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Chronique   

Amaranthe – Massive Addictive


Amaranthe, avec son mélange de metal, de pop et d’eurodance, son trio de chanteurs et sa musique « plus dans l’air du temps tu meurs », avait beau faire sourire à son arrivée, il n’empêche qu’il a su s’imposer tout en gardant ses intentions intactes. Continuant d’assumer leur démarche que certains qualifieront de « commerciale », les Suédois repartent en fantassins à la conquête des grandes ondes en étrennant un format FM accrocheur, et bien que « prise de risque » soit une notion discutable pour qualifier le travail d’Amaranthe, les prétentions de ce Massive Addictive attestent néanmoins d’une légère marge de progression au regard des deux premiers albums.

En effet, si l’on retrouvera chez Amaranthe les mêmes ossatures rythmiques, effets, phrasés dans les refrains, en somme les mêmes ficelles que celles dont ils nous avaient déjà habitués – ne manquant pas d’irriter les oreilles les moins réceptives au passage –, le renouvellement espéré dans ce troisième opus survient globalement dans sa production, signée une nouvelle fois par Jacob Hansen (Volbeat, Aborted, Epica), qui est en l’occurrence bien plus carrée et aérée qu’elle ne le fût sur Amaranthe (2011) et The Nexus (2013), ces derniers tombant trop systématiquement dans l’écueil de superposer trop lourdement les voix des trois chanteurs ainsi que l’arsenal de samples et effets de manière quasi-indigeste. Loin d’être monochrome et (totalement) creux donc, Massive Addictive comporte quelques morceaux parvenant à se distinguer au milieu de cette bande son digne d’un dance-floor pour metalheads. « Digital World » et le single « Drop Dead Cynical » distillent notamment une grosse veine indus au milieu des sonorités electro-pop, tandis que « Dynamite » et « Trinity » comportent quelques séquences en breakdowns typiques du metalcore. L’introduction de « True » quant à elle se rappellera au bon souvenir de ceux qui avaient pu apprécier jadis la musique cristalline et onirique de l’italien Robert Miles sur son album Dream (1996). Le cadre résolument pop de Massive Addictive ne se rabaisse pas nécessairement au niveau insipide de certaines productions pop actuelles, y compris lorsque le groupe ne nous épargne pas de sa traditionnelle power ballade larmoyante de milieu d’album, en l’espèce « Over And Doom », qui comme son aînée « Amaranthine » berce dans une émotion naïve.

Plusieurs effets de style percutants alimentent le volet métallisé de cette musique hybride et digitale, à l’instar de certains solos (« Dynamite »), des quelques mosh-parts mesurés (« An Ordinary Abnormality ») ou des alternances du chant growlé d’Henrik Englund avec les voix claires d’Elize Ryd et Jake E. Berg. Pourtant le débat reste ouvert quant à savoir si le contenu de Massive Addictive, à prendre pour ce qu’il est, est à qualifier d’eurodance sur lequel des accents metal viennent déteindre, ou l’inverse. Enfin, à titre de réserve, passé au crible de ce qu’Amaranthe a déjà accompli, le manque de chambardement dans la musique entraîne néanmoins une redondance inévitable dont même un public large ciblé pourrait finir par se lasser. Il conviendra alors pour Olof Mörck et ses compagnons de sérieusement envisager une sortie de cette zone de confort pour continuer à exister.

Ecouter les morceaux « Drop Dead Cynical » et « Trinity » :

Album Massive Addictive sortie le 21 octobre 2014 chez Spinefarm Records.



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  • Je suis surpris de ne pas avoir trouvé de commentaire désobligeant à la fin de cet article… Les haters seraient ils décédés à la suite d’un no comment leur révélant leur vraie nature ??
    Quoiqu’il en soit, je suis toujours satisfait de leur travail, mais rejoint l’avis du chroniqueur, il y a quelques airs de déjà vus, on verra à l’avenir comment évoluent les choses.
    A voir sur scène tout de même pour l’énergie dégagée par ce groupe !

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