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Metalanalyse   

Amplifier, l’écho des cimes


Amplifier avait d’une certaine manière trompé son monde avec la sortie d’Octopus en 2011. Ce tentaculaire double album aux inspirations progressives et stoner américaines avait été écrit, composé et enregistré… six ans avant, et sorti uniquement il y a deux ans. Pourquoi parler de cela alors que le sujet est ici le nouvel opus des Anglais, Echo Street ? Parce qu’il peut expliquer en partie l’évolution stylistique du groupe qui délivre cette fois-ci huit morceaux qui iront plutôt lorgner du côté du Rock progressif de Porcupine Tree ou d’Anathema, voire ouvertement vers la pop UK, que dans ce Metal prog à la Tool dans lequel Amplifier avait versé, d’abord avec Insider en 2006, puis donc avec Octopus.

« Je pense que les gens vont attendre quelque chose comme une suite de The Octopus, mais Echo Street n’est pas cela du tout. C’est important que les gens comprennent que tout ne sera pas comme ça l’a été avant. Je ne veux jamais me répéter. » déclarait Sel Balamir (chant) sur le site… de merchandising officiel du groupe. Oui, car le groupe, en dehors d’avoir signé un accord de distribution très léger avec Kscope (la maison d’Anathema et Porcupine Tree), revendique une autonomie vis-à-vis des labels afin d’être le plus libre possible au niveau de la composition et du timing dans lequel ils souhaitent sortir leurs albums, et fait donc également beaucoup sa propre promotion. Car après avoir connu des mésaventures avec des labels, et s’être lancé dans la folle aventure d’Octopus et ses seize titres de plus de sept minutes en moyenne, Amplifier s’est assuré une existence pérenne en auto-suffisance. Peu de labels auraient suivi la folie des Anglais (puisque tout le monde n’a pas le privilège de s’appeler Tool et de sortir un album tous les six ans… ou plus !). Ils se se sont donc fait connaître et financé en vendant eux-mêmes leurs merchandising et leurs albums, sans manager ou label de distribution.

Ce nouvel opus voit également l’arrivée d’un nouveau line-up, amorcée en 2011 avec l’intégration du guitariste Steeve Durose (ex-Oceansize) et terminée par le remplacement à la basse de Neil Mahony par Alexander « Magnum » Redhead. Ce rebondissement dans la vie du groupe a forcément une conséquence puisque le mur du son passé d’Amplifier se voit remplacé par un son, notamment de basse, toujours lourd et englobant mais beaucoup moins agressif que dans le passé et un certain nombre de cocottes guitaristiques qui risquent de déstabiliser plus d’un fan du groupe. L’aérien prédomine désormais. Le Space Rock caractéristique d’Amplifier existe toujours mais sous une autre forme. L’ombre prend des allures de Pink Floyd et ses grandiloquences sur le titre éponyme. Même les frères Gallagher (Oasis) apparaissent dans le rétroviseur quand l’auditeur chemine tout au long de ce Echo Street. Quelques guitares saturées et roulements de batterie syncopés subsistent mais c’est bien là la seule marque d’un passé metallique du groupe. L’auditeur vogue désormais dans une sorte de Classic Rock teinté de Progressif. La voix se fait plus variable, subtile, aiguë, susurrée, franchement lâchée parfois, sur des mélodies qui ont été créées il y a parfois fort longtemps. En effet, Amplifier est allé chercher des maquettes faites dans les années 90 et y a pioché les idées essentielles de cet album, donnant un relief vraiment représentatif du son de cette période, comme cette longue montée Rock accompagnée de chœurs qu’est « Where The River Goes » et qui apparaît comme hors du temps.

Les Amplifier ont choisi une voie à l’image de leurs compatriotes d’Anathema avec qui ils ont récemment tourné et qui œuvrent aujourd’hui dans un Space Rock très aérien et accessible, tout en profitant toujours d’une assise certaine auprès du public Metal. Respectés par l’underground mais connus par le plus grand nombre. Le rêve d’une foule de formations en somme. Y a-t-il un risque d’être un peu trop à la croisée des styles et d’abuser du mélange des genres ? Non, selon Sel : « Je pense que la diversité sur Echo Street est une forte caractéristique. […] Nous avons décidé de procéder avec la méthode approuvée dans le temps qui est de mettre une claque soutenue dans la face de l’auditeur, avant de suivre avec une gentille tape dans le dos. » Décollage Rock avant stabilisation progressive dans les cimes, l’OVNI Amplifier plane encore et toujours selon son propre tracé.

Album Echo Street, sortie le 11 mars 2013 via Kscope



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