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Chronique   

Aborted – The Necrotic Manifesto


Viscéral, létal, théâtral, voilà une quinzaine d’années qu’Aborted s’applique à martyriser les cervicales. Si en 2008 le groupe avait quelque peu étonné son public avec Strychnine.213, album singulier que certains qualifièrent d’incident de parcours, le combo a depuis totalement repris le chemin d’un brutal death sous anabolisants, rassurant ainsi les fans décontenancés. Au même titre que « Global Flatline » sorti il y a environ trois ans, ce tout nouvel opus baptisé The Necrotic Manifesto semble véritablement avoir été sculpté dans le même bois que ses rugueux ancêtres. Inutile de se demander si la saignante recette fonctionne encore, elle fonctionne encore, c’est indéniable. La véritable question serait plutôt, comment et pourquoi ?

Finesse et harmonie ne sont peut-être pas tout à fait les maîtres-mots d’Aborted qui, de par son œuvre, s’apparente plus à un boucher névropathe de la distorsion qu’à un chirurgien de la mélodie, et pourtant… Tout en réutilisant les ingrédients qui ont déjà fait son succès, la formation belge arrive une fois encore à décaisser plus d’une dizaine de titres efficaces, suffisamment inspirés pour rester en tête et apporter leur petite pierre à l’édifice. C’est là finalement tout le mérite de Sven de Caluwé et sa bande, se focaliser sur l’essentiel sans pour autant tourner en rond. En préservant l’atmosphère apocalyptico-gore des premières années, le quintet continue de délivrer une musique décomplexée à souhait, à la fois jusqu’au-boutiste et très second degré, et ce dès « Six Feet Of Foreplay », introduction grandiloquente où l’on peut entendre murmurer Pinhead, le cénobite ceinture noire d’acupuncture de la saga Hellraiser. Si la cacophonie horrifique proposée peut paraître anarchique au premier abord, l’Armageddon provoquée est en réalité tout à fait rodée. Alternant riffs vomitifs insanes, passages mid-tempo eschatologiques et solos mélodiques tranchants, Aborted construit de façon très méthodique son chaos.

Ce dernier, pensé et composé pour le live, prendra à n’en pas douter toute sa dimension devant son public. A l’instar de Benighted et autres comparses de la scène brutal death, la pointure européenne produit en effet une musique taillée pour la scène, destinée avant tout aux effusions de transpiration. Aussi, quand bien même ce nouvel album n’est pas des plus originaux et ne révolutionne rien, il est certain que des titres tels que « Coffin Upon Coffin » ou « The Necrotic Manifesto » provoqueront sans mal pogos, circle pits, et autres walls of death sous la chaleur estivale. Une fois de plus, l’essentiel.

Voici la lyric vidéo pour le morceau « Coffin Upon Coffin » :

Album The Necrotic Manifesto, sortie le 28 avril 2014 chez Century Media.



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  • vous avez fait une petite faute de typo dans le premier paragraphe, c’est « Global Flatline » et non fatline, même si ce serait plus marrant x)

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    Le Phasme / RM

    Autant pour moi, c’est corrigé. 😉

  • N’y aurait-il pas quelques relents de Carcass là-dedans ?
    Ca sent la viande pourrie…

    [Reply]

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