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Live Report   

Angelus Apatrida ou la fièvre du lundi soir


Lorsque l’on pense à l’association « metal et humour », le groupe Ultra Vomit vient directement à l’esprit de la plupart des fans de metal français. Mais pour les spectateurs présents au Rock’n’Eat le 25 mars dernier, ce ne sera plus jamais le cas. Car ils ont assisté au concert de Tranzat, en première partie des thrasheurs espagnols d’Angelus Apatrida. En conséquence, lorsqu’ils entendront dorénavant le terme « humour » dans le metal, leur esprit naviguera aussi bien à Nantes, terre d’Ultra Vomit, qu’à Brest, territoire de Tranzat.

Bien évidemment, réduire Tranzat à un groupe qui fait rire le public serait une faute professionnelle. Puisque même si ses membres provoquent rires et sourires (faire croire que le guitariste débute la guitare, dire dix fois « Ah ! » en mode Denis Brognart, titiller des membres du public, etc.), le groupe envoie. Mais du genre vraiment.

Artistes : Angelus Apatrida – Tranzat
Date : 25 mars 2019
Salle : Rock’n’eat
Ville : Lyon [69]

Tranzat est musicalement un groupe extrêmement impressionnant car le quatuor est hyper-carré. Cela peut se sentir rien que dans la qualité du son qu’il propose. Si l’acoustique du Rock’n’Eat est très correcte malgré le fait que la salle soit petite, il n’en demeure pas moins que proposer un son d’une telle qualité dans une salle pareille est franchement stupéfiant. Le groupe propose une musique que l’on peut sans doute qualifier de progressive, même si ce terme un peu fourre-tout ne dépeint pas forcément la palette musicale variée que Tranzat partage. Néanmoins la longueur des morceaux, la virtuosité des zicos et la dimension épique de l’ensemble ramènent les Brestois à cette étiquette. L’influence des différents projets de Devin Townsend sera palpable durant le set, notamment sur certaines lignes de chant de Manu, ce qui est une belle référence. Tous vêtus de blanc, les zicos auront proposé une prestation atypique, captivante et vivifiante. Tranzat comme une sorte de Faith No More de la scène rock progressive française ? En termes de qualité, de charisme et d’humour, il y a de cela, oui !

Un an et demi après avoir assuré la soirée d’ouverture du nouveau Rock’n’Eat situé à côté du métro Valmy, Angelus Apatrida est de retour à Lyon. Ce groupe fait partie de la scène revival du bon thrash à l’ancienne des années 80, et en est un de ses meilleurs représentants. Les quatre musiciens investissent la scène au son de l’introduction de leur dernier album, intitulé Cabaret De La Guillotine. Ce dernier prend une place importante dans la setlist, ce qui est bien normal, avec « Sharpen The Guillotine », « Downfall Of The Nation », « One Of Us », « The Die Is Cast » sont notamment jouées. Dommage que la ballade, si l’on peut évoquer ce terme, « Farewell » ne soit pas de la partie. Mais ils ne sont pas là pour rigoler avec ce set en mode dans ta face ! Riffs puissants, rapides, chant agressif juste ce qu’il faut, cavalcades de double pédale, enchaînement de soli bien sentis des deux guitaristes ; les musiciens sont excellents et interprètent parfaitement leurs morceaux. Il est très clair, lorsque l’on assiste à la performance scénique d’Angelus Apatrida, que ses musiciens roulent leur bosse sur scène depuis de longues années.

Ils n’oublient pas pour autant d’interagir et de faire participer un maximum le public (que l’on aurait tout de même souhaité plus nombreux, même pour un lundi soir) qui se donne à fond avec des mosh pit, circle pit, et bien sûr headbanging obligatoire. Le groupe nous remercie chaleureusement d’être venus un début de semaine pour soutenir les groupes underground qui ne seraient rien sans leur public. Angelus Apatrida pioche aussi dans le fabuleux album précédent Hidden Evolution et aussi les plus anciens de leur discographie déjà bien fournie. Le final se fait classiquement avec le morceau introductif de The Call : « You are Next », et son riff caractéristique en tapping. La durée du show est un peu courte (petite déception) car on en aurait bien pris encore un peu ! Une fois le concert terminé, la formation espagnole rejoint le merch et discute avec son public. L’occasion de se renseigner sur la date de sortie des lives enregistrés à Madrid et Barcelone il y a un moment, pour un futur DVD. Ils sont toujours dans les tuyaux, sûrement pour la fin de l’année, une fois la promo de Cabaret De La Guillotine dignement réalisée. Il s’agira d’une édition très limitée dans le monde (sûrement mille exemplaires d’après le chanteur-guitariste). Avis aux amateurs ! En tout cas, après une prestation comme celle-là, l’on se dit que le thrash est toujours bien vivant et dignement représenté !

Report Tranzat : Amaury Blanc
Report Angelus Apatrida : Sébastien Dupuis



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