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Interview   

Andi Deris (Helloween) : optimiste réaliste


Rien ne semble perturber Helloween, dévoilant depuis ses débuts une nouvelle production tous les deux ou trois ans. Routinier ? Pas nécessairement. Déjà parce que les changements de line up qu’à connu le groupe par le passé – et même si le line up actuel est le plus stable qu’ils n’ont jamais eu, ce depuis 2005, comme nous le faisait remarquer le guitariste Sascha Gerstner – leur ont toujours empêché de l’être. A cet égard, il est toujours surprenant de constater à quel point Helloween n’a malgré tout jamais perdu en cohérence, ni de son caractère immédiatement identifiable, même lors de ses écarts. Mais aussi parce qu’on voit bien que le groupe a conservé une certaine forme d’enthousiasme qui le pousse à varier les plaisirs. C’est ainsi que son nouvel album, Straight Out Of Hell, se différencie légèrement de son prédécesseur par un retour à un musique plus positive, plus « happy happy halloween », comme l’on dit.

Nous avons eu l’occasion de disséquer ce nouvel album et d’en discuter avec Andi Deris, chanteur du groupe depuis bientôt vingt ans. Il a également partagé avec nous son optimisme, dénoncé le culte qui est aujourd’hui fait de l’argent et même évoqué son rapport à Dieu. Un chanteur à qui l’on a par ailleurs découvert des dons de médium puisqu’il nous a affirmé, avec arguments solides à l’appui, que la fin du monde n’allait pas se produire le 21 décembre 2012. Une prédiction qui, comme on peut aujourd’hui le constater, s’est révélée tout à fait juste !

Radio Metal : Comment vas-tu ?

Andi Deris (chant) : Pas trop mal. Je suis assis dans le bar de l’hôtel et je donne une interview par téléphone ! (rires)

Le groupe a déclaré que Straight Out Of Hell comporterait 13 chansons, rapides pour la plupart et très variées en raison du nombre de compositeurs. Penses-tu que l’ouverture d’esprit et la diversité de ses membres actuels soient ce qui fait la force du groupe ?

Oui et non. Déjà, à l’époque de Keeper, le groupe essayait de se diversifier et d’emprunter plus d’une direction, de faire plus que du speed ou du thrash. C’était un joyeux mélange de ballades, de metal pop et de speed. Je pense que c’est quelque chose que le groupe a toujours eu. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir quatre compositeurs, donc nous n’avons pas à nous forcer pour obtenir cette diversité. Avec quatre compositeurs, on obtient automatiquement ce mélange de styles. Il n’y a plus qu’à trouver les ponts permettant de relier les chansons. Mais sur cet album, la diversité était courue d’avance.

« Comme l’album sortira après 2012, ce serait une bonne idée de sortir un album positif, pour célébrer le fait d’avoir survécu à 2012 ! »

Straight Out Of Hell paraît plus joyeux, plus positif et moins sombre que le disque précédent, 7 Sinners. Le groupe a-t-il ressenti le besoin de revenir au metal joyeux qui a fait sa célébrité ?

C’était le bon moment pour le faire. C’était surtout une idée de Charlie [Bauerfeind], notre producteur. Il a écouté les démos et il a dit : « On a 26 ou 27 idées, et certaines chansons ne sont pas vraiment positives. Comme l’album sortira après 2012, ce serait une bonne idée de sortir un album positif, pour célébrer le fait d’avoir survécu à 2012 ! » (rires) C’est l’une des anecdotes derrière cette décision de faire un album plus positif.

Pour la sortie de 7 Sinners, nous avons discuté avec Sascha [Gerstner, guitare] du fait que l’album était une sorte de réaction à Unarmed : le groupe s’était armé à nouveau, comme le suggérait l’artwork. L’aspect positif de Straight Out Of Hell serait-il une réaction au côté sombre de 7 Sinners, même inconsciemment ?

Inconsciemment, peut-être. Ce n’était pas volontaire. L’écriture s’est peut-être faite dans une ambiance plus positive. Quand on a du succès, comme ça a été le cas avec 7 Sinners, il n’y a aucune raison d’être déprimé ! Tout le monde était sans doute très heureux et s’est dit : « Faisons à nouveau de la musique plus légère ». C’est peut-être pour ça. Mais je dois souligner que les paroles ne sont pas du tout positives, elles reflètent des moments sombres. Mais nous sommes des gens optimistes, nous pensons qu’il y a toujours une lumière au bout du tunnel, même quand les problèmes sont graves. C’est la raison pour laquelle l’album est un peu plus positif. Très franchement, je ne le voyais pas comme ça. Quand les gens ont commencé à me dire qu’ils trouvaient l’album positif, j’ai dû le réécouter pour comprendre pourquoi tout le monde pensait ça. En tant que chanteur, j’ai toujours le nez sur les paroles, et elles ne sont pas du tout positives. Elles sont très réalistes et parlent de problèmes actuels. Mais oui, en termes de musique, c’est sans doute plus positif. Je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour en parler ! (rires)

« Nabatea », le premier single tiré de l’album, évoque la ville cachée de Pétra, qui n’a été découverte qu’au début du XXème siècle et est à l’origine de bon nombre de mythes et légendes. Apparemment, cette chanson serait née pendant tes vacances. Peux-tu nous confier les détails ?

En fait, je surfais simplement sur Google. Nous étions sur notre île préférée, dans les Seychelles, qui est sans doute le dernier endroit au monde pour écrire du metal ! J’étais installé sur la terrasse, en train de consulter Google, et je suis tombé sur la ville de Pétra et le royaume nabatéen. J’ai trouvé que c’était une histoire formidable, parce que l’humanité a toujours considéré le royaume nabatéen comme elle considère l’Atlantide : comme une légende, pas une histoire vraie. Et puis, au début du XXème siècle, on a découvert la métropole de Pétra. Soudain, ce n’était plus une légende, c’était vrai. J’ai été fasciné par cette histoire et par le fait qu’une démocratie existait déjà il y a 2 ou 3 000 ans. C’était une nation sans soldats ni esclaves, mais elle était malgré tout prospère et vivait bien. Ça ressemblait au paradis ! Je me suis dit que c’était une super histoire et qu’il fallait que j’en fasse une chanson. Sur cette terrasse aux Seychelles, je n’ai pas écrit la musique mais les paroles. Ensuite, je suis rentré chez moi, à Ténérife, où l’environnement est beaucoup plus rude et sauvage. Il y a de la pierre volcanique, dans le coin. C’était l’endroit idéal pour mettre de la musique metal autour des paroles ! (rires)

Tu as déclaré que la théorie selon laquelle le monde touchera à sa fin le 21 décembre 2012 était une connerie. D’où te vient cette certitude ?

Tout calendrier doit s’arrêter quelque part. Quand on dispose d’un livre de 500 pages pour écrire un calendrier, on s’arrête à la page 500. C’est ce qui s’est passé avec les Mayas : ils avaient un espace restreint sur leur pierre pour écrire leur calendrier, ils ne pouvaient pas aller plus loin.

Tu as également affirmé : « Nous allons tous survivre à 2012 et être confrontés à un avenir plus positif et énergique ». Tu sembles croire que quelque chose va changer après cette année, même si tu ne crois pas à la fin du monde.

Certaines personnes parlent des constellations, ce genre de chose. Quelque chose arrivera peut-être mais je ne pense vraiment pas que le monde cessera simplement d’exister.

« Si on se contente d’écouter les infos, on peut évidemment se dire que la vie est merdique. Mais la vie ne se déroule pas aux informations. La vie, c’est toi et moi, assis ensemble à partager une bière. »

Vous êtes des musiciens très optimistes et l’album tente de dépeindre un avenir positif pour l’humanité. C’est un point de vue intéressant car la plupart des gens sont très pessimistes en raison de la crise financière. Comment parvenez-vous à rester positifs ?

C’est difficile ! (rires) Et très franchement, je ne sais pas si l’avenir nous donnera raison. Mais quoi qu’il en soit, on ne doit pas arrêter de vivre et de profiter du présent sous prétexte qu’on est confronté à des problèmes – les banquiers, les managers, la crise, tout ce qui se passe dans le monde. Bien que nous ayons tous ce genre de problèmes, nous trouvons malgré tout le moyen de passer un bon moment, de voir les amis, de rire et de profiter de la vie. C’est quelque chose dont il faut avoir bien conscience. C’est la vie. Si on se contente d’écouter les infos, on peut évidemment se dire que la vie est merdique. Mais la vie ne se déroule pas aux informations. La vie, c’est toi et moi, assis ensemble à partager une bière. Je crois que c’est le plus important : comprendre ce qu’est la vie.

Les paroles du groupe font souvent référence à la religion : le paradis, l’enfer, Dieu, etc. Cet album se termine même avec « Church Breaks Down », qui comprend un orgue et un chœur. Qu’est-ce qui vous pousse à écrire autant sur la religion, et plus particulièrement sur le Christianisme ?

En fait, c’est exactement le sujet de toutes les paroles de l’album. « Church Breaks Down » parle de la chute de l’église catholique, parce que nous avons réalisé que la nouvelle religion mondiale, aujourd’hui, était l’argent. La vieille église s’effondre et une nouvelle apparaît. On ne peut pas le nier : le nouveau dieu est plus important que Jésus. Aujourd’hui, le nouveau dieu, c’est l’argent. Ça peut paraître triste mais c’est une réalité.

Ce qui est intéressant, c’est que le metal est probablement le style dans lequel les musiciens parlent le plus de religion ou utilisent le plus de vocabulaire religieux. Comment cela s’explique-t-il, étant donné que la plupart des metalleux déclarent ne pas croire en dieu ou être religieux ?

C’est curieux, parce que je crois en dieu. J’ai des amis qui jouent dans de très grands groupes, bien plus grands que Helloween, qui y croient également. Je ne pense donc pas que ce soit une réalité. Le problème, c’est qu’au XXIème siècle, de nouveaux dieux on fait leur apparition. Et on peut vite se retrouver pris dans la spirale. Parfois, je me surprends à courir derrière l’argent. On participe à ce petit jeu, et soudain, au moment où on se dit qu’on est heureux, on comprend qu’on court après l’argent avec le reste des moutons. C’est là qu’on se dit qu’il faut arrêter. L’argent est la religion à laquelle on veut vous faire croire, parce que l’argent ne rend pas heureux. C’est la mauvaise religion. Je ne crois pas à 100% au dieu de la religion catholique mais quelque chose d’approchant. Je crois en Dieu et j’essaie de vivre de façon morale et éthique, d’une façon qui pourrait faire dire à Dieu : « Je n’ai pas de problème avec toi, Andi ». Tu comprends ce que je veux dire ? Ce n’est pas facile.

L’album comporte une chanson intitulée « Wanna Be God ». C’est un titre assez surprenant au milieu du disque : musicalement, on dirait une version Helloween de « We Will Rock You », de Queen. Était-ce voulu ?

La chanson est dédiée à Freddie Mercury. En studio, j’ai accidentellement coupé le son de tous les instruments, sauf la batterie et la voix, et je me suis dit que la chanson n’avait peut-être pas besoin de guitare. Comme tu viens de le dire, l’arrangement me rappelait un peu « We Will Rock You ». Je n’avais plus qu’à ajouter un final à la guitare, et j’obtenais une chanson avec l’arrangement exact de « We Will Rock You », que je pouvais dédier à Freddie Mercury.

Un autre titre s’intitule « Asshole ». À qui est-il dédié, celui-là ?!

Au type qui veut être dieu ! C’est lui, le connard. Au niveau des paroles, tout l’album tourne autour du même thème. Il parle de ces gens qui rendent la vie un peu plus compliquée. On a déjà évoqué la crise, par exemple. Nous sommes au milieu d’une crise mondiale, mais pourquoi ? À cause d’un groupe d’abrutis qui veut presser la dernière goutte de l’orange sans la partager. On a vu ce qui s’est passé en France à la fin du XVIIIème siècle. Ça peut très bien se reproduire au niveau mondial si ces gens-là continuent comme ça. Tôt ou tard, le peuple devra se soulever. Comme je l’ai déjà dit, les banques sont la nouvelle religion sur cette planète mais je pense qu’elles finiront par tomber.

« Parfois, je me surprends à courir derrière l’argent. On participe à ce petit jeu, et soudain, au moment où on se dit qu’on est heureux, on comprend qu’on court après l’argent avec le reste des moutons. »

Bien que vous évoquiez des sujets sérieux dans votre musique, le titre de l’album et des chansons et l’artwork sont parfois proches du cliché. Penses-tu que l’humour soit un meilleur moyen de parler des sujets sérieux et sombres ?

Tout à fait. Je pense que c’est le seul moyen. Si on présente ça sous une forme humoristique, on peut parler de problèmes sérieux et profiter malgré tout du moment que l’on vit, qui est sans doute un moment agréable. Si on aime le vin, quand on se sert un verre et qu’on le déguste, le monde est parfait. On profite du moment. À cet instant, peu importe s’il y a une crise ou si le monde est peuplé de connards. On profite de la vie et c’est le plus important.

D’un autre côté, ne penses-tu pas que certaines personnes peuvent s’arrêter au côté kitsch du groupe et ne pas voir le second niveau d’interprétation ?

Oui, c’est possible, comme avec le titre, comme tu l’as déjà dit. « Straight Out Of Hell » est un titre typique de Helloween. C’est humoristique et quand on voit les citrouilles, on sait que ça ne doit pas être pris au sérieux. Il y a plusieurs sens. Personne dans le groupe pense que 2012 marquera la fin du monde, mais l’objectif était de dire : « Seule une petite partie de l’humanité survivra aux cataclysmes et aux catastrophes. À ce moment-là, on reviendra de l’enfer ». C’est le sens. Mais il ne faut pas le prendre au sérieux.

Vous adorez jouer avec les clichés du heavy metal traditionnel, n’est-ce pas ?

J’ai toujours été fan de ça, j’ai grandi avec. C’est cliché pour nous et pour les gens qui ont entre 30 et 50 ans. Mais nous avons beaucoup de nouveaux fans, et ceux-là ne connaissent pas les clichés. Pour eux, ce n’est pas du tout téléphoné. Mais c’est comme ça que ça marche, ça tourne en rond. On fait du heavy metal au XXIème siècle et on essaie de mélanger des influences des années 80 à des riffs modernes. On s’efforce d’associer clichés et modernité pour satisfaire les nouveaux fans et ne pas rebuter les anciens. C’est marrant ! Ce qu’on considère aujourd’hui comme des clichés est tout nouveau pour la nouvelle génération. C’est une chose que j’ai dû apprendre. Mon fils a 20 ans, et pour lui, un album comme Straight Out Of Hell est super cool. Il a adoré, et il n’avait aucune idée qu’il existait d’autres albums avec le mot « hell » dans le titre. On appelle ça des clichés, mais pour lui, c’est nouveau.

Sur l’édition limitée de l’album, on trouve une version à l’orgue Hammond de « Burning Sun », dédiée à Jon Lord. Comment l’idée vous est-elle venue et pourquoi dédier la chanson à Jon Lord ? Je n’ai pas souvenir que Helloween ait déjà rendu hommage à un musicien décédé. Quel est votre rapport à la musique de Jon Lord ?

Pas à la musique de Jon Lord lui-même, mais Michael Weikath (guitare) est un grand fan de Deep Purple. Il a eu une grande influence sur son jeu de guitare. Quand nous avons appris le décès de Jon Lord, il a vraiment été touché. Ils avaient un bon rapport, il appréciait ce gars. Il a été très attristé d’apprendre sa mort. Heureusement, nous n’en étions qu’au deuxième jour du mixage. Il y avait encore la possibilité d’enregistrer une version de « Burning Sun » à l’orgue Hammond. Tout le monde a aimé cette version. Ça n’aurait sans doute pas été le cas de Jon Lord parce que le speed metal n’était pas son style préféré. Mais je trouve que ça sonne très bien.

« Je suis fan de rock et de metal, et honnêtement, je suis un type très conservateur ! »

Sans transition, avez-vous accordé vos instruments à 432 Hertz au lieu des 440 habituels, comme sur l’album précédent ?

Non, cette fois, nous avons opté pour l’accordement classique. Pas d’expérimentation, cette fois. La dernière fois, nous l’avons fait pour dire que nous l’avions réalisé. Très franchement, c’est difficile de changer d’accordement avec la technologie moderne. Tout est tellement bloqué à 440 qu’on rencontre beaucoup de problèmes quand on essaie d’enregistrer différemment. On pouvait le faire dans un studio analogique, c’était beaucoup plus facile. Mais avec la technologie numérique, c’est très difficile de rester à 432 Hertz, comme sur 7 Sinners. Nous avons donc décidé de ne pas le faire.

Vous allez tourner avec Gamma Ray dans les prochains mois. Vous êtes très proches d’eux et avez déjà donné plusieurs concerts spéciaux ensemble. Avec tout ça, avez-vous déjà pensé à écrire un album ensemble ?

Ce serait aller un peu loin, je dirais. C’est super pour le public de pouvoir à nouveau voir les deux groupes en tournée. Tout le monde sait que les deux groupes s’apprécient. Tout le monde connaît l’histoire et sait bien que non, il n’y a jamais eu de guerre entre nous. Nous l’avons toujours clamé, mais la presse, surtout en Allemagne, aime bien en parler de temps en temps, en disant qu’on se déteste et que ça a été la guerre quand Kai a quitté le groupe. Ce n’est pas vrai, ça ne l’a jamais été. En réalité, les deux groupes ont toujours eu des salles de répétition à 40 mètres l’une de l’autre à Hambourg. À chaque pause, on se retrouve au café ou au restaurant italien pour passer du temps ensemble.

La dernière fois que nous avons discuté avec Sascha, il s’est montré très dur envers les fans de heavy metal, qui ne sont, selon lui, pas très ouverts d’esprit. Qu’en penses-tu ? Es-tu d’accord avec lui ?

Je suis fan de rock et de metal, et honnêtement, je suis un type très conservateur ! Je veux écouter du rock et du metal. Si mes groupes de metal préférés se mettaient brusquement à faire du hip-hop, ça ne me plairait pas. Je pense que la grande majorité des fans de rock et de metal pense plus ou moins la même chose. Je veux entendre du rock et du metal, donc par pitié, n’allez pas trop loin quand vous mélangez ça à d’autres styles. Je dirais que tous les amateurs du genre sont plus ou moins sur la même longueur d’ondes. C’est sans doute ce que voulait dire Sascha. On est tous un peu conservateurs quand on parle de metal ! (rires)

Interview réalisée par téléphone 10 décembre 2012
Retranscription et traduction : Saff’

Site internet officiel de Helloween : http://www.helloween.org/

Album Straight Out Of Hell sortie le 18 janiver 2012 chez Sony Music



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