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Chronique   

Arch Enemy – War Eternal


Arch Enemy fait cette année face à son plus grand bouleversement en quatorze ans. A l’époque, Angela Gossow arrivait, inconnue mais braquant immédiatement les projecteurs sur le groupe – voir une front-woman faire des vocalises extrêmes était encore plus que marginal – et son Wages Of Sin marquait un jalon. Et si le groupe avait déjà écrit parmi ses plus grand hits avant ça avec le (trop) vite oublié Johan Liiva, le moins que l’on puisse dire est que le changement a été plus que bénéfique pour la carrière d’Arch Enemy. Mais il est facile de voir comment le départ d’Angela et l’arrivée de sa remplaçante, la montréalaise et ex-The Agonist Alissa White-Gluz, n’est pas une situation comparable. Angela incarne désormais le symbole de l’ascension fulgurante et la réussite du groupe, là où en 2001, Arch Enemy avait bien moins à perdre.

On se souvient du guitariste et leader Michael Amott blaguant, en pleine composition de Khaos Legions « Il y aura des titres rapides, beaucoup de mélodies… » Mais on n’était finalement pas loin de cette vérité générique avec un résultat un peu encroûté. Le changement (double, ceci étant le premier opus sans Christopher Amott) était donc une bonne occasion pour se remettre en question, mais que le groupe n’a que timidement saisie. Affirmer qu’Arch Enemy joue son avenir en mode sécurisé, cette fois-ci, en gardant une figure féminine à sa tête, qui plus est déjà connue, serait leur faire un procès facile. Pour autant, ce qui a été concocté dans War Eternal n’est certainement pas l’élan artistique que Wages Of Sin représentait en son temps. Ça commence par une introduction orchestrale convenue puis une palanquée de chansons « rapides et mélodiques » : « Never Forgive, Never Forget » qui bombarde comme jamais, le single « War Eternal » classique parmi les classiques, « As The Pages Burn », « No More Regrets », etc. Efficace, accrocheur (« On And On » a tout d’un hymne, avec ses petites intonations gothiques), virtuose, dans ce déluge de riffs et de guitares mélodiques, et diablement maîtrisé, mais aussi péniblement habituel et rassurant.

Il faut presque attendre la moitié de l’album pour ressentir une petite brise fraîche et se faire chatouiller les oreilles : « You Will Know My Name » qui, en premier, se démarque par ses ambiances et arrangements orchestraux élaborés. Mais ce sont surtout, un peu plus loin, « Time Is Black » et « Avalanche » qui gagnent toute l’attention, en développant cette nouvelle dimension, et même un peu plus. La première démarre à la manière d’une BO d’un sombre conte à la Tim Burton (rappelant un peu le « Nightmare » d’Avenged Sevenfold) et oppose ensuite science du riff heavy à d’élégantes harmonies classiques (influence d’ailleurs très présente un peu partout dans l’album dans les solos ou mélodies de guitare) via le sublime ensemble de cordes, dans une structure plutôt progressive. La seconde démarre sur un thème joué à la manière de celui d’Halloween, le film, avant de le faire exploser à la guitare doublée par l’orchestre. Ici encore ce dernier apporte profondeur, grandeur et raffinement. Le refrain, entêtant au possible, offre un paroxysme à l’album, en superposant chant extrême et clair. Ce qui amène naturellement à évoquer cette nouvelle voix. Alissa ne change pas foncièrement la donne dans un registre qui reste familier : brut, puissant et plutôt expressif, se rapprochant même parfois assez d’Angela dans ses nuances graves (« You Will Know My Name »), mais moins sauvage dans le grain, et exploitant de manière seulement subliminale ses capacités mélodiques (le refrain d’ « Avalanche » mais aussi celui d’ « As The Pages Burn » à la fois growlé et chanté).

Arch Enemy avait deux choix : masquer le changement ou l’utiliser comme un tremplin créatif. Et si on sent bien que le groupe ne rechigne pas à essayer quelques nouvelles idées, on sent aussi qu’il est très attaché à son cahier des charges. Peut-être trop. Peut-être aussi pour assurer un terrain solide et stable face à la période de remaniement qu’il a traversé. La morale de l’histoire c’est le dernier titre, « Not Long For This World », qui la donne, comme une sorte d’épilogue. Un Requiem instrumental qui enterre les années Angela Gossow et, par une prise de pouls, confirme qu’Arch Enemy a encore bel et bien de la vie en lui.

Voir le clip de « War Eternal » et écouter le morceau « As The Pages Burn » :

Album War Eternal, sortie le 9 juin 2014 chez Century Media.



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  • Et bien encore une fois, je ne suis pas du même avis que Spaceman. C’est bizarre cette impression que c’est un peintre en bâtiment qui fait des critiques d’œuvres d’art… Rien de personnel.
    En fait, je le trouve très fort cet album. Et pourtant j’ai eu du mal au début. War Eternal et As the Pages Burn étaient tellement fortes que j’arrivais pas à trouver mes marques avec la suite. Mais c’est là où c’est très fort : c’est du Arch Enemy. Mais ça sonne différent. Les orchestrations, les passages mélodiques joués à la guitare ET aux violons (!), l’énergie, tous ce côté ultra positif mais toujours aussi pêchu. Ils ont assuré le côté « on change de chanteuse mais on reste nous-même » et en même temps, ils ont ajouté des éléments de-ci de-là qui en font un super album et original. Bravo encore à eux !! 🙂

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  • alors la je prend. pas déçus du tout, et ,Mignone en plus claque bien son look vive arch enemy le renouveau………………..

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