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Interview   

AMON AMARTH : PETITE CONVERSATION ENTRE AMIS


Interviewer Johan Hegg, le frontman d’Amon Amarth, c’est un peu comme discuter avec un vieux copain. Après une franche poignée de main à vous broyer les métacarpes et quelques remarques sur la pluie et le beau temps (« Ici, les températures sont positives, ça nous change des -25 °C qu’on a en ce moment en Suède ! »), l’homme s’installe en toute décontraction dans une petite salle de l’Institut suédois de Paris et se prête au jeu des questions avec une gentillesse et une bonne humeur désarmantes. Et quand il fait remarquer qu’il se souvient de votre servante, aperçue le temps d’une séance de dédicaces et d’une photo sur un paquebot de luxe à 8000 km des côtes françaises un mois plus tôt, on se dit qu’on a affaire au métalleux le plus attachant de la planète.

Interrogé quelques minutes après une écoute exclusive du nouvel album d’Amon Amarth, Surtur Rising, Johan revient avec nous sur la genèse de ce nouveau bébé, la croisière métallique du siècle, le succès du groupe aux États-Unis et le triste destin de sa célèbre corne à boire.



« Nous faisons du death metal plutôt accessible avec beaucoup d’influences heavy metal. Ça plaît au public. Il y a aussi le fait que nous nous efforçons toujours de donner de bons concerts, quelles que soient les circonstances. Pour moi, c’est aussi important qu’écrire de bons albums. »

Radio Metal : Pour commencer, et parce que j’y étais, je dois te poser cette question : as-tu apprécié ton expérience à bord du festival 70,000 Tons Of Metal ?

Johan Hegg (chant) : Tout à fait ! Je crois que nous l’avons tous appréciée, c’était très sympa. L’ambiance était particulièrement cool. Tous les groupes et les fans réunis dans un même lieu… C’était génial à voir. Je dois admettre que j’étais un peu sceptique, au départ. Je pensais que ce serait le chaos absolu mais l’ambiance était très détendue ou tout s’est bien passé. Nous avons passé un très bon moment.

As-tu eu la possibilité de fréquenter des fans lors de ces quatre jours ?

Oh oui, tout le temps ! En fait, je n’ai pas eu la possibilité de ne pas les fréquenter ! (rires) C’est le propre du bateau. Nous avons déjà fait des croisières de ce genre entre la Suède et la Finlande, même si elles étaient évidemment moins imposantes. Mais si on ne veut pas passer tout son temps dans sa cabine, on finit forcément par rencontrer des fans. Mais ce n’est pas un souci. Les gens étaient très cool et très sympas. Je n’ai rencontré qu’un seul type particulièrement bourré et désagréable mais je l’ai envoyé promener et c’était réglé ! Sinon, tout s’est très bien passé.

Qu’est-il arrivé à ta corne à boire ? Tu ne l’avais pas sur scène avec toi lors du festival. J’espère qu’elle n’est pas tombée par-dessus bord !

(rires) Non, elle est cassée, je ne peux plus l’utiliser. J’essaie d’en obtenir une autre mais ça prend plus de temps que je ne le pensais. J’y travaille !

Le nombre de T-shirts Amon Amarth que j’ai pu voir sur cette croisière était très impressionnant, de même que le nombre de personnes qui ont participé à votre meet-and-greet. Amon Amarth a littéralement pris le contrôle de cette croisière ! Vous attendiez-vous à ça quand vous avez signé pour le festival ?

C’est toujours difficile de savoir. Il y avait tellement de bons groupes sur ce bateau. Il y avait quoi, quarante-deux groupes ? Mais c’est encore plus extraordinaire quand on pense que nous ne vendions pas de merchandising sur le bateau. Tout le monde a apporté son propre T-shirt, ce qui est formidable ! C’était très sympa de voir la foule venue assister à nos concerts. Ils en ont fait des moments très particuliers pour nous. Sans les fans, ce n’est pas drôle ! (rires)

J’ai même vu des musiciens d’autres groupes porter des T-shirts Amon Amarth. C’était complètement fou !

Oui, c’est marrant !

Quel est le secret, alors ? Qu’y a-t-il dans le death metal Viking que le public apprécie autant ?
Je n’en ai pas la moindre idée ! (rires) Je ne suis même pas sûr que ce soit le côté Viking. Nous faisons du death metal plutôt accessible avec beaucoup d’influences heavy metal. Ça plaît au public. Il y a aussi le fait que nous nous efforçons toujours de donner de bons concerts, quelles que soient les circonstances. Pour moi, c’est aussi important qu’écrire de bons albums. Il faut également essayer d’avoir de bons rapports avec les fans, ce que nous faisons l’effort de faire. Pour nous, ce n’est pas grand-chose, nous l’avons toujours fait. Il y a quelques années, pendant notre tournée aux États-Unis, nous faisions une séance de dédicaces avant chaque concert. Devant les portes, pendant une demi-heure, pour les spectateurs qui faisaient la queue. Comme ça, ils pouvaient avoir des autographes et n’avaient pas besoin d’attendre après. Nous organisions un meet-and-greet tous les soirs. Pour nous, ce n’est pas grand-chose et les fans apprécient. C’est super de rencontrer les fans, ce n’est pas ce que je veux dire quand je dis que ce n’est pas grand chose. C’est seulement que ça ne nous demande pas beaucoup d’efforts. Nous essayons toujours de faire quelque chose pour les fans, de leur accorder quelques minutes pour prendre une photo et discuter. Nous ne pouvons pas être disponibles pour tout le monde, tout le temps, mais on essaie. Je pense que ça a contribué à la popularité du groupe.

(Au sujet de sa corne à boire) »Elle est cassée, je ne peux plus l’utiliser. J’essaie d’en obtenir une autre mais ça prend plus de temps que je ne le pensais. J’y travaille ! »

En avril, vous allez vous lancer dans une tournée intensive aux États-Unis. Comme tu viens de le dire, vous avez organisé des meet-and-greet avant chaque show lors de votre dernier passage là-bas. C’est donc un marché important pour vous ? Quel accueil vous réserve le public américain ?

L’accueil est très bon. Nous tournons là-bas depuis 2001 mais nous n’avons pas vraiment décollé avant 2005 ou 2006. Nous avons fait la première partie de Children Of Bodom et de Trivium aux États-Unis. Nous avons dû nous balader nous-mêmes dans un van à travers tout le pays pendant six semaines mais ça en valait la peine : les concerts étaient super tous les soirs et nous avons reçu un très bon accueil de la part du public. Depuis, tout se passe extrêmement bien pour nous aux États-Unis. Nous avons assuré de très bonne tournées là-bas. C’est un énorme pays, et très diversifié, quand on le compare à l’Europe. Je pense que l’Europe est plus peuplée que l’Amérique du Nord mais le territoire est deux fois plus petit ! C’est un pays immense à couvrir et différentes villes signifient différentes attitudes envers le groupe. Mais en règle générale, tout se passe très bien. Nous avons la possibilité de faire des tournées complètes en tête d’affiche là-bas, c’est très cool.

En parlant de la tournée américaine, j’ai lu sur votre MySpace qu’il n’y aura pas de première partie à vos concerts et que vous assurerez deux sets tous les soirs. Vous jouerez Surtur Rising dans son intégralité au cours de l’un deux. C’est un peu fou, mais aussi complètement génial ! Comment vous est venue cette idée ?

Oui, c’est complètement fou ! Nous avons étudié différentes possibilités de premières parties mais aucune de nos idées ne s’est concrétisée. Nous avons fini par penser que ça n’allait jamais marcher, alors nous avons discuté entre nous d’un moyen de résoudre le problème. C’est là que nous nous sommes dit : « Et pourquoi pas le faire nous-mêmes ?! » (rires) Nous avons alors eu l’idée de jouer deux sets. Nous allons assurer notre propre première partie, jouer l’album dans son intégralité, puis revenir sur scène pour un autre show d’environ quatre-vingt-dix minutes.

Vous allez donc jouer… Quoi, deux heures et demi tous les soirs ?

Quelque chose comme deux heures et quinze minutes, oui.

Allez-vous survivre jusqu’à la fin de la tournée ?!

Aucune idée ! (rires) On verra ! Ça va être très dur, c’est vraiment un défi, pour nous. Nous n’avons encore jamais fait quelque chose de ce genre. Il y a bien eu les concerts de Bloodhsed Over Bochum où nous avons joué quatre albums différents, un par soir, suivi par un set best-of. Mais ce dernier ne durait qu’environ une heure, et là, nous allons jouer quatre-vingt-dix minutes. Une demi-heure supplémentaire, ça peut sembler court mais, en fait, c’est très exigeant. D’une certaine façon, ce sera beaucoup plus stressant pour nous. Mais dans un sens, ce sera aussi plus relaxant parce qu’il y aura moins de gens à prendre en compte sur la tournée. De ce point de vue, ce sera donc moins stressant. Il sera intéressant de voir comment tout ça se passe !

J’ai lu une interview dans laquelle tu disais que le public américain est un peu fou et en fait toujours voir de toutes les couleurs au groupe de première partie. Il faut croire que ce ne sera pas le cas cette fois !
J’espère que non ! (rires) Mais ils ne font pas ça systématiquement. C’est seulement qu’il leur arrive de se montrer un peu rudes avec les premières parties. J’ai vu ça arriver à plusieurs groupes. Heureusement, nous n’en avons jamais été victimes nous-mêmes. Mais, effectivement, ils peuvent être un peu rudes : quand ils n’aiment pas un groupe, ils le montrent.

« [Surtur] est un personnage très intéressant. […] Il était là quand l’univers a été créé et il sera là quand il sera détruit. De ce point de vue, c’est un être extrêmement puissant. Beaucoup le considèrent comme un personnage mauvais parce qu’il part en guerre contre les dieux. Mais ce n’est pas comme ça que je le vois. Il est simplement ce qu’il est. »

Ce nouvel album s’intitule Surtur Rising. Pour ceux d’entre nous qui ne sont pas familiers avec la mythologie nordique, peux-tu expliquer qui est Surtur et pourquoi vous avez choisi de vous concentrer sur lui ?

Quoi  ? Il existe des gens qui ne sont pas familiers avec la mythologie nordique ?! En fait, la raison pour laquelle nous avons choisi de nous concentrer sur lui explique plus ou moins qui il est. C’est un personnage très intéressant. C’est l’un des plus anciens personnages de la mythologie nordique : il était là quand l’univers a été créé et il sera là quand il sera détruit. De ce point de vue, c’est un être extrêmement puissant. Beaucoup le considèrent comme un personnage mauvais parce qu’il part en guerre contre les dieux. Mais ce n’est pas comme ça que je le vois. Il est simplement ce qu’il est. Il possède à la fois le pouvoir de création et de destruction et lorsque le monde touchera à sa fin, il sera là pour tout réduire en cendres. Pour tout nettoyer, si tu préfères, avant que le monde puisse renaître. Il a un boulot à faire et il le fait sans se poser de questions. Ce que nous racontons dans les paroles est intéressant à plusieurs niveaux. Nous avons choisi d’écrire deux chansons sur le même sujet : le combat final entre Surtur et Frej. La première chanson, « Destroyer Of The Universe », raconte ce combat du point de vue de Surtur. C’est dont un titre très violent et très agressif. L’autre chanson, « Last Stand Of Frej », est racontée du point de vue de Frej, ce qui en fait un titre plus mélancolique et épique. La raison en est que la fureur de Surtur, avec les flammes qui vont avec, est évidemment très violente. Il avait donc besoin d’un titre plus violent. Mais Frej va affronter Surtur. Il a beau savoir qu’il va mourir, il y va quand même. C’est comme s’il se disait : « OK, c’est la fin, mais je vais faire de mon mieux malgré tout ». J’aime l’idée des chansons miroir, ainsi que les émotions qui traversent ces deux titres.

En écoutant les titres que vous avez mis en ligne sur Facebook – et bien sûr, en écoutant l’album il y a quelques minutes –, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que Surtur Rising était une suite idéale à Twilight Of The Thunder God. Tout est plus énorme, plus heavy et plus épique mais toujours dans la même veine. Était-ce ce que vous aviez à l’esprit en entamant le processus d’écriture ? Prendre la formule gagnante de Twilight Of The Thunder God et l’améliorer ?

D’une certaine façon, je pense que nous en avons effectivement discuté. Nous étions très satisfaits de la production de Twilight Of The Thunder God et je pense toujours qu’elle est excellente. Mais après un moment, avec le recul et quand on se remet à écouter les albums plus anciens, on réalise qu’elle penchait un peu trop vers une production heavy metal classique. Elle s’éloignait peut-être un peu trop de l’essence du groupe. Alors, avant même de commencer à écrire ce nouvel album, nous nous sommes réunis avec Jens [Bogren], notre producteur, et nous lui avons dit : « Nous aimerions que le prochain album soit plus agressif, plus énervé, plus brut, plus old-school ». Mais nous voulions également continuer à tabler sur ce que nous avons construit avec Jens. Avec nos deux précédents albums, nous avions atteint un niveau de production de haute qualité. C’était très riche, épique et foisonnant et nous voulions garder tous ces éléments mais en y ajoutant plus d’agressivité. « Revenir en arrière » n’est pas l’expression qu’il faut mais nous avons pris un virage à gauche. Nous n’avons pas opté pour l’option plus douce et plus mélodique mais pour l’option plus dure. C’était important, pour nous, nous voulions vraiment le faire. Je pense que ça a déteint sur le processus d’écriture des chansons. Cet album contient plus de titres agressifs qu’aucun des précédents. De ce point de vue, c’est un album plus varié. Il compte la chanson la plus rapide et la plus agressive de toute notre carrière, « A Beast Am I ». Nous avions une idée assez précise de ce que nous voulions au niveau de la production. C’est ce que nous avons cherché à faire dès le départ. Et comme je l’ai déjà dit, étant donné que le processus créatif a été influencé par cette idée, l’album est peut-être devenu encore plus riche et plus brutal. Jens a joué un grand rôle dans cette histoire. C’est un excellent producteur et il nous a donné ce que nous lui avions demandé. Il était très ouvert.

Tu as anticipé ma prochaine question ! Je comptais te demander ce que Jens avait apporté à cet album, selon toi.

Je dis toujours que Jens n’est pas très exigeant, il veut juste la perfection ! (rires) Ce n’est pas grand-chose ! C’est quelqu’un de très méticuleux, il est très minutieux dans tout ce qu’il fait. En termes de son ou d’enregistrement, il faut que tout soit plus ou moins parfait. Il fonctionne comme ça. Mais en plus de ça, il apporte des idées sur la façon d’améliorer les arrangements et de tirer le maximum de chaque chanson. Pour la première fois, nous l’avons fait venir dans notre studio de répétition et nous lui avons fait écouter ce que nous avions à proposer afin qu’il puisse nous donner des idées sur ce que nous pouvions ajouter aux chansons avant même d’entrer en studio. Il a eu d’excellentes idées à ce moment-là et il en a eu d’autres une fois en studio. Il a ajouté des éléments ici ou là, comme la section de cordes, ce genre de choses. Il a aussi ajouté des mélodies pour rendre les chansons plus intéressantes. Il est très bon pour ça. Il a vraiment joué un rôle très important dans la production.

Une fois de plus, l’artwork de Surtur Rising est très impressionnant, très frappant et très Viking. Vous travaillez avec le même artiste, Tom Thiel, depuis des années. Comment ça marche ? Vous lui envoyez le titre de l’album et les paroles et vous lui demandez de créer quelque chose qui corresponde, ou bien vous lui donnez des indices précis sur ce que vous souhaitez voir apparaître sur la pochette ?

Nous lui donnons effectivement le titre et les paroles mais nous lui donnons aussi une idée de base de ce que nous voulons. Mais on ne peut pas non plus lui dire : « Voilà ce que tu dois faire », donc il créé évidemment l’image selon ce qu’il perçoit. S’il a une idée qu’il souhaite partager avec nous, il peut évidemment le faire. On reçoit un croquis, on lui fait un retour, puis on reçoit un autre croquis. Puis il termine plus ou moins la pochette et il nous l’envoie. À ce stade, si nous voulons modifier quoi que ce soit, il peut encore le faire. Tout consiste à discuter et à se renvoyer la balle. Il travaille toujours à partir de nos idées. Tom est un grand artiste.

C’est tout pour moi, merci ! Je te laisse le mot de la fin, si tu veux ajouter quelque chose.

Nous allons faire escale à Paris en mai et nous avons hâte d’y être. Cela fait un petit moment que nous n’avons pas joué en France, ça va être sympa. Pour ceux qui ne peuvent pas venir à Paris, nous espérons nous rendre dans d’autres villes de France cet automne.

Entretien réalisé en février 2011 à Paris.
Transcription et traduction : Saff.

Site internet d’Amon Amarth : amonamarth.com



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  • trop bon groupe mes es que la date a paris et maintenue?? ca seras dans une autre salle??

    [Reply]

    Saff'

    Aucune info au sujet du maintien du concert, que ce soit sur le site de l’EM ou du groupe. Après, il est évident que si le concert est maintenu (croisons les doigts et touchons du bois), ce sera dans une autre salle.

    Et sinon, l’orthographe à l’école, ça va comment ? (Désolée que ça retombe sur toi, mais je commence vraiment à me taper la tête contre les murs à force de voir des commentaires comptant à peu près autant de fautes que de mots sur ce site…)

  • vivement le 22 mai^^

    [Reply]

  • Fatalblood dit :

    la classe les viking moi j’adore mais c’est nul pour la corne a boire

    [Reply]

  • Tout simplement hate de les voir ! merci radiometal 🙂

    [Reply]

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