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Interview   

Almanac : le calendrier de l’après


Victor Smolski - AlmanacA la lecture du communiqué annonçant les départs de Rage du guitariste Victor Smolski et du batteur André Hilgers, on n’aurait pas forcément imaginé une fracture aussi profonde que ce que nous décrit finalement Smolski au début de l’entretien qui suit. Le guitariste est particulièrement acerbe et accusateur envers son ancien compère, le chanteur-bassiste Peavy Wagner, s’étalant sur la question comme s’il avait un poids à libérer et envoyant ensuite tout au long de nos échanges des petites piques à son encontre.

Mais force est de constater aussi qu’il a trouvé avec son nouveau groupe Almanac le moyen de très vite rebondir pour l’après Rage et s’épanouir comme il l’entend. Ce premier album Tsar, prend ainsi la suite de l’idée qui avait donné naissance à l’album de Lingua Mortis Orchestra de 2013, à savoir une musique interprétée par plusieurs chanteurs et possédant une profondeur orchestrale. Et pour ce faire, on peut dire qu’il a su s’entourer, s’adjoignant notamment les services de deux chanteurs bien connus de la scène allemande : David Readman (Pink Cream 69, ex-Adagio) et Andy B. Frank (Brainstorm, Symphorce).

Le talentueux six cordiste, fils du compositeur classique Dmtry Smolski, nous parle donc de son départ de Rage et de cet album, de sa conception à sa thématique historique.

Almanac

« Tout est une question de musique, de passion et de s’amuser avec la musique et ça, c’était complètement mort dans Rage. »

Radio Metal : Tout d’abord, revenons un peu sur ton split avec Rage. Le communiqué disait que c’était dû à des changements musicaux et personnels. Que s’est-il passé concrètement ?

Victor Smolski (guitare) : Les quelques dernières années ont été un peu ennuyeuses pour moi parce que nous avons complètement perdu notre énergie. Peavy [Wagner] a totalement arrêté de s’intéresser à la musique, à composer, à essayer d’être bon, à jouer et à apprendre – aujourd’hui, il ne touche jamais sa basse pour s’entraîner. Ce n’était plus amusant de faire de la musique. J’étais au studio avec [le producteur] Charlie Bauerfeind, seuls, et il me demandait où étaient les gars parce qu’ils venaient pour chanter et enregistrer puis repartaient chez eux. Les performances live étaient vraiment mauvaises. André [Hilgers] et moi demandions toujours à l’ingénieur du son : « S’il vous plaît, retirez Peavy de mes retours, » parce qu’il y avait tellement de fausses notes et le jeu était mauvais. On ne s’amusait plus à jouer sur scène. Rage était vraiment un super groupe et c’était vraiment génial lorsque nous avons commencé avec Mike Terrana. Pendant les six ou sept premières années, nous répétions beaucoup, nous jouions super bien et nous composions et faisions les arrangements ensemble ; c’était vraiment puissant. Et puis nous avons complètement perdu ça. Il y avait trop de réflexions commerciales qui me mettaient mal à l’aise parce que Peavy était trop paresseux pour faire les choses et pensait : « Oh, jouons de vieux trucs, c’est plus vendeur ! Composons des trucs simples et faisons des chansons dans la veine de ‘The Missing Link’ parce que ça vendait plus, pour que je puisse vendre plus et faire rentrer plus d’argent. » Et lorsque nous faisions les setlists : « Jouons les mêmes choses, on n’a pas besoin de répéter, ce sont les mêmes concerts et nous ferons autant d’argent. » C’était donc de la routine qui n’avait rien à voir avec la musique. C’était, d’un point de vue business, une question de faire de l’argent et toujours jouer les mêmes chansons, ce n’était absolument pas marrant. Et j’ai commencé à ressentir que je perdais le plaisir de faire de la musique parce que, pour moi, le plus important c’est précisément la musique ; je n’ai jamais fait de compromis, je veux être bon, je veux m’améliorer, m’entraîner à fond, composer, rechercher un meilleur son en studio… Ouais, tout est une question de musique, de passion et de s’amuser avec la musique et ça, c’était complètement mort dans Rage. Peavy utilisait tous ces gens pour tout faire, comme je l’ai fait durant les dernières quinze années ou comme l’ont fait Christian Wolff et tous les autres gars avant, et maintenant, il a trouvé d’autres gars qui feront tout pour lui, de façon à ce qu’il puisse glander chez lui et ramasser l’argent. Pas de souci, il peut faire ça, il peut s’amuser comme ça, mais ça n’a rien à voir avec la musique, ça n’a rien à voir avec le fait d’essayer d’être un bon musicien.

Le communiqué mentionnait aussi que vous avez « évolué dans des directions tellement différentes ces dernières années que [vous n’êtes] plus à mêmes de [vous] identifier à la situation actuelle du groupe. » Comment expliquer une si profonde division après avoir collaboré pendant seize ans ?

Le changement s’est produit au cours de ces dernières années. J’ai essayé de continuer et faire quelque chose. Il y a eu plein de supers moments, tournées et musiques que nous avons faites. Nous nous sommes beaucoup amusés mais au final, nous avons perdu tout ça. Rage était un super groupe et j’étais vraiment très fier de tous les disques que nous avons fait. Ce que j’ai fait [avec ce groupe] est un grand moment d’histoire. C’était génial, c’était une super expérience et je suis très content de l’avoir fait. Mais je veux vraiment me donner, être un meilleur musicien, m’amuser avec la musique, offrir aux fans une super expérience live et ne pas être qu’un gros nom commercial pour faire un max d’argent, en pensant : « Les gens aiment ça. On garde ça comme ça, c’est simple et ça nous permet de faire plus d’argent. » Lorsque tu en arrives à composer avec ce mode de pensée, genre « okay, je compose dans cette veine parce que ça vendait mieux, » ce n’est plus marrant, ce n’est pas ce que j’appelle faire de la musique. Donc je n’ai pas voulu attendre plus longtemps que ça devienne vraiment mauvais et j’ai décidé d’arrêter.

Quelle est ta relation avec Peavy aujourd’hui ?

Je suis allergique à ce mec [petits rires].

Lorsque tu as quitté Rage, tu as annoncé que tu voulais te concentrer sur le projet LMO (Lingua Mortis Orcherstra). Donc, c’est ça Almanac pour toi, la continuation du projet LMO ?

Ouais. En fait, ce dernier album, LMO, c’était un genre de nouveau concept, un nouveau groupe, une nouvelle idée pour commencer à utiliser plus d’un chanteur. Lorsque j’ai dit que je voulais poursuivre LMO, je ne parlais pas du nom LMO mais du type d’idée. Almanac est clairement né de l’idée de LMO.

Qu’est-ce que cette rencontre entre le metal et le classique représente pour toi ?

Pour moi, personnellement, il n’y a pas beaucoup de différence entre les instruments, la musique et l’orchestre classique et un groupe parce que les groupes normaux et les orchestres peuvent être similairement agressifs et ont la même puissance. Donc je ne dis pas que c’est du classique ou du metal. Pour moi, les deux peuvent jouer la même musique, ce sont juste des instruments différents.

Tu as été rejoint par le bassiste Armin Alic et le batteur Michael Kolar. On en sait assez peu sur eux. Peux-tu nous en dire plus sur leur background et comment ils se sont retrouvés à rejoindre Almanac ?

J’ai rencontré Armin il y a longtemps. Il a joué de la basse en tant qu’invité sur mon album solo, Majesty & Passion. Encore cette fois-ci je trouve incroyable ce qu’il fait, car il peut jouer de la basse normale et fretless, il a une technique incroyable, il joue des accords, des harmonies, d’excellents trucs groovy et il peut jouer de façon très complémentaire avec la batterie. Nous sommes en contact depuis ces dernières années. Il a joué plein de musiques différente, allant du gros death metal à de la fusion. Il a évolué en tant que musicien en faisant plein de boulots en studio. L’idée était aussi de faire avec lui un nouvel album solo parce que je pense à en enregistrer un depuis l’année dernière et je lui ai proposé que nous le fassions ensemble. Michael, je l’ai rencontré il y a quelques années dans un festival. Je jouais des trucs instrumentaux et il jouait avec son groupe de l’époque, qui s’appelait Horseman, un genre de groupe death metal très hardcore. Son jeu était très intéressant parce qu’il avait un style plus agressif, tu pourrais peut-être le comparer au style de batterie qu’on entend dans Lamb Of God, et j’adore ça. Je lui ai demandé s’il serait éventuellement intéressé pour faire quelque chose en instrumental avec moi et nous avons fait quelques ateliers ensemble. Nous avons aussi joué des trucs instrumentaux au Wacken et j’ai vraiment apprécié parce que comme avec Armin, c’est un super musicien, il pense à la musique, il écoute les autres instruments, il compose aussi des chansons, etc. C’est génial de parler avec ces musiciens, pas seulement à propos des riffs, mais aussi de la composition ; ça fait vraiment du bien.

Almanac - Tsar

« Ceci est le premier CD que j’ai réalisé à cent pour cent sans le moindre compromis. […] Je n’aime pas les compromis. »

Almanac possède deux chanteurs, David Readman et Andy B. Frank, et une chanteuse, Jeanette Marchewka. Pourquoi ce choix d’avoir trois chanteurs ?

J’aime vraiment cette idée d’utiliser plus d’un chanteur que j’avais initiée avec LMO, car lorsque tu as différentes couleurs et différentes dynamiques avec différents chanteurs, ça t’offre plus de possibilités de composition. Tu peux vraiment aller en profondeur dans la construction de chaque chanson et avoir une grande dynamique et agressivité. Aussi, lorsque tu as plus d’une voix dans le mix, tu obtiens un son plutôt unique. Je pense qu’avec Jeanette, David et Andy, j’ai trouvé dans ces trois voix un package vraiment solide. Ca sonne assez unique. David et Andy ont des styles différents. David est plus de l’école du hard rock, Andy est plus porté sur le power metal mélodique et ceci m’offre plus de possibilités en tant que compositeur, pour pouvoir faire davantage de mélodies intéressantes et avoir un large éventail, du très grave au très aigue. En ayant ces différents chanteurs, ça me donne une certaine liberté dans mes compositions et me permet d’obtenir les meilleures mélodies possibles.

Jeanette Marchewka semble être moins présente dans les chansons et elle ne fait du chant principal que sur deux chansons, je crois. Pourquoi ?

Elle chante tout le temps et sur tous les refrains mais c’est une question de mix. Elle n’est pas toujours devant mais elle est toujours là, en arrière-plan, et elle a fait beaucoup de chœurs et de doublage de voix. Il y a plein d’enregistrements de Jeanette ! Elle est partout [petits rires].

Au tout début, la chanteuse Dana Harnge avait également été annoncée comme contribuant au projet. Mais elle ne semble finalement pas avoir pris part à l’album. Comment ça se fait ?

Le nouveau projet a commencé à devenir très agressif et, selon moi, il n’y avait peut-être pas beaucoup de place où j’aurais pu utiliser sa voix lyrique. Le plus gros souci, c’est qu’il était très important pour moi de ne pas faire un « projet à invités » en studio avec différents chanteurs qui n’auraient été là que sur l’enregistrement studio. Je veux présenter le groupe Almanac en live avec le même line-up et le même son que ce que nous avons eu en studio. Dana est strictement sous contrat avec un orchestre symphonique et n’a pas vraiment le temps de partir en tournée et faire selon nos plans. Nous avons donc décidé de ne pas faire appel à elle en studio. Peut-être qu’elle sera invitée en live sur certaines chansons de LMO que avons faites ensemble mais pour Almanac, nous avons décidé de ne garder que trois chanteurs.

Comment décrirais-tu la collaboration avec les autres membres, les musiciens et chanteurs, sur cet album ? Comment avez-vous travaillé ensemble et quelles ont été leurs contributions ?

Tu sais, j’étais surpris à quel point c’était génial de travailler en équipe parce que j’avais oublié ce que ça faisait durant les dernières années avec Rage [rires] ! C’était fantastique ! Nous avons d’abord fait des concerts de test, juste pour voir comment nous nous sentions. En avril de l’année dernière, nous avons joué à la Musikmesse de Francfort et après ça, nous avons décidé : « Ok, allez ! On le fait ! » Car ça paraissait bien, tout le monde a aimé. Tout le monde était impliqué dans le processus d’arrangement. Nous avons répété ensemble avant d’aller en studio et nous avons essayé quelques idées pour les chansons. Tout le monde a apporté plein d’idées. Nous avons aussi continué à essayer [des idées] en studio, nous avons passé six mois pour l’enregistrer et il y a eu beaucoup d’expérimentations. Tout le monde était très impliqué. Je pense que si le résultat est aussi bon, c’est seulement grâce au fantastique travail d’équipe que nous avons fait.

Almanac étant vraiment ton groupe, est-ce que tu y as trouvé une plus grande liberté créative que ce que tu avais dans Rage ?

J’essaie toujours d’être créatif. J’ai toujours eu ma liberté mais je pense que ceci est le premier CD que j’ai réalisé à cent pour cent sans le moindre compromis, car dans Rage, j’avais toujours les limites de la tessiture vocale [de Peavy], en n’ayant qu’une octave pour créer la mélodie. Et il n’y avait aucun moyen de composer quelque chose de sophistiqué à la basse parce que Peavy n’a pas appris comment jouer de la basse et être bon à la basse ne l’intéresse pas. C’était assez ennuyeux pour moi de faire des lignes de basse très simples et essayer de trouver des compromis pour faire quelque chose de simple qui sonne malgré tout bien et intéressant. Je n’aime pas les compromis. Avec Almanac, c’est à cent pour cent sans le moindre compromis et j’aime vraiment ça.

Tu as fait appel au même orchestre que pour le projet LMO, l’orchestre philharmonique de Barcelone. Mais, d’un autre côté, l’album semble mettre moins l’accent sur le côté symphonique que le projet LMO, alors qu’on aurait plutôt attendu le contraire de ta part, en développant d’autant plus cet aspect symphonique. Comment tu l’expliques ?

Lorsque j’ai fait LMO, c’était différent de 21. Lorsque j’ai composé l’album 21 de Rage, nous voulions faire un album metal très dur et direct, alors que sur LMO nous voulions prendre l’orientation opposée, rendre ça plus artistique et avec plein d’expérimentations. Mais avec Almanac, je voulais trouver le meilleur équilibre entre le groupe et l’orchestre, car l’orchestre a une très bonne assise dans tous les arrangements mais il n’est pas au premier plan. C’est très important pour moi de façonner ce son orchestral chaleureux avec une sensation de profondeur dans les arrangements mais le côté heavy est tout aussi important. Je veux jouer du power metal et pas de la musique orchestrale [rires].

Qu’est-ce que l’orchestre philharmonique de Barcelone a de si spécial pour que tu continues avec lui, plutôt que faire appel à un autre orchestre, comme l’orchestre symphonique de Biélorussie, avec lequel tu as aussi travaillé par le passé ?

J’ai tellement fait de concerts avec l’orchestre philharmonique de Barcelone que c’est devenu naturel de jouer ensemble. Ils ont une grande expérience des concerts et ça aide beaucoup en studio parce qu’ils ont appris comment jouer par-dessus une batterie et à être vraiment en place. Parfois, c’est très difficile pour les musiciens classiques de jouer sur des coups de batterie, tu sais [rires], ils ne veulent pas jouer droit parfois. L’orchestre philharmonique de Barcelone a fait un boulot fantastique et ce sont de bons amis. Je suis vraiment à l’aise à travailler avec eux. Aussi, avec Enric Garcia, le claviériste qui a travaillé avec LMO, ça forme une super équipe. C’était donc très facile pour les enregistrements. Aussi, à Barcelone, il y a un merveilleux studio pour les enregistrements d’orchestres et c’était amusant de travailler là-bas.

Almanac

« Je ne prépare jamais mes solos pour les enregistrements studio, c’est toujours de l’improvisation. Je suis moi-même parfois surpris de ce que je trouve ! [Petits rires] »

Le groupe s’appelle Almanac. Qu’est-ce que ça symbolise pour toi ?

Ca a plein de significations différentes. Almanac ça signifie « calendrier » en Grec et dans différents pays, c’est parfois là où tu mets tes souhaits pour l’année prochaine, comme lorsque tu attends un cadeau qui doit arriver un certain jour. Tout le monde a son propre calendrier, avec plein de plannings et parfois, tu as hâte d’arriver à un moment de l’année où quelque chose va se produire. Et lorsque les musiciens, les fans, tout le monde prévoit une date pour se rencontrer, c’est comme un cadeau pour moi. Ce n’est pas qu’une question de planifier avec les musiciens un enregistrement studio, un concept, etc., c’est aussi une question de voir les fans trouver du temps pour venir voir nos concerts. Donc Almanac, c’est un peu un calendrier qui nous rassemble.

Il y a un peu une connotation historique dans le nom Almanac et l’album en tant que tel aborde des sujets historiques. As-tu un intérêt particulier pour l’histoire ?

J’aime beaucoup l’histoire et c’est la raison pour laquelle je cherchais pour l’album quelque chose sur un moment historique puissant. Parce que je trouve que le metal va parfaitement avec le sang, la sueur et les larmes. Mais je cherchais quelque chose que personne n’avait abordé auparavant. Car lorsque tu considères ces puissants moments d’histoire, comme la première ou seconde Guerre Mondiale, tout le monde a déjà abordé ça en musique, idem pour les grandes histoires grecques dont tout le monde a déjà parlé des milliers de fois. Je recherchais une partie de l’histoire qui paraissait fraîche et que les gens ne connaissaient pas tellement. Et personne ne sait vraiment ce qui s’est passé à cette époque en Russie. J’ai donc trouvé ça intéressant. J’aime beaucoup ce concept. J’ai étudié beaucoup de choses sur cette partie de l’histoire à l’école. J’ai lu beaucoup de livres à ce sujet. Ivan Le Terrible, son histoire est très intéressante, comment il est né, comment sa personnalité a changé parce qu’il a vécu des choses très difficiles, sa mère et sa femme ont été assassinées…

Dans le communiqué de presse, il est mentionné que cet album « combine des parallèles historiques et modernes qui en surprendront beaucoup. » Penses-tu qu’on devrait mieux connaître l’histoire pour comprendre le présent ?

Je suis étonné que peu de gens connaissent ces moments d’histoire. Lorsqu’ils s’y intéressent et découvrent ce qui s’est vraiment passé et comment les choses ont evoluées avec le temps, ils sont surpris. Plein de choses similaires se produisent aujourd’hui parce que je pense que nous avons déjà une troisième guerre mondiale et que nous sommes petit à petit en train de nous en rendre compte. Donc peut-être que ce n’est pas une mauvaise chose parfois d’ouvrir les livres d’histoire, et apprendre de l’histoire et à ne pas répéter les mêmes erreurs [rires].

Tu es le fils du professeur et compositeur de musique classique Dmtry Smolski. Du coup, qu’est-ce qui t’as poussé vers le metal plutôt que suivre une carrière purement dans la musique classique comme ton père ?

Peut-être que ça vient de mon frère qui écoutait beaucoup de rock et m’a fait écouter lorsque j’étais très jeune le vinyle de Physical Graffiti de Led Zeppelin, ce qui m’a amené à devenir un grand fan de rock. Ensuite j’ai appris la guitare à mon école de musique… J’ai juste attrapé le virus du rock ! [Petits rires]

Qu’est-ce que ton père a pensé lorsque tu as commencé cette carrière de musicien metal ? Est-ce quelque chose qu’il a facilement accepté ?

Ouais ! Et il m’a beaucoup aidé parce que, pour lui, c’était important que je fasse ça à un niveau professionnel. Pour lui, c’est la qualité qui importait, pas forcément le type de musique que je jouais, que ce soit du classique, du jazz, du rock ou du metal. Pour lui, il était important que je fasse ça avec passion et de façon professionnelle. Il m’a beaucoup soutenu et il écoute toujours tous mes CDs ! [Petits rires]

Tu as des influences classiques dans ton jeu de guitare mais tu proposes aussi parfois quelques plans assez originaux, surtout pendant les solos, comme lorsque tu fais du slap. Comment as-tu façonné ton style à la guitare ?

Je l’alimente en mélangeant un peu tout. J’essaie toujours de trouver quelque chose de nouveau et j’improvise beaucoup. Tous mes solos sont toujours improvisés en studio. J’utilise des compétences et influences classiques mais j’aime aussi les trucs bluesy. J’essaie de trouver de nouvelles techniques, comme le slap-tap, c’est une technique qui mélange le tapping de guitare et le slap de basse. C’est toujours intéressant pour moi de trouver un nouveau truc et c’est pourquoi je ne prépare jamais mes solos pour les enregistrements studio, c’est toujours de l’improvisation. Je suis moi-même parfois surpris de ce que je trouve ! [Petits rires]

Tu as tout pour être considéré comme un grand guitar hero, à l’image de Stee Vai ou Joe Satriani, et pourtant tu es loin d’être aussi reconnu qu’eux le sont. Comment l’expliques-tu ? Penses-tu qu’il soit plus difficile d’obtenir de la reconnaissance en tant que guitariste lorsque tu n’es pas Américain ou, plus spécifiquement, lorsque tu viens de l’Europe de l’Est (Victor est Biélorusse, NDLR) ?

Je n’en ai aucune idée ! Je ne pense pas à ces choses-là. Je ne sais pas… [Rires] Tu sais, toutes ces histoires de succès, en termes de business, c’est difficile à comprendre et je n’essaie même pas de comprendre. Je n’essaie pas d’être un guitariste solo ou de me concentrer plus sur la musique instrumentale. Je m’éclate à composer des chansons et c’est bien plus intéressant de chercher à comprendre comment faire de bonnes chansons. Je n’en ai aucune idée, vraiment ! [Rires]

Interview réalisée par téléphone le 19 février 2016 par Philippe Sliwa.
Fiche de questions et introduction : Nicolas Gricourt.
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Michael Mai.

Site internet officiel d’Almanac : www.almanac.band



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