train s’est imposé comme un groupe majeur du rock français. Ils avancent lentement mais sûrement, avec une identité forte et une base de fans solide.

Car Last Train est avant tout un groupe indépendant, au sens propre. Production, organisation, direction artistique : ils gèrent tout eux-mêmes. Cette autonomie se ressent dans leur musique, dans leurs choix, dans leur façon d’occuper une scène. Autour d’eux, une petite famille se serre les coudes, et le quatuor continue de grimper. Les dates complètes au Trianon et le Zénith à venir en sont la conséquence logique.

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Interview   

Rise Of The Northstar : la colère a des ailes


Le 22 novembre, Rise Of The Northstar a investi l’Olympia pour un show pensé comme un théâtre d’impact plus que comme un déploiement d’écrans. Après un Hellfest marqué par un dispositif volontairement épuré — grillage, matière, flammes, et une vraie envie de « recentrer » le propos — le groupe poursuit sa trajectoire en grandeur réelle : une scénographie artisanale, exigeante, qui privilégie l’humain et l’instant.

Nous les avons retrouvés à peine rentrés d’Amérique latine, où le public a chanté chaque ligne comme si le groupe jouait « à la maison ». Cette réception confirme l’élan international amorcé depuis longtemps — du Japon aux Amériques — sans jamais réduire ROTNS à un simple clin d’œil « manga ». Oui, l’imaginaire japanime irrigue l’esthétique et la direction artistique de Vithia, mais la musique puise tout autant dans l’urbain, le streetwear, l’énergie du live et une écriture qui refuse les étiquettes.

Avec le nouvel album, Chapter 4: Red Falcon Super Battle! Neo Paris War!!, la tension s’aiguise : urgence dans les structures, scratchs réels signés Yoru, ambition sonore modernisée, et une production confiée à Florent Salfati (Landmvrks) qui clarifie les reliefs sans lisser la fureur. On y entend davantage de français quand l’émotion l’exige, des zones chantées qui s’assument, et ce fil rouge — colère et résilience — que le groupe transforme en moteur. Le Falcon, mecha-protecteur et prière intime, cristallise ce renouveau. ROTNS aligne ses forces : une esthétique qui parle au regard, un son qui frappe au plexus et, surtout, un récit collectif qui ne cesse de s’écrire sur scène.

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Live Report   

Halestorm : l’ascension de l’Olympia


Après deux ans d’absence dans la capitale, Halestorm était de retour ce lundi 17 novembre pour présenter au public parisien leur nouvel album, Everest. Sorti en août 2025, le sixième opus du groupe de Red Lion a séduit la critique par des choix audacieux qui se démarquent des précédents. Des titres plus complexes, comme « Everest », qui donne son nom à l’album, ou qui basculent dans un registre plus trash comme « K-I-L-L-I-N-G » mais qui conservent la charge émotionnelle propre au groupe. Leur seul show français de ce dernier trimestre (et second de l’année) : une occasion exceptionnelle.

Pour ce grand retour, ils étaient accompagnés de Bloodywood, groupe dont la renommée ne cesse de croître depuis sa création en 2016. Leur dernier album, Nu Dehli, est également sorti en 2025. Un disque engagé mais festif et très énergique. La soirée promet d’être explosive avec deux formations et deux genres différents.

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Chronique Focus   

Lunatic Soul – The World Under Unsun


The World Under Unsun est loin d’être une sortie anodine pour Lunatic Soul. Le grand cycle dit du « cercle de la vie et de la mort », entamé aux débuts du projet dix-sept ans plus tôt, voit enfin ses deux bouts se joindre. L’occasion pour Mariusz Duda, si besoin en est, de rappeler que cette aventure au long cours ne se résume nullement à un bête projet parallèle : Lunatic Soul est aussi – voire plus – important que Riverside, ne serait-ce que du fait de la liberté qu’il s’y accorde et des vertus thérapeutiques de la démarche.

Ce fameux cycle, dont les composantes sont parues dans le désordre, conte les pérégrinations d’un personnage continuellement bringuebalé entre vie et mort. Cet épisode se glisse chronologiquement entre Fractured (2017) et Walking On A Flashlight Beam (2014), ce qui lui confère un trône au milieu de l’hémicycle consacré à la vie. Si on pourrait penser que cela ferait de lui un album tout rose, loin s’en faut : il traite de relations et habitudes toxiques. Le terme névralgique « unsun » du titre, référence à une éclipse solaire, souligne d’ailleurs que le monde et le personnage ne sont pas à leur plus fort.

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Live Report   

Le Metal Fest 09 fait (encore) bouger l’Ariège


Pour sa troisième édition, le Metal Fest 09 s’impose une nouvelle fois comme l’un des rendez-vous incontournables pour les amateurs de metal en Ariège et plus largement en Occitanie. Installé dans la salle de La Laure à Saverdun, l’événement a réuni, durant deux soirées intenses, un public fidèle venu célébrer la diversité du genre dans une ambiance conviviale, chaleureuse et résolument à taille humaine. Pensé pour mettre en valeur aussi bien les talents émergents que les formations confirmées de la scène internationale, le festival continue d’affirmer son identité : accessible, passionnée et entièrement tournée vers le plaisir du live.

Cette année encore, l’organisation – menée par l’association Back In Black – a misé sur une programmation variée, allant du metal moderne au heavy théâtral, en passant par le power, le metalcore et les univers plus hybrides. Une ligne artistique assumée qui fait dialoguer les générations, les styles et les esthétiques tout en donnant une place de choix aux groupes peu mis en lumière. On y retrouve pêle-mêle : The Troops Of Doom (le groupe de l’ex-Sepultura, Jairo « Tormentor » Guetz), Persefone, Sujin, Drakkar, Rankken, Blind Wisdom, Th3ory ainsi que les jeunes pousses d’Ask Your Mom et Choatic Circus. Bref, il y a de tout pour tout le monde !

Entre énergie brute, scénographies marquantes et concerts taillés pour la scène, cette édition a une nouvelle fois montré que le Metal Fest 09 ne cesse de grandir, sans jamais perdre son esprit initial : faire vivre le metal dans son territoire avec sincérité, passion et une envie constante de rassembler. Retour sur un cru 2025 qui a fait vibrer Saverdun au rythme des riffs et d’une ferveur partagée…

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Interview   

Soulfly : l’esprit de la flamme


Décidément, Soulfly devient de plus en plus une histoire de famille. La preuve avec son treizième album, Chama, dans lequel Zyon Cavalera, non seulement conserve le poste de batteur, mais est également promu au rang de coproducteur. Igor Amadeus, quant à lui, signe l’histoire sur laquelle se base le disque, celle d’un enfant des favelas qui trouve l’éveil spirituel auprès des tribus indigènes et dans la nature. Un récit dont la dichotomie fait écho à celle des morceaux que Max Cavalera qualifie de « technologie tribale », entre rythmes organiques et couches bruitistes. Une approche qui, dans l’attitude, l’esprit, plus que la musique, lui rappelle le tout premier album du groupe…

Nous en discutons avec l’homme qui se dit attiré autant par le chaos que par la spiritualité de la nature, et qui a à cœur d’encourager sa descendance, tout comme son ascendance a contribué à faire de lui ce qu’il est. De l’inspiration initiale venant d’un artiste de MMA à la notion d’hommage – notamment à L.G. Petrov, regretté frontman d’Entombed –, en passant par le plaisir des jeux de mots, Max nous raconte Chama.

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Chronique   

Brainbombs – Die


Cette année, Brainbombs fête ses quarante ans. Quatre décennies donc que les Suédois tracent leur route avec le même mépris pour les évolutions de l’industrie musicale que pour le monde qui les entoure en général, déversant sans faiblir leur mélange de noise et de punk crade et nihiliste sur qui veut bien l’entendre, gagnant au passage un statut quasi culte. Provocateurs paresseux ? Rois des edgelords ? Purs produits de leur époque ? Psychopathes ? Génies incompris ? Quelque part entre les Stooges, Big Black et Whitehouse, les musiciens de Brainbombs ont toujours été un peu tout ça à la fois, et ils le sont plus que jamais sur leur dixième album, sobrement intitulé Die – on n’en attendait pas moins d’eux.

C’est que leur force d’inertie est spectaculaire : dès la première chanson, on retrouve la formule dans laquelle ils excellent, pratiquement intouchée depuis leurs débuts. Un riff tourne en boucle, la batterie, noyée à l’arrière, martèle un mid-tempo inébranlable, et Peter Råberg répète des horreurs d’une voix blanche au fil de morceaux toujours un peu trop longs, histoire d’enfoncer le clou, le tout avec un sens imparable du riff qui fait mouche, qui hypnotise, voire qui s’incruste durablement dans la tête (« Afternoon Sun », dont le titre bucolique ne trompe personne). Pour couronner le tout, Brainbombs a aussi gardé sa façon incomparable d’instiller le malaise, à coups de couches de guitares glaciales en toile de fond, de solos de wah wah complètement désarticulés (« Parents Bed ») et évidemment de trompette déglingos (« Kill Again »). Dans le genre, Die n’est pas avare de sommets, ni même de nuance (!), du riff ultra brutal et de la basse gargouillante de « Cooking You » au bluesy et lancinant « Long Liz ». Bref, pas de doute, le temps n’a pas émoussé les crocs des Suédois : avec un Die plus proche du monolithe Obey que des quasi psychédéliques sorties récentes, ils prouvent qu’ils sont toujours une valeur sûre pour les jours où on s’est levé du mauvais pied et où on vomit ses contemporains…

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Live Report   

Pogo Car Crash Control retourne La Cigale


Formé à Paris au milieu des années 2010, Pogo Car Crash Control fait partie de ces groupes qui se sont construits dans la durée, loin des raccourcis et des coups d’éclat prématurés. Sans renier ses fondamentaux, Pogo Car Crash Control a progressivement affiné son écriture, densifié son son et gagné en cohérence. Les colères sont devenues plus structurées, les morceaux plus nuancés, laissant apparaître une identité désormais parfaitement identifiable. Cette date à La Cigale, affichant complet, n’a donc rien d’anodin. Elle symbolise autant une reconnaissance qu’un passage de cap. Celui d’un groupe que l’on a suivi à ses débuts, que l’on a vu évoluer scène après scène, et qui s’impose aujourd’hui comme l’un des représentants majeurs d’une scène punk française vivante et décomplexée.

Pour cette soirée importante, Pogo Car Crash Control a choisi de partager l’affiche avec Grandma’s Ashes, trio en pleine ascension, déjà remarqué ces derniers mois, notamment lors de sa présence aux Foudres. Un choix cohérent, qui témoigne d’une volonté de mettre en avant une scène française plurielle.

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