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Nouvelles Du Front   

A l’avant-garde ou à la bourre ?


En début d’année, on ne pouvait pas dire que l’Angleterre s’est montrée fière d’être le berceau du metal, ou du moins de certaines personnalités populaires dans le milieu sidérurgique. Dani Filth, Lemmy et Slash pouvaient retourner faire la queue pour un hommage sur leur terre natale. Ce n’est pas qu’ils en aient besoin mais les demandes de fans ont tout de même été négligées, voire purement méprisées par les administrations locales.

Heureusement, la ville de Birmingham et sa région, le Black Country, vont réparer ça et se déclare – et à raison – « foyer du metal » en organisant tout une série d’expositions au cours de l’été consacrées à ses turbulents et chevelus rejetons.

D’abord une petite leçon d’histoire (oui, je sais, le bac est passé mais il n’y aura pas d’interro, rassurez-vous) : Birmingham et sa région sont un pays houiller, la terre et le ciel y ont donc pris une teinte charbonneuse à force d’exploitation du minerai noir depuis la révolution industrielle et l’industrie sidérurgique s’y est forcément développée en raison du besoin de cette matière première dans la fabrication de l’acier. On voit déjà d’où vient le metal…

A la fin des années 60, le mouvement commence à prendre racine dans ce contexte. Une première racine ancre une partie du genre dans le hard blues, dont l’ombre lourde va planer, dominante, au-dessus de la musique des années 70 et traversera par son influence les décennies suivantes : celle de Led Zeppelin.

Black Sabbath en 1970.

Mais le style Led Zep’ est encore un peu trop solaire. C’est donc à peu près à la même époque que Black Sabbath va implanter la lourdeur crépusculaire qui va réellement définir le metal. Mais là encore, d’autres arrivent, apportant ce qui va bien plus caractériser le metal dans les années 80 : Judas Priest naît aussi aux alentours de Birmingham et, même s’ils ne sont pas vraiment les premiers à le faire, ils sont certainement les plus influents parmi les groupes jouant avec deux guitares amenant une cavalcade de riffs tantôt lourds, tantôt stridents, modèle repris par la New Wave Of British Heavy Metal puis par les disciples de cette vague : thrash, speed, death metal, etc.

Mais voilà qu’au milieu de cette nouvelle décennie 1980 profondément marquée par la crise et le chômage, principalement dans ces vieilles régions industrielles, et par le gouvernement de Margaret Thatcher (la fameuse Dame de Fer), un autre groupe guère moins influent que les précédents va encore pousser plus loin les limites explorées du metal, piochant dans le punk et le hardcore et accélérant de manière presque indécente encore pour l’époque. C’est Napalm Death.

Ce sont donc tous ces bruyants « brummies » (comme on surnomme les habitants de Birmingham) que le Black Country s’apprête à honorer : de Led Zeppelin, dans les années 60, cherchant à s’échapper de manière lumineuse et flamboyante de ce pays en chantant « Whole Lotta Love », à Godflesh, mené par un Justin Broadrick ayant fait quelques armes chez Napalm Death, qui dans son metal indus inspiré de l’ambiance morne d’une zone industrielle en friche dans les années 80, froide et déprimante, balançait ses rythmes martiaux qui perdurent dans le genre aujourd’hui.

Birmingham et ses alentours sont certainement le berceau de notre genre tant aimé et n’a donc pas honte de se déclarer « paradis (est-ce bien le bon mot ?) originel », la Nazareth ou la Mecque du metal qui n’attendrait plus que ses pèlerins. Mais quel nouveau genre va pouvoir inspirer maintenant l’industrie touristique ?

Reste encore à se demander si cette initiative est d’avant-garde ou à la bourre. Si on la compare, plus au nord, à Liverpool qui n’a pas mis longtemps à se vanter d’être le terreau de toute une scène dont les Beatles sont le fruit le plus juteux pour la ville mais dont l’influence aujourd’hui est peut-être moindre qu’il y a trente ou quarante ans, mais aussi moindre que celle qu’a aujourd’hui un groupe comme Black Sabbath alors il faudrait considérer que Birmingham va avoir beaucoup de retard à rattraper. Ça, c’est dit.

A l’opposé, cet hommage n’est quand même pas tellement critiquable. Un peu de reconnaissance ne va pas faire de mal au metal et on a enfin un lieu vers lequel se tourner à l’heure de la prière.

Animalement vôtre.



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