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Chronique   

7 Weeks – Bends


Il était une fois dans le centre de la France, un groupe de jeunes musiciens jouant du stoner. Naturellement, ils suivent la voie de certains groupes fondateurs du genre, se plaçant dans la filiation de Kyuss ou Queens Of The Stone Age (le second descendant déjà, comme chacun le sait, du premier) mais voilà qu’un beau jour une chose, une expérience particulière (appelons-la Dead Of Night), va tout changer et faire du jeune groupe provincial d’un genre déjà bien labouré un combo à surveiller impérativement sur la scène française (en attendant l’impact international). Il était évident après Carnivora, sorti l’an dernier, que 7 Weeks s’était ouvert un monde de liberté créative lui permettant d’être là où tout le chemin déjà parcouru n’était plus absolument déterminant pour la suite, que seul l’avenir dicterait son orientation. Et, si tôt après, les voilà déjà de retour avec de nouvelles compositions réunies en un nouvel EP, Bends, pour se rendre compte de la façon dont le groupe jouit aujourd’hui de ce nouveau terrain.

Et le fait est que, bien souvent, le paysage semble n’avoir guère bougé en un an (le changement de guitariste entre temps n’a visiblement pas eu trop d’impact). Sans doute la voix et les intonations de Julien Bernard (chant, basse) y sont pour beaucoup dans cet aspect déjà familier. Tout comme ce talent désormais acquis pour alterner gros son, distorsion, tension grimpante et instants de grâce. Et parfois tout ceci en même temps, comme au démarrage du premier titre « My Own Private Limbo ». Morceau qui indique aussi parfaitement ce qui a quand même changé chez 7 Weeks : l’intégration et la place de plus en plus plus affirmée de Manu Costa et ses claviers et autres sonorités électroniques dans les compositions du quatuor. D’abord présents pour le travail d’ambiances dans Carnivora, ces sons apportent ici une ouverture indus dans les premières secondes de cet EP. Plus tard vrilles électroniques, notes fantomatiques (« Sparks ») ou hurlements de claviers (« Bends ») confirment l’importance de ce nouvel élément dans la cuisine créatrice du groupe. Et toujours au cœur de cette musique, les racines bien visibles du groupe, au moins pour ceux qui les suivent depuis le début, les néophytes percevant surtout ce rock lourd où basses et guitares peuvent cracher le plomb puis se poser sur les tympans comme une plume. Une alchimie qui génère des compositions évoluant souvent de façon inattendue, « inentendue », et le carburant pour lancer environ toutes les quatre minutes une fusée qui mettra l’auditeur sur orbite.

Finalement, s’il fallait encore en 2014 comparer 7 Weeks à Queens Of The Stone Age, ce serait plus certainement – dans l’esprit – à la dernière œuvre de Josh Homme et sa bande, …Like Clockwork, album lui-même loin du desert-rock originel, où l’art s’exerce selon une vision propre, sans règles à suivre auto-imposées. Bends renouvelle donc, avec certaines nuances, les promesses d’ouverture créatrice de Carnivora. Le constat sur cet EP est aussi, par conséquent, partagé entre la satisfaction de trouver la suite logique de toutes les expériences du groupe ces dernières années et l’impatience de voir où tout cela va mener. Car sans dire que 7 Weeks est aujourd’hui à mettre sous l’étiquette metal alternatif, genre assez flou, les Limougeauds auraient plutôt l’air d’avoir posé leurs pénates sur le territoire d’un metal autre, flottant parfois sur des rivages post-rock, mais glissant surtout entre les cases en toute liberté, en attendant de voir la prochaine terre où jeter l’ancre.

Ci-dessous le titre « Sparks » :

EP Bends, sorti le 14 octobre 2014, chez Klonosphere / Season Of Mist.



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