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Interview   

ATHEIST : ENTRETIEN AVEC TONY CHOY ET KELLY SHAEFER


Le retour du groupe ATHEIST sur scène était un des moments forts du Hellfest. Pas étonnant lorsque l’on sait que le dernier album du groupe de Death Technique, Elements, est sorti en…1993 ! Retrouvez maintenant l’entretien avec Kelly Shaefer et Tony Choy, respectivement chanteur et bassiste du combo floridien.

Radio Metal : Lors des concerts que vous avez donnés tout au long de l’été et de l’automne 2006, les parties de guitare de Kelly Shaefer étaient jouées par le guitariste de GNOSTIC, Sonny Carson. Pour quelle raison ?

Kelly Shaefer : Je souffre d’une maladie qui affecte les mains. Elle est appelée « syndrome du canal carpien ». Un problème de nerfs au niveau du pouce. Jouer en live m’est donc très difficile. Pour ne pas nuire à notre musique, nous avons préféré faire appel à un autre guitariste pour me remplacer pendant que je m’occuperais de la partie vocale.

Ce problème aux mains est-il résolu ?

KS : Non, ça n’a pas évolué. Je peux toujours jouer de la guitare… mais rien qui ne demande trop de technique.

A un moment donné, Burkey a été remplacé par Chris Baker, le guitariste de GNOSTIC…

KS : Oui, notre batteur Steve Flynn et lui faisaient partie de GNOSTIC. Sonny et Chris connaissaient déjà notre musique donc le choix était évident pour nous. En fait ça nous semblait logique de les appeler et de leur demander d’être guitaristes sur cette tournée.

Pouvez-vous par conséquent nous présenter l’actuel line-up d’ATHEIST?

KS : Nous avons Tony Choy à la basse, Kelly Shaefer pour la partie vocale, Chris Baker et Sonny Carson à la guitare, et Steve Flynn à la batterie.

Qu’est-ce qui a poussé ATHEIST à se reformer ?

KS : Vous ! Le public, tout simplement ! C’est le public qui a rendu tout cela possible. Nous avons la chance de revenir une dernière fois pour jouer les chansons que nous n’avons plus jouées depuis 1993. Et nous en sommes très reconnaissants.

Abordons une question que tout le monde doit vous avoir posée : peut-on espérer un nouvel album ?

KS : Non, ce serait manquer de respect à nos fans. Nous n’avons pas envie de sortir un album foireux. Tous nos albums ont été enregistrés sous la pression, c’est ce qui rendait notre musique tellement dingue. On ne pourrait plus faire pareil aujourd’hui…à moins de nous retrouver à nouveau confrontés au même genre de pression.

Tony Choy : Faire un nouvel album aujourd’hui, ce serait vraiment pour la forme. Du genre : « puisque les gens n’attendent que ça, sortons un truc, n’importe quoi…on s’en fout ! ». Nous voulons laisser notre héritage en état.

Pour vous, l’album Elements marque donc la fin d’un cycle ?

KS : Cet album marque effectivement la fin de notre cycle. On en est très fiers, c’était quelque chose de très innovateur. Nous nous sommes servis de beaucoup d’influences différentes. Tony a fait un boulot formidable avec toutes ces influences latines. Aujourd’hui on retrouve ça chez pas mal de groupes et il a été un des premiers à le faire. Il a vraiment fait du bon boulot alors qu’il n’avait que deux semaines devant lui. Je peux te dire que les chansons ont été composées sous la pression et avec l’aide de pas mal d’herbe ! C’est ça le vrai secret de la composition de cet album !

On a récemment assisté au retour de trois figures majeures du Death Metal Technique : ATHEIST, CYNIC et SADIST. Comment expliquez-vous le regain d’intérêt pour ce genre musical ?

KS : Le public d’aujourd’hui a tout simplement élargi ses horizons. Les jeunes fans de Metal ne sont pas idiots. Ce qu’ils demandent, c’est que la musique qu’ils écoutent soit bien jouée. Ils ne veulent pas de tous ces trucs simplistes. Ce qu’ils veulent, c’est de la musique exigeante d’un point de vue technique, et ça, c’est génial. Les couleurs du genre ont été très bien défendues par des groupes comme MESHUGGAH. Ce qu’on espère, c’est que cela va continuer dans les 20 ans à venir. Le tout c’est d’être vraiment musicien et de ne pas se contenter de gratouiller son instrument. L’objectif est d’apprendre à jouer et à écrire de la bonne musique. De ne pas avoir peur d’y glisser différentes influences. En fait de ne jamais se laisser marcher sur les pieds par ceux qui affirment qu’on ne peut pas s’inspirer du jazz, ou de quoi que ce soit d’autre, en Metal. Du moment qu’on ne perd pas de vue l’aspect heavy, on peut y mettre tout ce qu’on veut.

ATHEIST est l’un des pionniers du Death Metal Technique. Pensez-vous être responsables, du moins en partie, de cette tendance qu’a aujourd’hui le Metal à être très technique ?

KS : Oui, je pense que nous le sommes. CYNIC et ATHEIST ont été les deux premiers groupes à exploiter ce filon, à dire « on vous apporte une musique de malade, on espère que vous allez aimer ». Le public a mis un moment à intégrer notre musique. On se sent effectivement un peu responsables de l’essor de ce genre de Metal. MORBID ANGEL ou Chuck Schuldiner, le parrain du Death Metal, ont tout eu ce mérite pour d’autres genres de Metal. Mais nous on est pionnier pour le Death Technique. Je trouve incroyable qu’il y ait autant de ramifications dans le Death Metal et que nous ayons pris une part aussi active dans l’une d’elles. Le Death Metal Technique a ouvert des portes. Tout le monde s’y est engouffré et en a porté bien haut les couleurs.

Vous avez été l’un des tout premiers groupes à utiliser des influences jazz dans votre musique. Aujourd’hui, la chose est devenue monnaie courante. Comment l’expliquez-vous ?

KS : Steve et moi, on adorait le jazz et on tenait à en intégrer le plus possible à notre musique. Les gars de CYNIC, quand on les a rencontrés, nous ont aidés à nous sentir plus à l’aise et à poursuivre dans cette voie. Roger Patterson (NDLR : ancien bassiste d’ATHEIST décédé en 1991) a beaucoup contribué à tout ce côté technique. Steve prenait des leçons de jazz, et Roger, ce prodige, s’y est mis tout naturellement. Il ne savait même pas ce qu’il faisait cet enfoiré ! Ce qu’il écrivait était tellement technique qu’il nous fallait des jours pour réussir à jouer ses partitions. Notre style est vraiment né de toute cette technicité. Je n’arrivais tout simplement pas à les jouer et c’est là que l’orchestration est arrivée. Roger jouait par-dessus ce que faisait Steve, et nous, on se contentait de poser deux ou trois notes là-dessus. Comme un orchestre avec des cordes et des percussions. Tout ça a finalement abouti à cette musique de dingues. Et nous avons continué sur cette voie.

Considérez-vous le jazz comme une musique extrême ?

TC : C’est totalement extrême, oui ! Le jazz est l’un des styles les plus extrêmes qui soient. Quand je jouais avec CYNIC, les gens trouvaient bizarre que je fasse du Death Metal alors que j’écoutais Chick Corea ! Ca les faisait marrer. Mais je ne faisais qu’associer une musique extrême à une autre musique extrême…

KS : Beaucoup de gens n’ont pas accroché ou n’ont pas compris ce qu’on essayait de faire. Pourtant c’est du pur metal ! Quand on fait quelque chose de différent les gens ont peur d’y prendre part car ils redoutent d’être mis à l’écart par les autres. C’est pour cela qu’il y a d’un côté les pionniers, et de l’autre, les suiveurs. Ceux qui sortent du rang et prennent tous les risques. Des groupes comme RUSH ou MAIDEN… voilà les gens qu’on admire. On essaie juste de poursuivre cette tradition.

Pensez-vous que n’importe quel style de musique puisse venir se greffer sur du metal ?

KS : Je ne suis pas sûr en ce qui concerne l’opéra. Quelques groupes s’y sont essayés, mais bon…

TC : Tous les styles peuvent se mélanger. C’est juste une question d’orchestration. Le but est de ne pas perdre de vue l’aspect heavy si on veut appeler ça du Metal. METALLICA a fait appel à un orchestre symphonique pour jouer avec eux et leur son n’en a été que plus énorme.

KS : Absolument tout est possible, à condition de ne pas perdre l’essence de la musique.

Dernière question où se place-t-on d’un point de vue religieux lorsqu’on s’appelle ATHEIST ?

KS : Nous avons chacun nos croyances mais personne n’est sataniste. Notre philosophie est de croire en nous-mêmes. De croire au Dieu qui est en chacun de nous. Nous avons au moins ça en commun : nous croyons en nous-mêmes mais nous croyons en Dieu de manière différente. Nous ne sommes pas des fanatiques et nous ne sommes pas des adeptes de la religion traditionnelle, organisée…tu sais celle qui tue tous ces gens au Moyen-Orient et déclenche toutes les guerres. ATHEIST nous paraissait être un nom génial pour un groupe de Metal. Personnellement, je ne crois pas en Dieu tel qu’il est décrit dans la Bible mais Tony n’est pas de mon avis. Ce que je respecte. Chaque personne se doit de trouver un Dieu au fond d’elle-même au lieu de s’adresser à une entité extérieure. Nous faisons du Metal ensemble sans pour autant avoir la même vision des choses. Et tout se passe très bien. Les gens devraient agir de la sorte plutôt que d’essayer d’imposer leurs croyances et de s’entretuer quand leurs avis divergent…

TC : Les stéréotypes et la haine envers ceux qui ne pensent pas comme vous, c’est de la connerie. Les gens devraient avoir le droit d’être eux-mêmes. Mais de toute façon, nous sommes ici pour la musique. Pas pour la religion !

Traduction : Saff’

Site Internet Atheist : www.officialatheist.com



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