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Interview   

6:33 et Arno Strobl : nains, clowns, spaghettis et industrie du disque


Il vous reste moins de 24 heures pour télécharger gratuitement et légalement l’EP de 6:33 & Arno Strobl, Giggles, Garlands & Gallows. Un disque de trois chansons pour 25 minutes de musique – sans surprise quand on connaît le passif d’Arno – déjantée.

L’ex-Carnival In Coal (entre autres…) et désormais journaliste musical et responsable de l’initiative Combat Nasal, a choisi de participer pleinement le temps d’un EP au travail de ce groupe français dont la musique ne dépaysera pas les amateurs de Faith No More, de Mr Bungle ou, justement, de Carnival In Coal. L’homme a cependant hésité, car il souhaitait se faire connaître pour autre chose, étant donné la diversité de ses goûts. Comme l’on pouvait s’y attendre au vu de cette association plus que cohérente, à l’écoute d’un tel album, une seule réaction possible, qui fut d’ailleurs celle exprimée dans les studios de Radio Metal à la première écoute de l’EP : « Je ne comprends rien à ce que j’écoute, mais c’est coooool ! ».

Cet EP disponible durant un temps limité gratuitement en format digital, sortira d’ici quelques mois sur un support physique avec des titres supplémentaires. Une habile manière de faire du teasing, dans un contexte de bouleversement de l’industrie de la musique, dont les différents acteurs tâtonnent pour trouver des moyens alternatifs de se développer, de se diffuser et de vivre, tout simplement.

Un entretien fleuve dont les ramifications nous ont naturellement conduit à l’actualité musicale d’Arno, à sa compilation Combat Nasal et évidemment à des considérations culinaires indispensables pour comprendre réellement son œuvre et celle de 6:33.

« Pour être tout à fait honnête, au départ, je n’étais pas plus emballé que ça parce que cela reste un style de musique très typé et je n’avais pas forcément envie de retomber là-dedans après Carnival In Coal. »

Réécouter l’interview : [audio:interviews/Interview Arno Strobl.mp3|titles=Interview Arno Strobl]

Radio Metal : Tu participes à l’album du groupe 6:33, quelle est ta relation avec ce groupe ? Comment es-tu entré en contact avec eux et en es-tu venu à chanter sur leur disque ?

Arno Strobl : Cela remonte à l’album précédent puisque j’avais déjà été invité, ainsi que Guillaume Bideau du groupe Mnemic, sur un de leur titres. Peu après leur premier album, ils se sont retrouvés sans chanteur. A ce moment-là, ils étaient en train de composer dans l’optique de sortir un EP, ils m’ont alors contacté pour savoir si cela m’intéresserait de collaborer avec eux pour faire quelque chose de ponctuel. Pour être tout à fait honnête, au départ, je n’étais pas plus emballé que ça parce que cela reste un style de musique très typé et je n’avais pas forcément envie de retomber là-dedans après Carnival In Coal. J’avais envie de me faire connaître pour d’autres choses. Finalement, j’en suis venu à accepter car les mecs étaient cool et je savais que ça serait bien fait. Cependant, je ne m’attendais vraiment pas à ce que ça tienne autant la route et surtout je ne m’attendais pas à entretenir une telle relation avec eux en studio. Je ne parle bien évidemment pas de relations contre-nature mais de relations humaines et artistiques. [rires] Cela s’est vraiment très bien passé et je suis hyper ravi de l’avoir fait. Maintenant, on n’attend qu’une seule chose c’est de collaborer de nouveau ensemble.

« Ce n’est pas très éloigné de la façon dont aurait pu sonner Carnival en 2012. »

Ce n’est pas quelque chose d’extrêmement surprenant à écouter quand on connaît ce que tu as fait musicalement par le passé.

Oui. D’ailleurs, il y a quelques temps, je me suis fait remettre gentiment à ma place par un de mes amis Facebook. J’avais fait un peu de teasing pour l’EP de 6:33 en disant que tous les gens qui me demandaient depuis toutes ces années quand est-ce que Carnival allait se reformer auraient enfin quelque chose à se mettre sous la dent. Ce n’était évidemment pas pour faire croire que Carnival allait se reformer, j’entendais simplement par là que les fans de Carnival pouvaient être intéressés par ce disque. Je pense en effet que ce n’est pas très éloigné de la façon dont aurait pu sonner Carnival en 2012.

Tu disais précédemment que, au départ, tu ne voulais pas revenir dans un genre à la Carnival. Est-ce que, finalement, c’est quelque chose qui te correspond bien aujourd’hui ?

Je pensais clairement que non, je pensais être complètement sorti de ce truc, de cette fusion et de ces mélanges de styles. C’est quelque chose qui ne me parlait plus franchement mais le naturel est revenu au galop. Je crois qu’il y a aussi une grande différence entre la musique que l’on écoute chez soi et la musique que l’on aime faire et que l’on sait faire. D’ailleurs, la meilleure preuve de ce phénomène est quand tu discutes avec des musiciens de metal, beaucoup te disent qu’ils jouent du metal sur scène, qu’ils sont dans le metal toute l’année mais que, chez eux, ils n’écoutent pas forcément cette musique. En ce qui me concerne, je n’écoute pas Mr Bungle à longueur de journée. Cependant, j’ai redécouvert mon amour pour ce style et je me suis fait vraiment plaisir . J’avais carte blanche alors ça a été un peu la fête…

Sur la pochette de l’EP de 6:33 tu es annoncé comme quelqu’un d’à part, alors quel est ton statut ? Est-ce vraiment une simple collaboration ou as-tu intégré le groupe ?

Je ne fais pas partie de 6:33, il faut que cela soit bien clair. Avant même que l’EP ne sorte, 6:33 avait recruté un nouveau chanteur qui s’appelle Rorschach. C’est vraiment lui le chanteur du groupe. Il apparaît d’ailleurs sur l’un des titres de l’EP. En ce qui me concerne, c’est une collaboration mais il n’est absolument pas exclu – et je ne pense pas trahir un secret en disant cela – que l’on collaborera encore ensemble à l’avenir. Je ne fais pas partie de 6:33 et 6:33 existera bel et bien sans moi sur scène et continuera à sortir des albums sans moi et à faire des concerts sans moi.

Quelle a été ton implication dans la composition de cet EP ?

C’était la même chose que pour Carnival : on m’a filé de la musique et j’ai écrit les textes ainsi que les lignes de chant. Seul le dernier titre « I Like It » était déjà intégralement composé. C’est un single un peu à la Beach Boys dont les paroles et la musique sont de Niko de 6:33.

Cet EP est disponible en version digitale, est-il prévu de le sortir en format physique ?

Au départ, nous avions prévu de faire quelques exemplaires physiques des trois titres pour les gens qui étaient toujours attachés à l’objet et puis, finalement, on s’est dit que quitte à le sortir en physique, autant le sortir avec quelques bonus. En septembre sortira donc un album qui tournera autour des quarante minutes et qui sera composé de ces trois titres ainsi que de quelques morceaux bonus. Nos choix ne sont pas encore complètement arrêtés pour le moment donc je ne vais pas faire trop de teasing à ce sujet. C’est un peu une nouvelle façon de distribuer la musique : six mois avant sa sortie, on te file la moitié d’un album gratuitement afin d’avoir le temps de juger sur pièce et de te faire à la musique du groupe. Si cela t’intéresse, six mois après tu peux avoir l’album complet et là il faudra le payer le prix fort.

Ce seront de véritables bonus ou plutôt des titres que vous auriez composé entre temps ?

Ce seront de vrais bonus. Je pense qu’il y aura un morceau de Maiden inédit ainsi qu’un morceau de Metallica que personne ne connaît non plus, ça sortira vraiment de l’ordinaire… [rires] Plus sérieusement, ce seront de vrais bonus dans le sens où l’on va ré-enregistrer des morceaux ensemble.

Donc, ce ne seront pas de nouvelles compositions…

Si, il y aura probablement une reprise accompagnée de une ou deux nouvelles compositions.

« C’est un concept un peu obscur sur une histoire de clown qui découvre que sa femme – la femme à barbe du cirque – le trompe avec un nain et donc il décide de tuer tous les nains qu’il va rencontrer. Ce clown devient ainsi un serial-killer de nains. »

Pour terminer, que peux-tu nous dire du titre « Order Of The Red Nose » ?

C’est un concept un peu obscur sur une histoire de clown qui découvre que sa femme – la femme à barbe du cirque – le trompe avec un nain et donc il décide de tuer tous les nains qu’il va rencontrer. Ce clown devient ainsi un serial-killer de nains. Dans la deuxième partie qui s’appelle « Midgets » les nains mènent une enquête dans les bas fonds de la ville pour savoir qui les décime par dizaines. Ils finissent par retrouver le clown mais je ne vous dirais pas ce qui lui arrive, il faut télécharger l’EP pour cela ! L’EP est disponible en téléchargement gratuit jusqu’au 31 mai sur http://www.633theband.com/

Que se passera-t-il après le 31 mai ?

Toutes les pistes seront livrées séparément et tu devras le remixer toi-même ! [Rires]

Si les gens se l’échangent par internet, ce sera réprimandé ?

Bien évidemment ! Il y a toute une équipe, les Hadopi Boys, qui vous retrouveront jusque dans votre lit monsieur !

Tu disais que le groupe allait, quoi qu’il arrive, continuer sans toi sur scène ainsi que sur leurs albums. As-tu cependant prévu de participer à certains de leurs concerts ?

Pour l’instant il n’y a rien de vraiment arrêté. Tu m’aurais posé cette question avant que je ne commence à enregistrer avec eux je t’aurais catégoriquement répondu non mais notre collaboration s’est tellement bien passée et nous nous entendons tellement bien que même s’il n’y a encore rien de fait, ça n’est pas impossible…

Tu parlais du fait d’avoir beaucoup hésité avant d’accepter ce projet parce que tu voulais que l’on te connaisse pour autre chose. Est-ce-que le fait d’avoir participé à cet album remet en question cette envie que tu as de te faire connaître autrement ?

Oui et non, parce que j’ai aussi musicalement, en moi, d’autres choses que j’ai envie d’exprimer, donc je pense que je continuerai à creuser dans d’autres directions. J’ai vraiment envie de faire quelque chose de beaucoup plus brutal comme du death ou du grind. J’ai également envie de faire quelque chose qui n’aurait absolument rien à voir et qui serait super ambiant, progressif, planant. Il y a donc encore plein de choses que j’ai envie de faire et cela m’ouvre beaucoup de perspectives. Je n’avais vraiment pas envie de repiquer à ce style-là car je pensais avoir tout dit dans le genre de musique un peu débile, un peu « fofolle » pour employer ce mot qui avait beaucoup de succès dans les années 1970. En réalité, je crois maintenant que je vais me laisser aller à l’instinct et ne pas m’interdire des trucs bêtement.

Le nom du groupe 6:33 est relativement intrigant, connais-tu son origine ?

C’est le nom de famille du guitariste. Au départ, ils pensaient mettre « Nicolas Six Heures Trente Trois » et puis finalement ils n’ont gardé que 6:33.

Serait-ce l’heure à laquelle il est né ?

Non, c’est son nom de famille, il est d’origine… [Il réfléchit] « Trente Trois » ça sonne un peu polonais, non ?

Pas du tout !

Alors on va dire que c’est croate.

[Rires] Après avoir parlé de ta participation au sein de 6:33, pourrais-tu nous présenter le groupe ?

C’est donc un groupe formé, dont Niko, le guitariste d’origine croate, est le principal compositeur. S.A.D est à la basse, Mr Z. et Dietrisch von Schtrudle aux claviers, Rorschah au chant et donc Nikolas Six-Heures-Trente-Trois à la guitare. C’est un groupe de la région parisienne. Ce sont des gens simples, charmants, drôles, gentils et chez qui on mange bien. C’est vraiment le prototype même du groupe avec qui tu as envie de collaborer et de re-collaborer.

Le problème est que l’on ne peut pas savoir ce qui est vrai dans ce que tu racontes…

Les noms que je vous ai donnés sont rigoureusement exacts, vous pouvez vérifier dans le line-up présent dans le dossier .rar que nous fournissons.

Mais comme il est rare, il est difficile à trouver… [rires]

[NDLR : ignorant avec mépris cette élégante blague] Je tiens aussi à faire un aparté sur le studio dans lequel on enregistrait et sur Emmanuel Rousseau qui est le producteur de l’EP car on a eu beaucoup de retour très positifs sur le son de l’EP et la production. Nous sommes vraiment tombés sur un mec génial qui fait un boulot phénoménal et qui a une oreille de dingue. Personnellement, j’ai eu l’occasion d’enregistrer dans quelques studios et là je dois dire que je suis resté sur le cul. C’est le genre de gars qui passe un quart d’heure à corriger un truc qu’il est le seul à entendre ! Il a vraiment l’oreille d’une finesse comme je n’ai jamais vu. En plus de cela, il est très drôle et fait très bien à manger.

On dirait que les gens qui savent bien faire à manger constitue pour toi un critère pour pouvoir travailler avec eux.

Non, il faut qu’ils aiment bien manger après le fait qu’ils sachent bien faire à manger est un plus.

C’est un très bon critère !

Voilà, c’était donc au « White Wasteland studio », il fallait le souligner !

Tu as une manière de présenter les choses qui rappelle beaucoup celle des commentateurs télévisuels.

Je me destinais à être commentateur sportif mais je n’ai pas pu.

Il faut quand même faire un aparté sur le fait que Stéphane Tortora qui présente Sport 6 depuis des années est insupportable ! Il termine chacune de ses phrases sur la même intonation, ça donne envie de le flinguer. Qu’en penses-tu Arno ?

Je n’en pense rien parce que je n’ai jamais regardé une seule émission de sport de ma vie. Le sport et la religion ne font pas partie de mon existence.

Tu manges mais tu ne fais pas de sport.

C’est ça et donc je fais un infarctus. [Rires]

D’ailleurs, qu’as-tu mangé ce soir ?

Ce soir, j’ai testé pour vous les pâtes de la marque du célèbre cuisinier Jamie Oliver. Ce sont des pâtes alimentaires de blé dur comme on en trouve dans tous les magasins. C’était particulièrement savoureux, je les ai simplement cuisinées au beurre et accompagnées d’une tranche de jambon légèrement fumé, c’était bon.

Et comment fais-tu cuire tes pâtes ?

Je les fais cuire dans un gros volume d’eau bouillante salée. Généralement, je les laisse une minute de plus que ce qui est indiqué sur le paquet car souvent c’est un peu limite et en fin de cuisson, j’ai une astuce, je goûte une pâte et si ça n’est pas assez salé, je rajoute du sel.

Tu aimes donc les pâtes bien cuites.

Non, j’aime bien les pâtes al dente mais quand on les fait cuire pile en fonction du temps qui est indiqué sur le paquet, c’est trop al dente et ça peut parfois faire mal à l’estomac.

As-tu consommé une boisson particulière pour accompagner tes pâtes ?

J’ai bu une très bonne eau gazeuse qui s’appelle la Bru. C’est une eau minérale très connue en Belgique mais qu’on ne trouve pas en France. Je vous la recommande. Si vous allez en Belgique, je sais que l’on parle beaucoup des bières belges mais n’hésitez pas à boire un bon verre de Bru à la fin d’un repas, ça fait toujours plaisir.

« Nous sommes dans une situation où personne ne peut dire ce qu’il faudrait faire pour que cela marche. […] Quand tu vois des festivals comme le Hellfest qui organisent des concerts sur trois jours avec presque deux cents groupes et six scènes, on atteint une démesure qui n’a plus vraiment de sens. […] Tout est en train de changer alors tout le monde tâtonne, tout le monde essaie de faire ce qu’il peut. »

Vu toutes les envies musicales que tu as, pourrais-tu faire un point sur ton actualité musicale ? Il faut reconnaître que tu fais beaucoup de choses et que, par conséquent, tu es parfois difficile à suivre…

Musicalement, il n’y a pas grand chose mais je ne sais pas où vous en étiez restés [rires]. Dans les derniers épisodes, Arno ne fait plus partie de Maladaptive depuis un bon moment. J’ai toujours un projet en Belgique intitulé KrOaK qui est un groupe de death progressif dont la démo devrait enfin sortir cette année, ça fait trois ans que l’on dit ça… Maintenant il y a cette collaboration avec 6:33, il y aura probablement, prochainement, une collaboration avec le groupe allemand Fake Ideal qui est un groupe de grind dans lequel on trouve le chanteur de Cephalic Carnage.

Tu as dit « en ce moment pas grand chose » et tu cites quand même quatre groupes !

Il n’y a rien là-dedans qui m’occupe à temps plein. Ce sont plus des collaborations ponctuelles.

N’aurais-tu pas envie de t’engager réellement dans un groupe, de démarrer une carrière et d’essayer de fédérer des gens derrière, etc.

Si, j’aimerais bien mais je ne meure pas d’envie de faire de la scène, ni de grosses tournées, donc cela limite automatiquement l’impact que peut avoir un groupe. Vous savez comme moi qu’il n’y a pas vraiment d’avenir à ne sortir que des disques. L’occasion d’avoir un groupe et d’essayer de le faire grimper, je l’ai eu avec Carnival et puis on s’est arrêté quand on s’est arrêté. J’aime bien l’idée de continuer à collaborer avec diverses personnes car c’est cela aussi qui va me permettre de piocher un peu dans tous les styles qui m’intéressent, ce que je ne pourrais pas faire dans le cadre d’un groupe fixe qui me restreindrait forcément en termes de style.

En ce moment, tout le monde dit que pour palier au manque à gagner causé par les faibles ventes de disques et aux téléchargements, les groupes feraient mieux de tourner davantage. Alors il y a en effet de plus en plus de concerts mais il y a aussi de moins en moins de public présent du fait de la multiplicité des événements. Ainsi la situation actuelle permet-elle vraiment d’offrir un avenir aux concerts ?

Je pense qu’en ce moment nous sommes dans une situation où personne ne peut dire ce qu’il faudrait faire pour que cela marche. Tout le monde fait des tentatives pour s’en sortir… Quand tu vois des festivals comme le Hellfest qui organisent des concerts sur trois jours avec presque deux cents groupes et six scènes, on atteint une démesure qui n’a plus vraiment de sens. Je ne dis pas que le Hellfest n’est pas bien, au contraire, mais on arrive à des trucs un peu débiles. Finalement, en France, c’est le seul événement qui va faire le plein cette année alors qu’il y a des groupes géniaux qui jouent dans des petites salles, même parfois des groupes américains, et qui drainent trente personnes à tout casser. Tout est en train de changer alors tout le monde tâtonne, tout le monde essaie de faire ce qu’il peut.

« Le prix des places devient complètement délirant ! Je pense qu’il reste encore de grosses machines telles que AC/DC ou Iron Maiden qui ramèneront toujours du monde parce que ça touche des gens plus âgés qui sont encore dans la logique d’aller voir des groupes. »

Il est vrai que c’est aussi le cas pour les groupes même un peu établis. Paradise Lost, par exemple, a beaucoup perdu en public. Il y avait en effet deux fois moins de personnes présentes que lors de leur dernier concert à Lyon. Cela peut être compréhensible dans le sens où, à l’heure actuelle, il y a tellement de concerts et de groupes qui se produisent que les gens ne peuvent pas tout voir. En outre, il faut reconnaître qu’un budget concert n’est pas le même qu’un budget CD…

Le prix des places devient complètement délirant ! Je pense qu’il reste encore de grosses machines telles que AC/DC ou Iron Maiden qui ramèneront toujours du monde parce que ça touche des gens plus âgés qui sont encore dans la logique d’aller voir des groupes. Cependant, nous sommes actuellement dans une période où il va véritablement falloir trouver un autre modèle, même si personne ne peut encore savoir à quoi il va ressembler.

Peut-on vraiment en vouloir aux groupes d’avoir des prix de places aussi chers dans la mesure où, à l’heure actuelle, la principale source de revenus d’un groupe moyen – on ne parle pas dans le cas présent des Metallica ou des AC/DC – c’est leurs concerts ? Ils n’ont donc peut-être tout simplement pas le choix de demander de tels cachets.

Je crois que dans le prix de la place, ce n’est pas le cachet de l’artiste qui prend tout. Les promoteurs s’en mettent aussi beaucoup dans les poches.

Pour connaître quelques promoteurs qui essayent de ne pas faire de concerts à des prix exorbitants…

Je te parle des grosses machines notamment de celles qui gèrent des salles comme le Stade de France, dans ces cas-là le prix des places n’est pas uniquement dû aux artistes.

« Il y a peu j’ai vu que Livarkahil allait sortir son prochain EP sur une clé USB et je crois que c’est sur VS qu’un internaute les broyait. Je trouve cela vraiment con car même si je ne dis pas que c’est cette solution-là qui va s’avérer pérenne et que c’est le nouveau format qui va révolutionner le truc, ils ont le courage d’essayer quelque chose de différent. »

Tu parlais de cette période de test où des groupes expérimentent certaines choses. C’est un peu ce qu’on est en train de voir avec des groupes comme Down qui ont, par exemple, déclaré l’année dernière au Hellfest qu’ils n’allaient plus vraiment sortir d’albums tous les deux ans mais plutôt des minis albums tous les six mois. Ils disaient que, a priori, cela serait plus rentable pour eux de sortir des EP. Ils vont notamment sortir quatre EP à la suite sur des styles différents. Ils avaient l’air un peu désemparés alors ils essayaient de faire des choses car ils ne savaient pas trop comment aborder cette situation. De nos jours, cela se voit également dans la volonté qu’ont les artistes de sortir leurs albums sous divers format que cela soit le format classique, double vinyles ou encore digital téléchargeable sur iTunes… On sent qu’il n’y a plus rien de stable.

Je trouve ça chouette parce que cela fait aussi appel à la créativité, même si c’est un autre type de créativité. Il y a peu j’ai vu que Livarkahil allait sortir son prochain EP sur une clé USB et je crois que c’est sur VS qu’un internaute les broyait. Je trouve cela vraiment con car même si je ne dis pas que c’est cette solution là qui va s’avérer pérenne et que c’est le nouveau format qui va révolutionner le truc, ils ont le courage d’essayer quelque chose de différent. Cela se fait déjà fréquemment dans le hip-hop et dans les musiques de jeunes. Eux, ils ont les couilles de tester le truc dans le metal et la première réaction des gens c’est de les broyer, je trouve ça vraiment décevant.

Tu travailles sur la compilation « Combat Nasal », il semblerait que le volume six ait été repoussé…

Oui, ça a été repoussé de quinze jours…

C’est intolérable !

C’est un scandale même ! Il s’agît d’un problème de fournisseurs. Avant la campagne présidentielle, il y a eu des grèves et par conséquent la boîte qui nous fournis les MP3 vierges n’a pas pu nous fournir dans les temps.

Qu’est-ce qu’il va y avoir sur cette compile ?

Ça fait un moment que j’ai décroché car ça fait depuis un mois et demi que je suis à fond dans le projet avec 6:33. Je n’ai plus vraiment le tracklisting en tête. Je sais qu’il y a 6:33 mais il aurait fallu que je révise avant pour pouvoir vous en dire plus. Je vous la transmettrai.

Interview réalisée le mardi 8 mai 2012 en direct pendant l’émission Anarchy X par Spaceman et Metal’O Phil

Retranscription : Isa

Site Internet de 6 : 33 : http://www.633theband.com/

Compilation Combat Nasal : http://combatnasal.com/



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