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Live Report   

Accept : Un cœur de metal peut vous sauver !


Une rage aveugle toute chaude à sa disposition, Accept continue la nouvelle voie qu’il s’est réouverte depuis 2010 et occupe le devant de la scène avec des albums qui se suivent avec une belle régularité. Mais trente-cinq ans après la sortie de leur premier album éponyme, suffit-il aux Allemands de mettre un taureau fulminant sur leur pochette pour tout défoncer sur scène ? Intéressante question, n’est-ce pas ?

Voyons cela de plus près non sans avoir préalablement découvert de quel bois se chauffent les Australiens de Damnations Day qui ouvrent la soirée. Face à un public qui ne se sera pas déplacé en masse, il faut bien l’avouer. Il est 19h30 quand Mark Kennedy, guitare et chant, Dan Kennedy, batterie, Luke Vinken, basse, et Jon King, guitare, montent sur scène pour offrir une prestation où il ne se passe malheureusement pas grand-chose à part une ou deux poses, standards du genre, un peu cliché finalement. En termes scéniques, Luke et Jon restent assez statiques, dans leur coin. Mark haranguera certes la foule mais sans déclencher autre chose que des applaudissements polis.

Artistes : AcceptDamnations Day
Date : 8 octobre 2014
Salle : Bataclan
Ville : Paris

Damnations Day

Musicalement, les Australiens offrent un heavy mélodique dans lequel on sent l’influence d’Helloween. La voix est puissante mais très poussée dans les aigus, sans énormément de variations. A force, plutôt pénible. « Carried Above The Sun » est le seul titre qui attire l’oreille avec ses rythmes changeants, son refrain entraînant. Morceau plutôt agréable qui sort du lot car pour le reste, les titres, issus de leur seul album à ce jour, Invisible, The Dead, n’enflamment pas les spectateurs. Pourtant quand il se fait plus doux, comme sur « A World To Come », titre calme non inclus dans la setlist, le groupe arrive à de belles choses. Mais ce soir, les trente minutes de leur concert n’auront pas vraiment marqué les esprits.

Accept : du plaisir !

Quand Accept monte à son tour sur la scène du Bataclan, l’accueil du public ne laisse planer aucun doute : les Allemands sont les bienvenus ! « Stampede » issu de la dernière production de la tête d’affiche ouvre le bal. Les lumières sont en abondance, pas question pour le groupe de balancer ses riffs assassins dans la pénombre. Après un démarrage de concert consacré aux récents albums, l’excellent et rapide « Losers & Winners » nous renvoie quelques décades en arrière avec l’album Balls To The Wall. Sur ce titre que le public apprécie, Hermann se fend des solos, bonnet rivé sur la tête, se tenant plutôt en retrait. On a parfois l’impression que s’il pouvait se cacher, il n’hésiterait pas. Tout de même, il rejoint ses acolytes quand les quatre musiciens se tiennent de front sur le devant de la scène pour l’introduction de « London Leather Boys » que les fans soutiennent de leurs applaudissements.
Sur scène, il y a des sourires, de la bonne humeur, un plaisir évident. C’est bon ! Wolf Hoffman multiplie les poses, les mimiques. Rien de cliché là-dedans, il exécute tout ce show avec un grand naturel pour le plus grand plaisir des fans et sûrement des photographes. Il reste la figure de proue de l’animation scénique des Allemands, soutenu quand même par Peter Baltes. Mark Tornillo au chant reste un peu plus discret même s’il amènera un drapeau Accept en début de concert et fera chanter les fans sur « Dying Breed », excellent titre, probable futur classique du répertoire du combo, apprécié par le public qui soutient de sa voix le solo du morceau. A ce propos, le public accueille très favorablement les titres du dernier opus. Comme « Final Journey » qui se montre plus musclé et plus incisif. Sur scène, des colonnes de fumée mettent un peu d’effets spéciaux dans cette soirée pleine de testostérone. Le public est très masculin, âgé.

Beaucoup de sourires !

Peter harangue à son tour les fans qui répondent. Des slammeurs égrainent le concert. Peu nombreux mais très réguliers. Même les filles sont de la partie ! Les fans scandent spontanément des « Hey ! hey » et applaudissent alors que le groupe attaque « Shadow Soldiers ». Enfin, la voix se module un peu, se montrant plus bluesy, sur « From The Ashes We Rise », excellent morceau dans la pure tradition acceptienne avec ses gros chœurs mais avec des guitares plus chatoyantes qu’à l’accoutumée. C’est un peu là que le bât blesse chez Accept, un certain format des titres qui ne montre pas toujours une grande originalité. Certes, on ne reprochera pas à AC/DC de faire du AC/DC ni à Motörhead de faire du Motörhead, mais ce sont là des groupes d’un tout autre impact.

« Restless And Wild » nous amène enfin dans les classiques historiques du groupe. Ce titre donne encore l’occasion à Wolf et Peter de jouer sur scène. A propos de jeu, après « No Shelter », les deux musiciens se lanceront dans un passage instrumental, basse et guitare se répondant. Le public apprécie en particulier quand Peter tape carrément sur les cordes de sa basse. « Princess Of The Dawn » reçoit logiquement un gros accueil avec des spectateurs qui chantent à tue-tête, ne se faisant pas prier pour reprendre le refrain et hurler des « oh ! oh ! oh ! ». Beau moment live. Herman reste planqué dans son coin sauf en de rares occasions où Peter prend alors sa place. Moment sympa du concert quand Mark va le voir et que le guitariste s’anime et que les deux hommes échangent des sourires. On sent une belle complicité. « Heidi, heido, heida » résonne dans le Bataclan et nous rappelle que le groupe avait fait scandale à l’époque avec ce chant que la France associe à l’Allemagne nazie. Aussitôt Accept fut rangé au rayon nazi ! « Fast As A Shark » est excellent et démontre s’il en était encore besoin que Mark assure carrément même sur les titres les plus anciens du répertoire des Allemands.

Le charismatique Wolf Hoffman

Au bout d’une bonne heure et demie de concert, la pause rappel intervient. Très courte. Accompagné de ses acolytes, Mark revient torse nu, sans un pet de graisse – impressionnant – mais casquette toujours rivée sur la tête et le groupe d’attaquer « Metal Heart ». Quel titre ! Une tuerie ! Un classique du metal toutes catégories confondues, toute époque confondue. Et exécuté de mains de maître, ce qui aura d’ailleurs été le cas tout le long du concert avec un très bon son et une excellente interprétation. Enorme moment live avec ce public qui chante et chante encore. Et effectivement, l’on se dit que ce titre sort enfin le concert d’une certaine linéarité, qu’il enflamme vraiment le Bataclan. Ce cœur de metal sauve le concert d’un petit manque de piment musical. Comme l’autre classique « Balls To The Wall » sur lequel le public donnera encore et toujours de la voix. Gros succès pour ce morceau aussi.

Accept aura offert deux belles heures de concert à leurs fans, avec un Blind Rage mis logiquement en avant. Le plus ancien Restless And Wild aura également été bien représenté dans une set list s’appuyant de manière assez évidente sur les albums classiques du début des années 80 et sur les récentes productions de l’époque Mark Tornillo. Un équilibre entre passé et présent qui aura assurément réjoui les fans présents.

SetList Accept :

Stampede
Stalingrad
HellFire
200 Years
Losers & Winners
London Leather Boys
Starlight
Dying Breed
Final Journey
Shadow Soldier
From The Ashes We Rise
Restless And Wild
Ahead Of The Pack
No Shelter
Princess Of The Dawn
Dark Side Of My Heart
Pandemic
Fast As A Shark
——–
Metal Heart
Teutonic Terror
Balls To The Wall

A voir également :

Galerie photos de l’événement.



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