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Metalanalyse   

Amon Amarth ne veut pas risquer de décevoir les dieux


Johan Hegg et ses frères d’armes veulent dîner au banquet d’ Odin. Être emmenés au Walhalla, le paradis des Vikings, à la fortification d’Asgard pour le combat final, c’est une certitude. Et pour cela, que faut-il faire selon la tradition nordique ? Continuer la lutte et mourir les armes à la main.

Alors quand est révélé l’artwork de ce neuvième album d’Amon Amarth, qui met en scène la bataille finale entre les Dieux nordiques et l’impitoyable Loki, il est aisé de se dire qu’il est là, le point de mire des Suédois : continuer encore et toujours le combat avec leurs fidèles armes depuis vingt ans pour atteindre cet état idyllique. Amon Amarth n’est pas du genre à remettre tout en cause pour avancer ; mais plutôt à battre encore et toujours ce fer death metal qu’il ont tant chauffé pour se frayer un chemin dans l’univers musical. Et récolter ainsi les fruits de leur croisade à sens unique.

Amon Amarth fait partie de ces groupes immédiatement reconnaissables aux premières minutes de n’importe lequel de leurs albums. Pas de tergiversation infinie, l’action se passe au creux d’un death metal mélodique, fondé sur des rythmes rapides et un chant grave, avec des thématiques bien sûr liées aux Vikings et à la Mythologie Nordique, mais pas tant que ça d’emprunts au folk ou au pagan. Amon Amarth laisse cela aux autres groupes de folk metal qui ne manquent pas dans cette partie-ci de l’Europe. Les Suédois ne sont pas adeptes du changement : chez Metal Blade depuis leurs débuts, il n’y a qu’au poste de batteur où les choses ont un peu changé à la fin des années 90 avec le passage notamment de l’excellent Martin Lopez (Opeth) derrière les fûts. En dehors de cela, la ligne tracée est droite. Se perdre dans des sentiers de traverse n’est pas dans les habitudes de ces rocs nordiques à la stature imposante. Et Deceiver Of The Gods n’échappera pas à la règle.

Pourtant, une fois n’est pas coutume, Hegg et ses sbires avaient voulu trancher avec les habitudes passées en confiant les clés de la production à Andy Sneap, un nouveau producteur, afin de rompre le cycle engagé avec Jens Bogren pour les trois précédents albums. Sneap a été recruté par Amon Amarth, car ils ont apprécié son travail sur les derniers Accept ou Kreator. La précision du son et le côté tranchant des riffs et de la batterie se fait donc effectivement sentir, une différence qui saute aux oreilles par rapport au son plus chaud et moins net d’un Twilight Of The Thunder Gods ou d’un Surtur Rising. Cette production très clean était l’une des manières envisagées par le groupe pour un propos encore plus direct et saignant qu’auparavant. Sneap fait donc sonner Amon Amarth un poil plus moderne, les rapprochant dans le rendu global de leurs compatriotes d’In Flames, qu’on retrouve aussi aisément à travers des parties musicales composées comme « We Shall Destroy ».

La belle histoire de l’album réside forcément dans la participation d’un des historiques chanteurs de Candlemass, Messiah Marcolin. Sur « Hel », celui-ci prête en effet sa voix, au plus grand plaisir de Hegg et des autres qui sont de grands fans de Candlemass pendant l’époque où il était derrière le micro. « Hel » est ainsi l’un des morceaux les plus singuliers de l’opus, lorgnant vers d’autres influences comme le heavy ou le doom, évidemment. Un morceau qui dénote par rapport au reste de l’album où les recettes typiques Amon Amarth sont utilisées à profusion. On retrouve ainsi dans « As Loke Falls » ou « Coming Of The Tide » des façons très similaires d’atteindre l’auditeur qui avaient fonctionné à plein régime sur Twilight Of The Thunder Gods, notamment, avec des titres comme « Tattered Banners And Bloody Flags » ou « The Hero » : une double pédale rapide, des mélodies de guitare aiguës en contrepoids de rythmiques death caractéristiques, le tout servi par un chant toujours imposant et destructeur.

Le jeu de guitare des désormais inséparables Mikkonen et Soderberg tourne à plein régime et sort de temps en temps de son carcan, à l’occasion d’un « We Shall Destroy » plus power metal, par exemple, qui risque bien de terminer en classique du groupe avec ce noyau de puissance qui ne demande qu’à exploser en concert. Johan Hegg va pouvoir monter fièrement en haut de son drakkar avec certains des titres de ce Deceiver Of The Gods. Il va même très certainement provoquer un ou deux hauts-le-cœur avec l’intro sanguinolente de « Blood Eagle ». Pour la petite histoire, cette fois, elle évoque une technique adorable héritée des Vikings qui consiste à retirer les poumons d’une personne face contre terre en retirant ses côtes à travers le dos. Le souci de relater le monde Viking et la mythologie Nordique est donc poussé ici dans ses ultimes retranchements… jusqu’à l’écœurement.

Pour en revenir au propos musical, et au-delà des apparences stylistiques quasi inamovibles d’Amon Amarth, les Suédois montrent donc quelques propensions à explorer d’autres territoires, parfois thrash, heavy ou même plus progressifs (« Under Siege »). Au niveau des intentions des compositions, on ira plus chercher vers les solides bases de Twilight Of The Thunder Gods que dans les quelques expérimentations de Surtur Rising. Growls surpuissants, rythmiques rapides et imagerie nordique : à l’image de leurs glorieux ancêtres, Amon Amarth, par la direction de leur discographie, ne prennent personne en traître et préfèrent frapper tout droit devant, le plus fort et le plus longtemps possible, pour que l’empreinte soit la plus profonde. C’est le fameux Odin qui sera sûrement ravi d’avoir de tels compagnons à sa table…

Album Deceiver Of The Gods, sortie le 21 juin 2013 chez Metal Blade Records



Laisser un commentaire

  • Il est putain de bon cet album on s’en fou un peu de l’orthographe de Valhalla !

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  • Attention cependant quand à l’historicité de l’aigle de sang , on ne sais pas si ça a été réellement pratiqué , si oui si il s’agissait d’un rituel pour honorer un ennemi , pour venger une proche et si c’était pratiqué pendant la période viking. Les sagas ont été écrites par des chrétiens donc attention aussi à l’authenticité de certains écrits

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Aigle_de_sang

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    arroway

    « Les sagas ont été écrites par des chrétiens donc attention aussi à l’authenticité de certains écrits. »

    C’est plutôt que c’est issu d’une tradition orale et poétique, remplie de symbolique et pas toujours bien traduite.

    arroway

    « Les sagas ont été écrites par des chrétiens donc attention aussi à l’authenticité de certains écrits. »

    C’est surtout que c’est issu d’une tradition orale et poétique, remplie de symbolique et pas toujours bien traduite.

  • Valhalla, walhalla, valhòll, walhòll, ya de nombreuses écritures donc cest pas très important selon moi 🙂

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  • c est valhalla pas walhalla ><

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  • Bonded by blood dit :

    AMON AMARTH!!!!!!! \m/ \m/

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