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Chronique   

Accept – Too Mean To Die


Accept est l’une de ces réincarnations qui fonctionnent, le fruit d’une collaboration bénie avec Mark Tornillo depuis 2009. Le simple fait que l’un des pionniers du metal allemand existe toujours après plus de quarante ans et de multiples changements de line-up range Accept parmi ces grandes exceptions que sont les grands groupes. Accept a su pallier le départ de membres cruciaux, le plus récent étant celui du bassiste et compositeur Peter Baltes à la fin de l’année 2018, remplacé par Martin Motnik. Le guitariste Wolf Hoffmann est le dernier membre originel, assumant plus que jamais le rôle de pilier de la créativité d’Accept. Too Mean To Die est à nouveau l’occasion de constater la résilience d’Accept, premier album avec le troisième guitariste Philip Shouse (qui s’est illustré lors de la tournée de Symphonic Terror Orchestra). Too Mean To Die est aussi explicite qu’il le paraît : Accept est encore trop hargneux pour trépasser.

Too Mean To Die ne déroge pas à la règle de cette décennie passée : Accept a de nouveau collaboré avec Andy Sneap à Nashville. La pandémie a évidemment altéré la méthode de travail du groupe, obligé de terminer son album lors d’une deuxième session avec son producteur resté à distance. Pas de quoi brider son enthousiasme, le son d’Accept n’a de toute manière rien de mystérieux. Les premières notes de « Zombie Apocalypse » témoignent de la qualité sonore certaine de Too Mean To Die. Une ode au heavy metal old-school, au grain de ses guitares tranchantes qui écrasent la rondeur des basses et à cette caisse claire au centre de toutes les rythmiques. Accept rassure quant à sa forme, mettant à l’œuvre son trio de guitaristes qui croisent le fer par le biais de leurs leads et solos. « Too Mean To Die » élève le tempo pour se rapprocher des terres de Motörhead et peut s’appuyer sur l’aisance de Mark Tornillo. Celui-ci décroche ses notes haut perchées sans accuser le poids des années, le tout avec un grain tantôt éraillé, tantôt nasillard, et plus encore.

Le seizième opus d’Accept ne brille pas vraiment par l’étalage de ce que le groupe fait avec brio depuis des années. C’est sa diversité inattendue qui lui donne de la profondeur. Au-delà du récital heavy qu’Accept se doit de livrer, à l’instar d’un « Sucks To Be You » au riffing efficace, il se permet quelques escapades annexes. « Overnight Sensation » préfère se démarquer par son hard rock mid-tempo entraînant pas si loin des canons des années 80. « The Undertaker », premier single de l’album, pourrait déstabiliser en premier lieu par ses arpèges acoustiques, son atmosphère lugubre et son envie de lever le pied. « The Best Is Yet To Come » accentue ce besoin de respecter l’émotion qui se dégage de l’écriture. Accept s’essaie à la ballade, profitant de la versatilité de Mark tout à fait capable de s’exprimer plus délicatement, usant de son timbre clair, presque méconnaissable. Il va sans dire que « The Best Is Yet To Come » appelle les leads langoureux, une tentation trop forte pour les guitaristes… Accept maintient toujours une identité très prononcée même lorsqu’il s’aventure dans des registres plus insolites. Wolf Hoffmann témoigne toujours de son amour du classique en incorporant un passage iconique de la Cinquième Symphonie de Beethoven au sein de « Symphony Of Pain ». La conclusion instrumentale aux sonorités orientales plutôt rafraîchissantes « Samson And Delilah » approfondit le sujet, référence directe à l’opéra de Camille Saint-Saëns intégrant des extraits de la Symphonie du Nouveau Monde d’Antonin Dvořák, dans la lignée des œuvres solos de Wolf Hoffmann.

Too Mean Too Die amène à un constat : Accept prône la qualité qui sied à son statut, et parvient même à interpeller (à défaut de véritablement surprendre), se débarrassant de l’impression de mode pilote automatique qui avait pu ternir The Rise Of Chaos (2017). Car il existe aux côtés de cette machine bien huilée quelques inspirations distinguées et le désir de respecter les premières intuitions qui orientent une chanson. Accept peut ralentir, articuler différemment voire changer complètement de discours. Rien qui n’est synonyme de mourir, loin de là.

Lyric vidéo de la chanson « Too Mean To Die » :

Clip vidéo de la chanson « The Undertaker » :

Album Too Mean To Die, sortie le 15 janvier 2021 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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  • Bien fade tout ça ! Depuis « Blood Of The Nations » (sorti en 2010), la magie n’opère plus…j’ai du coup vraiment du mal à les suivre.

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  • Excact,je trouve que cela n’a plus rien avoir avec le Accept de notre jeunesse, de plus Udo a une voix tellement incroyable et puissante, et reconnaissable qu’il est difficile de garder le nom Accept. Udo un des plus puissant chanteur de Heavy Metal à mes yeux, quand on l’écoute dans Balls to the walls, les frissons sont toujours intact malgré les années.

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    Django

    C’est vrai mais dernier album d Udo est catastrophique. Quand les membres ex membres daccept comprendront qu’ils n’ont du talent que rassemblés ? De toutes façons c’est trop tard

  • Je lis cette chronique avec intérêt et espère du bon lorsqu’on pourra écouter l’album entier, les deux extraits présentés étant pour moi loin d’être indispensables. Quand à Accept, il y a bien longtemps que le groupe n’existe plus, c’est juste Wolf et ses amis, même si j’avais accueilli le premier album avec Tornillo avec enthousiasme 😉 Mais après la défection des membres historiques restants durant ces dernières années, ça ne fait plus vraiment sens de s’appeler Accept, hormis pour le marketing bien sûr

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