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Interview   

Amorphis : un peu de piment dans une recette bien rodée


Amorphis 2015

On n’a peut-être pas toujours conscience de l’impact que peut avoir un producteur sur la musique d’un groupe. Au-delà de son travail sur le son, un producteur peut aussi jouer un rôle d’oreille extérieure et de conseiller, comme a pu le faire par le passé, par exemple, Marco Hietala puis Peter Tägtgren avec le chant de Tomi Joutsen chez Amorphis qui, avec les années et sous leur expertise, a pris une belle envergure et assurance. Et, plus généralement, si le nouvel album d’Amorphis, Under The Red Cloud, atteint aujourd’hui une forme d’excellence, c’est semble-t-il en partie grâce à l’oreille extérieure du très prisé Jens Bogren et a ses petites idées de restructuration et d’arrangements qu’il a suggérés au groupe au cours du processus ; un peu comme un genre de « monsieur plus ». C’est en tout cas l’un des sujets que nous avons abordé avec le chanteur du combo qui évoque le travail, à la fois strict et créatif, du producteur suédois.

Mais là n’est pas le seul sujet évoqué avec le frontman, puisque suite à notre dernier entretien avec le guitariste Esa Holopainen qui affirmait que « Tomi n’était pas à l’aise pour écrire des paroles », nous avons voulu en savoir plus sur cette réticence mais, du coup, aussi sur sa relation avec le parolier Pekka Kainulainen. Enfin, nous revenons sur les récents concerts donnés par Amorphis, où il s’est replongé dans son époque pré-1995, en interprétant notamment, dans son intégralité, l’album Tales From The Thousand Lakes, un des plus grands classiques du metal finlandais, auquel Joutsen voue lui-même une véritable passion, datant de bien avant son arrivée dans le groupe il y a de ça tout juste dix ans.

Amorphis 2015

« Parfois, lorsque tu travailles pendant plusieurs années d’affilée, tu finis par un peu trop bien connaître ta formule. »

Radio Metal : Apparemment la conception de cet album était assez intense. Esa Holopainen a dit que c’était la première fois où il devait se lever à huit heures du matin pour débuter les enregistrements, qui se poursuivaient jusqu’à dix-huit heures l’après-midi, tous les jours. Peux-tu nous en dire plus sur cette expérience ?

Tomi Joutsen (chant) : Evidemment, certains musiciens aimeraient enregistrer les albums la nuit, tu sais [petits rires], peut-être en buvant de l’alcool en même temps, mais c’est vraiment bien de travailler avec Jens Bogren parce qu’il est vraiment à fond dans ce qu’il fait, il est très professionnel et il est toujours concentré. Et c’est aussi un père de famille qui veut prendre du temps avec sa famille après le travail. C’était donc vraiment une bonne chose d’avoir un emploi du temps fixe. Nous commencions à huit heures et ensuite travaillions pendant huit heures, et après ça, nous avions du temps libre pour se détendre. C’était un peu comme un travail « officiel », pour ainsi dire. C’était barbant mais c’était aussi très intense. La raison qui nous a poussés à travailler avec Jens Bogren est que nous voulions vraiment obtenir un super album, et nous savions qu’il était très professionnel et un producteur talentueux. Je trouve que c’était le choix parfait.

Tu as dit au cours d’un entretien : « D’un point de vue production, nous avons l’impression que c’est la première fois que nous avions un vrai producteur depuis le départ. » Que veux-tu dire ? Le fait de travailler avec Peter Tägtgren sur l’album précédent ne t’a pas donné l’impression de travailler avec un vrai producteur ?

C’était aussi amusant de travailler avec Peter Tägtgren et j’aime vraiment l’album Circle, Peter a fait du super travail dessus. Mais avec Jens Bogren, c’était un peu différent parce que Peter n’avait pas voulu faire de pré-production, alors qu’avec Jens c’était vraiment super d’en avoir fait. Il voulait vraiment écouter les chansons avant et il a même voyagé jusqu’en Finlande pour faire la pré-production. C’était vraiment quelque chose de nouveau pour nous parce que lorsque nous avons travaillé avec Peter, il ne voulait rien entendre avant de commencer les enregistrements [petits rires]. Je peux le comprendre, car il est très occupé et il compose sans arrêt sa propre musique, je pense que son cerveau est juste constamment rempli de musique ! [Rires] Donc je pense qu’il n’a pas le temps d’écouter d’autres musiques. Mais avec Jens, c’était un vrai plaisir, il a plein d’idées et il a investi beaucoup d’efforts dans ce projet. Il était donc là, pas tout à fait depuis le début, mais presque sur toute la période. Nous avions enregistré la plupart des musiques avant de savoir que nous allions travailler avec lui mais lorsqu’il a rejoint le projet et est venu en Finlande, après le premier jour de travail, nous étions certains qu’il était celui avec qui nous voulions travailler.

Apparemment Jens était avec vous dans la salle de répétition et vous aidait avec les structures. Qu’est-ce qui a poussé le groupe à laisser Jens s’impliquer dans l’écriture des chansons ? Avez-vous ressenti le besoin d’avoir une oreille extérieure ?

Ouais, je le pense mais nous n’avons rien composé avec lui. Il voulait juste travailler sur les tempos, il voulait monter un peu les tempos. Bien sûr, nous avons beaucoup parlé des structures des chansons et il a réalisé beaucoup d’arrangements, comme ajouter un refrain supplémentaire ici ou un solo de guitare là, ou bien raccourcir légèrement un couplet. Il avait plein d’idées de ce genre, et c’est vraiment ce que nous voulions avoir. Parfois, lorsque tu travailles pendant plusieurs années d’affilée, tu finis par un peu trop bien connaître ta formule. Dans ce cas, c’est vraiment une très bonne chose d’avoir une opinion supplémentaire sur la musique que tu composes. Nous savions que Jens avait travaillé avec de supers groupes et qu’il pourrait être la personne la mieux indiquée pour cet album. Et c’est sûr qu’il l’était !

Tu as déclaré : « Nous n’avons pas tellement entendu les chansons. Nous avons juste sué à enregistrer et en demandant ‘Est-ce qu’on peut entendre Jens ?’ Sa réponse était ‘Non’. » Est-ce vrai ? Pourquoi refusait-il ? Voulait-il que vous gardiez un regard neuf sur les chansons ?

Je pense que nous avons tellement travaillé que nous n’avions pas beaucoup de temps pour écouter l’album. Dans ce cas, nous faisions confiance à Jens parce qu’il avait de supers idées. C’est très important, lorsque tu embauches un producteur, de pouvoir vraiment lui faire confiance. Parfois, lorsque tu enregistres tes propres trucs, tu finis par trop les écouter, tu les écoutes des centaines de fois et au final, ça devient vraiment ennuyeux. Je suis donc très content aujourd’hui lorsque j’écoute l’album de ne pas en être complètement lassé ! C’était une bonne chose, lorsque n’importe qui dans le groupe enregistrait et que nous avions fini pour la journée, que Jens fermait les portes du studio et que nous n’avions pas le droit d’entrer pour écouter ce que nous venions tout juste d’enregistrer. C’était un sentiment très étrange mais, à la fois, nous lui faisions confiance. Il essayait de faire de son mieux et atteindre une bonne qualité de production. Et, comme je l’ai dit, ça fait du bien d’écouter l’album aujourd’hui et, bon, évidemment ce n’est pas complètement nouveau, je connais les chansons, mais je peux encore l’écouter et apprécier la musique, car parfois tu en es tellement las que, presque, tu ne détestes pas, mais tu en a vraiment marre de l’album avant même qu’il ne soit sorti.

L’album sonne très dynamique, avec beaucoup de variété et de saveurs différentes. Y avait-il une volonté de vous stimuler davantage cette fois-ci ?

Ouais, c’était vraiment amusant d’enregistrer cet album. Comme je l’ai dit, toute la musique était déjà composée avant d’entrer en studio, mais évidemment, chaque fois que tu enregistres un album, plein de nouvelles choses font leur apparition en studio. Jens était très ouvert aux expérimentations. Il y a des genres de parties de batterie tribale dans une chanson, un peu de chant féminin ici et là, du violon et des trucs orchestraux… Il y a donc plein de nouveaux éléments pour nous en tant que groupe. Il est très strict avec certaines choses mais parfois, il est très ouvert d’esprit pour des idées de dingues et c’est vraiment la meilleure facette de sa façon de travailler. C’est aussi très important pour Amorphis de pouvoir toujours essayer des choses vraiment nouvelles ou folles. C’est bien d’avoir l’occasion de jouer ou essayer tout ce qu’on veut en studio, et c’est vraiment amusant !

Amorphis - Under The Red Cloud

« J’ai essayé d’écrire des paroles mais après avoir essayé plusieurs fois, je me suis rendu compte que j’étais nul à chier ! [Rires] […] Je serais donc idiot de gâcher de la super musique avec des paroles merdiques ! »

Plus spécifiquement, on peut entendre certaines couleurs orientales très prononcées sur quelques chansons (« Death Of A King », « Enemy At The Gates », etc.). D’où cela provient-il ?

Ouais. Je ne sais pas. Je crois que ces éléments sont sur presque tous les albums mais peut-être sont-ils plus proéminents sur celui-ci. Je pense que nous nous étions déjà inspirés de la musique orientale auparavant mais si tu écoutes cet album, il y a aussi des influences, peut-être, de la musique folk et aussi du death metal, même un peu du black metal [petits rires] ; il y a plein d’éléments et de couches. Mais peut-être que la raison pour laquelle ça semble plus en avant sur cet album, c’est que ça fait partie de supers chansons très accrocheuses qui restent en tête, et elles sont jouées en utilisant des sons vraiment intéressants.

L’album contient plusieurs invités qui permettent d’élargir encore le spectre musical : Chrigel Glanzmann (Eluveitie) joue de la flûte, Martin Lopez (ex-Opeth, Soen) joue des percussions et Aleah Stanbridge (Trees Of Eternity) chante. Comment ces collaborations ont-elles été initiées ?

Je crois que Jens avait des idées pour ajouter des choses ici et là. Avec Lopez, c’était très facile parce que c’est un ami de notre bassiste Niclas [Etelävuori]. Il a juste ajouté des percussions ici et là, pour pimenter la musique. Avoir Aleah sur l’album était aussi très facile parce que nous l’avons connu par le biais de Juha [Raivio], le guitariste de Swallow The Sun, et nous sommes amis avec lui. Le flûtiste, Chrigel, est un ami de Jens, donc ça aussi c’était très facile [petits rires]. Je pense que toutes les idées sont venues très naturellement, et lorsque j’écoute l’album, je trouve que tout est parfaitement à sa place. Ça rend la musique un peu plus intéressante, évidemment. Et ils ont tous fait du super boulot sur cet album. C’est vraiment dommage que nous n’ayons pas l’occasion de les avoir avec nous sur scène lorsque nous jouerons, mais je suis content que nous ayons eu l’opportunité de travailler avec eux.

Une fois de plus les paroles ont été écrites par Pekka Kainulainen. L’album ne suit pas une histoire en particulier mais les paroles suivent un certain thème, en décrivant des phénomènes naturels, les saisons et la psyché humaine. Selon Esa, « c’est une tentative pour obtenir des conseils d’un pouvoir supérieur. » Qu’est-ce que ça signifie ? Peux-tu nous en dire plus ?

Je pense que l’idée principale derrière les paroles, c’est ce que nous vivons aujourd’hui… De grands événements se préparent dans ce monde, quelque chose de vraiment gros va se produire, peut-être quelque chose de très mauvais. Et je crois que Pekka pense qu’après ceci, quelque chose finira et peut-être autre chose de nouveau commencera. C’est l’idée principale des paroles. Mais ce n’est pas un album conceptuel. Il n’y a pas de grande histoire derrière cet album mais je pense qu’il a puisé son inspiration dans ce sentiment. Je crois qu’une inspiration était aussi le livre qui s’intitule Bury My Heart At Wooded Knee, qui raconte une histoire au sujet des Indiens d’Amérique et ce qui s’est passé lorsque les Américains sont venus, et il y avait un chef indien très connu qui s’appelait Red Cloud.

En 2013 Esa nous a dit que tu étais catégorique sur le fait que tu ne voulais pas écrire de paroles, que tu ne te sentais pas de faire ça. Pourquoi ?

Lorsque j’étais adolescent, j’ai essayé d’écrire quelque chose. J’ai démarré avec la batterie, et après ça, j’ai commencé à évoluer dans un petit groupe. J’ai essayé d’écrire des paroles mais après avoir essayé plusieurs fois, je me suis rendu compte que j’étais nul à chier ! [Rires] J’ai essayé d’écrire des paroles plusieurs fois mais ce n’est simplement pas ma tasse de thé. Je serais donc idiot de gâcher de la super musique avec des paroles merdiques ! C’est ça le truc, tu sais… [Rires] Ouais, je sais que ce serait bien, ce serait parfait si le chanteur pouvait écrire des paroles mais je ne peux pas ! J’y suis habitué et ça ne me pose pas de problème, et je suis très fier que nous ayons un bon parolier avec qui coopérer. Ça me va.

Mais quel est le problème exactement ?

Je pense que la raison est juste que je n’ai aucune super idée ! [Rires] C’est le problème parce que si j’essaie de réfléchir à un super sujet sur lequel écrire, je ne trouve aucune idée ! J’aimerais écrire de grandes histoires, peut-être des histoires tristes mais je ne sais pas le faire, c’est ça le problème [petits rires].

Quand bien même, au bout du compte, tu dois chanter ces paroles et tu dois te les approprier pour pouvoir les chanter avec conviction. Comment fais-tu ça ? Comment collabores-tu avec Pekka ?

Evidemment, nous discutons un peu des paroles avant mais c’est super que Pekka soit aussi finlandais, car ainsi nous partageons le même état d’esprit. Nous avons discuté du fait que nous aimions les paroles sur la nature et de certaines idées en rapport avec le Kalevala. Du coup, nous avons à chaque fois un concept, pas un vrai concept mais plus un concept spirituel ou quelque chose comme ça. Et après qu’il ait fini d’écrire les paroles, nous en parlons encore un peu, de manière à ce que je comprenne bien ce qu’il essaie d’exprimer. C’est toujours intéressant parce qu’il est un peu plus vieux que nous autres, donc c’est un gentleman très intelligent et nous, nous sommes juste de stupides metalleux [rires]. C’est super que nous puissions combiner ces deux choses et faire ainsi de supers œuvres d’art.

Amorphis 2015

« [Pekka Kainulainen] est un gentleman très intelligent et nous, nous sommes juste de stupides metalleux [rires]. C’est super que nous puissions combiner ces deux choses et faire ainsi de supers œuvres d’art. »

Pendant longtemps tu as travaillé avec Marco Hietala en tant que producteur vocal voire coach. Ceci a changé avec Circle, puisque tu avais cette fois-ci travaillé avec Peter Tägtgren, qui est aussi un chanteur. Comment te sens-tu aujourd’hui avec ta voix ?

Marco était un producteur et il a produit tout le chant, donc je pense que travailler avec Peter et Jens, c’était un peu la même chose pour moi en tant que chanteur. Je ne crois pas que « coaching » serait le terme exact [rires], je pense qu’on peut juste parler de production. Mais c’est toujours amusant et je suis vraiment reconnaissant d’avoir eu l’opportunité de travailler avec ces supers chanteurs. Je pense que la meilleure chose au sujet de travailler avec des producteurs, c’est que tu peux vraiment parler des mélodies et si tu as comme un blocage et ne trouve pas de bonnes idées, tu peux aussi faire confiance à cette autre personne qui t’aide. Si tu es dans une situation où tu te sens, genre : « Je ne peux pas faire ça », il te botte le cul [petits rires]. Avec Marco, c’était vraiment merveilleux parce que c’est véritablement un chanteur mélodique et c’est aussi un talentueux musicien, et c’était une bonne école pour moi en tant que chanteur. C’était vraiment super de travailler avec lui parce que je lui faisais confiance et il était à fond dans ce qu’il faisait. Après quelques albums, j’ai commencé à me faire confiance à moi-même. Donc ça a été un super apprentissage !

Sur The Circle Peter t’avait suggéré ces vocaux extrêmes un peu à la Dimmu Borgir sur « Nightbird’s Song ». Est-ce que cette expérience a déclenché un désir de continuer à expérimenter un peu avec ta voix, comme ce que tu as fait avec « The Four Wise Ones » sur le nouvel album ?

Ouais, un peu. C’était une belle expérience avec Peter. Et, bien sûr, avec cet album, je savais que je pouvais aussi utiliser ce genre de voix écorchée. Je trouve aussi que ça sonne vraiment puissant, donc c’est super, dans le cas où je veux être vraiment agressif, de pouvoir aussi utiliser ce style black metal. Je trouve que ça m’offre davantage de possibilités pour m’exprimer. Jens était aussi très content que nous utilisions ce style black metal, lui aussi adorait ça. Je ne sais pas ce qu’il va se passer avec le prochain album. Je ne sais pas si nous aurons des cris black metal à nouveau mais avec cet album, je suis vraiment content que nous ayons essayé d’en refaire parce que c’est fantastique ! Ça met ma voix à rude épreuve mais c’est quand même très marrant à faire !

En décembre dernier, vous avez fait un tournée « rétro » où vous avez joué Tales From The Thousand Lakes en entier pour célébrer les vingt ans de l’album. Plusieurs années en arrière, Esa a dit que le groupe ne ferait jamais quelque chose comme ça. Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis ?

Plein de gens ont suggéré que nous devrions faire ce genre de concert et là, c’était le vingtième anniversaire, donc… Je ne sais pas quel était la raison finale pour que nous fassions ça mais je crois, évidemment, que Nuclear Blast voulait que nous mettions en place ce genre de concerts, car c’est un album vraiment classique et important, et que ce serait bien de le faire correctement parce qu’Esa m’a dit, lorsqu’ils ont joué ces chansons après que Tales From The Thousand Lakes était sorti, qu’ils avaient toujours des problèmes avec le matériel ou peut-être avec certains des gars qui étaient un peu saouls [petits rires] pendant les concerts. Il était convaincu que nous le jouerions mieux aujourd’hui. Je veux dire qu’aujourd’hui, ça fait dix ans que nous sommes ensemble dans le groupe, donc il est peut-être plus facile de mieux jouer ces chansons. Nous voulions que ce soit, genre, vraiment old school dans le style. Nous avons un peu sous accordé les guitares et nous avons joué tout l’album. J’espère que certains fans qui n’ont pas eu l’occasion d’entendre les chansons de Tales à l’époque ont pu voir le concert aujourd’hui. C’était super. Pour ma part, c’est très important parce que j’aime vraiment cet album. Lorsqu’il est sorti dans les années 90, c’était l’un de mes préférés et un album très important pour moi. Je suis donc très honoré d’avoir pu prendre part à ces concerts pour jouer ces chansons. En fait, nous l’avons joué il y a quelques semaines pour la première fois en Finlande au Tuska Festival et les retours étaient vraiment intenses. Il y avait des milliers de gens qui criaient et c’était un merveilleux moment. J’étais vraiment fier de jouer cet album en Finlande [petits rires] !

Non seulement vous avez joué l’album en intégralité, mais vous avez aussi constitué une setlist qui n’incluait aucune chanson sortie après 1995. Etait-ce important pour le groupe de faire ça, de manière à totalement s’immerger dans l’atmosphère et l’état d’esprit du groupe de l’époque ?

Ouais, bien sûr. Je pense que ç’aurait été stupide de jouer des chansons comme « House Of Sleep » après « Vulgar Necrolatry », tu sais [rires]. Ca paraîtrait vraiment bizarre et idiot ! Je pense que beaucoup de gens qui sont venus voir Tales From The Thousand Lakes sont portés sur la musique de cette époque et le death metal. Donc nous voulions proposer des concerts de pur death metal. Et c’est super, j’adore ça aussi. Evidemment, si nous jouons, par exemple, dans des festivals rock, certaines personnes seront un peu confuses parce qu’ils ont l’habitude de nous voir jouer des chansons comme « Smoke », « House Of Sleep » et « Silver Bride », et lorsqu’ils viennent voir les concerts de Tales, ils nous voient uniquement jouer des chansons de death metal. Mais ça ne me pose pas de problème. C’est super si de nouveaux fans viennent à ces concerts et c’est aussi une très bonne façon de montrer que nous avons une longue histoire derrière nous. C’est toujours bien de monter aux jeunes gens que nous avons d’autres supers albums avant Eclipse. Pour ma part, c’était très important de jouer à nouveau ces chansons.

Vous allez tourner en novembre avec Nightwish et Arch Enemy. Comment vous sentez-vous par rapport à cette tournée, surtout dans la mesure où vous jouerez dans des salles bien plus grandes qu’habituellement ?

En fait, nous avons déjà joué quelques fois avec Nightwish, il y a quelques années, et ce sont de super gars, donc ce sera très facile de tourner avec eux. Bien sûr, les salles sont vraiment énormes et j’ai entendu dire que certaines sont déjà complètes ou presque, il y aura donc beaucoup de fans de Nightwish qui vont venir ! Pour nous, c’est un grand défi évidemment, car les gens qui viendront aux concerts, la plupart d’entre eux seront des fans de Nightwish. Donc chaque soir, il faudra vraiment prouver que nous sommes un super groupe et que nous avons de supers chansons. Et pour moi, en tant que chanteur, c’est une bonne chose que nous ne jouions que quarante minutes, car ainsi nous pouvons vraiment botter des culs d’un bout à l’autre. C’était une super opportunité pour nous afin de gagner de nouveaux fans et j’espère vraiment que nous jouerons plein de concerts avec Nightwish dans un avenir proche. C’est un super package, car nous sommes qui nous sommes et ensuite Arch Enemy sont plus, pas du thrash metal, mais du death metal rapide ou quelque chose comme ça et ensuite Nightwish, c’est un truc façon opéra, très mélodique. Donc ces soirées ne seront pas ennuyeuses parce qu’il y aura trois types de groupes différents, trois supers groupes, qui partageront la scène. Je pense que ce sera une super tournée !

Interview réalisée par téléphone le 8 juillet 2015 par Philippe Sliwa.
Retranscription, traduction et introduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Ville Juurikkala.

Site officiel d’Amorphis : amorphis.net.



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