ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Arch Enemy, amis de la scène


En tournée mondiale pour promouvoir son dernier album Khaos Legions, Arch Enemy est depuis toujours un groupe incontournable de la scène death metal mélodique suédoise. C’est cependant avec l’excellent album Doomsday Machine, sorti en 2005, qu’Arch Enemy est devenu un groupe majeur de la scène metal mondiale. Son emblématique chanteuse et frontwoman à la douce voix de démon, Angela Gossow, en était alors à son troisième disque avec le groupe et avait perfectionné son organe vocal tout en devenant un symbole de puissance féminine.

Depuis, le groupe suit son bout de chemin, sortant ses albums avec la régularité d’un métronome. Christopher, cadet cadet de la fratrie Amott, guitariste comme son grand-frère, a quitté la formation une première fois en 2005 avant de revenir deux ans plus tard en 2007 pour l’enregistrement de Rise Of The Tyrant. Deux albums plus tard, il a de nouveau quitté le groupe et a rapidement été remplacé par le tout jeune américain Nick Cordle, de seulement 26 printemps.

Ceci est donc son premier concert à Paris avec cette formation et le premier passage du groupe dans notre capitale depuis leur passage au Paris Extreme Fest en 2010. Et c’est à nouveau au Bataclan qu’ils se produisent en ce 21 octobre 2012, en compagnie des Canadiens de Titan’s Eve, des Allemands de Hackneyed et des Français de No Return.

Artistes : Arch EnemyNo ReturnHackneyedTitan’s Eve
Date : 21 octobre 2012
Salle : Bataclan
Lieu : Paris

Alors que de nombreux spectateurs piétinent encore dans la très longue file d’attente, s’étendant sur plusieurs centaines de mètres sur le trottoir devant l’entrée du Bataclan, Titan’s Eve entame son set. La salle se remplit petit à petit mais c’est en comité restreint que se passe le premier concert de la soirée. Ces quatre Canadiens proposent un death metal mélodique carré dans l’ensemble. Il y a quelque chose de convivial dans l’ambiance d’un Bataclan rempli au quart, les quelques personnes au premier rang encourageant le groupe en battant le rythme des morceaux. Bien que leur attitude scénique soit spontanée, elle semble très peu travaillée. Le frontman, généralement planté devant son micro semble assez peu à l’aise. Il parvient cependant à attirer la sympathie des metalleux parisiens en établissant un bon contact entre les morceaux. Les autres musiciens, quant à eux, restent également statiques pour la majorité du set. Ils achèvent leur prestation en remerciant Arch Enemy et en saluant Hackneyed, les prochains à arriver sur scène, avant de se faire prendre en photo devant leur public.

Hackneyed prend donc les rênes du Bataclan et attaque brutalement avec du gros riff tout en lourdeur et en cheveux secoués. Tenant leur scène de façon exemplaire, ils ne laissent aucun répit – qu’il soit visuel ou auditif – à l’audience. Le frontman, ne semblant pas maîtriser l’anglais à merveille, prend beaucoup moins souvent la parole entre deux morceaux. Il repose plutôt – et avec succès – sur la brutalité des morceaux (et ses quelques hurlements de cochon égorgé) pour mettre le feu à la fosse. En effet, la musique de Hackneyed est beaucoup moins mélodique que celle de Titan’s Eve. Elle est également beaucoup plus technique. Le batteur hors pair en marquera plus d’un par ses plans à la fois puissants, rapides et parfaitement maitrisés. La double-pédale un tantinet trop forte nous permet en effet de constater qu’il n’en met pas une goutte à côté. C’est la dernière date de Hackneyed sur cette tournée, nous apprend le frontman, il remercie tous les groupes avant d’achever le set sur un dernier morceau.

Place aux Parisiens de No Return. Bien qu’ils jouissent évidemment d’une certaine notoriété due au fait qu’ils jouent chez eux, l’énergie sur scène redescend d’un cran. Côté public, ça commence à se tasser et la fosse est désormais bien remplie. Une partie du balcon s’est même vidée, les spectateurs tenant à voir de plus près ce groupe qu’ils connaissent mieux. Leur death-thrash envoie du lourd mais quelque peu dépassé. Leur nouveau titre, commençant par un solo sur des arpèges de guitare claire renvoie au death des années 80 tandis que la façon dont le frontman s’adresse au public (en tutoyant le Bataclan presque rempli) manque cruellement de spontanéité. Le set se fait long et No Return finit avec un morceau tout droit issu de leur premier album, Psychological Torment, sorti en 1989.

A comme Anarchie. A comme Angela. A comme… Amour ?

Il est temps d’accueillir l’évènement de la soirée. L’avantage, pour un groupe aussi populaire, de passer aussi rarement à Paris est qu’il est systématiquement très attendu. La tension est palpable pendant le changement de plateau. Dans la fosse comme sur le balcon ça pousse, ça tire, ça se bouscule, on essaie de se faufiler entre les chevelus pour atteindre une meilleure place et profiter d’une bonne vue sur la scène. Les lumières s’éteignent et le public explose en acclamations. Une vidéo est projetée sur un petit rectangle blanc situé en haut du backdrop du groupe. Cette intro, figurant des images d’archives principalement de la Seconde Guerre Mondiale, enchaine sur l’entrée en scène des musiciens avec le titre « Yesterday Is Dead and Gone ». Ce dernier n’avait pas transcendé les fans du groupe lors de la sortie de Khaos Legions. Le verdict est le même en live : le public est content de voir le groupe sur scène mais le titre en lui-même reste fade.

Heureusement, la barre est rapidement redressée avec la cultissime « Ravenous » suivie de « My Apocalypse ». Le tout nouveau Nick Cordle à la guitare imite à la perfection le jeu de Christopher Amott, au point qu’on croirait voir ce dernier sur scène avec dix ans de moins. Sa flying V blanche fait écho à celle de Michael Amott, grise et mouchetée de sang, tandis qu’ils se posent de part et d’autre de la chanteuse, en formation serrée. La présence globale des musiciens est classique mais imprégnée du charisme inhérent au groupe. Angela Gossow maîtrise le public à chaque instant tandis que les deux guitaristes viennent régulièrement au contact. Le dinosaure à la basse, Sharlee D’Angelo, arpente les planches. Son imposante stature vient parfois se caler à l’avant de la scène, projetant son ombre massive sur la menue blonde au micro.

Michael Amott

Les morceaux s’enchaînent aisément et la setlist est ponctuée par le désormais célèbre solo de batterie (déjà présent sur les deux DVD live du groupe), par « Dead Eyes See No Future » et par l’enchainement des deux solos de guitare (dont « Intermezzo Liberté », le solo de Michael Amott déjà vu sur le DVD Tyrant Of The Rising Sun »). Avant « Cruelty Without Beauty », Angela Gossow, fidèle à ses convictions, mentionne les manifestations anti-corrida ayant eu lieu ce même week-end à Paris, dédiant le morceau à l’une des associations agissant en ce sens. Enfin, le groupe quitte la scène après « We Will Rise ». Ils reviendront succinctement pour interpréter la calme instrumentale « Snow Bound », puis « Nemesis » et enfin « Fields Of Desolation » pour conclure ce concert d’1h15. On regrettera l’absence de « Taking Back My Soul » autrefois placée en début de set, désormais passée à la trappe pour privilégier la nouveauté.

On ne peut pas dire d’un concert d’Arch Enemy que « ça ne casse pas trois pattes à un canard » car, de fait, si. Ça casse effectivement trois pattes à un canard, mais ça fait bientôt dix ans que le groupe s’acharne sur le même pauvre piaf – n’en déplaise à nos amis défenseurs des animaux, miss Gossow la première. Arch Enemy ne s’est pas renouvelé depuis Doomsday Machine. Si les morceaux portent des titres différents, les mélodies sont recyclées d’album en album et les structures restent les mêmes. Et comment le leur reprocher ? Aujourd’hui, tout groupe s’écartant un tant soit peu de son « style signature » est immédiatement descendu par son audience pour avoir « trahi ses fans », ou « être devenu commercial ». Arch Enemy reste donc dans sa zone de confort musical depuis bientôt dix ans. Le seul semblant d’évolution réside dans cette projection vidéo kitsch et mal exploitée où figurent les paroles des chansons sur fond de flammes.

Arch Enemy était revenu conquérir Paris…

Pourtant, la vidéo-projection en concert existe au moins depuis Pink Floyd et les exemples d’exploitation génialissime de ce support sur scène ne manquent pas. Mais Arch Enemy se contente d’un regrettable minimum et se repose sur ses lauriers. Comme le disent plus d’un fans : « l’heure de gloire d’Arch Enemy est passée », même s’il n’en reste pas moins un très bon groupe à voir – une fois – en concert, ne serait-ce que pour l’énergie dégagée sur scène.

Setlist d’Arch Enemy :

Intro : Khaos Overture
Yesterday Is Dead and Gone
Ravenous
My Apocalypse
Bloodstained Cross
The Day You Died
Solo de Batterie
Under Black Flags We March
Dead Eyes See No Future
Revolution Begins
Intermezzo Liberté (solos de chaque guitariste)
Dead Bury Their Dead
Cruelty Without Beauty
We Will Rise

Rappels :
Snow Bound
Nemesis
Fields of Desolation

Photos : Julien Perez

A voir également :

Galerie photos du concert d’Arch Enemy



Laisser un commentaire

  • Des groupes qui ont plus de 10 ans d’age et qui envoient, tu en as pas mal, et meme si ils ont des morceaux incontournables, pour certains, ils arrivent à pouvoir se permettre de ne pas jouer certains incontournables au vu du nombre de titres de ce genre qu’ils ont.
    Je prends pour exemple Machine Head qui tourne depuis 20 an, et à chaque concert tu prends une claque. Tu peux aller les voir deux fois dans la même tournée, le show ne sera jamais tout à fait le même(changement d’ordre des chansons, changement de setlist, discours…).
    Il est dommage que certains groupes commençant à avoir de la notoriété et de la bouteille enclenchent le pilote automatique, et ne prennent plus de « risques » aussi bien sur galette que sur scène, ils font de la musique bordel, pas du fan service!

    [Reply]

    BrocasHelm

    Je préfère quand même un groupe comme Arch Enemy qui reste dans une certaine ligne musicale (au risque d’être répétitifs) qu’un groupe comme In Flames qui change radicalement de style pour le pire (leur dernier album c’était Clayman, hein ?)

    Après je ne suis pas contre la prise de risque, mais tant qu’un groupe fait la musique qu’il veut faire, pourquoi se forcer à changer ?

    Stan

    @BrocasHelm: Je suis un énorme fan d’in flames, et de plus en plus fan à chaque album, personnellement.

    @kharrioth: Pour ce qui est de Machine Head, ils changent leur setlist, par contre les discours sont les mêmes à la virgule près, j’étais super surpris au Hellfest quand j’ai remarqué que je connaissais par coeur toutes ses interventions entre les morceaux

    kharrioth

    C’est vrai que Rob flynn pour cette tournée a ressorti son message d’avant darkness within à la virgule pres entre le zenith et le hellfest(Maintenant, même l’improvisé apparent doit se préparer un minimum).
    Pour la prise de risque je ne parlais pas de changement très marqué comme ont pu le faire in flames, ou meme megadeth avec le bien nommé risk(que j’apprécie beaucoup au passage), mais d’évolution de leur musique, d’enrichissement. Par exemple, tu prends slayer, ce concept d’évolution de la musique était évident entre reign in blood au début et seasons à la fin(maintenant, ils font de la soupe slayer resservie, et je trouve que ça ne prend plus, depuis divine, slayer n’avance plus du tout, et est devenu assez inintéressant en live je trouve[je fais abstraction de diabolous qui pour le coup sent la grosse prise de risque, et ou pour une fois, je n’ai pas du tout accroché])

  • Kiki les Croissants Chauds dit :

    Je ne comprend pas l’intérêt que suscite encore ce groupe. Pour moi, il est mort après les albums avec J.Liiva.
    J’ai écouté les suivants et franchement ils sont loin d’être à mon goût. La voix hyper-trafiquée de Miss Gossow et la redondance musicale m’a vite saoulée.
    Je me souviens encore d’une affiche du tonnerre au Rail Théâtre le 13 Octobre 1999 (Arch Enemy, Children Of Bodom, Dark Tranquillty, In Flames). Les quatre groupes avaient tous assurés et tout particulièrement DT. Putain, fait pas bon vieillir.

    [Reply]

  • autant j’ai effectivement trouvé la communication du chanteur de no return un peu lourde, comme au motocultor, autant je vois pas ce qu’on reproche a leur set a coté de ca. Notamment dans la fosse, pour y avoir été j’ai pas été menagé dans les pogos, j’ai pas eu de repis, donc j’ai pas ressenti cette soi disant baisse d’energie

    [Reply]

  • Pour avoir vu le groupe pour la première fois il y a moins d’un an, j’ai clairement eu un air de déjà-vu.

    Déjà pour les premières parties comme rien n’était indiqué sur le billet, c’était la surprise en arrivant devant le Bataclan (arrivé à la bourre, merci la circulation dans la capitale) et que malgré l’heure avancée (et que les premières parties avaient sans doute commencé) j’ai suivi le mouvement des fans qui campaient dehors à profiter de l’air de la capitale et à me prendre un encas et papoter avec un pote.

    Bref j’ai dû rentrer dans le vif du sujet pendant le set de No Return (j’ai été surpris de constater que le Bataclan était bien rempli) vers 20h30. Même remarque que BrocasHelm vis-à-vis de la communication du chanteur.

    Pour le set du groupe pour qui nous sommes venus, bien content d’y être (bonne ambiance en fosse sans que ce soit non plus invivable) par contre la durée je l’ai pas bien digérée alors que j’ai plus de deux heures de voiture pour me rendre à Paris <_<"

    @Stan : Ça fait un petit moment quand même que Khaos Legions est sorti, avec les clips de certaines chansons, c'est obligé que tu en connaisses quelques-unes si tu es fan du groupe.

    [Reply]

  • Un avis un peu sec tout de même. Si leurs shows commencent à se ressembler, n’est-ce pas le cas de beaucoup de groupes qui commencent à avoir de la bouteille ? Pour prendre un exemple extrême (en terme de bouteille), Scorpions nous pond à peu près la même chose de concert en concert. Quand on s’intéresse aux concerts d’un groupe de plus de dix ans d’âge, on finit par deviner quelles chansons seront jouées et dans quel ordre, enfin cette « routine » ne me dérange pas trop. La durée du set m’a par contre bien pris de court, je me souviens quand j’ai entendu l’intro de We Will Rise m’être dit « quoi, déjà ? »

    Concernant les premières parties, Titans Eve a été une bonne découverte, Hackneyed a fait un bon truc quoique je n’ai pas accroché (question de goût), et du coup je commençais à trouver le temps long. Grosse déception pour No Return par contre, un set beaucoup trop long et un chanteur qui surjoue avec ses « pour toi, public ». Comme je le disais dans un précédent commentaire, trois premières parties, c’est excessif.

    [Reply]

    Stan

    Le problème n’est pas tellement les anciens morceaux, mais plutôt dans le fait de deviner par avance les mélodies des nouveaux morceaux alors qu’on ne les avait jamais écoutés

    BrocasHelm

    Mouais, je vois… bon, c’est un peu comme Motörhead, les ingrédients sont toujours les mêmes mais le gâteau est toujours bon (et un point bonus pour la métaphore XD)

  • Arrow
    Arrow
    Slipknot @ Lyon
    Slider
  • 1/3