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Chronique   

Asphyx – Necroceros


« Qu’est-ce qu’un Necroceros ? » Martin van Drunen se délecte déjà des futures interrogations des fidèles d’Asphyx. Comme à l’accoutumée, l’un des groupes néerlandais les plus influents de la scène death prône la balance des extrêmes. Depuis 1987, Asphyx pratique un death metal jouant sur les intensités, naviguant du riff le plus tranchant à la plage doom gargantuesque. Le groupe a prouvé son intérêt renouvelé pour le genre depuis sa reformation en 2007 et profite désormais d’un line-up stable, dans la continuité d’Incoming Death (2016). Necroceros est le dixième opus du groupe, nourri par les préoccupations engendrées par la pandémie. De quoi haïr un peu plus la race humaine et annoncer son déclin irrémédiable. En somme, un terreau fertile pour Asphyx.

Necroceros est un véritable enfant de la pandémie, Asphyx a cherché à rentabiliser le temps gagné contre son gré. Le seul changement notable est la participation de Sebastian Levermann au mix, remplaçant Dan Swanö. Sur ce plan, Necroceros fait honneur à ce son de guitare gras, avec tout juste la clarté nécessaire pour éviter le capharnaüm quand le tempo s’envole. Asphyx ne s’embarrasse pas d’introduction : « The Sole Cure Is Death » met d’emblée la marchandise en évidence : une batterie caverneuse, le chant d’un Martin van Drunen toujours proche du râle d’agonie et ces guitares aussi puissantes que sales et privées de nuances. Asphyx ne cache pas son affection pour la même recette : l’alternance de riffs death effrénés lorgnant parfois du côté du black et du thrash et les notes lugubres prolongées propres au doom. « Molten Black Earth » illustre la capacité du quatuor à joindre les deux bouts. Asphyx ne s’appuie pas seulement sur les contrastes, il maîtrise le mid-tempo sans peiner. De là à percevoir du Gojira au sein de la mélodie de « Mount Skull », il n’y a qu’un pas. Rien d’étonnant lorsqu’on connaît l’influence d’Asphyx sur la scène death metal.

Quelle que soit son allure, Asphyx conserve sa volonté d’appuyer l’inévitable déclin de l’espèce humaine, incarné par le chant désespéré et écorché de Martin (« Necroceros » en tête). Sa musique est un mélange de colère, de résignation et de pessimisme. La brutalité délirante et les vicissitudes de « Botox Implosion » participent tout autant au discours qu’un « Knights Templar Stand » plus solennel ou que le doom-death mélodique de « Three Years Of Famine » que Paradise Lost ou My Dying Bride n’auraient pas renié. Asphyx se contente d’arrangements minimalistes : les quelques leads disséminés suffisent à jouer ce rôle de contrepoids face à la déferlante pratiquement ininterrompue de riffs. Asphyx va jusqu’à s’inspirer du savoir-faire scandinave en la matière pour orner « In Blazing Oceans ». Si Necroceros peut paraître homogène à l’excès au premier abord, Asphyx nous agrippe par cette fluidité dans les changements de dynamique et ces accroches mélodiques vécues comme de véritables bouffées d’oxygène. Il sait en outre se montrer joueur, à l’instar de « Yield Or Die » et de ses accents heavy. Quoi qu’il arrive, la nuque doit y passer à un moment ou un autre.

Necroceros est la réalisation d’un groupe parfaitement confiant quant à sa formule éprouvée depuis plus de trente ans. Sans surprendre, la musique d’Asphyx fait parfaitement écho à ce message prophétique. Asphyx met en lumière notre bêtise et notre mort certaine avec la même conviction qu’à ses débuts. Il parvient à maintenir la pertinence de son modus operandi via une production qui respecte à la fois son expérience et les impératifs contemporains. Les ficelles sont évidentes, le headbanging aussi.

Clip vidéo de la chanson « The Nameless Elite » :

Clip vidéo de la chanson « Knights Templar Stand » :

Clip vidéo de la chanson « Botox Implosion » :

Album Necroceros, sortie le 22 janvier 2021 via Century Media Records. Disponible à l’achat ici



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