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Interview   

ABORTED : ENTRETIEN AVEC SEBASTIEN




Radio Metal : Pour commencer, peux-tu nous dire ce que signifie le titre de l’album ? Apparemment la Strychnine est un poison utilisé pour tuer les rongeurs. Vous y avez ajouté .213 ! Quelle en est la signification ?

Sébastien (guitare) : 213 est le numéro de l’appartement de Jeffrey Dahmer, célèbre tueur en série. Ce titre résume le concept de l’album, principalement basé sur les dossiers de « true crime ». Ce chiffre et ce lieu représentent le lieu d’exécution […] Le sujet récurrent de l’album est le crime, les pulsions de tueurs en série, ainsi que la manière dont la société transforme certains êtres humains en monstres sanguinaires.

Pourquoi avoir composé aussi vite un an après la sortie de «Slaughter & Apparatus : a Methodical Ouverture » ?

L’album précédent avait déjà été composé très rapidement car il y a eu un changement majeur de line-up. En conséquence, Svencho et moi-même étions en quelque sorte le groupe pendant cette période ! Pour Strychnine.213 ça a été bien plus facile car il y a eu un véritable effort de groupe. Le fait d’avoir une équipe soudée a joué un grand rôle dans l’approche que nous avons eu pour ce disque […] Contrairement à l’album précédent il n’y aura pas de rockstar invitée ! Il y a juste Medhi, un de nos amis. Il est chanteur du groupe Dedicted et a participé à certains textes avec nous. Il a une voix monstrueuse!

Justement, comment s’est passé le processus de composition ? Es-tu à l’origine de la plupart des morceaux ou bien c’est un véritable effort collectif ?

Oui, chacun a apporté sa touche aux chansons. J’ai écrit, pour ma part, cinq morceaux ainsi que l’intro. Peter a composé deux morceaux entièrement. Il a également été à la base de deux autres titres auxquels nous avons ajouté certains de mes riffs et également ceux de Dan (Wilding, le batteur). Ensuite les arrangements pour tous les titres ont été finis ensemble au cours de répétitions dans notre QG en Belgique.

Vous avez une nouvelle fois changé de batteur. Peux-tu nous présenter le nouveau ? Est-ce un membre à part entière ou un membre de session ?

En effet, au moment de l’enregistrement de « Slaughter and Apparatus », nous n’avions pas de batteur fixe. Et c’est donc le Tasmanien David Haley qui avait assuré la tâche! Nous avons maintenant un batteur qui est un membre à part entière du groupe, il se nomme Daniel Wilding. Il vient de Brighton en Angleterre et est tout simplement un excellent batteur, surtout pour son jeune âge (19 ans).

Tous les musiciens du groupe ont plusieurs projets parallèles. Comment faites-vous pour gérer vos emplois du temps respectifs : vous arrivez à des consensus ou bien Aborted est la priorité aux yeux de tous ?

Aborted est fatalement une priorité car l’actualité est toujours plus vive. Nous avons maintenant une moyenne de quatre tournées par an donc les groupes parallèles doivent s’adapter au planning établi par Aborted. Pour des raisons pratiques cela doit être comme cela. Mais ça n’empêche pas que je sois très investi dans d’autres projets. Quand bien même, je ne suis pas dans la mesure de faire des tonnes de concerts avec ceux-ci.

Pour cet opus, est-ce qu’il y aura une édition spéciale de prévue, dans le style des ongles et cheveux que vous aviez collectés auprès de vos fans pour une édition limitée de « The Archaic Abattoir » il y a de cela quelques années ?

Oui, pour ceux qui précommandent l’album il y a une version avec un T-shirt limité livré dans un sac type « evidence bag » du FBI ! Ce sac est une réplique exacte de ceux utilisés dans les vrais cas de crime!

Vous avez fait ça pour le fun ou cela permet, dans une certaine mesure, de contrecarrer le téléchargement illégal en proposant un packaging original ?

On ne peut pas vraiment contrecarrer totalement le téléchargement, mais nous espérons ainsi montrer une certaine gratitude envers les passionnés qui continuent à faire vivre la scène metal extrême en achetant des skeuds.

Seb : « Nous ne sommes pas sur une major et nous sommes touchés de plein fouet par le téléchargement. Le téléchargement illégal saigne les labels et les groupes. Et nous sommes typiquement le genre de groupe qui ne peut pas vivre de sa musique à cause de ça. En tant que fan de musique, quand un album me plait je me démerde pour me procurer le disque, j’aime l’objet, j’aime avoir un livret avec des paroles, imprimé avec une bonne qualité. »
Souffrez-vous du téléchargement illégal ou votre signature avec une structure plus grosse comme Century Media vous a permis de mieux vous en sortir ? Quel est ton point de vue sur ce phénomène, le téléchargement illégal, en tant qu’artiste et fan de musique ?

Nous ne sommes pas sur une major et nous sommes touchés de plein fouet. Le téléchargement illégal saigne les labels et les groupes. Et nous sommes typiquement le genre de groupe qui ne peut pas vivre de sa musique à cause de ça. En tant que fan de musique, quand un album me plait je me démerde pour me procurer le disque, j’aime l’objet, j’aime avoir un livret avec des paroles, imprimé avec une bonne qualité. Je ne télécharge pas, ou alors seulement de très grosses productions, car les majors sont un peu moins touchées. Mais quoi qu’il en soit j’évite en général. Je trouve que c’est un manque de respect pour tous les artistes qui crèvent la dalle en essayant de faire de la musique sérieusement…

Dans les faits qu’est-ce qui a changé en signant avec Century Media ?

Nous bénéficions désormais d’une promotion plus étendue hors d’Europe, des facilités pour les endorsements (NDLR : Lorsque un groupe se fait sponsoriser par une marque), des tirages à beaucoup d’exemplaires…Mais également une certaine pression au niveau des ventes, l’obligation de faire un certain nombre de tournées etc. Ce qui est tout à fait logique et correspond à notre démarche ceci dit!

Vous avez pris un tournant plus « mélodique » à l’instar d’un groupe comme Carcass qui est devenu plus rock’n’roll au fil du temps. Certains y ont vu la volonté de conquérir le marché américain car à la même époque vous avez signé avec Century Media. Quel est ton avis là-dessus ?

Ce tournant a été engagé avant que je ne rejoigne le groupe, donc je ne spéculerai pas sur les intentions de Bart et Thijs à l’époque. Nous jouons dans ce registre car c’est la musique qui nous intéresse. Nous ne souhaitons pas aller dans un style US actuel, c’est à dire du deathcore ultra technique mais sans véritable mélodie. Nous préférons jouer des « chansons » catchy avec des parties chantables, sans s’éloigner de trop de notre identité extrême bien sur.

Justement, Carcass s’est reformé et va donner quelques concerts cet été. Quand tu entends le nom de ce groupe, quel effet cela te fait-il ?! Auras-tu l’occasion d’assister à un de leurs concerts ?

Je suis ultra fan et très heureux d’avoir cette opportunité de les voir enfin! Oui je devrais avoir quelques opportunités de les voir !

Petite analyse pour terminer. Vous êtes affiliés à la scène Death Grind Gore. Est-ce que tu ne penses pas que cette scène tourne un peu en rond depuis quelques années ?!

C’est amusant que tu fasses référence à cela ! Je pense qu’avec ce nouvel album nous avons choisi d’évoluer vers un style plus ouvert et moins limité que le Death Grind Gore. Nous restons un groupe à blast beat, grosses guitares et grosses voix. Mais nous incluons petit à petit un peu de diversité dans tout ce chaos !

Entretien réalisé le 12 juin 2008 par email
MySpace Aborted : myspace.com/abortedmetal



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