ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Annihilator : Thrash Palace


Artistes : AnnihilatorSworn AmongstAdimiron
Lieu : Never Neverland
Salle : The Fun Palace
Date : 05-10-2010

Les Canadiens d’Annihilator n’ont pas joué en tête d’affiche sur le sol français depuis le 15 mai 2002. Le groupe est venu en première partie d’Iced Earth (2005), puis Trivium (2007) et enfin au Hellfest l’année dernière. Entre temps, les albums se sont succédés et malgré une relation privilégiée avec l’Europe, la bande à Jeff Waters commençait à nous manquer dans un concert avec une durée digne de ce nom.

Avec les Italiens d’Admiron et les Anglais de Sworn Amongst dans ses bagages, Annihilator ouvre son tour 2010 à Paris.

Pas vraiment connu du public parisien, Adimiron présente son thrash metal sans trop d’originalité avec une certaine conviction. Les riffs sont assez répétitifs et peu distincts, le chant est typé hardcore, ce qui n’est pas le cas en studio. Les morceaux s’enchaînent, aérés par quelques plages mélodiques plus ou moins longues. Un léger contact s’instaure avec le public, mais l’accueil restera poli.

Sworn AmongstSworn Amongst monte sur scène avec un air d’en découdre plus prononcé, surtout en ce qui concerne Liam Frank Liddell (chant/guitare). La moyenne d’âge tourne autour de la vingtaine, et le style musical se veut thrash mélodique. Cette fois les riffs sont francs et massifs, les chœurs vindicatifs, et le rythme soutenu. Le groupe ne se démarque pas par des compos hyper originales, mais leur force de persuasion et l’aspect accrocheur de certaines parties rendent le tout plus plaisant comme, par exemple, sur les morceaux « Crimson » et « Darkness » du dernier album, Severance (2010). Leur motivation n’est pas à remettre en cause et le succès qu’ils connaissent actuellement n’est pas usurpé. Le style est propre et carré, et il existe un public pour ce thrash sans fioriture avec un gros son moderne. Paris a d’ailleurs voté pour. La mission de chauffer la salle est bien remplie.

En moins d’un an, Annihilator se retrouve devant deux configurations extrêmes avec la foule conséquente du Hellfest en juin dernier et la petite configuration du Divan du Monde en ce mardi 5 octobre 2010. Le balcon de la salle n’est pas ouvert, mais comme le disait Bobby « Blitz » Ellsworth d’Overkill lors de leur dernier passage à Paris à la Loco, il vaut mieux une foule éparse qui connaît bien le groupe. La foule de ce soir en aura sûrement valu deux tant l’ambiance était au rendez-vous.

Dave Padden (Annihilator)Dave Padden (chant/guitare) arbore un t-shirt « Lucky 13 » comme pour aller dans le sens de la vague d’engouement pour le dernier et treizième album du groupe, Annihilator. « Ambush », morceau dudit album débute le show et les mouvements de foule ne se font pas attendre. Le son est très bon, le groupe ne demandera quasiment jamais une augmentation ou une diminution dans les retours. L’ambiance est excellente, et Jeff Waters (very special guitar/chant) n’aura de cesse de sourire entre deux mimiques watersiennes.

Les cinq premiers morceaux sont rapides (cf setlist en fin d’article) et possèdent tous LE riff qui accroche et sont mâtinés d’une rythmique bétonnée. Le public reprend facilement les refrains encouragés par les deux frontmen.

La cadence s’alourdit sur « The Box » qui voit Jeff Waters prendre le micro, tout comme ça sera le cas plus tard sur « Hell is a War », déterré en 2010, « WTYD », « Tricks and Traps » et « 21 ». Lui qui trouve cet exercice physiquement difficile, il s’en tire plutôt bien. Le groupe propose des morceaux aux tempos variés (« Hell is a War », « Time Bomb ») avant de donner raison à l’assertion de Jeff Waters selon laquelle les Français aime le thrash-speed metal avec le morceau grande vitesse « Ultra Motion ».

Jeff Waters (Annihilator)Les pogos reprennent de plus belle avec quelques slams en bonus. Le guitariste en profite pour aller taper dans la main des fans du premier rang en adéquation avec des coups de cymbales. Et ce n’est pas la suite qui stoppera la mesure. « Set the World on Fire » et « Welcome to Your Death », annoncé comme « The Fun Palace » par Dave Padden qui ne se démonte pas lorsque Jeff lui fait « gentiment » remarquer qu’il a merdé sur ce coup, sont comme deux coups d’obus placés stratégiquement au milieu du set. Avec leurs riffs reconnaissables entre mille, l’ambiance est à son comble. Avant un prochain classique, « The Fun Palace », Annihilator exécute un morceau du dernier album, « The Trend » avec une intro qui sonne déjà comme un classique. Bombardée de soli, la chanson possède une structure typique d’Annihilator avec des coupures de rythme qui tendent vers des ambiances malsaines avant de reprendre sur un riff simple et efficace. Une recette maintes fois utilisée, et toujours aussi percutante.

Alors que la soirée est déjà bien avancée et largement satisfaisante, les Canadiens ouvrent une page acoustique avec un medley pertinent, à savoir la magnifique ballade « Phoenix Rising » et le morceau « Sounds Good to Me » du même chef-d’œuvre qu’est Set the World on Fire (1993). Jeff, Dave et Al (à la basse) s’assoient et entame ce mélange qui ravit les fans en se partageant le chant. L’occasion de constater à nouveau que Dave est un excellent chanteur, autant dans le registre agressif qu’en chant clair. Comme pour se débarrasser d’un préjugé tenace, il rappelle que ce n’est pas la peine de venir lui rappeler que les metalleux ne savent pas chanter… Et le public de prendre le compliment dans sa poche.

Annihilator a décidé de surprendre les fans, comme tout au long de sa carrière. Jeff Waters réserve le traitement à venir aux fans les plus hardcore du groupe. Exhumé de l’album Remains, le groupe décide de rendre justice au morceau « Tricks and Traps » qui, selon le mainman, n’aurait pas été joué depuis 1997, date de l’album. Son riff faussement positif à la Anthrax fait bien son effet en live.

Al Campuzano (Annihilator)Après avoir présenté le groupe avec le remuant et efficace Al Campuzano à la basse, le batteur au visage de pierre qui ne sourit jamais, Carlos Cantatore, et le frère d’arme depuis 8 ans, Dave Padden, le concert se termine sur un classique du groupe « Phantasmagoria » précédé de l’intro « Bliss ».

Le groupe se retire mais les fans savent pertinemment que la leçon de thrash n’est pas terminée. Tout le monde attend la venue d’Alice, qui se fera attendre avec le non moindre « 21 », pas piqué des vers ! Et lorsqu’enfin « Alison Hell » résonne, le public exulte et Annihilator termine en beauté un concert mémorable. La bonhomie et le français de Jeff Waters, sa réelle complicité avec un Dave Padden confiant (il monte sur les amplis pendant « 21 ») et en voix sont des conditions qui ont participé à donner à un public remonté un excellent concert de metal.

La setlist, critiquée par les uns en raison du choix d’un grand nombre de nouveaux morceaux, très satisfaisante pour ceux qui voient la justesse du thrash de Jeff Waters, ne laisse donc pas indifférente. Et si les fameux nouveaux morceaux ne plaisent pas à tous en studio, la scène est là pour remettre les pendules à l’heure : Annihilator est un groupe sous-estimé d’un côté, encensé à juste titre de l’autre et il n’empêche qu’il y a encore une bonne poignée de fans prêts à suivre le groupe dans sa vision du metal. Il ne reste plus que vous pour vous engager sur cette voie et il n’est pas trop tard !

Setlist Annihilator :

Ambush
Clown Parade
Plasma Zombies
King of the Kill
Betrayed
The Box
Hell is a War
Time Bomb
Ultra Motion
Set The World On Fire
Welcome To Your Death
The Trend
The Fun Palace
Acoustic Medley : Phoenix =rising/Sounds Good to Me
Tricks and Traps
Bliss/Phantasmagoria

Rappels :

21
Alison Hell



Laisser un commentaire

  • Richard Metal dit :

    Caliss de tabarnak!! y vienent d’icitt ciboire pis ya pas moyen de les voir en show chez nous! Faut craire que l’herbe est vraiment plus verte chez le voisin..
    Phoenic Rising sacrament!
    R

    [Reply]

  • Ils sont pas venu l’année derniere au hellfest mais cette année

    [Reply]

    yep mea culpa; Je refais une référence au Hellfest plus loin dans l’article avec la bonne date =)

  • J’ai eu l’occasion de les voir ce vendredi, donc le 08/10, au Luxembourg (être frontalier avec l’Allemagne et le Luxembourg est une bénédiction pour les concerts – Scorpions, Fear Factory,Kreator/Exodus – dans les semaines à venir !) et votre report pourrait s’appliquer au concert que j’ai vu.
    Une ambiance énorme, un groupe au sommet de son art et proche du public (en prime dédicaces et photos en pagaille à la fin du show), avec des morceaux monstrueux en live.
    Une ambiance fantastique dans la salle ou tout le monde participait.
    Un concret parmi ceux que je ne suis pas prêt d’oublier…
    Vivement la prochaine tournée !!!!

    [Reply]

  • Anihilotor qui fait des premiéres parties ? C’est une blague ?

    [Reply]

    Margoth/RM

    Non, ça n’en est pas une… Il y a quelques années j’ai eu souvenir d’avoir vu l’affiche Trivium avec Annihilator en première partie. J’ose même pas dire à quel point j’étais effarée de lire un truc pareil! Quoique au moins Annihilator a dû donné quand même un peu d’intérêt à cette tournée (enfin, voilà, pour moi Trivium ne reste qu’un groupe arriviste sans âme. Ils délivrent une musique sympa mais pas transcendante non plus par rapport à leur popularité)

  • Arrow
    Arrow
    Judas Priest @ Vienne
    Slider
  • 1/3