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Live Report   

Airbourne : lâchez les dingos !


On connaît particulièrement Airbourne pour ses performances en festival. Ceux qui ne les ont pas encore approché dans ces conditions rêvent de voir Joel O’Keefe escalader les structures de ces scènes extérieures et se lancer dans un solo à vingt mètres au-dessus du sol, au désespoir des équipes de sécurité. Mais si pour les Australiens, c’est bientôt l’été, une fois arrivés dans l’hémisphère nord, il faut bien les enfermer dans une salle. Pas de problème ! Ce ne sont pas des murs qui vont les retenir, les empêcher de montrer ce qu’ils savent faire quelle que soit l’environnement où on les envoie.

De passage dans la région lyonnaise, c’est au Radiant-Bellevue de Caluire que les hard-rockeurs sont venus poser les amplis. Une salle que les headbangueurs de Lyon connaissent bien peu. Si on a pu, comme en 2008, y voir passer des groupes comme Down ou Bullet For My Valentine au temps où on ne l’appelait que le Radiant, il s’agit de la première occasion qui est donnée aux metalleux d’assister à un show aussi électrique depuis la réouverture en janvier dernier de la salle après des travaux de rénovation qui ont permis de la hisser parmi les plus grandes de l’agglomération. L’occasion aussi de voir comment elle passera le test des déluges de watts des Australiens.

Artistes : AirbourneBlack SpidersCorroded
Date : 13 novembre 2013
Salle : Radiant-Bellevue
Ville : Caluire

Néanmoins, on se doute que ce n’est pas la curiosité de connaître un nouveau lieu qui a conduit le public à se masser dans la coursive du Radiant, où se trouvent bar et stands de merch, gonflée de monde et quasi impraticable. Airbourne monte année après année de plus en plus haut sur les affiches des festivals du monde entier (et donc pas seulement sur leurs structures) et il est encore temps de se précipiter pour les voir, pour dire plus tard « Je les ai vu là, dans telle salle, avant qu’ils remplissent les stades ». Oui, ça commence à devenir un phénomène…

Corroded : animateurs parfaits pour un congrès de bikers.

Mais c’est pas l’heure. D’abord on a Corroded et Black Spiders. A moins que ce soit le contraire… En effet, si de près, chacun pouvait lire sur les gilets de membres du gang Corroded le nom de leur groupe, de plus loin, en lisant parfaitement à travers le jeu de lumières le nom de Black Spiders (qui, en fait, était inscrit en grosse lettres blanches sur un backdrop qu’on pouvait lire par transparence à travers le rideau qui le cachait), on pense avoir à faire aux Anglais alors que ce sont bien les rockers suédois qui occupent cette première partie de soirée.

Mais au-delà des illusions, dans les faits, les deux groupes, musicalement, sont tout à fait interchangeables. Pour ce qu’on savait déjà de Black Spiders, ce pouvait très bien être eux sur scène, jouant ce hard rock épais, qui fait taper du pied, qui fait sécher les cheveux mais dont les compos ne sont pas vraiment inoubliables. Pour les deux groupes, c’est encore le look et l’attitude qui les distinguent le plus. Style gang de bikers pour les uns, le tiercé confort jeans-T-shirt-baskets pour les autres. Mais dans les deux cas, une indéniable volonté de faire passer un bon moment au public, un moment de partage, un moment rock’n’roll, plein d’énergie, avec la banane. Le chanteur-guitariste de Corroded invite le public à pousser des « Hey, hey ! » quand il joue tel riff, Black Spiders recommande, eux, aux spectateurs à dresser leur médium en adressant un « Fuk you » au groupe. Drôle de concept que ce dernier, de vouloir se faire inviter à se faire mettre par un public qui pourrait très bien saisir l’opportunité de dire la chose au premier degré.

Les Black Spiders ne connaissent pas les économies d’énergie.

Enfin, quand Black Spiders est monté sur scène, avec une musique d’intro tirée d’un film, c’est le nom d’Airbourne qui était déjà scandé dans la salle. Bien sûr, quand les Australiens montent sur scène, c’est au son du fameux thème de Terminator 2, mais après Corroded, l’audience était déjà chaude pour la tête d’affiche. Et si les braises continuaient à couver pendant le deuxième concert de la soirée, le thermomètre n’a pas explosé avant la montée des Australiens sur les planches. Et si vous n’étiez pas là pour voir ça, vous ne l’avez pas senti.

La sirène retentit. Vos bras se lèvent, vos cordes vocales vibrent, vos pieds bougent tout seul ? Vous êtes donc « Ready To Rock ». C’est là qu’on s’aperçoit de la différence entre n’importe quel groupe de hard rock et un groupe comme Airbourne : pas besoin de se forcer, les sensations sont irrépressibles. Sur scène, la course folle commence. Justin Street, à la basse, fait voltiger les hélicoptères comme à un concert de death metal. Ryan O’Keefe, à la batterie, installe un groove magique…

Certes, Joel O’Keefe (Airbourne) fait tout le spectacle…

Une fois ces quelques bases installées, il serait possible de détailler ce concert point par point, raconter comment Joel O’Keefe, dès le troisième morceau, « Girls In Black », traverse la foule sur les épaules d’un roadie, déroulant ainsi un solo parfaitement maîtrisé, même dans cette posture, qu’il poursuit sur la console de l’ingé-son à l’autre bout de la salle pendant que ses potes assurent l’assise rythmique à cette démonstration de l’idée de liberté dans le rock. Sur scène, Roads et Street balancent leurs manches d’avant en arrière, en parallèle, dans une chorégraphie bien connue. Puis Joel revient par le même moyen qu’il l’avait emmené, pousuivant son solo, traversant une foule qui l’acclame, pour finir le morceau sur scène. Rien que cet exemple démontre tout ce qui peut se passer durant une seule chanson. Alors faut-il conter le concert par le menu ?

Vous voulez au moins la carte des vins ? Pour commander « Cheap Wine & Cheaper Women », Joel O’Keefe sort le rouge : Shiraz Motörhead, c’est carrément plus rock’n’roll. Et sous les encouragements du public, il la descend (au moins la moitié) au goulot. Vous êtes plutôt bière ? Le frontman vous ouvre quelques canettes… en les frappant sur sa tête (et pas qu’un peu !) jusqu’à ce qu’elles explosent dans des jets de mousse blanche, avant de les lancer dans le public.

Car Airbourne est aussi généreux. Si le petit voyage à travers la foule de Joel O’Keefe en début de concert a surtout honoré une moitié de la salle, il refera le voyage dans la seconde moitié de concert pour cette fois approcher le reste du public, notamment en traversant d’un côté à l’autre toute la foule, en passant par son cœur. Et que dire de cette attention envers des fans du premier rang qui affichaient, depuis le début du show, sous le nez des zicos, une petite pancarte « No One Fits Me Better Than Airbourne » : au moment des rappels, en plein milieu de « Live It Up », Joel va voir chacun de ses camarades, modifie les réglages des amplis, on se demande alors ce qu’ils préparent… Y aurait-il un problème quelque part ? Non, spécialement pour ces fans du premier rang, Airbourne va jouer « No One Fits Me (Better Than You) », une rareté ainsi offerte au public lyonnais.

… mais un tel spectacle ne serait pas possible sans une assise musicale en béton !

Non, vraiment, égrainer chaque moment de concentré de rock’n’roll (Joel O’Keefe qui joue « Live It Up » sur les amplis, les petits bouts de reprises d’AC/DC dans « Runnin’ Wild »…) de cette soirée n’effacera pas le fait que certains (la salle, loin d’être vide, n’était pas non plus pleine à craquer) ont raté ça et tant pis pour eux. Par contre, tout ceux qui ont fait le déplacement ont dû se rendre compte d’une chose : ce n’est que le début pour Airbourne.

Certains sceptiques pourront toujours s’amuser à demander : quel avenir quand on ne fait qu’appliquer une vieille recette ? Mais qui peut reprocher à un grand chef de connaître la recette du bœuf bourguignon et de savoir mitonner ce délice, d’y ajouter sa patte personnelle, et de vous faire exploser les papilles avec un tel classique ? C’est la même chose avec Airbourne. Tout le monde sait d’où ils tiennent cette recette, mais ça ne fait pas tout : le groupe incarne le rock’n’roll jusqu’au bout des ongles. Quand ces gars transpirent, leur sueur est du pur extrait de rock. Et quel groupe peut se permettre de caser toute une liste de hits dès le début (cf. la setlist ci-dessous), en avoir encore assez pour la fin, et d’en laisser de côté (on regrettera notamment de ne pas avoir eu ce soir un « Blonde, Bad & Beautiful ») sans frustrer qui que ce soit à la fin ? En moins de dix années d’existence, avec trois albums, Airbourne a déjà accumulé toute l’expérience et le carburant pour aller très, très loin dans la galaxie Rock.

Setlist :

Ready To Rock
Too Much, Too Young, Too Fast
Girls In Black
Back In The Game
Diamond In The Rough
Black Dog Barking
Cheap Wine & Cheaper Women
No Way But The Hard Way
Stand Up For Rock’n’Roll

Rappels:
Live It Up
Raise The Flag
Runnin’ Wild

Photos : Spaceman

A voir également :

Galerie photos du concert d’Airbourne
Galerie photos du set de Black Spiders
Galerie photos du set de Corroded



Laisser un commentaire

  • effectivement , son beaucoup trop fort non non vous n’êtes pas vieux moi aussi je suis habitué aux concerts et festivals mais la c’était un peu abusé.
    pour moi ce fut un bon concert sans plus.
    la salle est assez grande mais pour sortir c’est le bordel , les sorties sont saturées et j’ai mis 15 bonnes minutes pour mettre enfin le nez dehors.
    En cas d’évacuation je veux même pas en parler !

    [Reply]

  • J’était à l’Olympia et je pense que l’ambiance était la même, un super concert et j’ai hâte de les revoir !

    [Reply]

  • Je confirme: c’était la 1ere fois que je les voyais et on sent direct que ce n’est que le début pour eux! Je pense qu’ils iront très loin! Ils le méritent amplement en tout cas!

    [Reply]

  • « La sirene retentit. Vos bras se lèvent, vos cordes vocales vibrent, vos pieds bougent tout seul ? Vous êtes donc « Ready To Rock ». »
    Il y a un accent à « sirène ».

    [Reply]

  • Excellent concert !!!
    2 petits reproches toutefois : un son un poil trop fort (je dois être trop vieux…) et surtout un site trop court :).
    Certains diront qu’une heure trente, c’est déjà pas mal. Mais c’était tellement bon qu’on en aurait bien pris le double 🙂

    [Reply]

    Torpedo

    Tu as raison. J’ai fait des centaines de show mais là c’était vraiment trop fort… Première fois de ma vie que je mets de ma vie que j’ai mis des boules Quies. Ca m’a quelque peu gâché mon plaisir.

    Sinon mention spécial pour le dernier morceau « Running wild » avec les bouts de reprise « Dog eat dog » « Dirty deeds… » et « Paranoïd »

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