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Live Report   

Apocalyptica en mode Metallica


ApocalypticaCela fait un peu plus de vingt ans que le premier album des violoncellistes d’Apocalyptica est sorti. Alors pour célébrer cet événement (et puisque c’est la mode des tournées anniversaire), le groupe finlandais est de nouveau venu rendre visite à Paris (après un passage au Zénith et au Download l’année précédente), au Grand Rex plus précisément, afin de jouer l’intégralité de son album Plays Metallica By Four Cellos. C’est d’ailleurs une soirée 100% Metallica que le groupe nous offrira lors de ce jour de Saint-Valentin puisque aucune des compositions personnelles du groupe n’aura été jouée. Histoire de nous faire patienter dans la salle, l’album Death Magnetic de qui vous savez passe en boucle. En effet, ce n’est pas le stand de merchandising, assez pauvrement fourni avec ses deux T-Shirts et son CD, qui pouvait faire passer le temps à l’audience !

C’est d’ailleurs une foule hétéroclite qui vient coloniser les sièges rouges du Grand Rex, cette grande salle qui distille une ambiance douce et intimiste. Au moins, tout le loisir nous est donné d’admirer les décors de palais orientalo-antique, entre sculptures et chandelles, lierre et colonnades, ainsi que la grande voûte bleue nuit constellée d’étoiles qui semble vouloir nous entraîner dans le mirage d’un soir d’été en des lieux lointains et des temps révolus. Les sens sont aiguisés, l’esprit préparé à l’émerveillement, et Apocalyptica peut ainsi entrer en scène et nous mener hors du temps.

Artiste : Apocalyptica
Date : 14 février 2017
Salle : Grand Rex
Ville : Paris [75]

Apocalyptica (Zénith, Paris 2015)

Il est 20h10 quand le groupe arrive en scène avec pour l’occasion le retour d’Antero Manninen, l’un des membres fondateurs d’Apocalyptica afin de compléter ce set des quatre violoncellistes de l’Apocalypse. Les lumières sont très sobres en ce début de concert, aucune couleur particulière n’est à noter excepté du blanc afin de créer de magnifiques contrastes de lumières entre les membres et leur fond de scène, plutôt sombre. Ainsi, cela donne souvent l’impression durant le set que le groupe n’est qu’une ombre chinoise. Et progressivement, surtout durant le second set, l’équipe technique se lâche en proposant au public des lumières qui arrivent de tous les côtés de la scène, offrant un dynamisme au set du groupe. Jouant tous les morceaux dans l’ordre de l’album, le quatuor fait une pause tous les deux morceaux afin de parler un peu avec son public français. Commençant son set par « Enter Sandman », et finissant sur « Welcome Home (Sanitarium) », sans oublier évidemment « The Unforgiven » ou « Sad But True ». Mais le morceau dont on retient le plus la performance est le culte « Master Of Puppets », titre légendaire qui a permis au public de chanter en chœur le refrain. Malheureusement, on perd une partie du côté acoustique de l’album lors de cette prestation live avec de gros effets de distorsion sur les violoncelles. Bien installé sur ces sièges d’un confort inouï, le public savoure cette prestation et réserve au groupe une standing ovation à chaque fin de morceau, et ce malgré le fait que la salle ne soit pas entièrement remplie.

Côté scène, il est malgré tout à noter l’art du détail qui est poussé jusqu’à la correspondance entre l’esthétique de la pochette de l’album original et celle de la mise en scène du live. Nous retrouvons le même graphisme et la même épure. Chaque violoncelliste prend place dans un carré, et le jeu d’ombre et de lumière évoqué plus haut, entre notes délicates et agressives, peut commencer. Le spectacle est complet, lumières et musique se répondent et se magnifient l’une l’autre, de la projection sur une toile en arrière-plan des ombres des musiciens passionnés, presque en transe, à l’hystérie des lumières vibrantes, voire crépitantes, accompagnants les rythmes les plus endiablés. Tout en nuances, ce set révèle la virtuosité de la réinterprétation de ces titres si emblématiques qui gardent alors toute leur familiarité tout en prenant un autre visage sur lequel est apposé le sceau d’Apocalyptica. Ainsi, s’associe à la perfection la douceur et l’harmonie attendue du violoncelle à toute la puissance furieuse que les artistes maîtres de leur instrument peuvent lui donner.

Apocalyptica (Zénith, Paris 2015)

Dans cette performance live de l’album, il faut souligner que nous n’avons pas devant nous un exercice solo ou chacun des membres doit juste apprendre sa propre partition du titre joué. Il n’y a ainsi pas celui qui va faire uniquement Kirk Hammett (même si la pédale wah wah est bien présente), ni celui qui va faire uniquement la voix de Hetfield. Chacun peut montrer des prouesses techniques durant les solos, même si tout le monde n’y mettra pas le même entrain dans son jeu. Antero, étant plus habitué à jouer avec un orchestre, est davantage statique, et sobre avec ses lunettes de soleil rondes, qu’il ne quitte jamais. Mais c’est aussi l’ambiance générale qui est donnée pour le premier set, avec cet aspect très propre et les membres assis sur leurs tabourets. Après avoir fini de jouer tous les morceaux de leur disque, Apocalyptica retourne en coulisses pour une vingtaine de minute d’entracte. Le temps également d’amener l’imposante batterie qui annonce un peu plus de variété musicale, en compagnie de Mikko Sirén le batteur du groupe.

Ce dernier ouvre avec « Fade To Black » et dès les premières notes jouées par Mikko à la batterie, on se rend compte de ce que la batterie apporte à la composition du groupe qui va vite gagner en dynamisme et en relief. L’entrée de la batterie sonne bien comme l’avènement du « rock show » digne de ce nom et revendiqué par Perttu qui se lève durant la partie plus heavy de « Fade To Black » pour nous souhaiter la bienvenue au concert rock d’Apocalyptica, en rappelant que cela voulait dire que nous étions libres de nous lever et de bouger. Il n’en fallait pas plus pour que tout le Grand Rex se lève, pour certains bien obligés afin de ne pas se voir obstruer la vue par un voisin de devant en pleine séance de headbanging. Et ce n’est pas l’endiablée « For Whom The Bell Tolls », parée de rouge, qui pourra démentir le propos de Perttu. Comme dans le set précédent, le concert oscille entre douceur lancinante et mélancolique, et violence metal, d' »Until It Sleeps » à « Orion ».

De même, les lumières jouent une nouvelle fois tout leur rôle en mettant en valeur le violoncelle à tête de mort d’Antero Manninen aux subtiles dorures et aux orbites creuses exhalant des volutes de fumée. Le second set constitue donc le réveil global du groupe qui cette fois-ci n’hésite pas à se lever pour motiver la foule et se dégourdir les jambes. Eicca et Perttu s’adressent régulièrement au public, headbanguent l’instrument à la main et haranguent la foule durant « Creeping Death » ou « Fight Fire With Fire ». Une setlist qui réserve quelques surprises, notamment le surprenant « Until It Sleeps » de l’album Load que l’on entend que rarement en live. Mais également « Escape », tiré de Ride The Lightning, non joué par Metallica depuis des lustres. Mais probablement que le plus grand coup de cœur de la soirée reste le célèbre morceau instrumental « Orion » joué dans son intégralité.

Apocalyptica (Zénith, Paris 2015)

Durant ses pauses, Eicca nous parle régulièrement de son lien avec Metallica, des premiers morceaux entendus, des premiers albums achetés, du premier album enregistré… Ah, que la nostalgie règne lors de cette soirée ! Et comme dans un concert de Metallica, le set se finit avec « Seek & Destroy », dont le refrain est chanté par tout le public encore une fois debout pour l’occasion. Mais bien évidemment, le groupe nous offre un rappel de deux morceaux, et quoi de mieux pour accompagner la Saint-Valentin que « Nothing Else Matters », morceau où tout le monde y va de sa plus belle voix pour reprendre en chœur le doux refrain et où les lumières se font des plus sobres. On voit même plusieurs couples dans la salle se prendre la main, ou s’enlacer durant le morceau, ce qui fait assez vite tomber la soirée dans des scènes assez clichées avec au programme briquets en l’air et ambiance guimauve. Cela aurait presque été un peu décevant de finir le concert avec cet aspect mièvre qui dominait la salle. Alors, afin de conclure efficacement, c’est « One » qui fait office de feu d’artifice final. Même si on aurait aimé moins d’effets dans les instruments lors du premier set, un son plus épuré et mieux équilibré, difficile de ne pas scander le refrain des classiques de Metallica avec le public.

S’il est probable que certains fans du groupe finlandais auraient aimé entendre une reprise de Sepultura, notamment « Refuse/Resist », l’audience a paru savourer cet événement ‘Spécial Metallica’ à sa juste valeur. D’autant plus qu’on remarquera que même avec des instruments drastiquement différents, Apocalyptica arrive sans peine à tenir la cadence de jeu rapide des compositions originales. « On vit des moments bien étranges en ce moment, alors prenez soin de vous et aimez-vous les uns les autres » : le message de paix et d’amour est passé. On laisse ainsi la salle avec plein de bonnes ondes dans les oreilles et de bons souvenirs en tête, dans un endroit où trop peu de concert de notre style sont organisés. Un set qui donne envie de se refaire toute la discographie de Metallica mais également de se poser confortablement et d’écouter Apocalyptica nous bercer.

Apocalyptica (Zénith, Paris 2015)

Setlist du premier set :

Enter Sandman
Master Of Puppets
Harvester Of Sorrow
The Unforgiven
Sad But True
Creeping Death
Wherever I May Roam
Welcome Home (Sanitarium)

Setlist du second set :

Fade To Black
For Whom The Bell Tolls
Fight Fire With Fire
Until It Sleeps
Orion
Escape
Battery
Seek & Destroy
Rappels :
Nothing Else Matters
One

Live reports : Matthis Van Der Meulen (avec Elena Delahaye)
Photos : Lost (Zénith, Paris 2015)



Laisser un commentaire

  • Vous savez si le concert du Hellfest fait aussi partie de la tournée des 20 ans de « Play Metallica… » ou si ce sera un concert plus traditionnel piochant dans l’ensemble de leur répertoire ?

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    Matt Hooper

    Hello. Apparemment c’est bien un live Metallica qui est prévu au Hellfest même si la setlist sera sûrement alléger.

  • « Bien installé sur ces sièges d’un confort inouï »
    Je n’étais pas à cette soirée, mais je suis déjà allé au Grand Rex plein de fois. Et la prochaine, installez-vous au balcon, et on reparlera du confort. 😉

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