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Chronique   

Alpha Tiger – iDentity


Qualifié il y a peu encore de valeur montante de la scène power allemande, Alpha Tiger n’aura pas tardé à gagner ses galons de titulaire. Son histoire commença d’abord sous le nom Satin Black en 2007 avant d’opter quatre années plus tard pour son actuel patronyme. Son premier effort, Man Or Machine en 2011 suscita déjà la curiosité pour son mélange gagnant de heavy-thrash et ce en dépit d’une production sonore plus que modeste. Sous la coupe à présent du label germanique SPV et au diapason d’une production de qualité, le groupe, toutes guitares devant, publie son album le plus complet. Plus qu’un énième projet de nouvelle vague du power metal déguisé en hommage, Alpha Tiger parvient lentement à créer son propre chemin et, à l’instar du personnage représenté sur le visuel de ce nouvel album au titre encore une fois évocateur – iDentity –, à s’affirmer.

Si Peter Langforth, guitariste et principal compositeur n’est évidemment pas étranger à l’état de forme du groupe, l’homme clef de ce nouvel album demeure à coup sûr le chanteur Stephan « Heiko » Dietrich, de par le charisme de sa voix, plus que jamais mise en surbrillance, et tant l’homme a progressé dans tous les compartiments de son chant, si l’on compare aux précédentes réalisations où sa diatribe âpre et stridente pouvait se montrer répétitive et agaçante. D’ailleurs les influences fusent, et il devient vite évident que celles-ci se nourrissent abondamment de Geoff Tate (ex-Queensrÿche), Ray Alder (Fates Warning) voire succinctement de Bruce Dickinson (Iron Maiden) sur certaines intonations, différents timbres que le frontman semble alterner en toute décontraction. Dans l’instrumental, il apparaît également difficile, outre les précédents groupes cités de ne pas évoquer Helloween, dont on devine que la période juvénile de Keeper Of The Seven Keys a indéniablement marqué les metalheads d’Alpha Tiger. Passé le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier joué sous un air enfantin de carrousel en guise d’introduction, ce troisième opus rentre dans le vif du sujet avec « Lady Liberty » qui prend de surprise l’auditeur de par la puissance de son attaque.

Si après ça il fallait encore se laisser convaincre il n’y a qu’à se figer net en traversant un hymne rayonnant comme « We Won’t Take It Anymore » et son entêtant refrain, ou le fracassant titre éponyme « iDentity », qui assoit définitivement une certaine émotion sur le disque, quoi qu’un peu larmoyant. Pour le reste, « Long Way Of Redemption » et sa subtile accalmie, « Revolution In Progress » ou la power ballade « Closer Than Yesterday », débutant sur une surprenante note pop, font respirer un heavy metal techniquement maîtrisé, mélodique et en temps utiles speed et incisif. Les Allemands se rappellent même au bon souvenir des amateurs de new wave of british heavy metal sur « Shut Up & Think » puis terminent sur « This World Will Burn » au parfum de fin du monde, avec son pont acoustique, mais non moins épique. Hormis quelques légers soubresauts, Alpha Tiger a rompu avec son goût natif pour les passages thrash, ce qui ne l’empêche pas de transformer l’essai et de franchir un nouveau pas. Certains jugeront leur conception du heavy metal comme étant un peu vieillotte, d’autres prendront plaisir avec un brin de nostalgie, les vieux Queensrÿche et Crimson Glory n’étant jamais très loin, l’aspect progressif en moins. Moins sage que Beneath The Surface (2013) et plus clinquant s’agissant de l’enveloppe sonore que Man Or Machine (2011), iDentity fait en tout cas d’Alpha Tiger un combo à suivre.

Ci-dessous, visionner les clips des chansons « We Won’t Take It Anymore » et « Lady Liberty » :

Album iDentity sortie le 19 janvier 2015 chez SPV/Steamhammer.



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