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Live Report   

Alter Bridge en seconde partie de Black Stone Cherry


Il est rare de mentionner le nom de l’artiste de première partie dans le titre d’un live report. Mais la prestation de Black Stone Cherry fut tellement indiscutable qu’elle en a volé la vedette à Alter Bridge. Une mention s’imposait donc. L’affiche était, de base, très alléchante. A l’écoute de l’efficacité burnée de Black Stone Cherry en studio, on ne peut que présager que le groupe soit, au moins, excellent sur scène.

Quant à Alter Bridge, au vu du succès remporté par l’élégant Myles Kennedy auprès des fans de Guns N’ Roses au cours de sa tournée avec Slash et au vu de la qualité du dernier album ABIII, on s’attendait aussi à un show de qualité. Et c’est bien ce que nous avons eu : en lui même, un concert d’Alter Bridge, c’est excellent, propre, sincère et élégant à la manière de son frontman. Mais il est vraiment, vraiment difficile de passer après Black Stone Cherry…


Artistes : Alter BridgeBlack Stone Cherry
Date : 31 octobre 2011
Lieu : Lyon – Villeurbanne
Salle : Transbordeur

Chris Robertson joue avec ses tripes.

Black Stone Cherry, c’est du riff lourd irrésistible, des mélodies de refrain avec juste ce qu’il faut de californien pour que ce soit fédérateur sans pour autant être associé à la vague des groupes de rock pour séries télé. Imparable. Tellement imparable que le groupe pourrait même se permettre d’être mauvais sur scène. Cela ne changerait rien. Mais en l’occurrence, le jeu de scène de ce quatuor au charisme viril et nonchalant est tout aussi indiscutable.

Indiscutable, c’est le mot. Ce live report a même failli tenir en cinq mots (« Franchement… Black Stone Cherry, quoi. »), tant nous avions à la fois rien et trop de choses à dire. Nous avons modestement essayé de lutter contre cette résignation face à la perspective de décrire une prestation qui se passe de commentaires.

Ben Wells : la pile électrique.

Le guitariste Ben Wells court, bondit et pose en permanence. Si, à première vue, Chris Robertson, le guitariste/chanteur ressemble plus à la caricature de l’adolescent grassouillet, négligé et passionné d’informatique que chaque classe de lycée contient dans les productions cinématographiques ou télévisuelles américaines, cette image s’efface complètement dès son entrée sur scène, laissant la place à celle de la bête de scène. A vrai dire, le personnage gagne même en charme par sa prestance. Il n’est pas forcément le plus loquace des frontmen mais il place de temps à autre quelques vannes ou interventions simples et diablement efficaces. Quant à la batterie, il tient du miracle qu’elle ne s’effondre pas sous les coups d’un John Fred Young à la gestuelle furieuse.

John Fred Young survolté.

Côté setlist, c’est un déferlement de tubes, enchaînés les uns aux autres (« White Thrash Millionaire », « Blind Man », « Lonely Train », « Blame It To The Boom Boom ») – sans compter une petite reprise du « Iron Man » des pères du heavy metal du plus bel effet en guise d’intro de « Rain Wizard ». Là où la plupart des groupes de première partie n’ont pas le temps de jouer la carte de la diversité de leur répertoire et ne font qu’enchaîner les titres les plus rentre-dedans, Black Stone Cherry s’est permis d’intercaler un interlude salutaire au beau milieu de tous ces riffs avec une version de la ballade « Peace Is Free » intégralement jouée en son clean. Un exercice plus posé dans lequel le groupe excelle tout autant. Black Stone Cherry a définitivement tout pour lui.

Black Stone Cherry, ça botte des culs !

Setlist Black Stone Cherry :

Change
Shooting Star
Change
Shooting Star
Blind Man
In My Blood
Rain Wizard
Backwoods Gold
Peace Is Free (acoustique)
White Trash Millionaire
Killing Floor
Maybe Someday
Blame It On The Boom-Boom
Lonely Train

Ce ne sont pas des riffs ou des refrains qui résonnent encore dans toutes les têtes au moment où Alter Bridge monte à son tour sur scène. C’est un charisme presque palpable, mesurable, concret. Bref, ça pue le Black Stone Cherry dans ce Transbordeur ! A titre d’anecdote, une petite pause au milieu du set d’Alter Bridge aura permis, paradoxalement, de mieux rentrer dans l’ambiance. Puisqu’en retournant dans la salle, on n’allait pas voir le successeur de Black Stone Cherry, mais la suite du concert d’Alter Bridge.

Myles Kennedy a les crocs.

Et il est pourtant bon, ce groupe sur scène. Comme au Hellfest, Myles Kennedy entre sur scène seul avec sa guitare pour un démarrage en crescendo sur « Slip To The Void », au feeling pouvant rappeler Porcupine Tree. Il est ensuite rejoint par ses collègues. Alter Bridge est servi par un beau jeu de lumières, mais desservi par un son qui aura fait déserter une petite partie du public. Les guitares sont bien trop fortes. Et, de ce fait, on n’entend pas les subtilités du jeu de batterie de Scott Phillips, dont le kit est protégé par une vitre en plexiglas, pour éviter la repique.

Mark Tremonti : un excellent guitariste plein de feeling.

Côté atmosphère, Alter Bridge a le mérite de proposer une expérience totalement différente du groupe précédent, axée sur l’élégance du jeu de scène et la propreté du jeu. Ce rock moderne et sombre est original, prenant, bien interprété, mais manque, sur la durée du set, de punch. Pour le reste, Alter Bridge et plus particulièrement Myles Kennedy, est sincère dans les ambiances et les émotions véhiculées. Formé sur les cendres de Creed (depuis reformé), il est clair que le groupe est un exutoire créatif sans compromis et que cette musique vient des tripes. Le partage de cette émotion avec l’audience se fait et l’accueil est chaleureux. On retiendra notamment un Myles Kennedy, frontman de grande prestance mais aussi touchant, parfois même timide et maladroit. Ayant avalé un de ses cheveux, il peine à démarrer « Find The Real », essayant tant bien que mal de le recracher. Sur la très belle version acoustique de « Watch Over You », il adresse au public un sourire de gratitude, non sans une pointe d’incompréhension. Comme s’il ne savait pas pourquoi on l’applaudit.

Alter Bridge joue la carte de l’élégance.

Difficile d’assister à ce concert en l’isolant totalement de la prestation du groupe qui avait joué vingt minutes plus tôt, surtout quand celui-ci avait bénéficié d’un son bien plus propre. Passer après Black Stone Cherry est une tâche extrêmement ingrate, même pour un groupe de la trempe d’Alter Bridge, aux concerts, vous l’aurez compris, tout à fait corrects dans l’absolu. Black Stone Cherry, ce sont quatre caïds qui n’en ont rien à foutre (confer le batteur qui, gestuelle oblige, se fiche totalement de rater un coup de cymbale ou de perdre une baguette) : et c’est dans ces situations que l’on est le plus à l’aise.

Un sourire communicatif.

Setlist Alter Bridge :

Slip to the Void
Find the Real
Before Tomorrow Comes
Come to Life
Brand New Start
White Knuckles
All Hope Is Gone
Metalingus
Broken Wings
I Know It Hurts
One Day Remains
Ties That Bind
Blackbird
Watch Over You (Acoustique)
Open Your Eyes

Rappel :

Ghost of Days Gone By
Isolation
Rise Today

Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt



Laisser un commentaire

  • Je suis choqué… Je respecte (tant bien que mal) le fait que vous ayez préféré Black Stone Cherry, mais votre review est loin de la vérité. Même si je suis fan de Alter Bridge, j’adore Black Stone, mais je ne suis pas du tout d’accord sur vos affirmations : par exemple le guitariste, le bassiste et le batteur était effectivement survolté, mais Chris Robertson manque cruellement de charisme. Il ne bougeait absolument pas sur scène. Ou encore la version soit-disant « intégralement acoustique » de Peace is Free joué sur une guitare électrique… En tout cas ils ont mérité leur titre de premier partie, le public était terriblement absent sur leur set et ils ont également eu des soucis de son : impossible d’entendre Chris ou les choeurs du premier rang…
    A part ça se fut une très bonne première partie (et j’insiste sur le « première ») même si c’était loin d’Alter Bridge d’après moi.
    « Les guitares sont bien trop fortes » mais « manque de punch » ? Les arguments sont infondés, effectivement, le son était fort, mais on distinguait parfaitement tout les instruments malgrès leur problème de soundcheck sur ces dernières dates (excepté peut être le chant de Myles légèrement plus faible, mais audible comparé à Black Stone Cherry) et niveau punch, ils étaient en forme sur tout les points de vue. Ne pas sauter sur scène comme un écervelé ne veux pas dire qu’on ne sait pas envoyé du boudin, d’autant que Myles et Mark bougeait raisonnablement sur scène.

    J’ai énormément apprécié les deux parties de ce show, mais cette review est faussé par un favoritisme trop marqué, au point que vous manquez de respect envers Alter Bridge, et j’en ai la preuve. Franchement les gars, vous avez assisté au set de Alter Bridge ? Vous avez même pas vérifié votre setlist, elle est faussé, c’est celle du Zenith de Paris… La voila la véritable setlist de Lyon :
    http://www.alterbridge-france.fr/index.php?page=alter-bridge-a-lyon-france
    Dire que vous avez parlé de « Wonderful Life » avec autant de fierté alors qu’elle n’était même pas dans le set… Enfin bon, sans rancune, Black Stone Cherry est un très bon groupe.

    [Reply]

    Effectivement, erreur de setlist ! C’est corrigé à l’instant. Merci !

  • Super concert.
    Quelle pêche sur scène Black Stone Cherry !

    [Reply]

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