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Live Report   

6:33 : Pourquoi tant de slams ?


6:33 arrive Rue des Martyrs avec son nouvel opus Deadly Scenes dans les valises, avec une nouvelle scénographie et sans Arno Strobl. Voilà pour le contexte en quelques mots.

Pour cette soirée au Divan du Monde, nos parisiens déjantés emmènent avec eux Malemort, combo francilien dont le nouvel album, Ball Trap sorti fin 2016, composera l’ossature principale de leur concert du soir, et les algériens d’Acyl que certains auront pu voir dans cette même salle en fin d’année dernière en première partie d’Ihsahn. Malemort, metal affiché sans étiquette, Acyl, metal expérimental ethnique, 6:33, musique étrange, dixit les facebooks des groupes, nous voilà donc en pleine diversité musicale.

Ne tardons pas à nous installer dans le Divan pour en profiter.

Artistes : 6:33AcylMalemort
Date : 20 Avril 2016
Salle : Divan du Monde
Ville : Paris [75]

Mince ! Des cravates !

Malemort entame son set devant un parterre plutôt vide mais qui donnera dans le pogo très musclé très rapidement. Sur scène, le groupe, habillé élégamment (ils portent des cravates, rendez-vous compte !), maîtrise son sujet avec Xavier qui prend l’animation à son compte. Musicalement, des titres comme « Madame » ou encore « Carnaval Cannibale » attirent agréablement l’oreille. Dommage que le son ne soit pas meilleur (première partie oblige).

Le public est plutôt réceptif face à cette bonne prestation. Xavier descendra dans la fosse au plus près des spectateurs qui le prendront immédiatement pour un slam. Sébastien, guitariste, suivra son chanteur pour un contact imprenable avec les fans. Au bout de quarante cinq minutes de concert, Malemort quitte le Divan et peut se targquer d’avoir largement fait le job !

Setlist Malemort

BallTrap
Insoumission
Madame
Brûle
Le Domaine
Japan Airline
Mille Regards
Mon Nom
Carnaval Cannibale
Cabaret Voltaire

Une vision originale du metal

Changement de plateau ; deux tentures flanquées du logo d’Acyl prennent place sur les côtés de la batterie. Au fond, derrière la batterie, Acyl s’inscrit sur un écran. Ecran qui permettra au groupe de projeter des images tout au long de leur prestation. 20h00, le concert démarre et nous fait traverser la Méditerranée : images du désert, musique arabe et Amine qui entre seul sur scène chantant en arabe. Immersion assurée. Le barbu chauve est rapidement rejoint par le reste du groupe et par l’électricité ! Pogos et slams démarrent rapidement répondant à la puissante bonne humeur de la musique des algériens. Amine est aux avants-postes, indiquant que le groupe est ravi d’être là, meublant avec humour tandis qu’Abder Rahman s’accorde.

Avant « Gibraltar », le chanteur présente le guembri, basse acoustique du Sahara. Qu’il est bon ce contraste entre tradition et grosses guitares metal ! Aussi savoureux qu’une boule de glace vanille napée de chocolat chaud (analogie à adapter suivant les goûts). Le public réceptif déclenche spontanément un wall of death. Entre braveheart et pas chassés traditionnels des danses touareg, il n’y a qu’un pas qu’Acyl franchit avec naturel et bonne humeur.

Mais les meilleures choses ont une fin. Acyl quitte donc la scène en ayant une nouvelle fois proposé une excellente prestation, avec leur mélange oriental original. A revoir en tête d’affiche au plus vite ; c’est tout le mal que nous pouvons leur souhaiter !

Setlist Acyl

Intro
Finga
Mercurial
The Battle Of Constantine
Intro Guemeri
Gibraltar
Head On Crash
Ungratefulness
Autonomy

Maître de cérémonie !

Le Divan du Monde est désormais honnêtement rempli et le changement de plateau s’effectue derrière un rideau qui masque les opérations. Le groupe tient à garder le mystère sur ses installations ! Et il doit y en avoir du matériel, vu que la mise en place prend un peu de temps. Pour patienter, les fans peuvent voir une tête, une main, un doigt d’honneur passer de temps en temps à travers le rideau.

21h30, le rideau s’ouvre sur la première représentation de l’Asylum Picture Show. Au centre de la scène, une espèce de grand miroir pas très droit, qui en réalité sert d’écran où seront projetées des images tout au long du concert. Les deux claviers sont placés de part et d’autre de cette installation, tandis que le guitariste et le bassiste se placent devant sur les côtés. Un panneau lumineux est placé à côté des musiciens. Quatre gros projecteurs finissent d’habiller la scène. Au centre, le maître de cérémonie avec sa canne : Rorschach. Et tout ce beau monde d’être masqué comme il se doit ! En catcheur, en Anonymous ou autres crânes et têtes de mort. Dans les enceintes, résonne le gospel de « Hellalujah » issu du dernier album. Les slammeurs sont déchaînés et l’on sent une certaine exaspération côté chanteur qui les repousse avec autorité. Sans pour autant faire de remarques… pour l’instant.

« Cela fait ving minutes que l’on est ensemble » dira-t-il « les préliminaires sont passés, on va vous proposer de faire l’amour avec nous. Pour les filles il y a du beau mec sur scène », dit-il en parlant des membres du groupe. « Pour les mecs, on a des choristes ». Et deux femmes d’apparaître sur l’écran pour « I Like It ». « Black Widow » continue la fête, musicalement débridée, inclassable, survitaminée et si bien exécutée avec un son de qualité. Pour « The Walking Fed », Rorschach se place sur le côté, aux percussions, et l’écran prétexte à toutes les projections, personnages divers, dessins animés, formes géométriques, affiche désormais en grosses lettres « Eat This, Eat That », les paroles du morceau.

Belle scénographie

La fosse ne se calme évidemment pas et le chanteur ira finalement de son petit mot aux slammeurs, leur reprochant d’avoir cassé du matériel en montant sur scène. Dans ces conditions, pourquoi avoir fait l’économie de barrières de sécurité ? Étrange. Ceci dit, la fête n’est pas gâchée pour autant… Quoique. Peu de temps après, le chanteur descend de scène pour aller mettre les points sur les i à un pogoteur trop violent. « Tu n’es pas là pour te défouler, on est tous là pour s’amuser » dira Rorschach en remontant sur scène. Geste courageux de sa part, car un pogoteur un peu trop chaud pourrait avoir du répondant. Cela n’a pas été le cas, tant mieux.

« Orphan Of Good Manners », « I’m a Nerd » nous emmène bien agréablement vers l’heure du dernier morceau. Le chanteur rassure le public en indiquant que celui-ci dure douze minutes. Et de remercier tous ceux qui ont œuvré pour que cette installation puisse voir le jour. Le maître de cérémonie descendra à nouveau dans la fosse, cette fois-ci pour d’amicales accolades dont une avec le fameux pogoteur. Et de se payer un slam final. Il demandera aussi un circle pit, « un truc cool où l’on danse, où l’on fait les fous, pas où l’on se tape ». Cool comme proposition, non ?

Après une heure quinze, la fête – un peu courte – se termine, faisant la part belle au dernier opus, menée tambour battant par un groupe hybride, original et ambitieux et qui offre plus qu’un concert : une performance. Assurément une expérience unique, de qualité, bien agréable à vivre.

Setlist 6:33 (source setlist.fm)

Hellalujah
Giggles, Garlands & Gallows, Pt. 1 (Order Of The Red Nose)
I like it
Black Widow
Burn-In
Ego Fandango
The Walking Fed
Orphan Of Good Manners
I’m a Nerd
Giggles, Garlands & Gallows, Pt. 2 (M.I.D.G.E.T.S.)

A voir également :

Galerie photos 6:33.
Galerie photos Acyl.
Galerie photos Malemort.



Laisser un commentaire

  • Tiens, enfin un musicien de Metal qui dit enfin ce qu’il pense des pogoteurs!
    Ça change de d’habitude, en général ils préfèrent ne rien dire, ignorer les fouteurs de m****, et faire le show avec ceux qui regardent, écoutent, et participent à la fête sans gêner les autres. Plutôt sympa!

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