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Amphi Fest 2011 : compte-rendu de la journée du dimanche 17 juillet


« Euh… Radio Metal ? Mais pourquoi vous voulez venir ici ? Vous savez, nous c’est plutôt les musiques électroniques… », voici pour résumer ce que l’organisation de l’Amphi Fest, célèbre festival d’indus allemand, nous a répondu quand nous avons formulé nos demandes d’accréditations pour cet événement. Et pour cause, notre demande était pour le festival l’une des toutes premières en provenance d’un média web étranger !

Mais les quelques réserves de notre partenaire ont vite été dissipées par l’argumentaire suivant : le fait que certains membres du staff RM apprécient ce genre de musique fort peu mis en avant en France, la présence de l’émission dancefloor Body Electric un vendredi sur deux dans notre grille des programmes ou encore la proximité des courants musicaux que sont l’EBM, l’indus ou la synthpop avec la manière dont nous appréhendons le metal. Après les reportages au Greenfield, au Hellfest, au Main Square, au Sonisphere et au festival Léz’Arts Scéniques, voici le récit du sixième chapitre de notre périple estival qui nous a cette fois emmené outre-Rhin, à Cologne. Alors prenez votre baluchon et rejoignez-nous pour ce voyage plein de découvertes musicales au pays de l’industriel. NB : le live report de la journée de samedi est également disponible.

Festival : Amphi Fest
Artistes chroniqués : CovenantKirlian CameraFeindflugDas IchAgonoizeIn The NurseryDe/VisionClan Of XymoxDioramaOrdo Rosarius Equilibrio
Lieu : Cologne (Allemagne)
Dates : 17 juillet 2011

Ordo Rosarius Equilibrio

La journée démarre pour notre fine équipe par le groupe Ordo Rosarius Equilibrio sur la Staatenhaus. Nous assisterons à un show gnangnan où le percussionniste sera rarement audible. Le public réagira bien, plus parce qu’il avait conscience de voir un artiste culte dans le milieu neo folk/indus martial plutôt que par la réelle qualité de ce show ennuyeux. Tout cela avec une communication réduite à néant et un Tomas Pettersson (chant) dont on sent qu’il a la conscience d’être à la tête d’un groupe à forte réputation… mais qui toutefois n’est pas capable de transcender sur scène les compositions de la formation. Une déception.

Diorama

Diorama foule les planches à 13h30 pour quarante-cinq minutes totalement convaincantes. Portés par des morceaux taillés pour la scène aux mélodies qui rentrent facilement dans la tête, Torben Wendt (chant) et ses collègues auront proposé leurs délicates compos à un public enchanté. Le visage de Torben est souriant et l’instant d’après se déforme complètement à cause de ses hurlements. Ce Torben est un frontman talentueux qui chante avec toutes ses tripes et va même de temps en temps assister Felix Marc aux claviers. Un magnifique « Home To Millions » sans oublier des morceaux extrêmement bien retranscrits comme « Advance » ou « Synthesize Me » auront comblé une audience réceptive au dynamisme des musiciens à l’instar de la qualité de leurs titres. Assurément un des grands moments du fest.

De/Vision

Et quelle chance d’enchaîner avec l’également très bon set de De/Vision sur la scène principale. Une prestation grandiose qui nous fera penser qu’un groupe comme De/Vision, qui fait venir quatre-vingt personnes lorsqu’il se produit à Paris alors qu’il est totalement culte en Allemagne où il passe même à la radio, mérite vraiment toute notre considération. La musique synthpop du groupe reste minimaliste mais la prestation scénique de De/Vision est embellie par la présence indéniable de Steffen Keth, son frontman à casquette. Un set magnifique avec une totale communion entre le groupe et son public. Clan Of Xymox nous aura également fait passer un bon moment sur la Staatenhaus même si ces compos, bien que comportant de très bons passages, se révèleront un peu lassantes à la longue.

In The Nursery

Agonoize

Et ce à la différence d’In The Nursery qui proposera un set émaillé de soucis techniques au départ, mais qui montera en régime tout au long de la prestation. In The Nursery, un groupe à (re)découvrir sur disque si l’on en croit ses compositions travaillées et diversifiées dignes des bande originales de films. La chanteuse, bien qu’un peu timide au début, se libèrera totalement pour participer aux claviers ou aux percussions lors des moments purement instrumentaux. Un très bon concert, parfois tribal, qui aura mis en avant des compos dont on sent qu’elles s’inspirent de beaucoup de genres musicaux différents. Au moment où In The Nursery nous surprend positivement, Agonoize délivre un show traditionnel axé sur son dernier disque. Une attitude dynamique et un public heureux de ce set répondront positivement aux injonctions du combo.

Das Ich

Stefan Ackermann étant malheureusement gravement malade – sa situation personnelle est en effet particulièrement préoccupante même si aucune information précise sur son état de santé n’a filtré… – Das Ich aura délivré un set différent de ce qu’il est capable de faire. Stefan est irremplaçable et la personnalité d’un show de Das Ich n’est forcément pas la même avec Bruno Kramm au chant. Le show de la formation electrogoth/darkwave sera donc raccourci et les apparitions de certains membres d’autres groupes (dont Dreadful Shadows) sur le titre « Destillat » donneront une atmosphère encore plus émotionnelle à cette prestation dans laquelle on sentait Bruno particulièrement ému… Ce dernier ira quand même, comme à son habitude, vers les premiers rangs en ouvrant toute grande ses oreilles pour inciter la foule à tout donner. Un bon concert mais ce soir ce n’était pas vraiment Das Ich que le public avait devant lui.

Feindflug

Lorsque Feindflug pénètre sur scène il est 18h25. Le concert se déroule en salle mais il ne faut surtout pas oublier ses lunettes de soleil ! En effet beaucoup de personnes des premiers rangs portaient des lunettes à cause des (incroyablement) nombreux stroboscopes envoyés dans la tête du public. Il n’y avait bien que le Doc pour s’en prendre plein la tête au premier rang sans protection ! Une puissance énorme et répétitive sans oublier un set tout en percussions, avec un guitariste au masque à gaz qui fait le spectacle à lui seul, donneront à ce set des allures de grands rassemblements guerriers. Un propos corroboré par la diffusion d’images de combats sur les écrans géants. Un show impressionnant donnant à l’ensemble un caractère apocalyptique assez jouissif si l’on aime la répétition… ce qui était le cas du public allemand ! Les musiciens viendront taper dans la main des premiers rangs à la fin du set devant un public euphorique, fait assez rare pour être signalé car l’on aura noté sur ce festival des musiciens dans l’ensemble asses froid avec leurs fans.

Kirlian Camera

Si certains titres passent bien sur albums, le show de Kirlian Camera aura par contre suscité quelques sourires moqueurs du public et de certains membres du crew des groupes situés derrière la scène… Il est vrai que cette musique très dance, avec Elena Fossi (chant) se trémoussant au sol à la manière des danseuses des boîtes de nuit dans les années 90, dénotaient clairement sur l’affiche. Les problèmes de sons en rajouteront une couche à cette performance en demi-teinte qui se conclura par la reprise de Pink Floyd « Confortably Numb » à la sauce Culture Beat. Malgré tout, l’audience quittera la salle, ou attendra Covenant, avec le sentiment d’avoir vu un groupe culte de la scène puisque Kirlian Camera fête ses trente ans d’activité cette année.

Covenant

Covenant est le dernier groupe de l’Amphi Fest à se produire pour un show qui marquera vraiment les esprits. Si le concert de Paris nous avait laissé sur notre faim, nous constaterons avec plaisir que le groupe suédois a su rectifier les détails qui avaient gênés le concert du Divan du Monde. Eskil Simonsson (chant) a en effet été très bon communicant, n’en rajoutant pas trop et proposant un discours varié tout en ne se trompant pas dans les paroles. La setlist a été aux petits oignons – mention spéciale à ces incroyables « The Men » et « Call The Ships To Port » – et les compos du groupe ont été soulignées par de somptueuses lumières et des effets électroniques derrière la scène judicieusement mis en avant. Le charisme du trio n’échappera pas au public même si on sent quand même une plus grande complicité entre Eskil et Daniel Myer (claviers), Joakim Montelius étant lui un peu plus dans son monde. Tous, en tout cas, étaient heureux d’être là et de partager ce moment avec des fans qui leur ont bien rendu leur enthousiasme. Un concert vraiment exceptionnel.

Covenant aura donc conclu avec brio ce festival très bien organisé sur lequel on aura quand même noté quelques soucis de son redondant tout au long de ces deux jours. L’Amphi Fest est en tout cas un événement qui vaut vraiment le coup d’œil, notamment pour avoir aménagé une plage pour ses festivaliers avec vu sur le centre de Cologne !

Oui, c’est un fait, pendant ces deux jours en Allemagne nous avons vraiment eu de bien jolies vues…

PHOTOS BONUS

Je veux rester à Cologne !

Vue du public

Crusty en vrai

La piste de danse

Eskil Simonsson (Covenant)

Une foule

Johan Van Roy (Suicide Commando)

Et comme nous avons conscience que la plupart des artistes évoqués dans ce compte-rendu sont inconnus du public metal, voici cinq vidéos d’artistes présents ce dimanche pour vous faire une idée de leurs compos.





NB : le live report de la journée de samedi est également disponible.
Photos : Le Duc et son assistant Crusty
Mise en forme compte-rendu : Doc



Laisser un commentaire

  • industrial pagan dit :

    Tres bonne chronique mais il manque un tres gros groupe, NITZER EBB!!!
    dont a la fin larriver de die krupps pour leur son de 1989 « the machine of joy »
    Une pure turie!!
    Ainsi que les pogos dans les pits , tres different de la scene metal. Un pogo ritmé froid martial et qui envoi grave XD
    mai aussi des groupes a influence « celtique » comme tanzwut et dautre, tres apprecier par les fans « electro industriel akkemand » XD
    des festivals comme celui la il y en a tout les 15jours pendant la belle saison….
    Ce qui narrivera pas en france dci demain….

    [Reply]

  • …Signalons donc aux métalleux nouvellement sensibles à la culture éléctro-dark l’existence en France de 2 mensuels en kiosque accompagnés d’un sampler: DSide & Elegy, couvrant l’actualité dark sous toutes ses formes (ciné, BD, photo, etc…, ce qu’au passage ne fait aucun mag métal!); tous les mois, mon Rock Hard + les 2 mags évoqués ci-avant + Beaux Arts + pourquoi pas Trax/Métallian.etc… métallo open & lecteur, c’est possible!!!

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