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Interview   

Accept : entretien avec le loup


Après 14 ans d’absence discographique Accept nous revient avec du sang sur les mains. Tout d’abord parce que le groupe teuton d’origine a dû se résoudre à réaliser l’acte chirurgical délicat que représentait le remplacement de son organe vocal mais aussi, tout simplement, parce que leur nouvel album est une tuerie. Celui-ci se dénomme Blood Of The Nations et il paraît normal que le combo vienne le défendre dans les colonnes de Radio Metal. C’est Wolf Hoffman, le guitariste emblématique du groupe, qui s’y est collé et le moins que l’on puisse dire est que le bougre s’est montré sacrément caractériel ! Il n’avait qu’une chose en tête : parler de l’actualité immédiate d’Accept et son nouveau bébé, rien d’autre. D’une certaine manière, tant mieux, ça prouve qu’il est passionné et fier de son album – certains diraient peut être un peu trop, étant donné certaines déclarations à la marseillaise. Quant aux autres sujets et les détails croustillants, on repassera… ou pas (aucune envie de me faire bouffer un mollet !).

A propos de Mark Tornillo : « Nous n’avons pas vraiment auditionné de chanteurs ; en fait, nous n’en cherchions même pas. Comme il vivait à côté, il ne faisait que passer. Nous avons réalisé qu’il correspondait parfaitement à Accept, et que sa voix était idéale pour le groupe. Spontanément, nous avons décidé de nous reformer. »

Radio Metal : En 2005, Accept et Udo Dirkschneider se sont réunis le temps d’une tournée, qui n’a eu aucune suite. Es-tu déçu ?

Wolf Hoffman (guitare) : Non, parce qu’il n’a jamais été prévu qu’il y ait de suite. Dès le départ, Udo avait dit qu’il n’y aurait rien de plus. C’était juste histoire de jouer dans des festivals. Je ne suis pas déçu.

En 2007, Udo a déclaré : « Je comprends que le public veuille un nouvel album d’Accept, mais composer ensemble aurait été un désastre. Nous aurions détruit davantage que nous n’aurions créé ». Selon toi, pourquoi a-t-il dit cela ?

Je n’en ai aucune idée. C’est à lui qu’il faut le demander.

Es-tu d’accord avec lui ?

Je ne veux faire aucun commentaire sur ce qu’il a pu dire.

L’an dernier, Accept a annoncé une reformation avec un nouveau chanteur, Mark Tornillo de TT-Quick. Qu’est-ce qui vous a poussé à reformer le groupe et comment Mark vous a-t-il rejoints ?

Tout a commencé il y a environ un an, lorsque Peter [Baltes, basse] et moi nous sommes retrouvés. Nous avons trouvé Mark plus ou moins par accident. Il se trouve simplement que nous avons organisé une session jam et nous avons invité un chanteur, il s’agissait de Mark. Nous n’avons pas vraiment auditionné de chanteurs ; en fait, nous n’en cherchions même pas. Comme il vivait à côté, il ne faisait que passer. Nous avons réalisé qu’il correspondait parfaitement à Accept, et que sa voix était idéale pour le groupe. Spontanément, nous avons décidé de nous reformer. C’était il y a à peine plus d’un an. Nous avons enregistré un nouvel album, et nous allons partir en tournée tous ensemble.

C’est la première fois depuis Eat The Heat qu’un chanteur autre qu’Udo officie sur un album d’Accept. Cela vous a-t-il inquiétés ? Aviez-vous peur de la réaction des fans la première fois que vous êtes montés sur scène avec Mark ?

Je ne dirais pas que nous étions inquiets. Nous savions que Mark était formidable et nous savions qu’il y avait vraiment quelque chose de spécial. Mais bien sûr, pour le premier concert, nous étions un peu nerveux, parce que nous n’étions encore jamais montés sur scène ensemble. Nous n’étions pas inquiets, mais nerveux, et il y avait beaucoup d’anticipation.

Comment les fans ont-ils réagi ?

C’était incroyable. Absolument sidérant. Leur réaction a été hallucinante.

Contrairement à David Reece, qui assurait le chant sur Eat The Heat, Mark a une voix très proche de celle d’Udo. Était-ce une condition sine qua non ? Avez-vous envisagé d’engager un chanteur qui n’aurait pas eu cette voix un peu rauque ?

Nous n’avions aucune condition. Comme je l’ai déjà dit, nous n’avions absolument pas réfléchi ; nous avons rencontré Mark, et nous avons su qu’il était parfait. C’était instinctif. On l’a rencontré, et on l’a adoré, point. Nous n’avons absolument pas analysé tout ça, nous l’avons seulement trouvé parfait.

Aujourd’hui, quel est ton regard sur les trois albums que vous avez sortis avec Udo entre 1993 et 1996 ? Ils ont été très critiqués, surtout Death Row, qui a été qualifié par certains d’album néo-metal…

Je ne sais pas vraiment quoi répondre. Je n’y pense pas beaucoup. C’était il y a longtemps, et honnêtement, je m’en fiche. C’était à une époque où beaucoup de groupes cherchaient leur identité et s’efforçaient de trouver leur place. Tout le monde a sorti de bons et de moins bons albums. C’est vrai pour n’importe quel groupe. Nous avons sorti quelques albums qui n’étaient pas spécialement bons, et alors ? Ça s’est passé il y a des années.

Cela veut-il dire que vous ne jouerez plus jamais de titres tirés de ces albums sur scène ?

Je n’ai pas dit ça. Bien sûr que nous jouerons des titres de ces albums. Il y avait du bon, sur ces disques.

Blood Of The Nations sonne davantage comme du Accept classique. Cela veut-il dire que vous ne tenterez plus d’expérimenter avec d’autres styles, comme vous l’avez fait avec Eat The Heat ou Death Row ?

Je ne sais pas ce que le futur nous réserve. Cette fois, nous voulions simplement jouer ce que nous considérons comme du Accept classique. Nous voulions sortir un album qui sonne comme ce que nous faisions dans les années 80, mais avec un son plus moderne et des idées neuves. C’était notre objectif et je crois que nous l’avons atteint. Qui sait ce que nous ferons à l’avenir ? Il faut attendre de voir quelles idées nous viendront et où elles nous entraîneront. Mais nous avons des plans à long terme, nous voulons sortir un autre album et nous sommes déjà en train de réfléchir à de nouvelles chansons. Mais je crois que l’époque où nous essayions d’entraîner Accept sur une nouvelle voie est terminée. Nous savons assez bien où nous nous positionnons et ce que les fans attendent de nous. C’est cela que nous voulons leur donner.

« Quelles conneries ! Je pense que tu prends tout ça beaucoup trop au sérieux. Prends un peu de recul et amuse-toi ! Quand on sort un album appelé Blood Of The Nations, il faut du sang sur la pochette. C’est juste du bon gros fun à la heavy metal. »

Lorsque vous avez annoncé la reformation du groupe avec Mark, vous avez mis des réenregistrements de « Balls To The Wall » et « Fast As A Shark » à disposition en téléchargement gratuit. Était-ce un moyen de rassurer les fans sur la qualité du nouveau line-up, et plus particulièrement sur celle du nouveau chanteur ?

Non, ce n’était qu’une esquisse assez grossière de ce que Mark a fait le jour où nous l’avons rencontré. Comme je l’ai expliqué, nous l’avons rencontré lors d’une session jam et il nous a paru tellement parfait que nous avons décidé de mettre ces titres en ligne. Ces enregistrements n’étaient pas destinés à sortir. Nous l’avons fait pour nous amuser. Ce n’était pas censé être un véritable enregistrement, ni apparaître sur un support quelconque. Imaginez un peu, tout ça s’est déroulé en deux heures ! Dans les deux heures qui ont suivi notre rencontre avec Mark, nous avons joué quelque chose avec lui et il s’est trouvé qu’un enregistreur tournait. Nous voulions documenter l’événement, voilà tout. Nous ne pensions pas que le public les prendrait tellement au sérieux et les comparerait au produit fini. On en apprend tous les jours… On ne peut pas revenir en arrière. Mais ça me semble toujours sidérant que les gens comparent ce qui est manifestement une session jam grossière à un album fini. Nous avons entendu quelques commentaires négatifs, mais ils nous ont rendus plus forts, car nous voulions montrer aux gens à quel point le nouveau line-up pouvait être bon. Je crois d’ailleurs que le nouvel album le prouve. Tout ce que nous demandons, c’est que le public nous laisse une chance et écoute le produit fini, au lieu de juger à l’avance. Beaucoup de ceux qui avaient fait des commentaires à l’époque ne disent plus rien, maintenant, parce que l’album est bon et solide.

La pochette de l’album est assez gore, avec cette main couverte de sang qui fait le signe de la victoire. Ce pourrait d’ailleurs aussi être le signe de la paix…

Ah oui, ça me plait !

C’est une image très forte. On dirait une critique de la politique de certaines nations et des conflits auxquels on a pu assister ces dernières années…

Quelles conneries ! Je pense que tu prends tout ça beaucoup trop au sérieux. Prends un peu de recul et amuse-toi ! Quand on sort un album appelé Blood Of The Nations, il faut du sang sur la pochette. C’est juste du bon gros fun à la heavy metal. Tu interprètes beaucoup trop ! Ce n’est pas une déclaration politique ou quoi que ce soit. Détends-toi un peu ! (Rires)

C’est uniquement pour le fun, alors ?

Pratiquement, oui. Pas tout, mais ce n’est pas aussi sérieux que tu le penses.

Je suis sûr qu’il y a un sens derrière tout ça, même un tout petit…

Tu peux interpréter ça comme tu veux, mais il n’y a aucune déclaration politique.

Vous êtes sur le point de partir en tournée pour promouvoir Blood Of The Nations et, justement, une tournée réunissant Accept et le groupe solo d’Udo serait-elle envisageable à un moment donné ? Ce serait un événement mémorable, pour les fans !

Nous allons partir en tournée cet automne, et nous continuerons à le faire. Nous avons des plans à long terme. Nous allons commencer la tournée avec les États-Unis, puis nous irons au Japon. Nous avons déjà donné quelques concerts avec AC/DC et donné des spectacles énormes en Turquie et au Sonisphere. Tout se passe très bien. En ce qui concerne une tournée avec Udo, je crois qu’il faut se détacher un peu de tout ça. J’ai envie de parler du nouvel album, pas d’Udo.

Sur un plan plus personnel, tu vis aujourd’hui aux États-Unis. C’est également le cas de beaucoup de musiciens de rock européens. Qu’est-ce qui t’a poussé à quitter l’Allemagne pour aller vivre aux États-Unis ?

C’était une décision personnelle dont je ne veux pas discuter. Ça n’a rien à voir avec notre musique.

Ok, mais justement, est ce que le fait d’habiter aux Etats-Unis a influencé d’une manière ou d’une autre la musique d’Accept ?

Qu’est ce que ça peut avoir avec quoi que ce soit où je vis ? Je pensais que nous allions parler de musique ! Quelle différence cela fait où qui que ce soit habite ?

Je pense que le pays dans lequel on vit peut influencer la façon dont on compose notre musique…

Ah oui ? Tu crois que parce qu’Udo vit en Espagne, il compose comme un Espagnol ?

Je n’en sais rien !

Moi non plus ! À toi de me le dire !

Je pourrais citer beaucoup d’exemples de musiciens qui vivent aux États-Unis et qui ont été influencés par le pays.

Tu sais, certains membres de Scorpions vivent aux États-Unis ou en Pologne. C’est ça, le monde moderne. On n’a plus 15 ou 20 ans, on ne vit plus dans le même quartier. C’est un fait, et c’est comme ça depuis un bout de temps. Je vis aux États-Unis depuis 20 ans, et alors ? Ça n’a rien à voir avec ce que je fais en tant qu’artiste, ni avec ce que fait Accept.

Ok. Dans ce cas, que peux-tu nous dire sur le nouvel album d’Accept ?

Je pense que nous avons douze chansons solides, un ensemble de titres représentatifs des années 80, comme je l’ai déjà dit. Ça n’aurait pas dépareillé à l’époque de Restless And Wild ou de Balls To The Wall. Jusqu’ici, nous avons reçu des critiques positives, et nous sommes entrés dans les charts en Allemagne. Tout se passe très bien. N’importe quel véritable fan d’Accept serait d’accord pour dire que c’est un album classique du groupe.

Penses-tu qu’on puisse le comparer avec des classiques comme Metal Heart ou Balls To The Wall ?

Le temps le dira, mais je le pense, oui. Les chansons sont suffisamment solides, et ça, c’est toute la personnalité d’Accept. Il y a les chœurs, les gros riffs de guitare… En gros, il y a tout ce que les fans voulaient entendre.

« Il y a eu un tel buzz autour de notre retour, et la vidéo était tellement cool qu’un fan turc en a twitté un autre pour lui en parler. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ça, mais il y a eu une histoire qui a fait le tour du monde affirmant que Twitter a cessé de fonctionner pendant un moment à cause de ça. »

Je crois savoir que l’album a été produit par Andy Sneap…

Oui, et je dirais que ça a été une grande découverte. Andy nous a contactés lorsqu’il a entendu dire que nous faisions un nouveau disque. Il est fan d’Accept depuis son adolescence. C’est l’un des meilleurs producteurs avec lesquels nous ayons travaillé. Je pense que c’était surtout dû au fait que c’est un fan d’Accept, et en tant que tel, il savait exactement ce qu’il voulait entendre. Il a énormément contribué à l’album dès le départ, en sélectionnant les chansons et en participant au processus d’enregistrement. Nous avons passé un très bon moment. Nous avons enregistré la moitié de l’album dans son studio en Angleterre, et l’autre moitié à Nashville. C’était un effort international. Certains membres du groupe sont venus d’Allemagne ou de Suisse, et nous nous sommes tous retrouvés en Angleterre. Nous avons passé un bon moment, et le travail a été très constructif et harmonieux. C’était beaucoup mieux que ce que nous avions fait dans les années 90. Je pense que nous n’aurions pas pu faire un si bon album sans Andy.

J’ai lu quelque part que vous avez composé l’album en très peu de temps…

Environ trois ou quatre mois. C’est court, mais c’est parce que Peter et moi formons une très bonne équipe. Lorsqu’on travaille ensemble, on déborde d’idées. Nous sommes l’équipe créatrice depuis les années 80. Nous avons écrit quelque chose comme 30 ou 40 chansons, parmi lesquelles nous avons sélectionné les 14 meilleures. Nous avons enregistré 14 chansons, alors il y avait largement de quoi faire pour cet album.

Accept a récemment assuré la première partie d’AC/DC. Comment cela s’est-il passé ?

C’était époustouflant. Les gars d’AC/DC ont toujours été nos héros et c’était un immense honneur pour nous de fouler leur scène. Il y avait 80 000 personnes dans le public. Tout le monde était très excité de voir la nouvelle mouture d’Accept, c’était génial. Tout le public chantait avec nous en brandissant le poing, ce qui était assez incroyable, parce que c’était le public d’AC/DC, et pas le nôtre ! Mais on les a ralliés à notre cause. C’était une soirée formidable.

Vous avez tourné une vidéo pour « Teutonic Terror ». Crois-tu qu’il soit toujours utile de faire des vidéos, de nos jours ? Il est probable que MTV ne diffusera pas celle-ci… Peut être que je me trompe ?

Je pense que tu te trompes. Ça a eu un tel retentissement à travers le monde que nous avons été numéro un des charts pendant des semaines. Il y a eu un tel buzz autour de notre retour, et la vidéo était tellement cool qu’un fan turc en a twitté un autre pour lui en parler. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ça, mais il y a eu une histoire qui a fait le tour du monde affirmant que Twitter a cessé de fonctionner pendant un moment à cause de ça.

Ne trouves-tu pas un peu triste que des chaînes musicales comme MTV ne diffusent plus de vidéos metal ?

C’est vrai, c’est triste, mais que veux-tu y faire ? Nous sommes à l’ère d’Internet et de la génération YouTube. YouTube a pris la place de MTV.

Interview réalisée en août 2010 par phoner.
Myspace ACCEPT : www.myspace.com/accepttheband



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  • J’ai applaudi à deux mains lorsque j’ai dû transcrire le passage sur la pochette de l’album. Enfin un artiste qui ose affirmer qu’il faut arrêter de se branler les neurones sur la signification des pochettes ! Enfin quelqu’un qui reconnaît que parfois, il n’y a pas de sens philosophique et profond caché derrière une imagerie ! Il était temps ! Rien que pour ça, merci à lui !

    [Reply]

    Il faut surtout le remercier pour avoir envoyé bouler Spaceman…

    Saff'/RM

    Naaaaan, j’irais pas jusque là. Mais un jour, j’aimerais avoir une looooongue conversation avec Spaceman sur où diable il trouve ces interprétations capillotractées. 😉

  • Comme quoi on peut faire de la musique potable et être un gros con.

    [Reply]

    Saff'/RM

    Parce que vouloir parler de sa musique, et uniquement de sa musique, c’est être un gros con ?

    Hardrocker Fab

    Ben moi j’veux bien être un gros con avec une pareille carrière et surtout un nouvel album aussi monstrueux haha ! Non, sérieux, je ne pense pas que c’est être gros con de ne vouloir parler que du nouvel album… pour faire simple, si je veux des news d’Accept, je lis des interviews d’Accept, et si j’en veux de UDO, je lis celles de UDO… pas plus compliqué que ça…

    AzNight

    J’ai pas l’impression de lire l’interview d’un connard. Il a l’air sur les nerfs et exaspéré par les questions (en même temps Spaceman insiste tellement que je le comprends), ça n’en fait pas un con pour autant. Il a l’air passionné par son truc en tout cas. Je n’ai écouté l’album qu’une seule fois mais il m’a bien plus, ça dépote sans sonner comme du réchauffé des 80’s.
    Chronique intéressante d’un fan: http://inoxydable.over-blog.com/article-accept-blood-of-the-nations-2010-56909070.html

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