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Interview   

21 Octayne : le classic rock 2.0


Semblant débarquer de nulle part étant donné le caractère déjà très mature et expérimenté de leur premier album Into The Open sorti plus tôt cette année, on comprend vite à la lecture de la biographie du groupe que ces quatre musiciens sont tout sauf des novices. Hagen Grohe chante pour le Joe Perry Project du guitariste d’Aerosmith, le guitariste Marco Wriedt officie chez Axxis, le bassiste Andrew Lauer a fait ses armes aux côtés du guitar-hero Paul Gilbert (Mr. Big) dans son groupe solo et Alex Landenburg est actuellement le batteur du Rhapsody de Luca Turilli et de Mekong Delta – et la liste des groupes dans lesquels il a officié à un moment ou un autre est tout bonnement impressionnante. Inutile de chercher plus loin d’où provient cette capacité à proposer des chansons à la fois « catchy » et musicalement stimulantes, les éléments de réponse sont dans les curriculum vitae des musiciens.

En revanche, ce qui étonnera, et plutôt agréablement, c’est cette variété dont fait preuve 21 Octayne, touchant, évidement, au hard rock et au metal, mais aussi à la funk (quelques grooves et slaps de basse) et au grunge, le tout sous couvert de classic rock. « Nous aimons toujours nous définir comme faisant du classic rock 2.0 » nous dit d’ailleurs le chanteur, mais aussi producteur et concepteur de la pochette de l’album, Hagen Grohe (n’a-t-il pas un petit air de Tobias Sammet ?) en fin de l’entretien qui suit où il nous y raconte la formation de ce groupe et la conception de ce premier album.

« Il s’est juste trouvé que nous avons cette large variété de styles mélangés dans nos chansons, mais ce qui était important pour nous dès le tout début, c’était que nous voulions faire de bonnes chansons. »

Radio Metal : Vous aviez tous d’importantes expériences au sein de divers formations avant de fonder 21 Octayne. Y avait-il une quelconque importance à ce que tous les membres du groupe aient déjà une bonne expérience de la scène et des studios ?

Hagen Grohe (chant) : Non, parce que nous n’avons pas choisi les membres pour leurs expériences. Nous nous sommes simplement rencontrés naturellement lorsque nous étions à la recherche de musiciens pour le groupe. Nous n’avons pas fait de casting ou quoi que ce soit de ce genre. Le groupe a commencé lorsque notre batteur et notre guitariste, Marco et Alex, se sont rencontrés pour la première fois il y a de ça des années et ils sont devenus amis. Et Alex avait un autre ami qui se trouvait être un bassiste vraiment super et il l’a appelé. Lorsqu’ils se sont mis à la recherche d’un chanteur, il me connaissait depuis que nous avons été impliqués dans certains groupes ensemble et il m’a appelé pour voir si j’étais intéressé. Nous nous sommes simplement rencontrés, avons jammé et ça a paru vraiment naturel. Ça collait et nous avions cette super alchimie. Nous n’avons cherché personne en disant : « On a besoin de quelqu’un qui soit déjà expérimenté en ci ou ça. » Tout s’est fait très naturellement.

Vous avez commencé à jammer ensemble en 2010. Comment se fait-il, par conséquent, que cela vous ait pris quatre ans pour sortir votre premier album ?

Eh bien, tout d’abord, c’est notre premier album. Nous voulions lui donner du temps pour qu’il soit bien fichu et exactement comme nous le voulions. Mais, en fait, le premier enregistrement de la première chanson avait déjà commencé en 2011. Nous avions commencé à travailler avec un producteur à l’époque et nous avions presque terminé les enregistrements de base en 2012. Mais à l’époque nous nous sommes rendu compte que ça allait dans une direction dont nous ne voulions pas musicalement et point de vue son. Ça ne ressortait simplement pas de la manière que nous souhaitions au départ. Nous avons donc pris une grosse décision à l’époque : nous avons coupé le cordon et arrêté la coopération avec ce producteur. Après avoir pris pas mal de temps à repenser où nous voulions aller, nous avons décidé de tout prendre en main nous-mêmes et nous occuper de la production par nous-mêmes. Ce qui s’est donc passé, c’est que j’ai fini par tout produire moi-même dans mon propre studio, en enregistrant tout une nouvelle fois, ce qu’on a commencé à faire en 2013, à peu près. Ensuite, au final, bien sûr, tout était une question de trouver les bons partenaires pour collaborer, en commençant pas notre manager qui est avec nous depuis à peu près un an maintenant. Et la dernière pièce du puzzle, évidemment, était de trouver le bon label, ce qui a aussi pris du temps car nous voulions nous assurer que tout était parfait, car tu n’as qu’un premier album. Donc, au bout du compte, je pense que, avec le recul, le fait de tout faire par nous-mêmes et que les quatre gars soit responsables de la composition de toutes les chansons, de la production de l’album, de l’enregistrement, etc. était l’une des meilleures décisions que nous ayons prise. J’ai fait le mix et le master. J’ai même fait l’illustration par moi-même. Donc, ouais, c’était quelque chose d’important à faire pour nous et nous ne voulions pas sortir quelque chose à moitié terminé. Nous voulions le finir parfaitement avant de dévoiler notre musique au monde.

Votre premier album contient beaucoup d’accroche et de mélodies mais aussi un grand sens musical. Est-ce que cette combinaison était importante ?

Oui, bien sûr. Tout d’abord, merci pour le compliment. Bien sûr que c’est important pour nous mais, encore une fois, ceci est quelque chose qui s’est fait très naturellement et ce n’était pas planifié. Nous avons quatre caractères vraiment différents dans le groupe, d’un point de vue personnel mais aussi par rapport au background musical de chacun. Et il y a aussi un éventail très, très large de goûts musicaux dans le groupe. Donc, lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois, nous avons jammé ensemble. Nous ne voulions pas nous restreindre à quoi que ce soit. Nous avons dit : « Pas de limites. Nous verrons simplement ce qui en ressort. » Nous avons donc joué ensemble et avons écrit les chansons ensemble et chacun y a mis ses diverses influences. Il s’est juste trouvé que nous avons cette large variété de styles mélangés dans nos chansons, mais ce qui était important pour nous dès le tout début, c’était que nous voulions faire de bonnes chansons. Nous voulions montrer un bon sens musical et des choses comme ça, mais nous voulions toujours conserver des structures de chansons simples, avec des chansons courtes, sans avoir des longueurs de dix ou douze minutes avec beaucoup de solos et tout. Nous voulions faire des chansons avec des structures simples et des refrains accrocheurs ; les refrains sont toujours très importants pour nous, pour faire des bonnes chansons qui plaisent à beaucoup de monde.

L’album est très varié, mélangeant de nombreux styles, que ce soit du hard rock, du rock progressif, du metal et même de la funk. Êtes-vous un groupe qui veut s’affranchir des limites de styles ?

Oui, comme je te l’ai dit, tout s’est fait très naturellement car nous avons tant de personnalités musicales dans le groupe et nous aimons tous types de musique, de la funk et de la soul au pop rock, aux trucs heavy et progressifs et même la musique classique. Nous avons donc juste essayé de rassembler tout ça, les mélanger et nous voulions simplement voir ce qui en ressortait. C’est une autre raison pour laquelle chaque chanson sonne différemment propose des styles différents, avec un peu de ci par ici, un peu de ça par là. Certaines sonnent plus heavy, certaines donnent l’impression d’avoir des influences metal plus prononcées et certaines sont plus prog. Il y a quelques trucs très pop, comme des ballades. Nous ne sommes partis de rien avec chaque chanson. Nous avons dit : « OK, nous allons voir ce qui se passe » et voulions juste faire de la bonne musique que nous apprécions.

« Si tu es un fan de metal ou un genre de fan de pop rock grand public, tout le monde trouve quelque chose qu’il aime dans notre musique. »

Comment êtes-vous parvenus à rendre le tout cohérent tout au long de l’album malgré cette grande diversité ? N’aviez-vous pas peur de perdre l’auditeur à un moment donné ?

Oui, bien sûr. Lorsque tu commences, tu penses à ça, évidemment, tu penses à la manière dont les gens vont réagir à un mélange si diversifié. Nous ne savions pas si au final les gens écouteraient l’album en disant : « Qu’est-ce que c’est que ça ? J’entends ci, j’entends ça, mais je n’aime pas. » Mais c’est l’opposé en fait, nous avons donc eu la chance que le mélange de nos styles semblait vraiment être apprécié par beaucoup de gens, justement grâce à cette variété et diversité. Tout type de fan de musique, tout du moins dans le style rock, si tu es un fan de metal ou un genre de fan de pop rock grand public, tout le monde trouve quelque chose qu’il aime dans notre musique. C’est donc une excellente chose. C’était, bien sûr, très important pour nous.

Le titre de l’album Into The Open représente-t-il le type de musique que vous faites et la liberté que vous vous octroyez ?

Bien sûr, tu pourrais dire ça. Je veux dire que c’est la raison pour laquelle nous avons choisi cette chanson pour être la chanson éponyme. Lorsque nous l’avons écrite, ou tout du moins lorsque les paroles de la chanson étaient terminées et que nous savions que nous avions une chanson qui s’appelait « Into The Open », nous savions que ça allait être le titre éponyme, car c’était un titre parfait pour un premier album. C’est ce que nous faisons là maintenant : nous sommes un nouveau groupe, nous sortons cette nouvelle musique et c’est un challenge. Bien entendu, c’est toujours un risque à prendre parce que, comme je l’ai dit plus tôt, tu ne sais jamais ce qui va se passer et si les gens aimeront ce que tu fais ou pas. C’est donc une chanson très importante pour nous et particulièrement en raison la situation dans laquelle nous nous trouvons là tout de suite, tu sais, le fait d’être un nouveau groupe à sortir de la nouvelle musique et voir où notre voyage nous mène.

Pourquoi avoir mentionné « pas de clavier/pas de samples » dans le livret ?

[Rires] C’est quelque chose que j’ai écrit lorsque j’ai réalisé l’artwork, le livret et tout. Ce n’est pas que nous n’aimons pas les claviers ou quoi, ce n’est pas du tout ce que ça signifie. Nous aimons les claviers et nous aimons beaucoup de groupes qui ont de super et fortes influences de claviers. Mais il s’est juste trouvé que nous sommes un groupe qui n’a pas de claviériste, car nous avons juste une guitare, une basse, une batterie et un chanteur, et nous voulions un vrai album où il n’y aurait que nous quatre à jouer. Donc, tout ce que tu entends sur cet album est soit de la batterie qui a vraiment été jouée par Alex, sans samples additionnel ou quoi que ce soit, ou de la basse jouée par Andrew, tout est là, le reste c’est des guitares et ça a été joué par Marco. J’ai fait tous les chants sur l’album. Il n’y avait donc aucun musicien extérieur pour ajouter quelque chose sur l’album ou aucun effet supplémentaire ou samples ou claviers ou quoi. Je voulais juste une manière accrocheuse de rassurer les gens que tout ce qu’ils entendent était vraiment joué par nous quatre.

C’est une mention que l’on peut lire dans certains albums de Queen également. Et d’ailleurs on peut remarquer des influences de Queen dans votre musique. Est-ce que leur musique représente quelque chose de particulier pour vous ?

En fait, tout juste hier au cours d’une autre interview, quelqu’un m’a dit que Queen avait le même genre de déclaration dans leurs premiers albums. Honnêtement, je ne le savais pas. Cette phrase n’est donc absolument pas une référence à Queen, car lorsque je l’ai écrite, je ne savais pas ce truc à propos de Queen. Mais, bien sûr, tu as raison au sujet du fait qu’il y a aussi beaucoup d’influences de Queen dans notre musique, car nous sommes tous de grands fans de Queen. Je sais particulièrement pour Marco, avec son jeu de guitare, que Brian May était une de ses influences principales. Il y a donc quelques influences là-dedans et nous en sommes évidemment fiers. Mais le truc sur la phrase à propos des claviers n’était pas vraiment un hommage intentionnel à Queen ou quoi car, évidemment, je n’étais pas au courant.

D’une certaine manière, vous définiriez-vous comme étant la nouvelle génération du classic rock ?

Ceci, bien sûr, est une grande déclaration. Nous ne savons pas vraiment où notre voyage nous mène. Mais si c’est ce qui se produit, si nous devenons le nouveau visage du classic rock, je veux dire que c’est vraiment quelque chose. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut prévoir mais ce serait un énorme honneur d’être appelé comme ça, évidemment. Si quelqu’un demandait : « Comment définirais-tu votre musique ? » C’’est très difficile [à répondre] à cause des différents styles que nous englobons dans notre musique. Nous aimons toujours, en quelque sorte, nous définir comme faisant du classic rock 2.0, avec des influences de metal, de funk, de ci et de ça. Je veux dire que la partie classic rock est évidemment l’un de nos éléments et influences principaux. Nous serions donc bien sûr vraiment heureux d’être d’une quelconque importance dans ce genre.

Interview téléphonique réalisée le 17 juin 2014 par Metal’O Phil.
Retranscription : Thibaut Saumade.
Traduction, introduction et fiche de questions : Spaceman.
Photos : René Van Der Voorden.

Site internet officiel de 21 Octayne : www.21octayne.com



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