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Interview   

Annihilator… et à travers




Rien ne semble pouvoir ébranler la passion et la foi de Jeff Waters envers son bébé Annihilator. Trois maisons de disque en trois albums. En effet, à l’époque de l’excellent Schizo Deluxe, AFM Records ne lui avait pas permis de défendre l’album dont il était pourtant si fier. À la suite de quoi il signe chez SPV. Mais malheureusement, ce dernier s’est, peu de temps après, vu contraint de stopper la promotion de ses artistes à cause de problèmes financiers. Aujourd’hui réfugié dans la très bonne écurie Earache Records, Jeff Waters ne perd pas le nord et poursuit son chemin avec le sourire.


D’ailleurs, Annihilator est à nouveau sur le point de frapper fort avec un nouvel album éponyme. Depuis la bombe All For You, Annihilator n’a eu de cesse de toucher les cieux en enchaînant des albums aux qualités impressionnantes. Il est certain que Dave Padden, avec qui Jeff nous avouera former aujourd’hui un véritable duo, n’y est pas étranger. Dave, avec son look de jeun’s, est le frontman dont tous les groupes rêvent : charismatique, il s’est révélé être un excellent guitariste et surtout possède une voix puissante au registre large – l’ombre de Mike Patton n’est parfois pas très loin. Ajoutez à cela les qualités de rythmicien et de mélodiste dont Jeff fait preuve – et qui ne sont plus à démontrer après 20 ans d’une carrière bourrée de classiques – et vous obtenez un groupe de thrash jouissif et unique en son genre. Nous avons donc fait le point avec le très sympathique Jeff.

(Note : les quelques premières répliques sont en français dans le texte.)

Jeff Waters : Salut, Nicolas ! Comment ça va ?

Salut, Jeff ! Comment vas-tu ?

Très bien, et toi ?

Très, très bien ! On fait cette interview en français ?

Tu sais quoi ? Tu pourrais me poser les questions en français, et moi je répondrai en anglais.

J’ai déjà préparé mes questions en anglais !

Tu n’as qu’à les traduire en français ! Allez, il faut que tu me fasses réviser !

Ça prendrait trop de temps. Si tu veux bien, on va faire ça en anglais.

Ok !

D’accord, on y va. L’année dernière, vous avez sorti un album et un DVD live intitulé Live At The Masters Of Rock. Penses-tu que c’était le bon moment pour sortir un album live, ou était-ce un prétexte pour rompre le contrat du groupe avec SPV ? Voire les deux ?

Après la sortie de l’album Metal, nous sommes partis en tournée et avons donné énormément de concerts en Europe – environ une centaine. C’est là que j’ai réalisé que notre maison de disques, SPV, avait de gros problèmes. J’ai voulu partir et rompre mon contrat en leur offrant le DVD Live At The Masters Of Rock. Ils ont accepté et m’ont laissé partir. Une semaine après, SPV faisait faillite. J’ai eu beaucoup de chance. Le DVD des Masters Of Rock était une très bonne chose pour le groupe. C’est notre premier DVD live, et les fans adorent nous voir sur scène.

La set-list de ce DVD se concentre principalement sur les titres « classiques » d’Annihilator et ne contient que deux chansons de la période Dave Padden. Pensez-vous sortir un nouvel album live davantage centré sur les quatre albums enregistrés par Dave Padden ?

Nous voulions nous débarrasser des anciennes chansons. Nous devons partir en tournée en septembre, et nous allons probablement modifier la set-list pour y ajouter des titres de Schizo Deluxe, All For You, Metal et ce nouvel album. Il y aura bien sûr trois chansons du nouveau CD. Tu as raison, nous allons jouer davantage de chansons de la période Dave Padden. Dave est là depuis maintenant quatre CD et huit ans, il est mon partenaire. Aujourd’hui, Annihilator est le groupe de Jeff Waters et Dave Padden.


«J’ai eu la chance de partir avant la faillite. Beaucoup des groupes qui étaient chez SPV ont de gros problèmes, aujourd’hui.»

Tu as mentionné la faillite de SPV, un peu plus tôt. Comment as-tu vécu cette situation ?

J’ai eu la chance de partir avant la faillite. Beaucoup des groupes qui étaient chez SPV ont de gros problèmes, aujourd’hui.

La dernière fois que nous t’avons interviewé, tu affirmais que SPV était un excellent label et que tu étais très bien chez eux. Pourquoi avoir voulu partir, à la base ?

Ils ont arrêté de faire la promotion de tous leurs groupes. Tout se passait à merveille pour Annihilator et les autres groupes et du jour au lendemain, tout s’est arrêté. Quand ce genre de chose se produit, cela signifie généralement que la maison de disques à de gros problèmes d’argent. Je suis dans ce milieu depuis 21 ans et l’expérience m’a appris que, dans ces moments-là, il faut se tirer très vite. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir partir.

On dirait que tu n’as pas eu de chance avec tes labels, ces dernières années. Dans l’interview que tu nous as accordée en 2007, à l’époque de Schizo Deluxe, tu disais ne pas être satisfait d’AFM Records, qui ne vous avait pas laissé tourner pour promouvoir l’album. Penses-tu avoir enfin trouvé le bon label avec Earache ?

Ça dépend. Ce milieu est compliqué et à ma place, la plupart des groupes auraient baissé les bras et ne seraient plus rien aujourd’hui. Mais je n’abandonne jamais. Je me bats, je prends les points négatifs et j’en fais des choses positives. Le problème avec AFM Records, c’est que son président est mort dans un accident de voiture en 2004. Cette tragédie a entraîné beaucoup de problèmes. Et la faillite de SPV n’avait rien à voir avec moi non plus ! C’était le fruit d’un hasard malchanceux. Je ne baisse jamais les bras : je me bagarre, je souris, je pense positif et au final, tout finit par s’arranger. Aujourd’hui, j’ai un bon label qui fait beaucoup de promotion sur le nouvel album. C’est notre meilleure galette depuis 15 ans, alors on verra ce qui en sortira !

J’ai entendu dire que l’album était déjà terminé en mai 2009. N’étais-tu par frustré d’avoir à attendre près d’un an avant sa sortie ?

Non. Le public a beaucoup apprécié la sortir du DVD Masters Of Rock. Ça nous a laissé le temps de nous détendre et de nous concentrer sur le nouvel album. Nous n’avions pas à nous précipiter. J’ai également eu le temps de faire autre chose, comme du mixage et de la production. Mais surtout, j’ai eu le temps de composer pour le nouvel album, et j’ai pu m’assurer qu’il s’agissait de l’un des meilleurs, et pas seulement d’un bon CD.

Tu sembles être quelqu’un de très positif…

Il faut bien, parce que je m’occupe de toute la partie business et que c’est vraiment un business merdique ! Être un artiste et être capable de peindre ou de faire de la musique, c’est génial, mais il faut toujours vous coltiner des managers, des éditeurs, des maisons de disques, des responsables du merchandising… Et ils veulent tous une part du gâteau. Il faut être fort et vigilant, il faut faire attention, il faut faire des erreurs et en tirer des leçons. C’est un peu un jeu de survie. Il faut avoir envie de survivre et de faire du bon boulot.

Ce nouvel album est éponyme. Généralement, l’objectif est d’affirmer quelque chose, de souligner que cet album est spécial. Selon toi, qu’y a-t-il de spécial dans cet album qui justifie de l’appeler Annihilator ?

Au début, je n’avais aucune idée de titre. Je ne savais tout simplement pas comment appeler cet album ! Ma compagne m’a alors dit : « Les gens à qui tu as fait écouter les démos les adorent ; ils ont l’air de penser que Jeff Waters et Dave Padden ont fait un bien meilleur travail que sur leurs deniers albums. Si cet album est si spécial, pourquoi ne pas en faire un CD éponyme ? » Tu as raison, il s’agit bien d’affirmer quelque chose. Dave Padden n’est plus le nouveau chanteur ; aujourd’hui, c’est un frontman expérimenté à la James Hetfield. Il est au même niveau que les plus grand frontmen de la scène metal, et c’est mon partenaire. Ce que nous affirmons, c’est que le groupe va bien, il va même de mieux en mieux, et que nous continuons à faire de la bonne musique.

Je crois savoir que tu es très fier de Schizo Deluxe. Comment comparerais-tu les deux albums ?

Je ne devrais pas tarder à récupérer les droits sur cet album. Étant donné que Dave et moi adorons cet album or étant donné qu’AFM Records ne lui a jamais donné sa chance, j’ai presque envie de l’offrir au public dès que j’aurai récupéré mes droits. C’est un de ces très bons albums que personne n’écoute jamais. Le son est très bon ; le son de guitare est le meilleur que j’ai jamais eu et je ne pense pas que j’en aurai un jour un aussi bon ! Et le chant de Dave Padden sur cet album est incroyable. C’est ce qu’il y a de bien, quand on est artiste : parfois on écrit de très bonnes chansons, et parfois des chansons merdiques. Parfois on écrit des chansons moyennes, parfois des chansons qui deviennent des classiques. Ça arrive à tous les groupes. Sur ce nouvel album, nous avons réussi quelque chose de spécial, mais nous n’avons jamais essayé de l’obtenir. On ne peut pas forcer ce genre de chose, cela doit arriver tout seul. Plusieurs choses doivent être à la bonne place et s’emboîter correctement pour créer un album spécial. Et par rapport aux anciens albums, celui-ci est très spécial.

Pour la première fois dans la carrière d’Annihilator, le logo du groupe est absent de la pochette de l’album. Au lieu de cela, le nom du groupe est gravé sur le front d’une jeune fille cadavérique. Pourquoi avoir choisi d’abandonner le logo ?

Beaucoup de choses étaient différentes, cette fois. L’album est éponyme, il n’y a pas de logo, comme tu l’as souligné, et il s’agit du 13è album studio d’Annihilator, alors j’imagine qu’il y a une part de superstition ! (Note : en français dans le texte). Je suis né le 13 février 1966 à 13 heures. C’est une drôle de coïncidence que cet album semble différent des autres. La pochette représente une Alice fantomatique.

Tu es né le 13 février ? Ce n’était pas un vendredi, par hasard ?

Je ne sais pas si c’était un vendredi. Mais j’aimerais bien le savoir, alors je vais jeter un ?il dans des livres d’histoire. Ce serait génial !


(A propos de la pochette du dernier opus) « C’est venu d’un rêve que j’ai fait : j’avais l’impression de voir Linda Blair dans l’Exorciste. J’ai rêvé d’une fille debout au pied de mon lit, qui flottait à 50 centimètres du sol. En me réveillant, j’ai envoyé un mail à l’artiste qui fait les pochettes.»

Qui est cette fille sur la pochette ? Alison Hell, peut-être ?

C’est venu d’un rêve que j’ai fait : j’avais l’impression de voir Linda Blair dans l’Exorciste. J’ai rêvé d’une fille debout au pied de mon lit, qui flottait à 50 centimètres du sol. En me réveillant, j’ai envoyé un mail à l’artiste des pochettes pour lui dire : « Il faut que tu dessines un fantôme malveillant et un peu satanique, comme une version fantomatique d’Alice. Elle est morte, mais elle continue de nous hanter. » Je pensais que ce serait drôle, mais au final, ça fait très death metal ! C’est vraiment une pochette effrayante !

Qu’est-ce qui la met tellement en colère ?

Je ne sais pas, j’imagine qu’elle est en colère parce qu’elle est morte ! Ou alors elle est furieuse contre tous ces groupes de poseurs ! (rires)

Pour être honnête, la première fois que j’ai vu l’artwork de l’album, j’ai pensé : « On dirait qu’Annihilator est en train de changer ». Je pensais vraiment entendre un nouvel Annihilator, plus moderne, peut-être. Mais en écoutant l’album, j’ai entendu ce qu’Annihilator faisait de mieux, quoiqu’un peu plus agressif que d’habitude. L’idée d’enregistrer un album de metal moderne t’a-t-elle jamais traversé l’esprit ?

Non. Cet album est plus agressif à cause du mix que j’ai obtenu, et parce que le chant de Dave Padden est plus brutal. Le public pense par conséquent que l’album est plus heavy qu’il ne l’est réellement. Le premier titre est pratiquement un modèle de heavy metal mélodique, mais le son est très heavy et thrash. La musique est plus mélodique, mais le chant et le mix sont très thrashy. Tout ce que j’aime !

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Au cours de notre interview de 2007, tu déclarais écrire énormément et finir la journée avec de quoi faire au moins deux albums…

Oui, j’ai toujours beaucoup de riffs – mais pas ces derniers temps. Parfois, quand je suis chez moi ou en tournée, je peux m’enfermer au studio ou à l’arrière du tour bus, écrire une vingtaine de riffs en deux heures. En repassant dessus plus tard, je me débarrasse de ceux qui sont mauvais, je garde les quatre ou cinq bons riffs, je potasse encore un peu dessus et au final, je me retrouve avec deux ou trois excellents riffs. Si on fait ça tous les jours, on se retrouve facilement avec quatre heures de riffs ! J’ai de quoi écrire une vingtaine d’albums ! Écrire des riffs, c’est bien, car c’est la base de tout. Mais le plus important, c’est la façon de les agencer. Des riffs géniaux peuvent former une mauvaise chanson ; il faut donc prendre le temps de les agencer correctement.

As-tu utilisé du matériel datant de la session Metal, ou ne voulais-tu que des éléments neufs ?

L’un des riffs présents sur Metal ressemble beaucoup à un autre, que l’on retrouve cette fois sur un album appelé All For You ! J’ai oublié de quel titre il s’agissait, mais Dave m’a fait remarquer que c’était pratiquement le même riff. Parfois, on entend un riff et il reste gravé dans votre esprit jusqu’à la fin des temps. Pour un groupe, ce doit être facile d’écrire le même riff encore et encore sous prétexte qu’ils l’adorent. Mais il faut continuer à écrire, faire des choix – et faire les bons, si possible.

Parfois, quand je reviens sur un riff, je me rends compte qu’il est dans la même veine que quelque chose que j’ai écrit il y a 15 ans. Il m’arrive d’écrire quelque chose et de me dire : « Oh, on dirait le Garage Days de Metallica ! » Je suis un grand amateur de musique, et il arrive parfois que j’écrive quelque chose qui ressemble à du Slayer, par exemple. Dans ce cas, je dois prendre une décision : si j’aime vraiment le riff, dois-je le garder et prendre le risque de passer pour Slayer, ou dois-je tout simplement m’en débarrasser ? Certains de mes riffs ressemblent à Iron Maiden, Priest ou AC/DC. La raison, c’est que je suis un grand fan de ces groupes.

Il y avait un certain nombre d’invités sur Metal. Tu n’avais pas envie de retenter l’expérience, en particulier avec Dave Mustaine, que tu n’avais pas pu avoir sur Metal en raison de son emploi du temps chargé ?

Dave et moi sommes amis depuis maintenant six ans, et j’adorerais écrire quelques chansons avec lui. Nous avons toujours dit que nous le ferions quand nos emplois du temps nous le permettraient, pour écrire de la musique en dehors d’Annihilator. Je suis certain que ça se fera, mais pour l’instant, nous n’avons pas le temps. Dave est en tournée, et moi je suis en Europe. Nous avons également évoqué la possibilité qu’Annihilator parte en tournée avec lui en Europe, j’espère que ça se fera. Concernant cette histoire d’invités, je n’avais tout simplement pas envie de remettre ça. J’ai passé un très bon moment avec tous ces musiciens sur Metal ; c’était un honneur pour moi de jouer avec eux et j’espère que c’était réciproque. Mais aujourd’hui, il est temps de sortir un nouvel excellent album d’Annihilator !

Il semblerait que Dave Padden soit de plus en plus impliqué dans le groupe. Il joue maintenant de la guitare en plus de chanter ; quant à toi, tu chantes également sur certains titres. Vous formez vraiment le duo parfait…

En 2002 ou 2003, Dave n’était encore qu’un nouveau chanteur sans expérience. Mais je lui ai donné sa chance car je savais qu’il aimait les nouveaux styles du metal, qu’il était aussi un grand fan d’Halford, Dickinson, Slayer et Hetfield. Il avait une bonne connaissance de la musique et c’était aussi un bon guitariste. J’ai pensé que c’était précisément le genre de gars dont j’avais besoin. Au début, beaucoup de fans ne l’aimaient pas et ne lui ont pas donné sa chance, ce que je peux comprendre. Mais Dave n’a jamais baissé les bras, et cette situation ne l’a pas déprimé. Il a fait exactement ce que j’aurais fait : il s’est battu et il a survécu, il a travaillé dur et il a essayé de s’améliorer. En huit ans, il est passé d’un chanteur inexpérimenté à un chanteur-guitariste-frontman capable de jouer devant 30 000 personnes et d’électriser les foules. C’est aussi un très bon atout en studio. La question ne se pose pas, Annihilator est désormais le groupe de Jeff Waters et de Dave Padden.

Participe-t-il au processus de composition, par exemple ?

Il écrit des paroles pour chaque album. Certaines personnes vont s’asseoir en studio pour écrire des chansons et sont créatifs en permanence – ça, c’est moi. Dave n’est pas comme ça. Il aime sortir, s’amuser, faire la fête et être avec ses amis ; là où il vit, il a même un autre travail. Nous avons des personnalités complètement opposées. Quand je suis à la maison, j’aime rester en studio et travailler ; lui préfère sortir et sociabiliser. Le seul moment où il peut écrire des chansons pour moi, c’est quand je le fais venir dans mon studio, à Ottawa, au Canada, et que je lui dis : « Voilà deux ou trois chansons, maintenant, tu écris les paroles ! » Je dois le forcer, mais il fait ça très bien. Il lui manque juste l’impulsion.

À la fin du disque, on retrouve une reprise de « Romeo Delight », une chanson de Van Halen. C’est un choix surprenant pour un groupe de thrash. En fait, peu de groupes se risqueraient à reprendre Van Halen, surtout en raison de l’incroyable talent de guitariste d’Eddie. Est-ce le défi qui t’a motivé à reprendre ce titre ?

Je ne voulais pas reprendre une chanson que j’aimais, mais plutôt une chanson qui avait bouleversé ma carrière, ou mon jeu de guitare, ou ma direction musicale. Cet album de Van Halen, Women And Children First, en 1980, a eu une immense influence sur ma carrière de guitariste. En 1980, « Romeo Delight » était une chanson particulièrement heavy. Bien sûr, aujourd’hui, c’est plus un titre rock avec des guitares extraordinaires et David Lee Roth, mais en 1980, c’était très heavy et agressif. C’est ce qui m’a fait découvrir des groupes comme Judas Priest, Black Sabbath et Iron Maiden. Cette chanson m’a beaucoup influencé et c’est la raison pour laquelle je l’ai reprise. Reprendre une chanson du meilleur guitariste du monde ne m’inquiétait même pas. Je suis un grand fan, j’adore Eddie et j’adore son jeu, et je me suis beaucoup amusé avec cette reprise.


(A propos de la reprise de «Romeo Delight») « Je ne voulais pas reprendre une chanson que j’aimais, mais plutôt une chanson qui avait bouleversé ma carrière, ou mon jeu de guitare, ou ma direction musicale. Cet album de Van Halen, Women And Children First, en 1980, a eu une immense influence sur ma carrière de guitariste.»

Sur cette reprise, le son de guitare est très différent du reste de l’album. L’objectif était-il de te rapprocher du son de Van Halen ? Tu vas même jusqu’à utiliser le célèbre phaser de Van Halen…

En 1980, Eddie n’utilisait qu’une seule guitare. Généralement, il y a une guitare à droite et une à gauche ; Eddie n’en avait qu’une. J’ai essayé de copier cette idée, ce style de production. J’ai également utilisé les mêmes pédales que lui. Je collectionne tout ce qui se rapporte à Van Halen, comme des chaussures, des guitares, des pédales… J’ai seulement voulu m’amuser, c’était très sympa.

On dirait que tu t’es vraiment éclaté à enregistrer cette reprise ! Pourquoi avoir fait si peu de reprises, dans ta carrière ? La seule dont je me souviens est un titre de Judas Priest…

Nous n’avons jamais rien enregistré sur nos CD officiels, mais nous avons repris le titre « Hell Bent For Leather » de Judas Priest sur notre EP Set The World On Fire, en 1993. Nous avons aussi repris une chanson d’AC/DC pour un album live. C’est notre première reprise sur un album officiel et c’était une bonne expérience. Ce sera sans doute la dernière reprise à apparaître sur un CD officiel d’Annihilator. Un jour, quand je serai très vieux, je ferai peut-être un album de reprises, mais pas tout de suite. « Romeo Delight » signifiait beaucoup pour moi et je me suis bien amusé.

Lorsqu’on écoute les albums d’Annihilator, et surtout celui-ci, on se rend compte que tu mets énormément de créativité dans tes solos, mais également dans les parties rythmiques. C’est également le cas chez Van Halen. Peut-on dire que tu es le Van Halen du thrash ?

Si je disais oui, j’aurai l’air d’un trou du cul ! Même s’il y a effectivement un point commun : Van Halen était très bon en guitare rythmique, en guitare solo et en écriture. Dans ma propre branche et à ma façon, je suis bon en rythmique, en solo et en écriture. Même chose pour Michael Amott. Beaucoup de guitaristes n’ont que deux de ces qualités, et pas les trois. Hetfield, par exemple, est très bon en écriture et en rythmique, mais ce n’est pas un grand soliste. Glen Tipton est l’incarnation de ces trois qualités : il écrit de merveilleuses chansons, il shredde très bien et il est excellent en rythmique. Mais rares sont ceux qui réunissent ces trois qualités. Donc oui, il y a peut-être une similitude !

Étant donné que l’album était prêt il y a déjà un an, j’imagine que tu as eu le temps de composer pour le prochain. Peut-on s’attendre à une suite rapidement ?

Je me suis contenté d’écrire des riffs, je n’ai pas encore agencé les chansons. J’ai deux ou trois choses de prêtes, mais pour l’instant, je suis accaparé par la promotion du nouvel album, la préparation de la tournée et le line-up du groupe. Lorsqu’il sera à nouveau temps de composer, je n’aurai que l’embarras du choix, je ne m’inquiète pas.

Peut-on espérer une tournée en tête d’affiche, cette fois ?

On l’espère, peut-être en septembre. On verra comment ça se passe.

Depuis 1993, tu as des difficultés à promouvoir Annihilator en Amérique du Nord. As-tu l’impression que les choses sont en train de changer ?

En fait, je n’ai jamais vraiment essayé ! Au Japon et dans la plupart des pays d’Europe, nous avons pas mal de succès. Je n’ai jamais vraiment essayé de refaire mon trou aux États-Unis. Et quand on n’essaie pas, on ne risque pas de réussir ! C’est ma faute. Si le public voulait que je retourne aux États-Unis, je le ferais sans hésiter ; c’est un pays magnifique, avec beaucoup de bons groupes, et j’y ai beaucoup d’amis. La vérité, c’est qu’on ne m’a fait aucune vraie offre. Nous verrons.

Entretien réalisé en avril 2010 par phoner

Site Internet Annihilator : www.myspace.com/annihilatorofficial




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  • Un seul mot : excellent !
    Une question : la réponse sur le côté merdique du business aurait-elle été soufflée par un mec qui écrirait un blog dans le coin ? 😉
    Une autre question : un label avec un décés, un label avec une faillite, un artiste dont la naissance flirte avec le 13, que font Mulder et Scully ?

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