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Chronique   

Adagio – Life


Adagio a pris son temps. Six années de conception pour accoucher de Life, six années de remise en question, de peaufinement et d’adaptation à un nouveau line-up. Life est ainsi le premier album comptant le chanteur Kelly Sundown Carpenter (Zierler, ex-Beyond Twilight), le nouveau batteur Jelly Cardarelli et la violoniste Mayline. Malgré un développement long et perfectionniste, Adagio ne semble pas s’être travesti. La démarche artistique de Life est sans doute la plus sincère de la discographie du groupe, album presque « intimiste » pour son compositeur Stéphan Forté. De fait, Life s’apprécie en s’isolant et en se concentrant. Ne serait-ce que pour rendre justice à la philosophie qui l’a fait naître.

Le titre de l’album est explicite : Life cherche à évoquer les aspects marquants d’une vie, empreint de nostalgie. Le dessein de l’album est quelque part d’insuffler à nouveau l’ampleur d’un sentiment éprouvé à un moment précis, que l’on soit enfant ou adulte. Ainsi Adagio se rapproche presque d’une démarche cinématographique, à l’image d’Hypno5e ou d’Earthside. Que ce soit par l’intensité du titre éponyme et son riff d’introduction aux airs de Meshuggah ou des ambiances plus tamisées rappelant la patte de Paul Masvidal (Cynic) sur « The Ladder », Adagio multiplie les atmosphères et ce au sein même d’une seule composition. Impossible de ne pas accorder l’intégralité de notre concentration donc. Adagio emprunte ainsi tous les codes du metal progressif sans les parodier, avec une justesse de propos assez rare. Aucune longueur, pas de titre à rallonge de quinze minutes pour le seul but d’impressionner. Pour autant Adagio ne perd rien de sa « grandiloquence », en témoigne les arrangements épiques de « Subrahmanya » qui laissent transparaître l’étendue de la culture musicale de la formation, naviguant sans peine d’arrangements aux consonances orientales (l’apport du jeu de Mayline y est pour beaucoup) à un riff à l’inspiration djent assumée. Sans parler d’une section rythmique généreuse, à l’instar des interventions de basse de Franck Hermanny sur « The Grand Spirit Voyage » qui évoquent le regretté Randy Coven dans Ark. Surtout, Adagio délivre une puissance peu commune à un genre qui a tendance à se perdre dans des excès démonstratifs et qui rapproche davantage Life de formations comme Animals As Leaders ou Meshuggah sur de nombreux points. Les interventions de Stéphan Forté sont toujours subordonnées au discours musical. Si se transformer en guitar-hero pourrait être alléchant, ce dernier démontre avant tout une véritable volonté de cohérence : le solo fluide de « Darkness Machine » vient aérer une rythmique aux allures mécaniques lorsque les interventions sur « The Grand Spirit Voyage » empruntent une direction plus débridée. Sur ce point, Adagio met les choses à plat : peu de groupes peuvent se targuer d’avoir des soli aussi variés et mesurés.

Au-delà des prouesses instrumentales d’Adagio et de la variété de Life, là où l’opus impressionnera l’auditeur au fur et à mesure des écoutes (qui devront être nombreuses…), c’est par son sens de l’accroche. Si la démarche de Stéphan Forté est, comme il le dit lui-même, entièrement artistique, on retrouve un souci constant de créer des refrains qui ne sont pas noyés dans des structures complexes et balisent sans cesse l’écoute. À ce titre, le travail de Kelly Sundown Carpenter aux voix a de quoi faire pâlir un certain James LaBrie (quitte à en choquer certains…). Le chant de Kelly a ce qu’il faut d’exubérance pour donner corps aux compositions sans les dévaster, y compris sur un titre plus « mielleux » comme « Trippin Away ». Et lorsque le spectre, déjà bien fourni, du frontman ne suffit plus, c’est du côté de Carl Bensley (Consume The Fire) que Stéphan Forté va chercher pour poser une puissante voix death metal en guise de chœurs terrifiants sur « Darkness Machine » ; preuve qu’aucun détail n’a été négligé.

Life légitime toutes ces années d’attente. Premièrement, il s’agissait de respecter les directions musicales souhaitées par Stéphan Forté qui ne devait rien à personne, aussi professionnel soit-il. Ensuite, Life est l’aboutissement d’un travail colossal, de l’écriture jusqu’aux arrangements les plus infimes. Les efforts de patience sont balayés et oubliés dès la première écoute. Life emprunte sans copier, illustre sans lasser et évoque des sentiments complexes sans les diminuer. Si Adagio n’avait pas à justifier son absence, Life nous impose en revanche une chose : on lui doit désormais l’attention qu’il mérite.

Chanson « The Ladder » en écoute :

Clip vidéo de la chanson « Darkness Machine » :

Chanson « Subrahmanya » en écoute :

Album Life, sortie le 26 juillet 2017 via Zeta Nemesis Record.



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  • après visionnage des videos , je vois des gars hyper-doués dans le maniement de leurs instruments, tous des monstres de technique concentrés sur leur prestation respective ainsi qu’une recherche artistique évidente . Ils n’ont clairement rien à envier aux grosses pointures internationales du genre . du très bon boulot …. mais tout ceci me laisse complètement froid.
    désolé , rien ne m’accroche . je leur souhaite néanmoins toute la réussite possible.

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