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Interview   

Anette Olzon : l’âge de la lumière


Anette Olzon est une femme sensible. Il suffit de voir à combien de reprises celle-ci utilise le terme « triste » et à quel point les événements de sa vie personnelle et professionnelle l’ont de toute évidence affectée. Toutefois, la chanteuse démontre un réel positivisme aujourd’hui, à l’aube d’une carrière solo qui peut enfin éclore depuis que Nightwish n’appartient plus qu’au passé pour elle. Shine, premier opus post-Nightwish d’Anette Olzon est une ode à l’optimisme, un chant empreint de sentiments positifs et loin du metal. Un premier pas vers l’avant, déjà marqué par des demandes de collaborations diverses et variées, prouvant que la chanteuse est aujourd’hui une artiste à la notoriété certaine.

D’ailleurs, comment discuter avec elle sans évoquer son ancien groupe ? Anette Olzon persiste et signe : tout comme Tarja Turunen elle a été « salement virée ». Et pour cette raison avoue se sentir très proche d’elle, par leur histoires similaires et le fait que « beaucoup de gens continuent de penser que c’est nous les méchantes, […] que nous sommes des divas, etc. » Mais Nightwish c’est le passé, et c’est une Anette Olzon aussi conviviale qu’à ses débuts avec son ancien groupe qui nous évoque, évidemment, la genèse de ce premier album solo.

« Les seuls moment où j’ai pensé à Nightwish, pendant l’écriture des chansons, c’était pour me dire que je ne voulais pas sonner comme Nightwish parce que je ne voulais pas entrer en compétition avec mon groupe. »

Radio Metal : Tu as travaillé pendant cinq ans sur cet album. Pourquoi cela t’a-t-il pris aussi longtemps, étais-tu trop prise avec Nightwish ?

Anette Olzon : Oui, c’est une des raisons, parce que j’avais prévu de sortir cet album entre nos tournées et une fois que j’avais fait les chansons et tout le reste, je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant. Je me suis dit que je n’avais pas envie de précipiter les choses ; sortir un album, faire la promotion et tourner, cela prend du temps. Donc c’est à la fois à cause de ma grossesse et des tournées de Nightwish, tu vois (rires).

Cet album est l’expression de tes propres influences, mais ton écriture a-t-elle été d’une manière ou d’une autre, influencée par ton travail avec Nightwish ?

Non, et je crois que ça a été un processus totalement nouveau pour moi, dans la mesure où je n’avais pas écrit autant de chansons depuis mon plus jeune âge, alors je n’ai pas pensé à Nightwish. Je faisais encore partie du groupe, à l’époque et les seuls moment où j’ai pensé à Nightwish, pendant l’écriture des chansons, c’était pour me dire que je ne voulais pas sonner comme Nightwish parce que je ne voulais pas entrer en compétition avec mon groupe. C’était ce que je voulais garder à l’esprit, mais en-dehors de ça, Nightwish n’a eu aucun impact sur cet album.

À ce propos, puisque cet album est une sorte de mélange metal, pop et rock, peux-tu nous en dire plus sur ce qui t’a influencée, particulièrement pour la partie non metal ?

Oui, j’ai écrit les chansons instinctivement, parce que lorsque nous nous y sommes mis, Stefan et Johan – avec qui j’ai écrit les chansons – et moi-même, nous étions comme des pages vierges et nous ne nous connaissions pas alors c’était une situation totalement nouvelle pour nous. Puis lorsque nous avons commencé à écrire, nous avons d’abord fait « Falling » qui est un morceau plutôt rock et ça nous a plu, mais nous avons eu envie de faire autre chose. Alors nous nous sommes posés et toutes ces chansons plus douces nous sont venues. Mais mes influences musicales sont nombreuses parce que lorsque j’étais jeune, il y avait beaucoup de musique dans ma famille, beaucoup de jazz, de fusion et pas du tout de rock’n’roll, des choses plus contemporaines. Mon frère et ma mère aimaient vraiment la musique, alors nous écoutions aussi beaucoup leurs artistes favoris, Sheena Easton, Whitney Houston, Toto et tous ces artistes différents. J’imagine que lorsque j’ai écrit mes chansons, j’ai pioché dans toute une vie de musique et en voici le résultat. Je ne me suis pas focalisée sur des influences en particulier, mais il y a beaucoup de choses, bien sûr, parce que je fais de la musique depuis que je suis très jeune et j’ai fait partie de nombreux groupes de reprises, donc j’aurai toujours ces différentes mélodies en tête.

Cet album a été produit par Stefan Örn qui a travaillé, entre autres, avec Madonna, Céline Dion, Janet Jackson et Jessica Simpson. Dans la mesure où ton album est très orienté chanson, était-ce important pour toi de travailler avec quelqu’un qui connaissait bien la pop et les artistes féminines très populaires ?

Oui, je crois que, lorsque j’ai envisagé de travailler sur ces chansons avec quelqu’un, j’imaginais quelqu’un qui aurait un vrai talent de composition et des années d’expérience parce que, je peux écrire des paroles et une mélodie, mais je ne peux pas composer et faire les arrangements et Stefan et Johan sont des compositeurs talentueux. Nous les avons donc contactés et leur avons demandé s’ils avaient envie de travailler avec moi. On entend qu’ils savent ce qu’ils font, comme tu l’as dit, ils ont travaillé avec Céline Dion et tous ces grands artistes alors ils savent comment bien faire sonner ma voix à la bonne tonalité. J’ai beaucoup travaillé là-dessus pour voir dans quel registre ma voix sonnait le mieux. Et comme je ne voulais pas aller vers le metal et sonner comme Nightwish pour ne pas faire d’ombre au groupe, je pense que la pop-rock était ce qu’il y avait de mieux.

« A chaque fois que j’ai traversé une période très difficile ou très sombre […] j’ai toujours fini par positiver et voir une lueur qui me donnait envie d’avancer et de vivre. »

Ce projet solo est-il ton projet principal actuellement ou as-tu d’autres projets, d’autres groupes en cours de création ?

Non, c’est mon projet principal pour le moment. Certaines personnes m’ont demandé de participer à des choses mais je veux me concentrer là-dessus pour l’instant parce que cela me prend beaucoup de temps et que je veux lancer ma carrière solo. À l’avenir, j’aimerais aussi faire d’autres choses bien sûr, si j’en ai le temps et s’il y a des propositions de groupes ou de projets, mais pour le moment, je vais me focaliser là-dessus.

Quels groupes t’ont contactée pour que tu te joignes à eux ?

Il y en a eu plusieurs, des groupes et des projets – enfin, les projets d’autres artistes qui m’ont sollicitée. Je ne veux pas donner de noms à ce sujet (rires) ! Mais on m’a contactée, oui.

As-tu prévu de défendre cet album sur scène ?

Oui, j’aimerais bien. Nous sommes en discussion avec des agents parce que nous voulons faire une tournée, donc, si tout va bien, très bientôt, j’aimerais partir en tournée. Peut-être au printemps si c’est possible.

Les musiciens avec qui tu as enregistré l’album vont-ils t’accompagner sur scène ou auras-tu un groupe pour la tournée ?

S’ils souhaitent venir, bien sûr qu’ils le pourront, mais ils ont d’autres engagements en studio car Stefan et Johan sont des musiciens de studio. Donc, je partirai avec des musiciens pour la tournée, pas un groupe parce que je serai artiste solo mais je serai accompagnée par des musiciens, bien sûr.

Tu as déclaré à propos de cet album : « Le message global est que la vie peut être très sombre et jonchée de tristesse et d’épreuves, mais nous pouvons toujours choisir de voir la lumière pour être plus fort et plein de vie, pour briller [Shine] quoiqu’il arrive. » Fais-tu référence à des expériences difficiles que tu as dû traverser et qui t’ont rendue plus forte ?

Oui, il y en a eu dans ma vie, je crois que la plupart des gens, après quarante ans de vie, ont eu des moments difficiles. Cela peut-être un divorce ou une enfance difficile, avoir été brutalisé à l’école ou avoir perdu son travail, ou encore avoir été mal traité par quelqu’un que l’on aimait, je parle de toutes ces choses-là. Oui, j’ai eu mon lot de difficultés mais à chaque fois que j’ai traversé une période très difficile ou très sombre ou que j’ai été très déprimée ou triste pendant longtemps, j’ai toujours fini par positiver et voir une lueur qui me donnait envie d’avancer et de vivre. Il est si bon de vivre et c’est ce que je veux que les gens pensent : même dans les moments vraiment sombres et difficiles, on peut essayer de positiver.

As-tu toujours été aussi optimiste ou as-tu peut-être eu des moments vraiment durs qui t’ont fait dire : « OK, j’abandonne » ou quelque chose comme ça ?

J’ai toujours été une personne très positive, depuis que je suis enfant, j’ai été naïve et positive aussi, j’ai toujours pensé que les gens étaient vraiment bons, tu vois. Bien sûr j’ai eu mon lot de mauvaises personnes et de mauvais moments. Mais, oui, il y a eu deux moments dans ma vie où je me suis dit : « J’ai envie de mourir, je n’ai plus envie de continuer, la vie est trop dure » et c’était à l’adolescence, j’étais vraiment bête et j’ai eu un passage très difficile, je n’avais pas d’amis, j’étais très seule, ma mère travaillait tout le temps et je me sentais si seule que, pendant quelques années, je ne voyais rien de positif. Et puis j’ai fini par voir la lumière (rires) ! Puis autour de 30 ans, j’ai fait une dépression après mon premier enfant. Après lui avoir donné naissance, j’ai sombré dans une dépression et j’avais la sensation que ma vie n’était pas telle que je l’avais souhaitée. J’ai donc eu deux périodes vraiment très sombres dans ma vie, mais heureusement, à chaque fois, j’ai senti que j’avais envie de laisser derrière moi le côté obscur. Aujourd’hui c’est plus facile de me dire que tout va bien se passer lorsque je traverse des moments plus sombres parce qu’une fois que l’on a été vraiment au plus bas, on sait que les choses finiront par aller mieux.

« J’ai écrit [« One Million Faces »] un matin au réveil après avoir rêvé de [Nightwish] et de tout ce qui s’était passé, je me sentais si triste et mes amis me manquaient vraiment. »

Ce qui s’est produit avec Nightwish fait-il partie des expériences difficiles dont tu parles sur l’album ?

Oui, je n’y pensais pas parce que cet album a été fait en 2009, mais en réalité, il y a une chanson que j’ai écrite l’année dernière qui s’appelle « One Million Faces » et qui est à propos de Nightwish, d’une certaine façon. J’ai écrit cette chanson un matin au réveil après avoir rêvé du groupe et de tout ce qui s’était passé, je me sentais si triste et mes amis me manquaient vraiment. Alors j’ai écrit cette chanson, « One Million Faces », donc oui, bien sûr, divorcer du groupe a été une période difficile, oui (rires) !

À ce propos, tu as déclaré que tu avais été virée du groupe, comme Tarja Turunen l’a été. Est-ce que tu t’es sentie plus proche d’elle ?

Oui, d’une certaine façon. Bien sûr ça a été différent parce que ce qu’ils lui ont fait en publiant cette lettre sur internet c’était vraiment méchant et elle a dû mal vivre le fait que tout le monde voit ça. Ils ont été un peu plus sympas avec moi parce qu’ils n’ont pas raconté à tout le monde que j’étais virée, mais nous avons malgré tout été toutes les deux salement virées, j’ai été très triste et je sais, pour avoir lu des interviews, qu’elle aussi a été très triste. Oui, je me sens un peu plus proche d’elle dans le sens où nos histoires avec le groupe se sont finies de la même façon et beaucoup de gens continuent de penser que c’est nous les méchantes, tu sais, que nous sommes des divas, etc. Bien sûr que j’y vois des points communs.

Lorsque tu faisais partie du groupe, quel portrait faisaient-ils de Tarja ? La décrivaient-ils comme une diva ?

Oui. Oui, à chaque fois, enfin, la plupart du temps ce n’étaient pas les membres du groupe qui parlaient de Tarja parce qu’ils parlaient très peu d’elle, mais si le sujet était abordé, ils parlaient principalement du fait que son mari (ndlr : Marcello Cabuli, le manager de Tarja Turunen) était assez pénible. Mais quelque fois, lorsque nous allions en Finlande, il y avait des gens, des amis du groupe, par exemple, qui venaient me voir et disaient du mal de Tarja. Moi, vraiment… Je ne comprends pas pourquoi parce que je me fichais de ce qui s’était passé avec Tarja puisque je ne faisais pas partie du groupe [à l’époque] et je ne voulais pas dire du mal d’elle car je ne la connaissais pas. Donc, oui, parmi les amis du groupe, il y avait des gens qui disaient vraiment du mal d’elle.

Est-ce que tu l’as déjà rencontrée ?

Non, je ne l’ai pas rencontrée, c’est bizarre, non ?! (rires) Mais j’espère que nous nous rencontrerons un jour, car nous avons la même maison de disques et oui, ce serait sympa de la saluer, lui demander de ses nouvelles et des nouvelles de son bébé. Elle va venir jouer en Suède en mai alors si j’ai le temps j’essaierai d’aller la voir lorsqu’elle viendra à Göteborg parce que je pense que l’on devrait se dire bonjour (rires) !

Le groupe a déclaré que ce que tu as dit concernant le fait que tu aies été virée, était diffamatoire. Ont-il engagé des poursuites en justice à ton égard ?

Non, il ne l’ont pas fait. Ils ne l’ont pas fait et je ne pense pas qu’ils puissent le faire parce que je n’ai pas menti (rires), donc… C’est comme ça, nous avons chacun notre version de l’histoire et s’ils veulent dire que ça s’est passé comme ça alors ça s’est passé comme ça, mais j’ai été virée et je n’ai pas menti à ce sujet.

« Je rêve d’être capable de faire du chant plus classique, un jour, donc nous verrons bien, mais, je crois que l’on n’est jamais un chanteur accompli. »

Nous savons que tu as joué du hautbois pendant huit ans. Est-ce que tu continues à en jouer ou as-tu été définitivement dégoûtée par cet instrument ?

Oh, j’ai détesté ça, c’était un instrument tellement difficile, et mon professeur disait que j’étais douée mais je ne répétais jamais parce que je voulais chanter et jouer du piano. Donc, non, je n’ai plus joué de hautbois depuis que j’ai vendu mon hautbois quand j’avais – je crois que j’avais 15 ans ou quelque chose comme ça (rires) ! Non, je ne voudrais pas en rejouer !

Apparemment, de temps à temps, tu continues à prendre des cours particuliers de chant avec une professeure. Est-ce important pour toi de continuer à travailler sur ta voix et d’apprendre constamment, même maintenant que tu es une chanteuse professionnelle ?

Cela fait un moment que je ne l’ai pas vue, mais j’essaie de m’exercer. Bien sûr, en tant que chanteur, on veut toujours progresser, et ce que je fais c’est essayer de travailler sur ma voix de tête. On veut toujours progresser dans les domaines où l’on sait que l’on n’est pas si bon que ça et pour ma part, bien sûr, c’est le chant classique que je n’ai pas tellement pratiqué au fil des années, donc quand je répète, je travaille sur ma voix de tête et sur l’approche classique. Je rêve d’être capable de faire du chant plus classique, un jour, donc nous verrons bien, mais, je crois que l’on n’est jamais un chanteur accompli, on peut toujours en savoir plus ; il faut sans cesse travailler sa voix.

Tu as fait de nombreuses apparitions en tant qu’invitée sur les albums d’autres groupes. Que peut-on attendre de ta part dans les mois qui viennent, as-tu déjà prévu d’autres collaborations de ce genre ? Comme ce que tu as fait avec Pain, par exemple ?

Non, je n’en ai pas pour le moment. J’ai parlé avec des artistes et des groupes pour envisager quelque chose. En fait je me disais que je pourrais faire une chanson bonus pour mon album avec Peter [Tägtgren de Pain], donc peut-être que cela se fera, peut-être que nous ferons un morceau ensemble pour une édition collector ou quelque chose comme ça. Et bien sûr, pendant la tournée, il se peut que j’ai envie de faire certaines chansons comme celle de Pain ou de Brother Firetribe sur scène. Nous verrons bien, peut-être que je demanderai à Peter ou à d’autres de me rejoindre sur la tournée. (Rires) Ce serait drôle !

Sais-tu ce que signifie ton prénom, Anette, en français ?

Non, je sais juste qu’il me fait penser à Antoinette et ce genre de choses, mais j’ignore ce qu’il signifie, je l’ai peut-être entendu une ou deux fois, mais… Es-ce que tu le sais ?

Oui, aneth, en français, désigne une herbe aromatique qui est utilisée pour assaisonner le poisson et les soupes !

Oh, parfait, j’aime bien le poisson et la soupe (rire), et bien c’est agréable à entendre ! Au début je n’aimais pas tellement mon prénom, Anette, je disais : « e veux que l’on m’appelle Joséphine », comme l’épouse de Napoléon, Joséphine, je ne sais pas pourquoi mais je voulais m’appeler Joséphine ! Puis, en vieillissant, j’ai commencé à me dire qu’Anette était un bon prénom, comme Antoinette et Jeannette, ce genre-là. C’est bon de savoir que c’est une herbe aromatique ! (rires)

Interview réalisée par téléphone le 7 février 2014 par Metal’O Phil.
Traduction et retranscription : Judith.
Introduction : Alastor

Site internet officiel d’Anette Olzon : www.anette-olzon.com

Album Shine, sortie le 28 mars 2014 chez EarMusic.



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  • J’avoue je vois pas le rapport entre le prenom et l’herbe aromatique.

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  • Bon, chouette interview. Du coup, si j’ai un reproche à faire, c’est que vous êtes habituellement un peu plus à l’aise avec le français. De fait, il n’y a pas plus de rapport entre le positivisme (cf vos cours de philo du lycée)et l’optimisme dont fait preuve Anette, qu’entre son prénom et l’herbe aromatique évoquée…
    Cela commence mal, finit mal, mais est très bien pour tout le reste.
    P.S.: Je jure que je ne suis pas prof!!

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