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Chronique   

Loudblast – Manifesto


Trente-cinq ans de Loudblast. 2020 devra aussi se rappeler ce fait. Depuis Burial Ground (2014), le groupe a célébré son trentième anniversaire via l’album live III Decades Live Ceremony (2017) et a organisé une tournée pour honorer l’un de ses albums phares, Sublime Dementia (1993). Six années se sont ainsi écoulées depuis le dernier effort studio de Loudblast. Une période occupée par les tournées, les projets supplémentaires des membres (Les Tambours du Bronx, Black Bomb A, Sinsaenum), les préoccupations personnelles et un remaniement de line-up. Le bassiste Alex Lenormand et le guitariste Drakhian ont été remplacés par Jérôme Point-Canovas et Frédéric Leclercq (ex-Dragonforce, Sinsaenum, Kreator). Manifesto profite ainsi d’un nouvel élan, malgré les restrictions sanitaires. Après le très noir et déjà remarquable Burial Ground, Loudblast a étoffé ses arguments et Manifesto profite grandement de cette nouvelle rhétorique.

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Interview   

Sólstafir règne sur sa montagne


Si le passé extrême de Sólstafir semblait être un lointain souvenir, il est pourtant bel et bien resté présent dans le cœur des musiciens du groupe. En témoignent certains éléments qui parsèment son nouvel album Endless Twilight Of Codependent Love (la chanson « Dionysus » surtout). Ce dernier est surtout, en partie, un retour à une approche où le « riff » de guitare est davantage au centre de la composition de Sólstafir, favorisé par les concerts anniversaires de Köld (2009) l’an dernier. C’est d’ailleurs amusant de voir Aðalbjörn Tryggvason alias Addi en être le premier surpris, lui qui a toujours dit que ce groupe ne regarderait jamais en arrière… En réalité, Sólstafir ne suit aucune règle, c’est même ce qui permet à ses membres de nourrir leur enthousiasme et leur créativité. L’émotion est le seul prérequis et Endless Twilight Of Codependent Love le démontre, avec quelques surprises.

Exposant des réflexions et témoignages sur les dérives de l’amour, la maladie mentale ou l’addiction – des thèmes chers à Addi –, Endless Twilight Of Codependent Love est un voyage à la fois onirique et accidenté, à l’image des paysages islandais, sur lesquels trône la Dame de la Montagne, incarnation féminine du pays qui illustre la pochette. On parle de tout ceci en détail dans l’entretien qui suit, l’occasion pour le frontman de rendre un hommage à l’une de ses plus grandes influences, partie il y a quelques mois.

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Chronique   

Fates Warning – Long Day Good Night


Lorsque Fates Warning a déclaré vouloir se remettre en selle, il n’a pas menti. Depuis 2013 et un long silence de neuf ans, le groupe enchaîne à nouveau les sorties à un rythme tout à fait respectable, avec trois albums en sept ans. Fates Warning tient à conserver son statut de figure de proue de la scène progressive, fort de trente-huit ans d’expérience. Darkness In A Different Light (2013) a été le point de départ d’une « rénovation » de l’identité sonore de Fates Warning. Long Day Good Night ne tranche pas avec ses prédécesseurs, il est la continuation logique d’une dynamique positive pour le groupe désormais de retour sur son label d’origine, Metal Blade. Il est l’album le plus long de la formation, fort de treize chansons (pour un treizième album) d’une durée de près de soixante-treize minutes. Fates Warning n’a pas voulu opérer de coupe ou brider son inspiration pour correspondre à une identité musicale définie au préalable. Pourtant, malgré l’apparente diversité et la longueur de Long Day Good Night, il y a une homogénéité en filigrane. Fates Warning joue avec les frontières de la cohérence, du confort et de la redite.

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Interview   

Black Stone Cherry : l’humain avant tout


Black Stone Cherry a toujours pris soin de parler de la vie, la vraie, que ce soit la leur dans le fin fond du Kentucky ou celle de personnes ayant croisé leur route. La condition humaine, ça les connaît. Voilà pourquoi le titre du nouvel album du quatuor, The Human Condition, sonne comme une évidence. Un titre qui, comme les premières secondes du premier morceau, prend forcément une autre dimension avec la crise que traverse actuellement le monde, et notamment l’industrie musicale et du divertissement. A cet égard, en tant que maniaco-dépressif, le chanteur Chris Robertson ne nous cache pas tout le mal qu’il a à vivre cette situation.

Heureusement, la musique est là pour nous permettre de nous échapper et nous donner un peu de joie, à l’instar de ce septième album gorgé de rock galvanisant que le groupe a pris beaucoup de soin à confectionner ou de cette collaboration à laquelle il a pris part il y a quelques mois avec Monster Truck pour la création en live-stream d’une chanson commune. A L’aube de ses vingt ans, et malgré les circonstances, Black Stone Cherry affiche encore une forme olympique.

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Chronique   

Déluge – Ægo Templo


Cinq ans après leur premier album, Æther (2015, Les Acteurs de l’Ombre), très chaleureusement reçu par un public français pointilleux et entraîné à des productions nationales de qualité en black et post-metal, les « untrve » de Déluge reviennent sur le devant d’une scène exigeante avec un nouvel opus accompagné par le géant Metal Blade Records. Ægo Templo se veut plus accessible que son prédécesseur, avec des textes majoritairement en français, autour de problématiques plus universelles, soit la recherche d’un idéal, le travail à accomplir pour s’élever, en tant qu’individu et en collectivité humaine.

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Interview   

Pallbearer à la recherche du temps perdu


Fleuron de la scène doom américaine, Pallbearer remporte tous les suffrages parmi les fans du genre et au-delà depuis son premier album, Sorrow And Extinction, comme son nom l’indique un monument de lourdeur et de tristesse traversé de lumière. Dix ans plus tard et après un Heartless progressif à souhait, c’est avec un doom très noir que revient le groupe : Forgotten Days, comme son titre le suggère, parle de deuil, de perte et d’impermanence. On y retrouve la patte des Américains, la richesse de leur palette, du funeral doom au krautrock, leur voix mélancolique, et leur amour pour les longs titres psychédéliques. Album originellement conçu pour le live qui sort dans un monde où les concerts sont devenus impossibles, il est paradoxalement plein de vie : c’est de cela, entre autres, que nous avons parlé avec Joe Rowland.

Bassiste et l’un des deux compositeurs principaux du groupe aux côtés du chanteur Brett Campbell, Rowland nous offre un très approprié voyage dans le passé à travers la carrière de Pallbearer, du deuil qui imprègne sa musique à sa passion pour la musique des années 70, entre nostalgie et touches d’espoir.

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Chronique   

Sólstafir – Endless Twilight Of Codependent Love


Alors que la période hivernale couvre doucement l’Hexagone, que le temps s’assombrit et que les journées laissent plus rapidement place à la nuit, un vent glacial venu tout droit d’Islande précipite l’œuvre de la nature. Qui d’autre que Sólstafir pour venir à la fois obscurcir et éblouir de son « rayon crépusculaire » une atmosphère encore partiellement brumeuse depuis Berdreyminn en 2017 ?

Maintenant loin du black metal quelque peu éclairci au rock de leurs premiers albums, Endless Twilight Of Codependent Love s’inscrit tout de même dans la continuité d’un post-rock saturé aux accents sombres et aux aplats atmosphériques, paisibles et éthérés, que poursuit le groupe depuis ces six dernières années, à ceci près que cette ambivalence semble toujours plus poussée et recherchée. Pour cause, dans son travail de composition, Aðalbjörn « Addi » Tryggvason (cofondateur du groupe) ne cesse d’expérimenter, s’affranchissant de toute règle en termes de style, et permettant ainsi au groupe de s’approprier différents genres musicaux en les alliant avec justesse à son identité.

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Interview   

Greg Puciato : libre et intégré


L’intégration. C’est le mot clé pour Greg Puciato qui, depuis l’arrêt de The Dillinger Escape Plan, semble entamer une nouvelle phase de sa vie d’artiste, voire de sa vie tout court. Une nouvelle phase dont les prémices sont à trouver dans les dernières années avant la séparation de son ancien groupe emblématique, ou plus précisément dans la frustration qui montait, à se sentir enfermé dans un carcan créatif sans avoir les moyens – en termes d’énergie et de temps – de s’en extraire. The Black Queen a justement été créé comme un négatif émotionnel de The Dillinger Escape Plan.

Mais l’heure est aujourd’hui à l’intégration donc, c’est-à-dire arrêter de compartimenter sa vie, et notamment sa vie artistique, et mettre tout Greg Puciato dans une seule et même entité qui porte son nom. Child Soldier: Creator Of God est né. Un album émotionnellement hétéroclite, comme nous le sommes tous, finalement, capable ne nous apaiser comme de nous retourner le cerveau et d’y créer le chaos. Mais cette virée solo, c’est aussi le fruit d’une démarche plus globale, celle d’une recherche de contrôle et de liberté totale, celle qui a poussé Greg Puciato, à la manière d’un Mike Patton, à créer son propre label Federal Prisoner qui lui permet de s’émanciper de structures davantage motivées par le business que par l’art et, à terme, de proposer à de jeunes artistes de changer les règles du jeu.

Toujours aussi captivant, Greg Puciato a échangé, longuement et en détail, avec nous sur tout ceci, exposant ses démarches et ses introspections. A vrai dire, le seul sujet sur lequel le chanteur n’ose pas s’étendre, c’est sur le contenu de ses textes, comme il nous l’a expliqué : « C’est très difficile pour moi de parler du sens de mes paroles sans rentrer dans ma vie personnelle. A la seconde où tu rentres dans ta vie personnelle, c’est comme quand des gens écrivent des biographies, tu évoques également la vie d’autres personnes. Donc la seule façon pour moi d’aborder ces choses est de le faire de manière abstraite et artistique. »

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Chronique   

Mr. Bungle – The Raging Wrath Of The Easter Bunny Demo


Un voyage dans le temps. Mr. Bungle ne pouvait pas acter son retour normalement, en proposant de la nouvelle musique après s’être séparé aux alentours de 2001. Au contraire, ils veulent replonger dans leur adolescence et renouer avec leurs premiers affects, là où puberté et musique offraient un mélange savoureux. Lorsqu’un projet de réunion pour quelques concerts a émergé très récemment (avec des setlists ne comprenant strictement aucun morceau de leurs trois albums sortis chez Warner Bros.), le trio composé du fameux Mike Patton, de Trevor Dunn et de Trey Spruance avait déjà en tête de réenregistrer sa toute première démo datant de 1986 au titre alléchant : The Raging Wrath Of The Easter Bunny. La décision a été prise lorsque Mike Patton s’est vu offrir pour son anniversaire des versions réenregistrées avec Dave Lombardo à la batterie. Un argument de poids. Mr. Bungle a donc entrepris de réenregistrer intégralement sa première œuvre en s’aidant de l’ex-batteur de Slayer, accompagné du non moins célèbre Scott Ian d’Anthrax en tant que deuxième guitare. Mr. Bungle respecte l’esprit original des compositions, aussi juvéniles qu’agressives. Un véritable thrash d’adolescents joué par des musiciens accomplis.

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Interview   

Arkan : « C’est toujours l’espoir qui gagne »


« Décennie noire ». « Années de plomb ». « Années de braise ». Autant d’expressions à la limite du poétique pour décrire dix ans de conflit armé entre le gouvernement algérien et divers groupes islamistes. Dix ans de violences qui ont fait des milliers de morts, de disparus et de déplacés. Une guerre dont on parle peu dans les manuels scolaires et dont beaucoup de Français seront sans doute surpris d’apprendre qu’elle s’est officiellement terminée en 2002 – autant dire hier.

Pour Samir Remila et Mus El Kamal, respectivement bassiste et guitariste d’Arkan, la guerre civile algérienne, c’est du vécu. Une enfance et une adolescence passées sur fond d’ultra-violence, cela laisse forcément des traces… mais pas nécessairement celles que l’on attendrait. En bons artistes, Samir et Mus ont exorcisé ce passé « complètement taré » en musique, et développé avec leurs compères un album concept qui permet de (re)découvrir la décennie noire de l’intérieur, à l’échelle humaine ; à la fois une ode à la résilience et un avertissement on ne peut plus en phase avec l’actualité.

On en parle ci-après avec quatre des cinq membres d’Arkan, restés positifs et souriants malgré le sujet grave de leur nouvelle galette – et malgré le contexte actuel, pas vraiment favorable aux musiciens.

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