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Live Report   

A Pale Horse Named Death : Un cheval nommé désir


Le poète a dit : « Quand ton corps sur mon corps, lourd comme un cheval mort… ». Eh bien, on peut légitimement se dire qu’il avait bougrement raison parce que, en ce soir du dimanche 5 février, ce Cheval Nommé Mort est lourd. Infiniment lourd. Eh oui, dans ces conditions, une charogne, ça peut être beau. Le petit club du Garage, à Saarbrücken, recevait le groupe de Brooklyn A Pale Horse Named Death, né du cerveau visiblement malade et torturé de Sal Abruscato (Type O Negative, Life Of Agony…) avec l’aide de son comparse Matt Brown.

– 16°C ce dimanche soir à la frontière franco-allemande. Un temps à ne pas mettre un fan de Lady GaGa dehors. La tâche qui attend les New-Yorkais semble insurmontable : séparer les 70 courageux qui sont venus à leur rencontre de leurs blousons, écharpes, gants et autres bonnets.

Méticuleusement, Sal (Abruscato), Matt (Brown), Eddie (Heedles), Johnny (Kelly) et Eric (Morgan) viennent préparer leur champ de course. Attention, on ne parle pas d’un hippodrome de 40000 places. Le petit club du Garage (Kleiner Klub), c’est une scène d’une dizaine de mètres carré, un bar très bien fourni et de la place pour 150 personnes maximum. Précisément le genre d’endroit où l’on sait que la soirée va être intense autant qu’intime. Eau, bière, pédales, fatras de câbles et de jacks. Des guitares, ça et là. Soundcheck. Lights OK. En selle, gentlemen.

Artiste : A Pale Horse Named Death
Date : 5 février 2012
Lieu : Saarbrücken (Allemagne)
Salle : Garage – Kleiner Klub

A Pale Horse Named Death

Le set s’ouvre, après une petit intro mystico-guitaristique, sur la très heavy et mélancolique « To Die In Your Arms ». Les esprits, les corps et la voix de Sal se réchauffent doucement. Cette mise en train permet de constater que APHND est ce qu’on appelle un supergroupe. Un groupe de stars du metal, en somme. L’ombre de nombreux groupes talentueux plane sur cette formation, décrite chez nos confrères de la presse metal comme grunge-doom-heavy-gothique… Waow ! Prenez une bonne dose de Type O Negative, un peu d’Alice in Chains, un soupçon de Soundgarden (si, écoutez bien…) et une énorme part de créativité. Mettez à fermenter quelques heures avec une basse et des guitares trèèèèès lourdes. Servez cela en sueur à un public déjà très friand de l’album et d’un son magistral.

« Devil In The Closet », sexy à souhait, fait monter la température d’un cran. Les soli d’Eddie Heedles seront impeccables du début à la fin. Il est à noter que sur la version studio, c’est Bobby Hambel (Biohazard) qui s’en est chargé. « When Crows Descend Upon You » achève cette première partie de la démonstration : c’est heavy, c’est lent, ça envoie du son. Sal annonce alors au public qu’il est largement temps de passer à quelque chose de plus radical. « Celle-là, elle est pour vous, bande de junkies. » Le « Heroin Train » va à toute vapeur et APHND passe alors la seconde. Cet élan sera alors littéralement stoppé par « Meet The Wolf », une chanson très marquée de la patte Type O Negative ; alors que les autres chansons de l’album « And Hell Will Follow Me » portent quelques résurgences, celle-ci semble avoir été enregistrée en secret pendant October Rust…

Matt Brown

Un jam… la classe, tout de même. Un petit jam de cinq minutes entre deux morceaux, c’est agréable et ça confirme que ces professionnels du son ne sont pas ensemble par hasard. Ils sourient, blaguent avec le public. On se sent bien, au chaud, l’intimité d’un groupe et de son public est une chose rare ; il faut en profiter quand on peut la sentir.

« As Black As My Heart », titre d’ouverture de l’album, est une chanson sans concession. Et les musiciens d’APHND en profitent pour montrer l’étendue de leurs talents. Johnny Kelly, le métronome du groupe, semble parfaitement à l’aise dans l’espace exigu qui lui est dévolu ; les baguettes tournent dans tous les sens et les cymbales fendent l’air. Eric Morgan, bassiste très expressif, se la donne depuis une bonne demi-heure et semble infatigable. « Pill Head » et « Cracks In The Walls » emmènent le public dans un vrai trip musical, planant, au son rond et entêtant. On pourra dire ce que l’on voudra, mais ces gars jouent de la musique et du public… Public qui est sous le charme, depuis le début, de ce frontman à la voix grungy et de ses acolytes virtuoses.

La fin du show est proche et le final sera éclatant grâce à « Serial Killer », morceau à la pêche incomparable, « Die Alone » extrêmement lent et attendu du public (belle démonstration de chant de Sal), et enfin « Bath In My Blood », tout bonnement explosif.

Sal Abruscato

Encore ! C’est tout ce que l’on a envie de dire. Un show exemplaire à bien égards, des musiciens généreux, un public réceptif et entraîné : il n’en faut pas plus pour le ranger dans la catégorie des soirées marquantes. Même si elle est jeune (d’existence) et qu’elle n’a que peu de matériau à disposition (un seul album), la formation new-yorkaise a de l’or dans les mains et des diamants à distribuer. La bande de Sal Abruscato a lâché la cavalerie sur l’Europe, et n’est pas près de se faire désarçonner.

Setlist :

Intro
To Die In Your Arms
Devil In The Closet
When Crows Descend Upon You
Heroin Train
Meet The Wolf
As Black As My Heart
Pill Head
Cracks In The Walls
Serial Killer
Die Alone
Bath In My Blood

Photos : Le Duc
Radio Metal remercie Stephan, Kai et Eddie Heedles.



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  • Non… c’est bien pour ça que je suis monté dans ma petite auto et que j’ai traversé la frontière…

    (En même temps c’est à 30 bornes de chez moi !)

    [Reply]

    ANtoine

    (soupir) Dommage.

  • Argh mais ils ne passent pas vers chez nous ?

    [Reply]

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    Slash @ Paris
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