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Interview   

Angelripper (Sodom), soldat de la paix


Trente et un ans d’activité et pourtant Tom Angelripper et son trio nommé Sodom ne fléchit pas. Bien au contraire, il offre aujourd’hui le meilleur de lui-même, peut-être même le meilleur qu’il ait jamais donné. Avec tout d’abord un War In Pieces redoutable d’efficacité heavy/thrash et désormais Epitome Of Torture, l’album le plus dynamique et le plus diversifié de sa carrière, où violence et lourdeur se mêlent dans des titres parmi les plus mélodiques jamais réalisé par le groupe.

L’avenir de Sodom semble donc radieux, à l’inverse de la vision du monde que dépeint le frontman dans ses chansons. Angelripper est toujours aussi inspiré par ce qu’il y a de plus noir dans l’humanité et en parler est pour lui un moyen de dénoncer et de combattre des choses qui le terrifient.

Nous parlons de tout ceci et bien plus avec ce pilier, cette figure emblématique du thrash dans l’entretien qui suit.

« Le thrash n’est pas pour moi une forme particulière de musique : c’est juste ‘fais ce que tu veux, sans te laisser dicter par qui que ce soit d’extérieur’. »

Ce nouvel album est plus mélodique et plus diversifié que le précédent. Penses-tu que In War And Pieces, même s’il était un album de thrash metal efficace, manquait de cette diversité ?

Oui, je pense que In War And Pieces était un super disque, mais lorsque nous avons commencé à composer pour notre dernier album, nous avions un nouveau batteur, et cela fait une grande différence. Quand nous avons débuté nos répétitions, les chansons étaient plus heavy, plus mélodiques, mais aussi plus rapides, comme “Stigmatized”. Cependant, il n’y a pas une grande différence entre les deux disques, ce sont juste des nouvelles chansons. On a arrêté le processus de pré-production et de production, car nous voulions l’améliorer. On a demandé à Waldemar, notre producteur, un plus gros son : j’avais besoin d’un son de basse plus gros, par exemple. Je voulais garder l’esprit old-school de Sodom, tu sais. Sur le nouvel album, le mélange entre les chansons mélodiques et celles plus agressives est une grande différence : cette combinaison entre plusieurs styles, c’est typique de Sodom, tu sais. Quand on commence à écrire les nouvelles chansons, on ne regarde pas en arrière et nous ne pensons à ce que nous allons faire.

Ce n’est pas la première fois que vous incluez des parties mélodiques dans votre musique. Vous aviez fait ça par exemple sur la chanson « Buried In The Justice Ground » en 2006. Est-ce que le travail que vous avez accompli sur cette chanson a été un point de départ de l’écriture de ce nouvel album ?

Oui, mais les groupes des années 80 sont une grosse influence : j’adore Motörhead, je suis un gros fan de Tank et j’aime les groupes qui ont fait ce genre de musique. Tu parles de la chanson “Buried In Justice Ground“, mais d’autres comme “Fields Of Honour” ou “Peacemaker’s Law”, par exemple, sont très Motörhead. J’aime cela : c’est ainsi que nous allons écrire nos chansons. “Tracing The Victim” est bonne et très mélodique. Le mélange entre les riffs de Bernemann (NDLR : le guitariste de Sodom) et ce superbe côté mélodique, c’est Sodom. Nous avons toujours eu des parties mélodiques dans nos chansons. Ce n’est pas quelque chose de nouveau, au contraire de “Stigmatized” qui est un peu death metal : on peut me demander qui j’ai eu comme invité sur cette chanson, mais je n’ai pas besoin d’un autre chanteur, je peux chanter du death. Il y a des vocaux death sur nos albums, comme sur Tapping The Veins, par exemple. C’est le sens du thrash metal : fais ce que tu veux. Ainsi, nous sommes libres de faire ce que nous voulons. Nous faisons de la musique pour nous et nos fans, pas pour les magazines ou les labels de musique.

L’album Seasons In The Abyss de Slayer est l’un des albums de thrash les plus populaire de l’histoire, en partie grâce à sa diversité et ses contrastes entre les chansons rapides et celles plus ambiantes et mélodiques. Est-ce que cet album est une influence pour toi ?

Oui. Je suis un gros fan de Slayer. C’est comme ce qui s’est passé à la sortie de South Of Heaven : certains fans trouvaient qu’il était trop mélodique. J’aime la mélodie, tu sais. Nous sommes des musiciens. Nous avons toujours essayé de composé de meilleures chansons : c’est très important pour Sodom d’écrire de bonnes lignes de refrain, et quand tu écoutes des chansons comme “Epitome Of Torture” ou “S.O.D.O.M” une fois, tu ne les oublies plus jamais. C’est la manière dont nous composons notre musique. Nous sommes seulement des fans de metal faisant de la musique : nous ne sommes pas des rockstars, nous ne sommes pas Dream Theater ou Rush. Nous essayons de faire de notre mieux. Waldemar Sorychta nous a aidé à arranger les chansons et je suis très satisfait du résultat. Sodom n’est pas un groupe de black metal, mais n’est pas non plus le groupe de thrash typique. Nous sommes des fans de heavy metal. Le thrash n’est pas pour moi une forme particulière de musique : c’est juste « fais ce que tu veux, sans te laisser dicter par qui que ce soit d’extérieur ». Les gens me disent que le nouveau Kreator est comme ci ou comme ça et que maintenant c’est à notre tour de faire ça. Peu importe. Nous faisons la musique que nous voulons. On ne regarde jamais ce que les autres groupes font et c’est pourquoi ce nouvel album est mélodique, mais aussi agressif.

« Quand on a commencé, dans les années 80, personne ne parlait de black ou de thrash. On était seulement des fans de metal. […] Faire du heavy metal, c’était un peu comme faire la révolution. Je déteste l’expression ‘thrash metal’ : quelle est sa définition ? Aucune. On fait du heavy metal, c’est tout. »

Penses-tu que ce soit la classification de tous ces genres de metal qui ait tué la diversité dans le metal ?

Oui, c’est horrible : je n’aime pas cela. Ce que nous faisons, c’est du heavy metal, tu sais. Quand nous avons commencé dans les années 80, personne ne parlait de black ou de thrash. On était juste des fans de metal. C’était comme une famille : quand Motörhead ou Iron Maiden faisaient un concert, tout le monde y allait. Faire du heavy metal, c’était un peu comme faire la révolution. Je déteste l’expression « thrash metal » : quelle est sa définition ? Aucune. On fait du heavy metal, c’est tout. Pour moi, le heavy metal, c’est de la bonne musique, de l’agressivité et tu dois essayer de garder l’esprit qui t’anime. C’est ce que j’ai dit à Waldemar : nous devons garder l’esprit de Sodom. Le son aussi est très important : si tu écoutes n’importe quel CD d’un groupe, il y a une différence entre ce CD et un de Sodom. Je ne pense pas en termes de black, death ou thrash. Nos premiers albums étaient un peu black, par leurs paroles et notre attitude. Aujourd’hui, nous sommes juste heavy.

Aujourd’hui il serait impossible de voir par exemple Slayer ouvrir pour AC/DC car les gens seraient choqués…

Oui. Slayer ouvrant pour AC/DC, ce serait une super idée, même si AC/DC n’est pas le groupe de metal typique ! C’est ce que j’aime dans les festivals : des groupes différents avec des styles différents. Si Judas Priest, Iron Maiden ou Motörhead jouaient ensemble, ce serait génial. Mais ce qu’ils font, c’est des trucs comme le Big Four avec Anthrax, Megadeth, etc. Aujourd’hui, il y a une scène black, une scène speed, une scène thrash, etc. Je déteste cela. C’est de la musique différente mais ça reste du heavy metal. Je ne comprends pas ça et je lutte toujours contre. Le problème, c’est que trop de groupes sortent tous les mois : ils essaient de suivre des genres particuliers pour leur propre musique, tu sais. Nous, nous n’essayons jamais de suivre les pas de qui que ce soit. J’espère qu’un jour on reviendra aux années 80 et qu’on dira : “On est une grande famille, on fait du heavy metal alors rassemblons-nous et faisons une grosse fête”.

Les paroles des chansons semblent importantes pour toi, est-ce le cas ?

Oui, c’est très important. Je suis chanteur dans un groupe de metal, je veux donc dire des choses aux gens. Je mets tant d’énergie dans mes paroles que je ne veux pas écrire dans le style de Manowar, par exemple. Si tu es dans un groupe de metal ou de thrash, tu te dois d’écrire sur les mauvaises choses qui se passent dans le monde, comme nous l’avons fait sur Epitome Of Torture. Je veux hurler ces paroles. Je sais que je ne pourrais rien changer : je ne suis pas dans la politique. Je veux dire que nous souhaitons vivre dans un monde en paix, libres et faire ce que nous voulons. Cela prend du temps d’écrire de telles paroles : parfois, je me lève au milieu de la nuit et j’écris un truc à propos de ce qui arrive dans le monde. La guerre est partout, tu sais. Regarde la Corée du Nord : quelle va être la prochaine étape ? La troisième guerre mondiale ? J’ai peur de ce qui pourrait arriver.

S’il n’y avait pas de guerre et si nous vivions dans une société apaisée, au sujet de quoi écrirais-tu ?

(Rires) C’est une bonne question. Je n’aurais jamais la chance d’écrire sur d’autres sujets dans ma vie. Je pourrais écrire sur l’amitié, sur le fait que la vie est bonne, sur le fait de rire, mais je n’aurais jamais l’occasion de le faire. Dans notre monde, il y a plus de guerres chaque jour, la situation est mauvaise, et l‘économie empire, et pas seulement en Allemagne : regarde l’Amérique du Sud ou la Grèce. C’est si triste, je ne peux rien changer, alors j’essaie de le faire à travers mes paroles.

« Je veux hurler ces paroles. […] Je veux dire que nous souhaitons vivre dans un monde en paix, libres et faire ce que nous voulons. »

Cela fait maintenant des années qu’aucune guerre globale comme la Première ou la Seconde Guerre Mondiale ne s’est pas déclenchée. Quelle est ton opinion à ce sujet ? Penses-tu que les gens ont appris, que notre époque est meilleure que le siècle précédent ?

Non. Je pense qu’aujourd’hui, la guerre est informatisée : c’est comme un jeu, tu sais. Tu ne peux comparer les guerres d’aujourd’hui avec la Première et la Seconde Guerre Mondiale, quand les soldats se battaient les uns contre les autres. Aujourd’hui, tu ne sais pas qui est ton ennemi, ce qui est un problème, car tu ne le vois jamais. Mais nous écrivons des chansons sur des guerres « old-school » comme « Katjuscha », qui était une rampe de lancement de roquettes soviétique pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ce qui est drôle, c’est que le mot Katjuscha est aussi un nom russe pour les filles et une chanson traditionnelle folklorique ! Je me rappelle que lorsque nous avons eu une offre pour jouer à Tel-Aviv l’année dernière, les première Katjuschas du Hezbollah commencèrent à tomber sur Israël : j’ai dit à l’organisation que je ne souhaitais pas y aller car c’était trop dangereux, et c’est triste, car nous ne pouvons pas jouer sur toute la planète. Je sais que nous avons des amis dans le monde entier, même en Corée du Nord, ce qui est incroyable, mais nous n’aurons jamais la chance d’aller jouer là-bas, c’est sûr ! Notre monde n’est pas libre : quand tu montes une tournée, tu dois être prudent et c’est triste. En ce qui concerne Tel-Aviv, on jouera peut-être là-bas cette année mais tu ne sais jamais ce qui peut arriver les jours précédant ton voyage.

Même si ça te dégoute, n’y a-t-il pas une part de fascination chez toi par rapport à toute cette violence ?

Prends la chanson “Cannibal” : elle parle d’Armin Meiwes, un Allemand qui a parlé avec une personne sur Internet et qui l’a mangé après. C’est une histoire incroyable, mais je ne suis pas fan de films d’horreur. Je pense que la vie est assez difficile comme ça. Je n’ai pas besoin de films pour le savoir. Je m’intéresse beaucoup à tout cela, et pas seulement les guerres. M-16 et In War And Pieces étaient des concept-albums basés sur la guerre, mais Epitome Of Torture parle de tout : tu as des chansons pour les fans comme “S.O.D.O.M” par exemple ou d’autres comme “Stigmatized” contre toute forme d’oppression. On a fait un clip pour celle-ci, au fait. Je suis un parolier et un compositeur : je dois décrire ce que je vois. Les gens ne comprennent pas toutes les paroles : parfois, tu dois lire entre les lignes, mais le message reste le même, qui est de vivre dans un monde en paix.

Quel a été l’implication de votre nouveau batteur dans l’écriture de ce nouvel album ?

Markus a été très impliqué. Quand Bobby (NDLR : Bobby Schottkowski, le précédent batteur de Sodom) nous a quittés après la tournée In War And Pieces, on a fait quelques festivals et concerts, et puis après, on a commencé à écrire du nouveau matériel pour le disque. C’était la première fois que Markus était impliqué dans le processus de composition de chansons. On crée toujours notre musique en salle de répétition. Je déteste les groupes qui s’échangent des mp3 pour réarranger leur musique. On travaille en salle de répèt’ et Markus a eu beaucoup d’idées pour l’album. Je ne souhaite pas comparer Bobby et Markus, mais Markus est très rapide et précis et nous sommes capables, même si nous l’étions dans le passé, de faire des chansons très rapides comme “S.O.D.O.M”, “Stigmatized”, ou “Epitome Of Torture”. Markus est un bon batteur : parfois, il se rapproche de Dave Lombardo. Il a été impliqué dans la composition et c’est très important. C’est un fan de metal : il a joué dans plusieurs groupes dans les années 80, comme Kreator ou Voodoo Cult par exemple. Il est très bon, un des meilleurs en Allemagne. Il sait exactement ce que nous voulons et comment une chanson de Sodom doit sonner. Ses parties de batterie sur le dernier album sont fantastiques. Je suis heureux de l’avoir avec nous.

Es-tu en contact avec Bobby Schottkowski, qui a quitté le groupe il y a deux ans ?

Non, je ne suis plus en contact avec lui. Je lui souhaite le meilleur, cependant.

« J’espère qu’un jour, on reviendra aux années 80 et qu’on dira “On est une grande famille, on fait du heavy metal alors rassemblons-nous et faisons une grosse fête ”. »

La seconde chanson de l’album s’appelle « S.O.D.O.M. ». Dans la mesure où c’est le nom du groupe, elle doit avoir une signification spéciale…

C’est un hommage à la carrière de Sodom et aux fans après plus de 31 ans d’existence. J’aime tellement cette chanson : elle est comme “Sodomized” ou “Sodomy And Lust”. On doit la jouer live : j’en suis fier. Quand on a commencé à l’écrire, je n’avais pas de paroles. On l’a jouée un jour en répèt’, et j’ai chanté “S.O.D.O.M” comme refrain : les gars m’ont dit : « C’est un super titre de chanson ! ». Je l’ai écrite spécialement pour les fans.

Vous avez réalisé un clip vidéo pour la chanson « Stigmatize ». C’est la première fois que vous le faites depuis très longtemps. Comment cela se fait-il que vous n’ayez fait aucune vidéo ces dernières années ?

Je ne sais pas, tout est une question d’argent, tu sais. Si nous voulons faire une vidéo, nous devons la payer nous-mêmes. Au début, c’est le label qui payait les clips. Cette fois-ci, j’avais cette nouvelle chanson que j’ai donné à Ronald [Matthes], le producteur des DVD Lords Of Depravity. Il a dit : « C’est une bonne histoire, il faut que j’écrive un scénario, il faut en faire une vidéo. » Il ne voulait pas faire une animation ou une vidéo avec le groupe qui joue, il voulait faire un petit film. Il m’a envoyé le scénario pour la chanson et j’étais ébahi. Sodom est contre le fanatisme religieux et contre les gros patrons qui font un max de fric. Donc, nous avons mis tout ça dans la vidéo. Il était temps de le faire. Je crois que cet album sera un succès et qu’il financera le clip vidéo. Les gens attendent ce genre de choses. Nous avons aussi réalisé un clip de tournée avec des images d’Amérique du Sud. Ce n’était pas un clip vidéo typique. Je ne veux pas faire un clip vidéo pour chaque chanson de chaque album. Je ne veux pas dépenser mon argent là-dedans. Je veux dépenser mon argent pour d’autres choses, comme une bonne production. Mais il était temps que nous fassions quelque chose comme ça.

Cette vidéo est un festival de violence. Voulais-tu montrer la violence sous toutes ses formes ?

Oui. Je ne veux pas que ce clip soit censuré. Il en existe une version spéciale, qui est très sanglante, agressive et violente, que tu peux trouver sur Internet. Comme les gens peuvent l’envoyer partout via Facebook ou YouTube, tu dois être très prudent. On ne veut pas faire de films d’horreur, mais seulement refléter ce qu’il y a dans nos paroles.

Penses-tu que les médias de nos jours sont un peu trop fascinés par la violence ?

Qui peux-tu choquer maintenant ? Personne. Sur YouTube, tu peux voir tant de trucs sanglants et certains sont dégueulasses. Quiconque possédant un smartphone peut faire une vidéo dans la rue. Parfois, tu vois des choses vraiment barjes sur YouTube. Mais c’est Internet : c’est une plateforme où tout le monde a la possibilité de publier ce qu’il veut. C’est un livre ouvert et tu peux voir tout ce que tu veux. J’ai vu certaines vidéos, et j’ai été choqué. C’est dangereux pour les jeunes, tu sais : ils ne devraient pas voir ce genre de trucs mais tu ne choques plus personnes, tout le monde peut voir ce qui arrive en Afghanistan ou dans un autre endroit.

« J’espère avoir Waldemar pour notre prochain disque. Je ne veux pas dépenser mon argent dans un studio high-tech, mais pour un producteur qui pourra nous aider. »

Au sujet de la collaboration avec Waldemar Sorychta, tu as dis que « Waldemar a une vraie autorité. Il ne te laisse pas t’en tirer comme ça avec quoi que ce soit, il connait tous tes points faibles. Ce qui fait que travailler au studio avec lui est très exigeant. Mais au bout du compte, ça vaut le coup, comme le résultat le montre. » Est-ce que Waldemar t’a montré des faiblesses dans ta manière de jouer de ton instrument ?

Non. Le truc, c’est qu’on a fait un peu de pré-production avec lui. Il te dit de réarranger ceci ou cela, mais à la fin, on décide de ce que l’on veut et comment cela sonnera. Je pense que Waldemar est un bon producteur car ce qui est important pour lui à la fin, c’est un son rempli de puissance et d’âme. Parfois, lorsque je commençais à chanter, il me donnait son avis sur une partie à changer ou à chanter d’une autre manière. Il m’a dit : “Je suis fasciné par ta voix : tu peux chanter comme Tom Araya, hurler comme Cronos, faire des vocaux à la Sodom old-school et du Motörhead”. C’était difficile de travailler avec lui car je devais chanter de plusieurs manières différentes. Il est comme un prof : c’est du style “Tu dois faire ceci ou cela” ou “Essaie de mieux le faire, ou sois plus précis” ! Ce fut dur, mais le résultat, à la fin, est génial : je suis si heureux de l’avoir comme producteur. Il est aussi un bon musicien et chanteur, ce que peu de gens savent. Je lui ai dit une fois que je voulais une plus grosse production et donc cela voulait dire penser à la manière de mettre les micros pour la batterie, la basse et pour ma voix. Je ne voulais pas d’une production « clean ». On a eu une grosse discussion à propos de la production : si tu écoutes du Venom ou du vieux Sodom, tu sauras ce que je veux dire. Waldemar m’a dit : “Si tu veux plus de basse, les guitares doivent être baissées”. On a trouvé un compromis à la fin. La production est très brute. On a fait du très bon boulot : j’espère avoir Waldemar pour notre prochain disque. Je ne veux pas dépenser mon argent dans un studio high-tech, mais pour un producteur qui pourra nous aider.

Il y a une reprise du « Ace Of Spades » de Motörhead sur l’édition vinyle de l’album. Sur un documentaire à propos de Lemmy, on peut entendre les membres de Slayer, Metallica ou Anthrax dire que sans Motörhead, tous les groupes de thrash metal n’auraient pas existé. Es-tu d’accord avec ça ? Est-ce que Motörhead est le grand-père du thrash metal et de Sodom ?

Oh oui. J’ai commencé à écouter du Motörhead en 1977 ou 1978. Ils étaient le groupe le plus heavy qui existait. Ils m’ont amené à fonder un trio. J’aime le vieux Motörhead, avec “Fast” Eddie Clarke et “Animal” Taylor, qui est le meilleur line-up de tous les temps. Mais je crois que l’album qui m’a le plus influencé a été le premier album de Venom. Cependant, Venom n’aurait pas existé sans Motörhead. Quand Motörhead a sorti son premier album, c’était un truc nouveau. Motörhead n’est pas un groupe de metal, mais ils ont créé la scène metal.

Le titre « Ace Of Spades » est un choix de reprise évident. C’est l’une des chansons de Motörhead les plus populaires. Pourquoi n’avoir pas choisi un titre plus obscure ?

On a fait cette chanson pour le sampler Teutonic Force et ils voulaient une chanson « commerciale », et “Ace Of Spades” est la chanson de Motörhead la plus connue. On l’a jouée plusieurs fois en concert, on a donc décidé de l’enregistrer à notre manière. On a aussi enregistré “Iron Fist” sur Persecution Mania. “Ace Of Spades” est ma chanson préférée de Motörhead.

Que peux-tu nous dire au sujet des deux titres bonus présents sur la version digipack de l’album ?

Je ne sais pas mais je déteste cela. J’ai parlé à la maison de disques : « Pourquoi sortez-vous un boitier cristal avec dix chansons et un digipack avec douze chansons ? » C’est leur décision : c’est une décision politique, c’est du business et je n’aime pas du tout cela. Mais si tu achètes le boitier cristal avec dix chansons, tu récupèreras les deux autres sur internet. Mais le fait de proposer une édition digipack avec douze chansons te permet de vendre beaucoup de copies en peu de temps et du coup rentrer dans les classements. C’est du business de maison de disques, je déteste ça. A mon avis ils feraient mieux de proposer un digipack avec douze chansons pour la version vinyle. Les vinyles sont toujours pour les collectionneurs et j’aime les vinyles. Les deux chansons qui sont en bonus sont de bonnes chansons…

Donc, tu aurais préféré avoir ces deux chansons sur l’édition normale ?

Oui, je veux simplement que les douze chansons soient sur toutes les éditions. Ça me fait rire lorsque la maison de disques arrive et dit : « Vous devez choisir deux chansons pour des pistes bonus sur le digipack. » Et je leur dis : « quelles chansons je dois choisir ? J’aime toutes les chansons ! » Ça me désole.

Interview réalisée par téléphone le 30 avril 2013
Retranscription et traduction : Jean Martinez – Traduction(s) Net

Site internet officiel de Sodom : www.sodomized.info

Album Epitome Of Torture, sorti le 29 avril 2013 chez SPV/Steamhammer



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