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Chronique   

A Pale Horse Named Death – When The World Becomes Undone


Presque six années se sont écoulées depuis le dernier effort studio d’A Pale Horse Named Death. Entre temps, la vie de son frontman Sal Abruscato a été mouvementée. Entre des problèmes personnels graves et un retour avec Life Of Agony qu’il a depuis quitté de manière abrupte et peu amicale, Sal a eu le temps et le matériel pour trouver l’inspiration. S’associant avec le bassiste Eric Morgan pour la composition et la production (exit Matt Brown avec qui les deux premiers albums avaient été conçus), et profitant de la première participation en studio du batteur de Type O Negative Johnny Kelly, Sal Abruscato a fait émerger une idée, celle de la phrase qui sert de titre à l’opus, qu’il avait déjà en tête quatre ans auparavant. When The World Becomes Undone est le troisième opus d’A Pale Horse Named Death, essentiellement marqué par le contraste.

Pour ceux qui ne connaissent pas A Pale Horse Named Death, le groupe est le projet de l’ex-batteur de Type O Negative et ex-Life Of Agony Sal Abruscato, qui prend en charge le chant et les guitares rythmiques. A Pale Horse Named Death a souvent été comparé à Alice In Chains en raison de son approche rythmique lente et des mélodies très identifiables qui en émergent. When The World Becomes Undone vient légèrement rebattre les cartes. Depuis 2013, la vie de Sal a été marqué par de nombreux problèmes le concernant lui et sa famille. Ce dernier a en outre constaté la déliquescence du monde qui l’entoure, 2018 ne l’aura pas démenti. Ainsi, When The World Becomes Undone est un album qui a une fonction curative, celle d’exprimer un mal-être environnant et interne. C’est presque d’un album concept dont il s’agit, le groupe a fait la part belle aux interludes afin de créer une atmosphère continue tout au long de l’ouvrage et créer une oeuvre d’un seul tenant, avec son début et sa fin. L’introduction lugubre « As It Begins » transite sur « When The World Becomes Undone » et ses notes de piano précédant un riff massif : une entrée en matière proche du Paradise Lost le plus doom. Le timbre de Sal Abruscato reste cependant mélodique, là où Nick Holmes userait probablement aujourd’hui de son growl caverneux, et permet de rester dans un registre rock plus traditionnel. « Love The Ones You Hate » et son feeling très « hit des années 90 », notamment par son riffing grungy, ou l’entêtant et envoûtant « Lay With The Wicked » illustrent parfaitement la philosophie d’A Pale Horse Named Death, qui ne veut rien réinventer mais sublime les parts de tourments du frontman : la noirceur côtoie sans cesse les accroches mélodiques distillées entre ombre et lumière. « Fell In My Hole » et son penchant très Type O Negative – le son de basse et certains arrangements vocaux ne font que renforcer la parenté – se nourrit de cette tension constante.

Ce qu’A Pale Horse Named Death réussit particulièrement avec When The World Becomes Undone, c’est de maintenir le même niveau d’intensité sur la longueur, sans dévier de son propos. Les transitions (l’introduction « As It Begins », le sinistre « Succumbing To The Event Horizon », le blairwitchien « The Woods » avec ses bruits de pas et ses incantations tribales, ainsi que l’outro « Closure » et ses cloches apocalyptiques) créent une dynamique bienvenue. Malgré le parti-pris d’une musique lourde, presque languissante par endroits, l’auditeur ne s’embourbe jamais. When The World Becomes possède en outre une dimension nostalgique qui renvoie indéniablement au foisonnement musical de la fin des années 80 et du début des années 90. La rythmique de « We All Break Down » et l’enchaînement d’accords est un voyage dans le temps à lui seul. L’album se termine sur « Dreams Of The End », sans doute l’un des titres les plus massifs et affligés de l’opus, affublé d’un pont désolé et de sons de cloche funèbre, qui se poursuivent sur « Closure » comme pour sonner la fin de la messe.

A Pale Horse Named Death peut être rapproché de nombreux groupes, que ce soit Type O Negative, Alice In Chains (« End Of Days », les riffs en bend de « Vultures »), Paradise Lost et dans une certaine mesure Life Of Agony (surtout le dernier opus, confirmant à quel point le batteur avait influé sur celui-ci). L’approche qui motive When The World Becomes Undone démontre néanmoins qu’A Pale Horse Named Death est loin de n’être qu’un melting-pot d’influences. L’attention à la mélodie par le chant et les arrangements de guitare typés des années 90, ainsi que la volonté systématique de l’apposer à un environnement sombre, font qu’A Pale Horse Named Death ressemble mais ne copie jamais. When The World Becomes Undone est un album qui mêle laideur et élégance d’une manière singulière.

Chanson « Vultures » :

Chanson « Love The Ones You Hate » :

Album When The World Becomes Undone, sortie le 18 janvier 2019 via SPV. Disponible à l’achat ici



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