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Live Report   

Annihilator : la joie au coeur du chaos


Annihilator, c’est en quelque sorte le porte-drapeau du metal canadien, un étendard dressé haut vers le ciel afin d’attirer vers lui les regards. Mais plus qu’un simple représentant du Canada, Annihilator est une référence du thrash metal, qui, à bien des niveaux, rappelle que le meilleur du thrash ne s’est pas uniquement fait que du côté de la Bay Area de San Francisco. C’est donc normal de voir, devant le Ninkasi Kao lyonnais en ce 20 octobre, une telle foule, qui plus est variée, brassant différentes époques, différents styles, différents âges. Après tout, comment refuser une telle affiche ? Annihilator en terre lyonnaise, ce n’est pas tous les jours que l’on voit ça.

Mais avant de profiter du thrash des Canadiens, le Kao fera une halte – après celle au bar – en pays scandinave en compagnie de The Generals. Un croisement death/thrash qui fera bouger les premiers corps, histoire de se mettre dans le tempo et surtout de profiter au maximum de cette belle mais fraîche soirée.

Artistes : AnnihilatorThe Generals
Date : 20 octobre 2013
Salle : Ninkasi Kao
Ville : Lyon

The Generals : un manque de diversité regrettable.

The Generals a eu la bonne idée, afin de s’attirer les faveurs d’un public déjà conséquent, de préciser qu’ils venaient de Karlstad, en Suède. Il faut croire que les groupes scandinaves ont toujours de bonnes faveurs de ce côté de l’Europe et restent perpétuellement respectés quand bien même leur musique n’est pas à tomber à la renverse. Et tel est le cas de cet apéritif en demie teinte, croisant thrash et death metal à la manière d’un Revocation. The Generals, c’est une musique percutante, ponctuée de nombreux blast-beats et riffs d’acier. C’est une basse inaudible mais que l’on soupçonne suivre, sans trop de risque, la guitare. C’est une grosse charge d’énergie qui malheureusement s’essouffle bien vite.

Les Suédois n’ont que trop peu de nuances et de diversités à leur cartouchière pour agrémenter des compos qui finissent, inévitablement, par se ressembler les unes les autres. Non seulement il faut, comme à l’accoutumée, un temps d’adaptation à la première partie (souvent une vraie découverte venue d’on ne sait où) mais il est évident que l’auditeur, passé le cinquième titre, comptera les minutes avant l’heure présumée pour la tête d’affiche. Surtout si la musique du groupe finit par elle-même se mordre la queue. Et hormis la clique de pogoteurs qui se fait déjà les jambes, le reste du Kao regarde passivement passer ce show. Il faut cependant préciser que le son, relativement brouillon, n’aura pas rendu hommage aux compos de la formation.

Le savoir-faire canadien : Annihilator.

Après un court extrait sonore de L’Exorcisme d’Emily Rose en guise d’introduction, ouvrir le bal par un titre aussi connu et apprécié que « Alison Hell » ne pouvait que conduire à un seul constat : l’assurance de voir le public rugir d’une seule et même voix toute sa joie la plus sincère. La foule est compacte. La salle du Kao est même plus que remplie, et c’est un grondement d’applaudissements qui accueille les Canadiens avec cette entame qui a instantanément mis le public à la botte de Waters et ses comparses. Le groupe n’est pas là pour se la couler douce, surtout après l’accident de la route, la veille, qui obligea la formation à annuler sa date de Barcelone. Ainsi, la machine Annihilator est lancée, sans retenue, sans mise en garde, directement au visage d’une audience mixte et hétéroclite. « W.T.Y.D. » vient surenchérir ! Effet tout aussi spontané que pour « Alison Hell ». Le public est connaisseur et, plus que de simples curieux, majoritairement constitué de fans de la formation. De quoi rendre le concert d’autant plus intense. Car le lien entre ce public et le groupe sera une composante essentielle de ce show.

Si la virtuosité d’Annihilator n’est plus à prouver – bien qu’elle sera démontrée tout au long du concert, pour ceux qui en auraient douté – la formation n’en demeure pas moins un groupe de thrash qui sait faire siffler du riff brut et efficace à vos oreilles. « Set The World On Fire  » voit ainsi le public bouger dans tous les sens. Le pogo déchire la foule alors que les riffs appuyés par un son bien chaud et particulièrement clair viennent secouer les cages à miel des moins enthousiastes à l’idée de bouger. Mais au devant d’une telle honnêteté scénique et d’un Jeff Waters aux multiples expressions faciales qui vous décrocheront, au moins, un sourire, difficile de ne pas éprouver une forte sympathie pour la formation. Le travail est plus qu’appliqué et la setlist a des allures de best-of. Exemple avec cet enchaînement « Refresh The Demon » et « Never, Neverland ». Toutefois, concernant cette setlist, Waters nous avouait récemment : « Ce sont des chansons que Dave et moi avons décidé vouloir jouer en concert pendant la prochaine année et demie. Il y a donc certaines chansons là-dedans qui ne seraient pas vraiment sur un album best-of et, si ça avait été un album best-of, alors il manquerait quelques grands classiques. » Mais qu’importe si quelques titres sont ici oubliés ! Le duo Waters/Padden est symbiotique et tient ce show d’un bout à l’autre d’une main ferme. Après dix ans de collaboration, il est indéniable que Dave Padden a apporté à Annihilator un nouveau visage. Les deux guitaristes se renvoient la balle à tour de rôle, tandis qu’Al Campuzano (basse) et le jeune Mike Harshaw (batterie) assurent une section rythmique sacrément calée. La moitié du concert est franchie à grands pas et il est dur de trouver quelconque reproche à faire à l’égard des Canadiens. « No Zone », « Carnival Diablos » et « Fiasco » sont envoyés successivement au nez du public. Celui-ci bouge encore et chante.

Dave Padden (Annihilator) : « Ah Grougrou ! ».

D’ailleurs niveau chant, Dave Padden doit redoubler d’efforts à chaque fois qu’il faut un tant soit peu pousser la voix. La raison à cela est qu’il souffre d’une vilaine crève. Comme nous l’explique Waters avant le medley acoustique « Phoenix Rising », « Sounds Good to Me » et « Snake In the Grass », demandant à son auditoire d’être indulgent envers son acolyte. Mais bien que malade, Padden ne laissera rien le déstabiliser et sa voix résonne avec justesse alors que les efforts semblent définitivement nombreux pour atteindre ce niveau d’exigence. D’autant plus qu’au cours du show, le guitariste se sera battu avec une guitare capricieuse. Des couacs infimes qui ne parviennent pas à déstabiliser le groupe.

Après une accalmie que certains considéreront comme méritée suite à ce petit tour d’horizon de titres acoustiques (et solo de batterie anecdotique), la machine Annihilator reprend sa marche, plongeant enfin les mains dans sa dernière œuvre : Feast. Ce qui est véritablement surprenant, avouons-le. Alors que le combo tourne actuellement pour promouvoir cette nouvelle galette, celle-ci, en live, n’est qu’infimement représentée. Pourtant, un « No Way Out » sur scène, ça a le don de secouer les oreilles. Et le public s’est, vraisemblablement, déjà bien approprié ce nouveau disque. Aussi bien sur les nouveaux titres que sur les plus anciens, l’alchimie entre le groupe et son public fonctionne à merveille.

Annihilator, distributeur officiel de sourire depuis 1984.

Toujours tout sourire, le combo distribue, non sans une certaine malice, ses brûlots thrashy et groovy. L’intensité n’est pas tombée… Bien au contraire, le concert défile encore plus vite qu’en début de soirée. L’engrenage est en place depuis un moment, or la foule ne fait que ressentir l’extase. Le trip est lentement monté au cerveau. « Smear Campaign » et « Time Bomb » relancent les hostilités dans la fosse alors que certains individus désormais bien imbibés commencent à bouger tels des pantins désarticulés. Le son, qui aura été idéal tout au long de la prestation, fait vibrer la chair avec « Ambush » et « Deadlock ». Toutes deux égales à une paire de baffes respectivement tirées sur la joue gauche, puis sur la droite. La face encore rougie par les deux claques fraîchement assénées, le public s’époumone afin de faire revenir le groupe sur scène. Celui-ci ne se fait pas attendre. « Ultra-Motion » en premier rappel, « King Of The kill » en second, et voilà un concert plié. Pas encore sorti de la salle, voilà déjà la nostalgie qui pointe le bout de son nez. Faut-il croire qu’Annihilator a offert une prestation de haut vol, ce soir, à Lyon ? Assurément !

Setlist d’Annihilator : (source Setlist.fm)

Intro
Alison Hell
W.T.Y.D.
Knight Jumps Queen
Reduced to Ash
Set the World on Fire
Refresh the Demon
Never, Neverland
No Zone
Carnival Diablos
Fiasco
Bliss
Second to None
I Am in Command
Phoenix Rising / Sounds Good to Me / Snake In the Grass
No Way Out
Smear Campaign
Time Bomb
Ambush
Deadlock

Rappels :

Ultra-Motion
King of the Kill

Photos : Spaceman

A voir également :

Galerie photos du concert d’Annihilator
Galerie photos du set de The Generals



Laisser un commentaire

  • J’étais au concert de Savigny-Le-Temple c’était également une tuerie! Impatient de les retrouver pour la 3eme fois au Hellfest l’année prochaine!

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  • Je n’y étais pas, mais de voir Alison Hell en tout début de set me réjouis. La chanson que tout le monde connait/attend dès le départ et ce sont les autres titres qui y gagnent !
    Ps : Ultra-motion en rappel ? Fort, très fort.

    [Reply]

  • excellent concert , 2 h de show , Gojira devrait en prendre de la graine avec ses 1h10 au compteur au transbo au moins de mai dernier.

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