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Chronique   

Accept – Blind Rage


Confortablement installé chez le label Nuclear Blast depuis son retour gagnant en 2010 avec l’album Blood Of The Nations, lui-même suivi de Stalingrad en 2012, Accept continue d’étrenner sans s’essouffler son heavy metal tranchant. Blind Rage est le troisième opus consécutivement produit par Andy Sneap, et le troisième d’affilée à reconduire Mark Tornillo au chant, plus que jamais intégré dans un line-up stabilisé. « Stabilité » est le maître mot aujourd’hui pour Accept qui ne veut certainement pas perdre son élan. Pas question de changer une recette vieille de plus de trente ans qui a fait ses preuves, fait le succès du groupe et marqué plusieurs générations de metalleux et hard rockers. Le combo a certainement appris des flops endurés les quelques fois où il a osé toucher à l’intégrité du son et de la formule.

Blind Rage, tout en suivant le tracé acclamé de ses deux aînés marque un retour plus prononcé encore au style classique des années 80. Contrairement à ce que sa pochette et le titre de l’album pourraient suggérer, Accept ne fonce pas tête baissée, les yeux rouges et la rage aux dents. Là où la composition hachée de Stalingrad traduisait un sentiment de hâte ou d’urgence, le groupe a pris soin en vue de Blind Rage de laisser reposer la pâte et les idées avant de pétrir, une réflexion qui aboutit à un disque varié, mûri, aéré mais aussi plus posé. Long d’un peu plus de cinquante-huit minutes, l’album est une pièce vivante riche en ambiances tempérées et lustrées jusque dans les moindres détails. Tout paraît essentiel à l’équilibre de cet album qui ventile les titres heavy speed directs comme le single « Stampede », « Trail Of Tears » ou « Bloodbath Mastermind », puis une gravité plus épique sur « Dying Breed », « Fall Of The Empire » et « From Ashes We Rise » ornés de guitares plaintives, mélodies entêtantes et refrains chantés en chœurs, au zénith de l’émotion. Petits clins d’œil avec « Dark Side Of My Heart » qui pourrait être la suite de « Love Child » (Balls To The Wall, 1983) ou « Wanna Be Free » et « 200 Years » qui se nourrissent eux aussi allègrement de cet héritage passé, dépoussiéré comme si le temps ne s’était pas écoulé.

Le tempo medium qui domine l’opus n’en demeure pas moins accrocheur, voire irrésistible sur « The Curse » qui surprend par le phrasé du chant de Tornillo et son riff heavy en cavalcade (qui évoquera de loin « Holy Diver » de Dio). « Final Journey », enfin, parachève l’oeuvre dans une veine heavy speed classieuse, où le groupe se paye le luxe d’insérer au sein du bouquet final une reprise surprise du thème d’Edvard Grieg « Le Matin ». Un exercice qui renvoie évidemment à « Metal Heart » et sa reprise de la Lettre A Elise de Beethoven restée dans les anales du heavy metal ou plus récemment « Stalingrad » et sa reprise de l’hymne russe, mais – parce qu’il faut bien un « mais » – qui contribue à laisser penser qu’Accept se cantonne à reproduire les formules qui ont fait son succès. La limite est parfois mince entre la marque de fabrique et l’auto-recyclage, et cet album tend à jouer les équilibristes sur cette ligne rouge. Comme le dit le guitariste et compositeur Wolf Hoffmann lui même (interview à paraître) : « Ce n’est pas toujours facile de trouver quelque chose qui sonne à la fois frais et complètement typique. » Telle était donc la mission qu’ils se sont imposés et à cet égard Accept a su prendre le taureau par les cornes afin de ne pas aboutir à une simple redite de Stalingrad. Et Blind Rage démontre une fois de plus qu’on pourra encore composer avec le groupe allemand dans les années à venir si la flamme qui l’anime ne s’estompe pas.

Regarder le clip de « Stampede » et la lyric vidéo de « Final Journey » :

Album Blind Rage, sortie le 15 Août 2014 chez Nuclear Blast



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