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Metalanalyse   

Adrenaline Mob : des rockeurs issus de groupes de prog


« Ce type est un batteur de rock dans un groupe de prog ! ». Voilà comment Russell Allen décrit Mike Portnoy. Des propos qui en ont fait bondir plus d’un. Cependant, même si Mike Portnoy n’est pas Phil Rudd (AC/DC), ces propos sont-ils si aberrants ? Tout complexe, alambiqué et démonstratif qu’est Dream Theater, le groupe a toujours conservé une part importante d’accroche, d’où un travail sur le potentiel des refrains et un nombre de ballades et de titres courts plus important qu’on pourrait le penser. Côté scène, Mike Portnoy était incontestablement le plus dynamique et communicant de la formation. Et musicalement, de son propre aveu, au sein de cette alchimie, il était « le métalleux » de la bande. Plus globalement, son affinité pour des formations au registre musical plus direct n’est un secret pour personne.

Une analyse similaire peut d’ailleurs être faite à l’égard de Russell Allen lui-même. Il est principalement connu pour être le vocaliste – et la bête de scène – de Symphony X, un groupe de metal progressif qui, lui aussi garde un potentiel d’accroche et des compositions axées metal. Et quand il a le temps, Allen s’adonne à des projets plus « allégés » comme son album solo de hard rock Atomic Soul (2006) ou son projet heavy/rock/FM avec Jorn Lande. Par ailleurs, aux dernières nouvelles, celui-ci prépare son second album solo depuis des années, un album lui aussi éloigné des contrées progressives de Symphony X.

En 2010, alors qu’il tournait avec Avenged Sevenfold, peu après l’officialisation de son départ de Dream Theater, Mike Portnoy a partagé la scène avec une multitude de groupes « à riffs », dont Disturbed, aux structures simples et aux compositions qui se veulent percutantes et immédiates. Un contexte qui a fait grandir en lui l’envie de créer à son tour quelque chose dans cet esprit. Des riffs, Russell Allen et Mike Orlando avaient à ce moment commencé à en écrire pour ce qui allait devenir Adrenaline Mob. Très logiquement, Portnoy ne pouvait qu’apprécier et accepter : « Après trente secondes, j’avais dit : ‘J’en suis' ». Une association « inévitable » et des plus cohérentes quand on voit le résultat sur album et sur scène. Tous les trois partagent les mêmes affinités musicales et se valent en termes de bagage technique et de jeu de scène. Au lendemain du premier concert du groupe, Portnoy déclarait : « Il n’y a que des frontmen sur scène ! ».

Celui-ci a toujours été un hyperactif, essayant de concrétiser toutes ses envies musicales. Depuis son départ de Dream Theater, l’homme a d’autant plus de temps pour lancer tous les projets dont il a envie. Au cours de ce mois de mars 2012, que Portnoy appelle en plaisantant le « Portnoy Month », sortent les disques de deux de ces projets, Flying Colors et Adrenaline Mob. Deux disques dans des registres différents qui ont néanmoins en commun leur sens de l’accroche, dans une optique pop des années 60/70 pour Flying Colors et une approche plus « riffue » en ce qui concerne Adrenaline Mob.

Stylistiquement parlant, Omerta n’a pas besoin d’être décrit outre mesure. Le terme « metal », dans sa signification la plus simple, se suffit à lui-même : des gros riffs, du groove, une voix tantôt agressive, tantôt mélodique pour des morceaux simples mais néanmoins garnis de quelques plans démonstratifs à la batterie et à la guitare. Un album qui résonne comme un hommage à ce que le metal a fait de plus efficace : des mid-tempos rageurs (comme l’introductif « Undaunted », et plus particulièrement son refrain, qui est un hymne au combat ou « Feelin Me », dont les paroles vindicatives ont été quasi improvisées), des titres rapides et des power-ballads (« All On The Line »). Une manière de dire : « Nous adorons ce genre de trucs, nous aussi, on veut essayer ! ». Ce, sans aucune autre ambition que celle de faire passer à l’auditeur un moment explosif et décontracté, un album « pour le fun » qui doit par conséquent être jugé comme tel.

Adrenaline Mob, ce sont tout simplement des musiciens à qui l’étiquette prog colle (et collera toujours ?) à la peau, mais qui ont toujours eu en eux une passion véritable pour l’efficacité et « le gros son » et qui ont enfin décidé d’en faire à leur tour.

Omerta : sortie le 12 mars 2012 via Century Media Records.



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