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Chronique   

1349 – Massive Cauldron Of Chaos


Frost est un homme occupé. Au-delà du talent certain qu’il est juste de lui reconnaître et qui le mène de facto à souvent se retrouver le nez dans le guidon, à plancher sur tel et tel projet, le batteur a eu de quoi faire ces dernières années avec le retour de Satyricon en studio et sur les routes du monde l’an passé. Du coup, dans tout cela, quelle place, quel temps et surtout quelle énergie le cogneur avait-il à mettre du côté de chez 1349, son autre formation stable ? A première vue suffisamment pour pouvoir embrayer dans la foulée sur ce qui forme aujourd’hui le cinquième album de la formation. Massive Cauldron Of Chaos, c’est son nom. Et oui, il est là pour taper sur la tête de l’auditeur. Comme à l’accoutumée en quelque sorte. Mais pas que…

Assurément c’est cette perpétuelle impression de « frapper avant de parler » qui colle le mieux à la formation. Ainsi, cette nouvelle galette retrouve cet aspect direct et froid, associant un riffing acéré à des tempos rapides et des blasts parfois foudroyants. Voilà ce qui forme le socle quasi inaltérable de 1349 depuis 1997 de toute façon – à l’exception d’un Revelations Of The Black Flame (2009) décrié et des interludes dispensables de Demonoir (2010). Frost et ses comparses balancent la sauce dans un élan plus ou moins linéaire, sans véritable moment de faiblesse et déroule sa panoplie de plans typiques du genre (« Chained », « Golem »). La batterie roule toute seule, la basse se fait discrète (quoi que audible). Massive Cauldron Of Chaos apparaît aux premiers abords comme un énième opus du combo, fidèle à ce qui a fait la réputation de ce dernier. Or, qu’il serait réducteur de cantonner 1349 à ce seul black metal, pour ainsi dire, « bourrin » ! Car Massive Cauldron Of Chaos est bel et bien un chaudron, dans le fond peut-être pas tant de chaos, mais en tout cas qui surprend à faire mijoter ce black obscur et ardent dans un condensé (très léger et subtil) de « nébuleuses mélodies ». Oui, cet album vise essentiellement à perforer les oreilles des auditeurs mais se veut parsemé de plans, solos et leads mélodiques du guitariste Archaon (« Slaves », « Exorcism » ou encore « Mengele’s ») qui sortent véritablement de nulle part et qui, tout comme ces brèves cassures rythmiques accueillant des riffs plus heavy (« Postmortem » dont l’intro est déjà diablement efficace) voire ambiancés (« Godslayer »), assurent ainsi des respirations bienvenues et un certain sentiment de surprise.

Tant dans la forme que dans le fond, 1349 effectue finalement un recentrage sur son essence (exit les expérimentations hasardeuses) doublé d’un subtil ravalement de façade qui, inévitablement, saute aux oreilles. Cet opus plus fouillé apporte du sang neuf à une musique autrement semblable à un rouleau compresseur. Ici les Norvégiens arrondissent les angles, réchauffent les cœurs avec une production globale agréable et démontrent, à qui en aurait douté, que 1349 ne repose pas seulement sur son batteur. La guitare s’accorde une place de choix, pendant que Ravn assure, de sa voix rappeuse, un chant incantatoire venimeux durant ces trente-sept minutes intenses et soutenues. Le combo ajoute de toute évidence une corde de plus à son arc, débride son propos et casse, en partie, sa « légende ».

Ci-dessous le titre « Mengele’s » :

Album Massive Cauldron Of Chaos, sortie le 30 septembre 2014 chez Indie Recordings.



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