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Live Report   

Andrew W.K. : la musique est secondaire


Déjà dix ans… De quoi foutre un coup de vieux à tous ceux pour qui le début du millénaire, avec ses évènements les plus mémorables, semble s’être passé la semaine dernière. Ça fait déjà dix ans qu’Andrew W.K. sortait son premier album à la pochette mythique où figurait un portrait de lui, du sang coulant à flot de son nez et imbibant son T-shirt blanc. C’était il y a dix ans qu’il nous déballait ce mélange de metal, de punk et surtout, de bonne humeur. C’était il y a dix ans que sortait I Get Wet.

A une époque où le rock et le metal se prenaient bien trop au sérieux (quelqu’un me dit que c’est encore le cas aujourd’hui… Comment ça, on est incapables d’apprécier une première partie sans l’insulter parce qu’elle n’est pas « cohérente » avec la tête d’affiche ? Ne nous étalons pas et revenons-en au sujet) Andrew W.K. apportait une bouffée d’air frais avec son je-m’en-foutisme total, archétype de ce que devait être l’artiste metal. « Mais que fout-il habillé en blanc ? », « Qu’est-ce qu’il fait avec sa bouche ? Un sourire ? C’est pas metal ça ! », « De l’auto-dérision ? Comment ose-t-il ? » C’est le genre de phrases caricaturales qu’on aurait pu entendre à l’époque, et – bien entendu – aujourd’hui encore (il suffit de voir les réactions qu’on peut trouver face à une tentative de classification des différents types de metalleux). Oui, Andrew W.K. a osé ne pas se prendre au sérieux et plus encore, il a osé faire la fête avec du metal ! Vous aurez du mal à trouver un artiste dont le répertoire comporte plus de fois le mot « party ».

Malgré tout, nous avons eu bien de la chance de pouvoir faire la fête avec lui à la Maroquinerie en ce 16 Avril, étant donné les problèmes légaux qu’il vient de régler concernant la propriété intellectuelle sur son personnage.

Artiste : Andrew W.K.
Date : 16 avril 2012
Salle : Maroquinerie
Lieu : Paris

Venez faire la fête !

Nous nous rendons donc à la Maroquinerie pour profiter, d’entrée de jeu, de ce concert-anniversaire sans première partie. La salle n’est pas tout à fait remplie, mais nombreuses sont les personnes déclarant « J’étais là il y a dix ans, ça va être génial de revoir Andrew ! » et tous les habitués de concerts vous confirmeront qu’il vaut mieux un public motivé qu’un public nombreux pour mettre l’ambiance. Les lumières s’éteignent et la piste d’intro commence, avec cette voix off nous demandant si nous sommes prêts à faire la fête. Ils attaquent ensuite sans surprise avec « Party Hard » (et joueront bien entendu l’intégralité de leur premier album dans l’ordre).

Clairement, ce mec est un extraterrestre de la scène metal, rejetant – à l’instar d’un Devin Townsend, passé dans la même salle – tous les codes du metalleux agressif et pas content. Ici on voit une bande d’énergumènes, dont trois guitaristes, un bassiste, un batteur, une chanteuse et Andrew W.K., sautiller sur place au rythme de ces riffs simplistes au possible, simplement pour le fun.

Pas possible ! J’en vois un qui ne s’amuse pas !

Si le son est assez mauvais, cela n’a pas la moindre importance : les guitares surchargées en basse vous balancent des riffs à l’unisson, le batteur tape le tempo tandis qu’Andrew, lorsqu’il ne hurle pas ses lignes de chant monotones, s’excite sur son piano pour ajouter à l’effet festif. Même lorsqu’on ne connait pas les morceaux, on peut deviner ce qui va se passer après les 5 premières secondes. Et c’est bien ça qui est drôle ! Car, paradoxalement, on n’écoute pas la musique d’Andrew W.K. pour la musique, on ne va pas à un de ses concerts pour être bluffé par le son, les arrangements ou les prouesses techniques des musiciens ou vocalistes. On y va pour passer un bon moment, à l’instar des vieux concerts de glam ou de punk. Si d’autres artistes ont une musique qui pourrait se prêter tout aussi facilement à faire la fête, leurs concerts sont souvent trop axés sur la musique pour vraiment nous permettre de passer un bon moment. Avec Andrew, la musique est secondaire, voire carrément un simple fond, la bande sonore d’une énorme fête entre potes : que ce soit autour d’un feu ou dans une salle de concert n’y change rien, voila ce qui rend ce type unique !

Pas trop blanc non plus le T-shirt…

Vêtu de son habituelle tenue blanche sale, les cheveux gras, les mouvements grossiers et maladroits, la voix cassée d’un mec qui a fait la fête toute la nuit – pardon, toute sa vie ! – le frontman fera le pitre tout au long de la soirée, que ce soit par son headbanging non-conventionnel, ses grands gestes des bras pour appuyer les pêches de la batterie ou ses solos interminables de piano. A côté de lui, sa condisciple chanteuse tout de noir vêtue, avec ses leggings de sport pour casser encore plus les codes d’un concert de metal, s’évertue également à mettre l’ambiance en appuyant les refrains et en parlant au public entre les morceaux. Et la salle y répond bien : il ne faudra pas longtemps pour que l’ensemble du public soit en train de bondir dans la fosse et partout ailleurs dans la joie et la bonne humeur.

Toi, t’es mon pote.

Après « I Love NYC », Andrew sortira (pour un total de 45 secondes) une guitare en forme de part de pizza. Il interprètera les riffs principaux de « Painkiller » de Judas Priest, puis de « Walk » de Pantera avant d’attaquer l’intro de « She Is Beautiful », l’un de ses tubes les plus connus. Notez la spontanéité des titres de chansons, « Party Till You Puke », « Fun Night », « Got To Do It » entre autres : l’art de faire de l’art sans se prendre la tête… Nous arrivons à la fin de l’album dont nous fêtons l’anniversaire, avec justement le morceau-titre « I Get Wet » puis « Don’t Stop Living In The Red ». Le groupe quitte alors la scène une première fois.

Mais le concert ne s’arrêtera pas là, évidemment, et ils reviennent à la charge avec bien d’autres morceaux dont « Long Live The Party », « Totally Stupid » ou encore « You Will Remember Tonight ». Enfin, nous aurons droit à un morceau inédit en Europe, figurant sur un EP uniquement disponible au Japon : « Head Bang », dont la fin justifie le titre du morceau avec un riff rappelant les décrochements de cervicales sur les riffs les plus lourds de Pantera. Ils quittent alors la scène pour un deuxième rappel, l’ensemble de la salle scandant « We want fun ! » sachant exactement ce qui va venir.

« Le plus important dans la vie, c’est d’être riche et intelligent, c’est bien ça ? » nous demandera Andrew. Après un premier refus du public, il reformule : « Le plus important dans la vie c’est d’être intelligent, très sophistiqué et riche, non ? ». Après quelques itérations, ils lanceront effectivement « We Want Fun » pour conclure ce déluge de bonne humeur.

La fête est une réussite : contrat rempli.

Setlist :

It’s Time to Party
Party Hard
Girls Own Love
Ready to Die
Take It Off
I Love NYC
She Is Beautiful
Party Till You Puke
Fun Night
Got to Do It
I Get Wet
Don’t Stop Living in the Red

Premiers rappels :
Victory Strikes Again
Long Live the Party
Never Let Down
Totally Stupid
You Will Remember Tonight
The Moving Room
Head Bang

Second rappel :
We Want Fun

Photos : Anthony Dubois



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