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Chronique   

Amaranthe – Helix


Aborder la musique d’Amaranthe est un véritable casse-tête. On pourrait même étendre le problème au simple fait de l’apprécier tant les Suédois proposent un melting-pot effrayant sur le papier. Pourtant la formation trouve ses adeptes, et a su gagner son statut de monstre scénique. Il faut dire que la présence de trois chanteurs et le mélange de refrains pop et riffs heavy a de quoi créer des prestations atypiques… Amaranthe propose désormais son cinquième opus, Helix, et devrait repousser encore davantage ceux qui ne voient dans le groupe rien d’autre qu’une aberration. Pour les autres… Helix devrait les ravir.

Helix est le premier album d’Amaranthe depuis le départ du chanteur Jake E., qui ne se sentait plus concerné par le groupe et qui ne pouvait plus défendre la musique sur scène. Il a été remplacé par Nils Molin de Dynazty qui se charge désormais du chant clair masculin. De fait, Amaranthe ne se trouve pas amoindri par les changements de line-up, bien au contraire. Helix relate l’influence du passé sur notre vie présente et prône la devise « pas de regrets ». L’album évoque indirectement le fait de réaliser ce qu’on a envie sans avoir le souci et l’obligation de justifier, sans chercher à se brider pour rentrer dans des conventions et des catégories. Thématique à propos lorsqu’on connaît la singularité des compositions d’Amaranthe. Celles-ci bénéficient d’une production aux petits oignons qui va à l’encontre de la tendance du retour à l’organique avec de nombreux arrangements électroniques exubérants, à l’instar des claviers sur « Inferno » ou des sonorités euro-tech d’ « Helix ». Amaranthe jongle avec des gimmicks et des sonorités propre à l’EDM (« GG6 » doit beaucoup au dubstep) et flirte tout juste avec une forme de mauvais-goût – il parvient tout de même à l’atteindre sur le très sautillant « Breakthrough Starshot » qui semble sortir d’une compilation véreuse des années 90 et a tout pour devenir un plaisir honteux. Il y a néanmoins cet équilibre ténu qui fait que l’édifice ne s’effondre pas. Le jeu de batterie de Morten Løwe Sørensen y est pour beaucoup, permettant de conférer à l’ensemble de l’album une énergie propre au heavy et au death. Il suffit d’apprécier la fluidité de ses enchaînements rythmiques sur « Iconic » pour en être convaincu. Amaranthe se permet en outre quelques références au registre hip-hop avec le growl rappé d’Henrik Englund sur « Inferno », « My Haven » et surtout « Dream ».

Là où Amaranthe rafle tout, c’est toutefois par ce talent inné pour composer des refrains pop, parfois très proches de ce que les ténors du genre peuvent proposer. « Countdown » dévoile une Elize Ryd qui prend des airs de Katy Perry des premières heures, époque Teenage Dream (2010). Même Nils Molin emprunte un phrasé qui renvoie à cette dernière. « Countdown » est peut-être l’un des morceaux les plus influencés par la musique « commerciale » de l’album, et certainement l’un des plus efficaces. La facette mainstream de la musique d’Amaranthe est celle qui parvient à tirer Helix vers le haut. Chaque composition se voit gratifié d’un refrain entêtant, qu’il soit extrêmement langoureux, à l’image de la power-ballade « Unified » qui laisse apprécier le timbre et la souplesse vocale de Nils Molin, ou des titres plus énergiques tels que l’entrée en matière « The Score », ou « 365 » et ses aigus féminins en arrière-plan, typiques de la pop US diffusée dans les magasins de chaussures.

Amaranthe est un groupe qui a parfaitement conscience de ce qu’il propose et de la réaction épidermique qu’il peut provoquer. Ceux qui ne peuvent pas ne serait-ce qu’entendre le nom du groupe fuiront Helix comme la peste. Arrangements électroniques, refrains purement pop enchâssés dans des riffs heavy modernes et des rythmiques metal, Amaranthe emprunte à tout le monde et ne fait rien comme personne. Certains ne peuvent apprécier Amaranthe qu’au second degré mais le résultat est le même : la formule des Suédois marche. On ne sait pas réellement comment tant elle a des airs disgracieux. La musique n’a parfois pas besoin d’élégance.

Clip vidéo de la chanson « Countdown » :

Clip vidéo de la chanson « 365 » réalisée par Patric Ullaeus :

Album Helix, sortie le 19 octobre 2018 via Spinefarm Records. Disponible à l’achat ici



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