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Chronique   

Ace Frehley – Spaceman


Ace Frehley officie en solo depuis 1978, avec un break de vingt ans entre 1989 et 2009, année de l’album Anomaly. Depuis Ace enchaîne les sorties à un rythme de croisière, ne déviant pas d’un iota de sa formule : un hard rock classique avec une légère teinte exubérante, dans une veine pas très éloignée des premiers albums de Kiss. Spaceman, son dernier effort survient à point nommé, maintenant qu’une tournée finale de Kiss est dans les petits papiers pour 2019. Personne ne sait si Ace en fera partie, en attendant ce dernier a de nouveau collaboré avec Gene Simmons qui a co-écrit deux chansons et suggéré le titre de l’album. Ace Frehley fait toujours indéniablement partie du paysage rock, avec une constance louable.

Il ne faut pas se leurrer, Spaceman n’apportera rien de surprenant ou d’innovant. Ace Frehley n’en ressent aucunement le besoin, à raison. Il répète inlassablement la même recette avec un savoir-faire qu’on ne peut lui enlever. Preuve en est, la présence du batteur Anton Fig, déjà à l’œuvre sur le tout premier opus solo de l’artiste. L’album s’ouvre sur « Without You I’m Nothing » qui fleure bon le songwriting de Gene Simmons avec cette ligne de basse rebondissante atypique. Rythme binaire, power-chords, et refrain aux multiples accroches : Ace Frehley réussit son entrée en matière pour peu que l’on y soit préparé. L’alchimie prend évidemment sur les interventions des guitares lead, qui ont ce qu’il faut d’extraversion pour attirer l’auditeur, même si ce dernier peut être refroidi par une production définitivement old-school (surtout en ce qui concerne le son de batterie, d’une certaine mollesse). « Rockin’ With The Boys » a ce côté party-rock et ce second degré tout en relatant la vie avec Kiss dans les années 70. Le titre a justement des allures de bande-originale de mini-films de tournée. On se surprend à scander le « Rockin’ With The Boys » sans vraiment y réfléchir. Ace Frehley instille un aspect feel-good à sa musique qui vient compenser l’extrême classicisme du songwriting. « Your Wish Is My Command » est la deuxième composition à laquelle a participé Gene Simmons. Les experts de la discographie de Kiss éprouveront une certaine nostalgie tant le titre renvoie aux premières heures de la formation (notamment au niveau de l’harmonie des voix).

Pourtant, Spaceman est plus intéressant lorsqu’il ne ressasse pas ce que Kiss a déjà fait maintes fois. « Bronx Boy » a un riff plus hargneux et une rythmique plus cavalière. Le titre mentionne l’époque pré-Kiss d’Ace, et sa fougue permet à l’album de sortir de sa gangue « Kiss remodelé ». « Pursuit Of Rock And Roll » laisse la même impression, bénéficiant d’un riff de guitare aux accords moins attendus que sur les titres précédents et qui confère tout son cachet au refrain. Même la reprise du titre pop d’Eddie Money de 1986, « I Wanna Go Back », extrêmement accrocheuse voire sur-interprété par le phrasé d’Ace, parvient davantage à convaincre que le récital plus classique de ce dernier. Il manque toutefois les saxophones, argument principal du titre… Ace termine par l’instrumentale « Quantum Flux » à l’instar de son premier album (on ne se refait pas). La composition est inégale et si l’on apprécie son approche acoustique, cette dernière est extrêmement répétitive et n’a de consistance que lorsqu’Ace s’emploie à quelques soli. Spaceman se conclut ainsi en queue de poisson, ne maintenant pas réellement la jovialité et la bonhomie qu’il inspire tout au long de son déroulement.

Spaceman est un album honnête, parfaitement dans la lignée de ce qu’on peut attendre d’Ace Frehley. C’est un album dont il faut anticiper le contenu pour l’apprécier, en puisant dans la nostalgie, sous peine de déplorer une production et un songwriting qui ont vieilli. Pas nécessairement en mal, mais qui ont tout de même accusé le poids des années. Spaceman reste fidèle à la marque de fabrique d’Ace, il contient suffisamment de refrains catchy et de soli bien exécutés pour ravir ceux qui ont connu ses premières années. Spaceman n’est peut-être pas exaltant, mais il incarne la pérennité d’un artiste et d’un genre. Ce qui suffit amplement.

Chanson « Rockin’ With The Boys » en écoute :

Chanson « Bronx Boy » en écoute :

Album Spaceman, sortie le 19 octobre 2018 via Entertainment One. Disponible à l’achat ici



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