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Metalanalyse   

A Pale Horse Named Death met la mort au goût du jour


Comment se détacher de l’influence d’un groupe dont on a été le fondateur et qui s’est imposé comme l’un des étendards d’un style aussi marqué que le metal gothique ? C’est la question à laquelle a dû répondre Sal Abruscato en créant A Pale Horse Named Death en 2011, peu de temps après la mort de Peter Steele, le charismatique bassiste et frontman de Type O Negative, le groupe dont Sal Abruscato a été le batteur pendant cinq ans, de 1989 à 1994. Surtout quand le batteur du groupe qu’Abruscato mène n’est autre que son successeur dans Type O Negative jusqu’à la tragique fin du groupe… Voilà donc le défi majeur auquel ont dû se confronter les membres d’A Pale Horse Named Death lorsqu’ils ont sorti leur premier album, And Hell Will Follow Me en 2011. Et le pari a été réussi, les compositions du premier opus, même si elles sont forcément teintées des rythmes de Type O, possèdent une identité propre et ont permis de créer un nouvel univers musical, une sorte d’Alice In Chains mêlé au gothique et un doom aux mélodies déjà accrocheuses.

Renouveler l’expérience de manière plus aboutie dans un second opus : tel était l’objectif d’Abruscato et de son fidèle compagnon dans cette aventure, le guitariste Matt Brown (de Seventh Void, autre groupe d’anciens Type O Negative), qui est aussi aux manettes du mix de cette seconde offrande, avec un piano plus au centre des débats, du guitariste Eddie Heedles venu en renfort pour quelques solos et du très réputé Ted Jensen en charge du mastering. Une équipe renforcée, donc, pour porter au plus haut cet univers quelque peu malsain, proche vocalement de Marilyn Manson lorsque le chant ne lorgne pas du côté de Seattle, véhiculant de véritables scénarios de films d’horreur dans les textes et l’imagerie du groupe. Le premier album fonctionnait beaucoup sur cette recette d’un grunge gothique avec un son et une atmosphère tout de même parfois proche de Type O Negative, relativement redondant sur toute la longueur de l’album, impression accrue par un rythme lent emprunté au doom.

Lay My Soul To Waste présente des attributs similaires à And Hell Will Follow Me mais avec une diversité plus grande des rythmes utilisés et des styles abordés, renforçant par conséquent sa richesse musicale. Et effectivement, le spectre ne se cantonne plus aux fantômes originels : Lay My Soul To Waste fait la part belle aux mélodies grunge imparables (« Shallow Grave ») et autres riffs lourds (« The Needle In You »), deux aspects de toute évidence hérités d’Alice In Chains tant la ressemblance est forte. S’y retrouvent également des emprunts musicaux hard ou glam rock proches d’Alice Cooper ou Rob Zombie (« Killer By Night ») et puis l’éloquent « Devil Came With A Smile » pourrait quant à lui aisément figurer sur un album de Marilyn Manson… Pourtant, l’ensemble possède une cohérence et une patte assez originale qui permet de sortir un peu de l’impression d’hommage permanent qu’aurait rendu Abruscato à des artistes qu’il affectionne. Avec l’importance accordée aux mélodies et aux riffs, ainsi que cette atmosphère constante entre mélancolie et films horrifiques, à son paroxysme sur « Day Of The Storm « , A Pale Horse Named Death semble avoir trouvé sa bonne formule.

La continuité avec And Hell Will Follow est assurée ; le titre « Killer By Night », la suite du titre « Serial Killer » du premier opus, en est l’exemple parfait. L’histoire d’un tueur aux multiples personnalités qui vit une double vie… Là réside une des clés de l’intérêt de l’album : Abruscato conte ces histoires glauques avec une sincérité et un grain étrange dans la voix qui le placent en position forte pour le faire. Quand il parle du procédé incontournable du vieillissement dans « Growing Old », il offre un terrain propice aux frissons ; quand il chante «The Needle In You» (l’aiguille en toi) sur un air des plus sombres évoquant, une fois encore, Alice In Chains, l’idée d’un quelconque rapport avec la disparition funeste de Layne Staley emporté par une overdose émerge évidement… Comme l’a écrit récemment le frontman sur le site officiel en décrivant l’album : « Le groupe n’a pas peur de mettre par écrit les profondeurs de l’obscurité dont l’humanité est capable. C’est un travail obscur, mais quelqu’un doit le faire… »

Si And Hell Will Follow Me offrait un voyage dans le passé chez les Rolling Stones avec un « Cracks In The Walls » en forme de « Paint It Black » macabre, c’est bien du côté de Black Sabbath que se dirige le final « Cold Dark Mourning », dont la mélodie n’est pas sans rappeler les vocalises de « Solitude ». Un air de Sabbath flottait déjà presque constamment depuis les débuts du groupe, il est cette fois-ci caractérisé par un titre appartenant pleinement à leur univers. Un sentiment intense de nostalgie parcourt cet album mais Abruscato et ses ténébreux compères ont le mérite d’apporter du sang frais autour du metal gothique, un genre qui a souffert de la mort de Peter Steele et de la décrépitude musicale de Marilyn Manson. Les fans de rock et metal mélancoliques ou horrifiques pourront sans conteste trouver dans A Pale Horse Named Death un nouvel étalon à suivre.

Album Lay My Soul To Waste, sortie le 27 mai 2013 chez Steamhammer/SPV



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