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Live Report   

7 Weeks et Triggerfinger enflamment le Kao


La vie est faite de principes. Nombreux, variés, souvent exigeants, ils nous aident à rester sur la bonne voie, à faire les choses dans l’ordre, à respecter la logique et le bien commun. Qu’on les aime ou non, ils sont là, omniprésents et déterminés à nous tourmenter si on les occulte ou les néglige. Néanmoins, tous ne s’apparentent pas à une pénible fissure anale uniquement destinée à nous procurer un sentiment de bonne conscience, grand dieu non ! Bien au contraire, se plier à certains principes peut se révéler une perpétuelle jouissance, libre de presque tout effort ou contrainte. Aussi lorsqu’un concert monstrueux est programmé près de son domicile, un principe simple et existentiel s’applique, y aller ! Au diable la flemme, la peur du froid ou le porte monnaie anémique quand il suffit de s’envoyer un bon café, d’enfiler son bonnet et de louer la propriété corporelle de sa petite sœur pour s’offrir une tuerie auditive qui restera à jamais gravée dans ses petits tympans.

Oui, tout ça pour dire que lorsque l’on a appris la venue de Triggerfinger et 7 Weeks au Ninkasi Kao, l’agenda s’est pris un méchant coup de crayon dans la face…

Artistes : Triggerfinger7 Weeks
Date : 8 octobre 2014
Salle : Ninkasi Kao
Ville : Lyon

7 Weeks : une première partie comme on aimerait en voir tous les jours

Premier constat arrivé devant la salle du 267 rue Marcel Mérieux, les Lyonnais respectent les principes ! Sagement enfilés en rang d’oignons, les gones sont venus relativement nombreux pour soutenir les deux groupes prévus au menu du soir. Si la majorité d’entre eux semble s’être déplacée en priorité pour la flamande et flamboyante tête d’affiche, une partie non négligeable du public attend également de pied ferme le stoner si particulier de 7 Weeks. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le combo a admirablement réussi à faire décoller cette soirée placée sous le signe du groove. Classe et puissante, la prestation des quatre zicos semble avoir collé des frissons à tous les connaisseurs et sérieusement interpellé une bonne partie du reste de l’assemblée. Bien entendu certaines brebis égarées au bar louperont cette prestation, mais il est à noter que celle-ci respectaient les nombreux et nébuleux principes de l’appel de la bière, aussi nous leur pardonnerons.

Sobre mais péchue, la prestation du combo respire l’honnêteté.

Mais revenons à la musique. En piochant dans toutes ses galettes, 7 Weeks nous offre le meilleur de lui-même et nous fait passer par tous les états. De Carnivora à Dead Of Night tout en nous offrant un aperçu du dernier opus Bends, la set-list se fait variée en émotions et apporte différentes touches de couleurs à un concert qui s’éloigne définitivement d’un stoner basique et uniforme. Force est de constater que l’atmosphère envoûtante des albums est parfaitement retranscrite sur scène et humanisée par la performance du quatuor. Complètement dedans sans pour autant en faire trop, les musiciens savent rendre justice à toutes leurs compositions en les interprétant de manière sincère et percutante. Mention spéciale au claviériste Manu Costa, véritablement possédé derrière ses touches blanches et noires. Tantôt frontal, tantôt tapi derrière des volutes atmosphériques, le stoner plombé de 7 Weeks nous aura sérieusement mis à l’amende ce soir, et ce jusqu’à l’ultime « Four Again ». Un seul regret subsiste, ne pas en avoir eu un peu plus…

Mais que signifie ce petit sourire maléfique…

Heureusement, cette petite frustration est plus facile à avaler quand on connaît le niveau du groupe suivant… Impérial et endimanché comme à son habitude, Triggerfinger arrive en prince sur les planches lyonnaises et, alors qu’aucune note n’a encore été jouée, le charisme des protagonistes en place est déjà évident, pour ne pas dire éclatant. Le show se lance sur « Black Panic » et rameute d’une note et d’une seule toute la fosse encore un peu éparpillée. Véritables bêtes de scène classe grand maître, les Belges déroulent le grand jeu et enflamment la salle sans forcer, la communion est belle à voir. Disposant chacun d’une aura toute particulière, les trois musiciens forment une alchimie scénique vibrante et unique.

Costard et Gibson SG Custom, on a vu pire…

Beau à en faire chialer Apollon, Ruben Block fera aussi bien hurler sa Gibson SG que la fosse, notamment quelques représentantes de la gente féminine dont la température aura sans doute grimpé de plusieurs degrés. Derrière ses fûts, Mario Goossens paraît comme à l’accoutumée littéralement émerveillé, comme s’il entendait pour la première fois le son de son instrument. Joueur et d’une bonne humeur communicative, il ne cessera de haranguer le public et s’adonnera à ses éternelles pitreries. Car oui, se mettre les baguettes dans les narines est une pitrerie. Et pour finir à la basse, l’imposant Monsieur Paul reste toujours aussi singulier, tantôt flegmatique, tantôt déchaîné, le personnage semble sortir tout droit d’une bande dessinée et fait vibrer avec force les cordes de ses Fender et autres Rickenbacker.

Monsieur Paul et sa Rickenbacker ou la classe XXL

Le point d’orgue de ce concert s’il en est un aura sans doute été l’interprétation de « My Baby’s Got A Gun », juste magnifique de feeling et d’émotion. Maîtrisant parfaitement l’intensité ce morceau, le groupe entraînera son auditoire dans l’œil du cyclone, l’attisant encore et encore, pour finir par exploser dans un déluge d’accords martelés. En un mot, magique. Et s’il est élégant, Triggerfinger n’est jamais froid ou distant, bien au contraire. Très communicatifs avec l’assemblée, les artistes établiront véritablement une connexion avec elle tout le concert durant. Enfin, il est à noter qu’à l’instar de 7 Weeks, la formation anversoise n’hésitera pas ensuite à venir échanger en toute simplicité avec ses fans en fin de soirée. Dotés d’un sens évident du respect et de l’humilité, ces musiciens auront été exemplaires avec leur auditoire et ce jusqu’au bout. Oubliez les rockstars aussi pédantes qu’imbuvables, ces hommes là sont d’une autre trempe. Ces hommes là, ont des principes.

Mario Goossens, batteur option chauffeur de salle

Photos : Claudia Mollard



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