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Interview   

Amorphis rénove son environnement et change d’ère


Si Amorphis reste satisfait de son évolution et de ses quatre derniers albums, les Finlandais ont ressenti le besoin, pour son nouvel album Circle, de se bousculer un peu. De l’aveu du guitariste Esa Holopainen, la manière de travailler d’Amorphis était devenu un peu trop rodée, au point de nuire à sa capacité à surprendre. En a résulté une suite de disques certes réussis et véhiculant, quoi qu’il arrive, toujours la personnalité unique d’Amorphis, mais néanmoins quelque peu attendus.

D’où une remise en question de son mode de travail lorsque est venu le moment d’enregistrer l’album, premier pas dans une nouvelle ère pour le groupe, même si, dans les faits, le renouvellement musical n’est pas encore vraiment atteint avec Circle. Tout du moins, pas dans les proportions auxquelles Amorphis a habitué ses fans dans la première moitié de sa carrière. Le guitariste évoque cela auprès de nous et revient sur la carrière particulière d’Amorphis et sa collaboration avec Pekka Kainulainen, en charge des paroles, un personnage apparemment bien original…

« Quand on a enregistré Beginning Of Times, le processus a commencé à sembler trop familier. On n’a pris aucun risque, et sans doute aucune passion à enregistrer cet album. »

Radio Metal : Apparemment, Beginning Of Times est le premier album d’Amorphis à entrer dans le Top 20 allemand. Le considères-tu comme un album important pour le groupe ?

Esa Holopainen (guitariste) : Ce n’est pas une pierre angulaire, ni une étape importante, mais ça marque la fin d’une ère pour le groupe. Eclipse, Silent Waters, Skyforger et Beginning Of Times… Ces quatre albums partagent un thème commun. Les paroles sont basées sur le Kalevala, alors je considère que ces quatre là font partie de la même ère. Nous avons donné pas mal de concerts pendant les différentes tournées pour Beginning Of Times et ils se sont tous très bien passés. Mais pour moi, ce n’est pas une étape importante. C’est un bon album, mais pour être très honnête, ce n’est pas mon album d’Amorphis préféré, même si je les aime tous ! (rires)

Quel est ton album préféré, alors ?

J’en ai plusieurs. Je suis très enthousiaste à propos de Circle, mais je ne peux pas vraiment me prononcer. C’était la même chose après Beginning Of Times, c’est l’enthousiasme qui parle. Mais pour moi, les points forts de notre carrière sont Elegy, Eclipse et Skyforger. Ces trois-là sont mes préférés. Je trouve qu’on a vraiment réussi à atteindre le son d’Amorphis que j’aime.

En tant que musicien, combien de temps te faut-il pour analyser un album et avoir davantage de recul ?

Pour Beginning Of Times, ça a pris environ un an, après avoir fini les premières tournées. Là, on a commencé à avoir un certain recul et on a pu se faire une opinion. Ça prend du temps. Quand on a fini d’enregistrer un album et qu’on commence à faire la promo, on l’a déjà entendu des centaines de fois. Généralement, il faut faire une pause et revenir à l’album pour voir si on peut toujours l’écouter ou pas. Ça permet de savoir si l’album tient la route sur le long terme.

Cela vous aide-t-il à éviter certaines erreurs sur l’album suivant ? Par exemple, certains éléments peuvent vous avoir plu à l’origine et commencer à vous lasser après quelques mois.

Sans doute, oui. Mais quand on commence à écrire de la musique pour un album, on ne réfléchit pas à ce qu’on a fait sur l’album d’avant. Un bon exemple de ça, c’est qu’on a toujours des chansons qui restent des sessions précédentes. Il nous est arrivé d’avoir trois ou quatre chansons qui ne finissaient nulle part. On n’a tout simplement jamais bouclé les sessions d’enregistrement pour ces chansons. On avait prévu de les réutiliser quand on recommencerait à écrire de la musique, ou qu’on se mettrait à répéter. Mais on ne l’a jamais fait. Quand on commence à travailler sur du nouveau matériel, on oublie complètement l’album précédent. C’est une nouvelle étape, et ça ne fonctionne pas si on s’attarde sur ce qu’on a fait avant. On prend toutes les nouvelles idées comme elles viennent et on ne se demande pas si on l’a déjà fait par le passé.

Tu as récemment reconnu que tu donnais systématiquement la même réponse concernant le processus d’enregistrement du groupe, et que ce processus était sûr et n’offrait aucune surprise. Cela vous a apparemment poussés à modifier le processus pour Circle. Concrètement, qu’est-ce qui a changé dans le processus de développement de cet album ?

En termes de composition, ou concernant la façon dont les chansons ont tourné, je ne vois pas de changement radical. J’ai discuté avec Santeri [Kallio], notre clavier, qui écrit aussi une bonne partie de la musique, et lui non plus n’a pas vu de changement dans le processus d’écriture. Si nos idées fonctionnent, on commence à répéter, puis on enregistre des démos. Mais quand on a enregistré Beginning Of Times, le processus a commencé à sembler trop familier. On n’a pris aucun risque, et sans doute aucune passion à enregistrer cet album. J’aime la façon dont il a tourné, j’aime le son de l’album, mais il y avait trop de sécurité. On voulait changer d’environnement, enregistrer dans un autre studio, quelque part où on pourrait passer du temps ensemble, réfléchir aux arrangements et parler de la musique qu’on était en train de faire. Je pense que c’était important. Ça l’était tout autant d’avoir un producteur avec nous dans le studio, des oreilles supplémentaires pour nous donner un avis sur la musique. Je pense que c’était nécessaire d’avoir une personne pour diriger tout le processus, nous dire ce qui fonctionnait ou non.

« Si on ne fait pas ce qu’on a envie de faire, si on n’écrit pas la musique qu’on aime écouter, je pense qu’on ne peut pas continuer. On peut tromper les gens, mais pas soi-même. […] C’est l’une des raisons pour lesquelles notre carrière ressemble à des montagnes russes. »

Penses-tu que le fait que Peter Tägtgren soit à la fois chanteur et guitariste vous a permis d’avoir une vision plus complète, ou une approche plus appropriée pour le groupe ?

Les deux. Comme il est lui-même guitariste, c’était très sympa de travailler avec lui. Il avait énormément de bonnes idées pour le son, l’accordement alternatif, plein de petites choses. Ce n’était pas forcément des idées révolutionnaires, auxquelles nous n’aurions jamais pensé nous-mêmes, mais il nous a guidés sur le chemin que nous empruntions avant pour enregistrer des albums. Particulièrement pour l’utilisation d’un son old-school, et pas seulement du son qu’on utilise aujourd’hui. Nous avons fait des combinaisons et réenregistré beaucoup de chansons avec différents sons, et on a fini par avoir des guitares assez massives. C’est ce qu’il y a eu de mieux dans notre collaboration avec Peter : le son est plus orienté guitare grâce à lui. Comparer Peter et Marco Hietala, qui a produit le chant sur les quatre albums précédents, c’est comme comparer le jour et la nuit. Ces gars-là sont comme la Belle et la Bête. Nous n’étions pas inquiets, mais nous nous demandions comment le chant allait sonner. Nous nous demandions si Peter pouvait gérer les arrangements vocaux. Mais au final, ce n’était pas un problème. Je pense que Tomi [Joutsen] était plus préparé que jamais. Son chant est vraiment très bon.

Comme tu l’as dit, Marco Hietala travaillait avec Tomi depuis l’arrivée de celui-ci dans le groupe et leur collaboration se passait très bien. Étant donné que Marco n’était pas impliqué dans Circle, son rôle est-il revenu à Peter, ou Tomi a-t-il géré cet aspect par lui-même ? La dernière fois que nous avons discuté, tu disais qu’il était plus à l’aise lorsque quelqu’un le coachait.

Telles que je vois les choses, le rôle de Tomi a été plus important sur cet album. Comme je viens de le dire, il était très bien préparé à l’avance. Il avait beaucoup d’idées pour les growls et le chant mélodique avant d’entrer en studio. Mais pour eux, le plus difficile a été d’arranger les paroles selon la musique que nous avions. C’était leur plus gros défi. La façon dont nous travaillons est peut-être un peu différente de ce que font les autres chanteurs. On enregistre toujours la musique d’abord ; quand cette étape est finie, on commence à travailler sur le chant et les paroles. Là seulement, on arrange les paroles pour qu’elles collent aux chansons. C’est le plus difficile. Parfois, certains passages ne vont pas du tout ensemble. Il faut trouver un moyen de les caser quand même, ou passer par des solutions alternatives. C’est souvent assez long.

« Pekka Kainulainen [ndlr : parolier du groupe] écrit des poèmes, enseigne l’art et fait aussi beaucoup de performances artistiques qui tournent autour d’identités alternatives. Généralement, il sort en portant un masque avec des cornes et observe la réaction des gens. »

Le chant de Tomi est plus varié sur Circle : ses growls typiquement death metal côtoient un chant plus saturé, presque black metal, par exemple sur « Nightbird’s Song ». Y avait-il un désir d’essayer de nouvelles choses de sa part ?

Sans doute. Pour « Nightbird’s Song », je ne sais si l’idée d’avoir des aboiements black metal venait de Peter ou de Tomi, mais ça marche très bien. Je me souviens que les autres membres du groupe étaient assez surpris quand nous avons entendu le résultat final. J’étais convaincu que c’était Peter qu’on entendait sur cette chanson, mais c’était bel et bien Tomi. C’est vraiment une nouvelle dimension pour lui. Je ne l’avais encore jamais entendu faire ça. Comme tu l’as dit, on dirait du Dimmu Borgir, ou quelque chose comme ça ! (rires)

Le cercle symbolise l’intégrité. Est-ce une notion qui caractérise le groupe ?

Je pense que le titre représente les thèmes que l’album traite dans les paroles. « Circle » fait référence à un anneau magique dans lequel se trouve le personnage. D’un autre côté, on peut trouver d’autres significations. J’espère que ça symbolise une méthode de travail continu. L’album serait comme un fantôme : il ne peut pas mourir, il se perpétue ! (rires)

Par le passé, le groupe était connu pour tester des approches musicales différentes. Toutefois, depuis Eclipse, vos albums suivent une direction musicale plus ou moins similaire. Est-ce important pour vous de maintenir une constante entre les albums dorénavant ?

Oui. Musicalement, on essaie d’aller de l’avant avec chaque nouvel album. Pour les deux ou trois derniers, le son se ressemblait plus ou moins. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de défis ou de surprises dans la musique. Si on compare Eclipse, Silent Waters et Skyforger, ces trois albums sont complètement différents. Du moins, c’est comme ça qu’on le voit. Il y a des chansons différentes, des atmosphères et des éléments variés. En tant que musiciens et compositeurs, nous essayons d’aller un peu plus loin, d’avoir des surprises sur chaque album. On ne le fait pas en permanence, et on ne veut pas donner à penser qu’on fait quelque chose d’entièrement différent pour le plaisir. Mais nous n’avons pas peur d’essayer des choses différentes. Si quelque chose de plus ambiant ou de plus extrême fonctionne bien dans la musique, on le tente. C’est ce qu’il y a de bien avec Amorphis : tous les musiciens sont très ouverts d’esprit.

Le groupe ayant changé d’approche pour Circle, n’avez-vous pas également pensé à changer d’orientation musicale, comme vous l’aviez fait par le passé avec des titres plus orientés rock, ou avec des structures plus psychédéliques et progressives ?

C’est un élément intéressant dans l’histoire du groupe. À l’époque d’Elegy ou de Tuonela, par exemple, nous avons connu un grand changement dans le style de musique, et surtout dans le chant. C’est l’époque où Pasi [Koskinen] s’est glissé dans le rôle du chanteur et où le chant est soudain passé des growls death metal à quelque chose de plus lisse. Nous ne nous sommes pas dit que nous faisions quelque chose de radicalement différent avant un bon moment, jusqu’à ce qu’on commence à comparer les albums. Il y a bel et bien une période dans notre carrière où nous avons proposé de la musique plus accessible, plus émotionnelle, avec un côté plus rock. C’était la façon dont nous voulions avancer. Après Elegy, qui a été un album très important pour nous et qui nous a ouvert beaucoup de portes, nous aurions facilement pu faire un nouvel album dans le même style. Mais ça ne nous semblait pas bien. Nous voulions faire quelque chose de vraiment différent, même si nous savions que beaucoup de gens seraient déçus par le nouveau son. Pour nous, c’était très important. Si on ne fait pas ce qu’on a envie de faire, si on n’écrit pas la musique qu’on aime écouter, je pense qu’on ne peut pas continuer. On peut tromper les gens, mais pas soi-même. C’est impossible. C’est l’une des raisons pour lesquelles notre carrière ressemble à des montagnes russes. Musicalement, nous avons radicalement changé par le passé. Mais je pense que cela vient également des changements de line-up que nous avons connus. Chaque membre d’Amorphis a un impact très important sur le son global. Lorsque les musiciens ont été remplacés, la musique a changé avec eux. Nous avons le même line-up depuis Eclipse, donc il est normal que nous ayons à peu près le même son. Mais la façon dont nous travaillons et dont nous pensons la musique n’a pas changé du tout au fil des années.

Chaque album d’Amorphis montre une plus grande maîtrise des arrangements que le précédent. Dirais-tu que vous avez acquis un certain savoir-faire dans ce domaine ?

Absolument. Écrire et répéter la musique ensemble permet d’améliorer les arrangements. Je ne sais pas comment fonctionnent les autres groupes, mais nous apportons une grande attention aux arrangements. On essaie d’éviter le montage inutile en studio parce que c’est inintéressant. On peut toujours écrire des chansons et les monter par la suite avec un ordinateur, en faisant copier/coller de certains passages. Mais ce n’est pas naturel, et ça s’entend. Quand on écoute certains albums, on se dit que ça fait trop bricolé. Ce n’est pas intéressant et je trouve ça idiot. Au lieu de bidouiller les chansons, le meilleur moyen consiste à les arranger à l’étape des répétitions, pour ne pas le faire après avoir fini d’enregistrer l’album. Je trouve que nous progressons avec nos arrangements. Quand on réécoute les premiers albums de notre carrière, comme Tales ou Elegy, il n’y avait que des morceaux mis bout à bout. Nous n’accordions pas d’attention aux arrangements. C’est peut-être pour ça que ces albums sont plus progressifs ! (rires) Si on se contente d’aligner les bouts de musique et les riffs, la musique est très progressive, mais ça n’a aucun sens !

« C’est devenu un cercle infini : écrire, répéter, entrer en studio […]. Puis retour à la maison, écriture, et le cercle recommence. Mais c’est bien, je ne me plains pas. Chaque étape du cercle est géniale, j’adore ça. »

Une fois de plus, les paroles ont été écrites par Pekka Kainulainen, mais contrairement aux albums précédents, elles ne se basent pas sur l’épopée nationale finlandaise, le Kalevala. Elles parlent au contraire d’un concept original. Qu’est-ce qui l’a motivé ?

Je ne sais pas. Ce serait une bonne question pour Pekka ou Tomi. Après des albums comme Silent Waters, Skyforger et Beginning Of Times, qui suivaient religieusement le Kalevala, nous avons voulu retrouver un peu de l’ancienne saveur dans ces nouvelles histoires. Pekka est un bon ami de Tomi, c’est même son ancien prof. C’est un vrai artiste en termes de poésie. Puisque Tomi n’était pas à l’aise pour écrire des paroles, il fallait que quelqu’un d’autre s’en charge. Ça ne pouvait pas être quelqu’un du groupe, parce qu’aucun de nous n’écrit d’aussi bons textes que Pekka. C’est une bonne chose que nous ayons rencontré Pekka et qu’il ait accepté d’écrire des paroles pour nous. Pour Circle, nous voulions nous éloigner du Kalevala, inventer d’autres histoires et les mettre en paroles. Qu’est-ce qui l’inspire dans notre musique pour écrire des paroles ? Ce serait sympa de le savoir. Il a écrit des lignes directrices pour Circle. Ça me rappelle un peu certaines histoires du Kalevala, notamment celle que nous racontons sur Eclipse et qui parle du destin d’un homme malchanceux. Je trouve que c’est une adaptation moderne ! Nous sommes très heureux de pouvoir également aller de l’avant avec les paroles. Nous n’avons pas besoin de nous limiter au Kalevala, du moins pas de façon aussi stricte.

À propos, peux-tu nous en dire plus sur Pekka ? Il écrit des paroles pour le groupe, mais qui est-il ? On n’en sait pas beaucoup à son sujet.

Pekka Kainulainen est un ami de Tomi, c’est lui qui nous l’a présenté. Il écrit des poèmes, enseigne l’art et fait aussi beaucoup de performances artistiques qui tournent autour d’identités alternatives. Généralement, il sort en portant un masque avec des cornes et observe la réaction des gens. Il peut se rendre au centre d’Helsinki, s’asseoir dans une barque et attendre les réactions. Les gens peuvent être choqués, intéressés, se mettre à rire et toutes les réactions intermédiaires. C’est comme ça que doit fonctionner la performance : ça fait réagir les gens, chacun à sa façon. Quelqu’un finit toujours par filmer. Il fait des trucs comme ça et il est vraiment, vraiment impliqué dans ce qu’il fait. Nous allons sortir une édition spéciale de Circle, qui comporte un DVD avec un documentaire making-of. Il y a une longue interview avec Pekka, qui montre où il vit et quel type de personnage il est. Si vous regardez ça, vous aurez une bonne idée de qui il est.

Tomi n’est pas intéressé par l’écriture des paroles ?

Non, il a été très ferme sur le sujet. Les paroles ont toujours constitué une part importante de la musique d’Amorphis. Pour chaque nouvel album, nous voulons aller de l’avant en termes de paroles comme en termes de musique. Les deux aspects sont aussi importants pour nous quand nous entamons un nouveau projet. Ce serait une tâche énorme si l’un de nous devait se mettre à écrire des paroles. Tomi lui-même a dit qu’il ne se sentait pas à l’aise. Il préfère laisser ça au gars qui sait ce qu’il fait. Il est plus à l’aise comme ça. Tout le monde n’arrête pas de demander : « Qu’est-ce que ça fait de chanter les paroles de quelqu’un d’autre ? » Mais il a pris l’habitude, ce n’est pas du tout un problème pour lui.

D’après ce que je sais, tu es passionné par le peintre Alphonse Mucha. La pochette de l’album semble avoir été réalisée dans un style similaire. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

L’artwork a été réalisé par un artiste britannique du nom de Tom Bates. C’est Nuclear Blast qui me l’a présenté. J’ai demandé à Andy de Nuclear Blast : « Tu n’aurais pas des noms de jeunes artistes susceptibles de vouloir travailler avec nous et d’avoir un style qui correspondrait à Amorphis ? » Au début, j’avais peur qu’il me propose des artistes de fantasy. Mais Andy nous connaît et il nous a dit de nous renseigner sur le travail de ce type. C’est ce qu’on a fait : on a regardé ce qu’il faisait et on s’est dit qu’il correspondait parfaitement aux thèmes et aux idées que nous exploitons aujourd’hui. Nous sommes entrés en contact avec Tom, nous lui avons communiqué nos idées, et il nous a proposé un croquis qui correspondait exactement à ce que nous avions à l’esprit. On a avancé à partir de là. Je suis ravi du résultat, il décrit parfaitement le sentiment que nous voulions faire passer avec l’album.

Vos quatre derniers albums sont tous séparés de deux ans. Essayez-vous de maintenir une régularité dans les sorties ? Peut-on s’attendre à voir un nouvel album d’Amoprhis dans deux ans ?

Sans doute. C’est comme ça que ça marche ces derniers temps. On ne calcule rien, on ne se dit pas : « On fait l’album, ensuite on part en tournée, puis on retourne en studio ». Mais c’est malgré tout ce qui s’est passé avec les derniers albums. C’est agréable parce que nous gagnons tous notre vie avec ça. Tout notre temps, nous le consacrons à Amorphis. Être créatifs et productifs n’est pas un problème. Écrire de la musique en tournée est impossible, mais quand nous rentrons à la maison après une tournée, nous commençons à travailler sur du nouveau matériel. À un moment, quand on commence à partager des démos entre nous, on se rend compte qu’on a une palanquée de chansons. On commence alors à répéter, puis on loue généralement un studio, et s’il n’y a pas de plans immédiats de tournée, on commence à réfléchir au projet suivant. C’est devenu un cercle infini : écrire, répéter, entrer en studio, sortir l’album, blabla avec la presse, tournée et blabla avec les fans ! (rires) Puis retour à la maison, écriture, et le cercle recommence. Mais c’est bien, je ne me plains pas. Chaque étape du cercle est géniale, j’adore ça.

Interview réalisée par téléphone le 19 mars 2013
Fiche de questions : Spaceman
Retranscription et traduction : Saff’

Site internet officiel d’Amorphis : amorphis.net

Album Circle, sorti le 19 avril 2013 chez Nuclear Blast Records



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  • lecritique dit :

    Néanmoins on commence à en savoir un peu plus sur le groupe qui reste quand même difficile à cerner car ils ont l’air de collaborer avec beaucoup de monde, du coup les zikos eux mêmes ne pigent pas toujours le fond des choses quand on leur pose des questions précises, mais c’est pas plus mal chacun peut se construire un univers autour du groupe, il serait bien de connaitre un peu leur idéologie, si ils prônent tout ce qui est Païens puisque j’ai entendu que c’est un album plus celtique et vu la pochette avec ces bois de cerfs on pourrait voir une représentation contemporaine du Dieu Celte Cernunnos et ça m’intrigue beaucoup. On ne connait donc pas d’autres buts que la musique pour ce groupe, ce dont ils croient ou ne croient pas, leur vision des choses etc… au vu des parements de Tomi ça laisse croire que ça grouille autant dans sa tête que dans son style (que j’apprécie assez) ce serait dommage que ce ne soit que superficiel et j’ai cru voir qu’il écoutait de bons p’tits groupes.

    [Reply]

  • lecritique dit :

    Faudrait savoir, si la critique juge que c’est un groupe trop prévisible alors qu’un fan en général attend toujours un album depuis le dernier sorti jusqu’au prochain et se fait une idée basée sur les précédents, il ne souhaite pas que le groupe change puisque la preuve en est Amorphis a perdu des fans quand ils sont passés du death brute de décoffrage au death-prog, du moins ils ont déçus du monde et la critique à ce coup-ci remarquer le changement de direction mais aurait pu tout aussi bien dire : « Amorphis est un groupe imprévisible qui sait se renouveler » mais la critique préfère ne pas mesurer ses propos, certains ont une vision utopique des choses, si on attend du potentiel d’un nouvel album avec une identité du groupe fortement marquée on peut difficilement être imprévisible, en même temps on aborde juste un autre thème tout en restant dans un univers auxquel on croit fortement et rien que ça c’est assez imprévisible pour être remarqué

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  • HisInfernalDestiny dit :

    Une interview très intéressante pour un groupe à la discographie quasi irréprochable. Et ce n’est pas le dernier en date qui viendra changer la donne.

    Mais je crois que vous avez fait une erreur : à un moment, vous avez écrit que Tomi Koivusaari était le chanteur du groupe. Mais il s’agit en fait du guitariste rythmique (bien qu’auparavant chanteur sur les premiers albums), le chanteur actuel étant Tomi Joutsen.

    [Reply]

    Spaceman

    En effet, petite bourde. C’est corrigé merci !

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