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Interview   

Audrey Horne a le rock dans le sang


Avec sa musique fraîche et inspirée, Audrey Horne fait partie des très bonnes surprises de ces dernières années. Depuis leurs débuts décomplexés avec un No Hay Banda situé quelque part entre grunge et rock crossover façon Faith No More, le groupe norvégien a petit à petit évolué vers une musique plus standard dans la forme, lorgnant du coté du classic rock. C’est en tout cas le parti pris de Youngblood, la quatrième offrande du groupe sortie en début d’année, qui apporte du sang neuf à un type de rock authentique, intemporel.

Mais Audrey Horne c’est aussi, pour ceux qui ont eu l’occasion de les voir, un groupe de scène mené par un frontman, Toschie, qui mise (à l’image de ses références) sur un charisme personnel et une vraie présence. Un artiste complet, qui plus est, puisque au-delà être chanteur, performeur et parolier, il œuvre en tant qu’artiste tatoueur et a même réalisé la très réussie pochette du dernier album.

Ci-après, Toschie nous répond sur tous ces sujets.

« Je crois que la majeure partie de la culture d’aujourd’hui est trop parfaite, trop polie, que ce soit dans la musique, dans la mode, dans la technologie, etc. »

Radio Metal : Votre premier album No Hay Banda présentait un genre de mélange de grunge et de rock crossover dans la veine de Faith No More, et depuis lors vous avez progressivement évolués vers quelque chose de plus classic rock. Comment expliques-tu ce cheminement musical ?

Toschie (chant) : Je suppose qu’il s’agit là d’une progression naturelle. Nous sommes ensemble depuis onze ans désormais et avons évolué en tant que musiciens et en tant que personnes. Le fait que nous ayons écrit toute la musique ensemble en boeuffant dans notre studio de répétition et enregistré la majorité en live a aussi naturellement amené la musique dans cette direction.

Est-ce important pour le groupe d’être en évolution constante, que chaque album se distingue du précédent ?

Oui. Évolue ou meurs ! Ça nous aide à rester attrayants vis à vis de l’auditeur et ça rend le fait de jouer ensemble plus intéressant.

Beaucoup de groupe prennent refuge dans les bonnes vieilles influences, en particulier celles des années 70, aussi bien au niveau de la musique que de la production. Penses-tu qu’à un moment donné le metal moderne s’est mis à manquer d’authenticité dans le son ou le jeu ?

Je crois que la majeure partie de la culture d’aujourd’hui est trop parfaite, trop polie, que ce soit dans la musique, dans la mode, dans la technologie, etc. et en général dans la manière dont les gens s’attendent à ce qu’on se présente en tant qu’individu. Mais personne n’est parfait, et nous avons tous nos défauts et nos conneries. Donc je suppose que l’aspect humain commence à manquer aux gens et ceux-ci commencent à rechercher cet aspect, consciemment ou pas, y compris en musique. Ceux qui apprécient vraiment ça veulent de l’authentique.

L’album s’intitule Youngblood. Ça donne un sentiment de renouvellement de génération. Penses-tu que Audrey Horne soit la nouvelle garde du classic rock ?

Non, nous ne nous voyons pas comme une telle chose. En revanche, nous pensons que nous apportons notre propre touche à ce genre et nous espérons y injecter un nouveau souffle de vie, bien qu’il soit toujours vivant et bien portant.

Une chose qui a rendu les groupes de classic rock populaires, c’est leurs ballades. Mais étrangement aucune ballade n’est présente sur Youngblood. Était-ce un choix du groupe de faire un album rock d’un bout à l’autre ?

Eh bien, pour être honnête, nous n’avons simplement terminé aucune ballade pour cet album. Mais nous l’avons fait consciemment car nous voulions réaliser un album très énergique qui reflétait ce que nous sommes en tant que groupe de concert. Et dans cette prose les titres plus lents sont restés sur le carreau et ont été mangés par de plus gros poissons, de la même manière que dans le royaume animal. La loi du plus fort.

Il y a un vrai sentiment live dans cet album. Vous rapprocher de l’énergie de vos prestations était donc votre objectif ?

Oui, comme je l’ai dit, c’était un de nos principaux objectifs pour cet album. Nous sommes fiers de chaque album que nous avons réalisé. Mais dans le même temps, nous avons aussi eu le sentiment que nous n’avons jamais pu capturer cette énergie sur album. Voilà pourquoi nous avons décidé d’écrire et d’enregistrer d’une manière différente cette fois-ci. Et, ayant fait ça, nous nous sommes rendus compte qu’à partir de là, il n’y a plus de retour en arrière possible.

Le début du titre « Cards With The Devil » a un feeling qui rappelle le « Sympathy With The Devil » des Rolling Stones. Dans la mesure où les titres des chansons présentent des similarités également, était-ce un clin d’œil au hit des Rolling Stones ?

Hé hé ! Crois-le ou non mais c’est simplement une coïncidence. Bien que j’adore cette chanson. Le début de notre titre a été fait de cette manière car nous trouvions que toute la chanson possédait un groove sympa et nous avons pensé que ce serait cool de commencer avec ce groove façon jungle. Donc, si nous avons volé l’idée, c’était davantage de Van Halen.

« Tu n’a pas à te cantonner à certaines règles et tu peux laisser ton imagination devenir folle, ce qui offre souvent le meilleur résultat. »

Les gens catégorisent toujours les rockers entre les Rolling Stones et les Beatles. Dirais-tu que vous êtes davantage dans la catégorie Rolling Stones ?

Non, je suppose que nous avons l’attitude rock des Stones mais nous avons encore plus le sens mélodique des Beatles, non pas que je nous compare à l’un ou l’autre. Nous sommes plus le type de hard rock à la Burt Bacharach.

Dans cette même chanson, la progression d’accords que l’on entend au début et vers la fin et la manière dont elle est jouée sonne très similairement à ce que l’on entend dans la chanson « Gambler » de Whitesnale mais aussi dans « Psycho Holiday » de Pantera. C’est très surprenant mais est-ce une pure coïncidence ?

Lorsque tu écris de la musique, tu es toujours voué à finir avec quelque chose qui possède des similarités avec beaucoup d’autres musiques composées auparavant. Donc j’imagine que nous sommes influencés par des choses et lorsque nous écrivons, nous nous rendons compte généralement lorsque ça sonne de manière similaire à quelque chose d’autre, comme un riff ou une ligne mélodique. Mais si nous sentons que ça a pleinement sa place en tant que tel dans une chanson, on s’en fout. A moins bien sûr que ça donne l’impression que nous l’avons volé.

Penses-tu que, d’une certaine manière, l’espace qui sépare Whitesnake de Pantera représente l’ouverture d’esprit d’Audrey Horne, le type de distance que le groupe est capable de parcourir musicalement ?

Heureusement, nous prenons notre inspiration de tout type de musique et au sein du groupe, le périmètre de nos influences individuelles est très grand. J’aime à croire que c’est pourquoi nous faisons une musique qui a des racines bien ancrées dans le hard rock traditionnel, mais avec une touche légèrement différente et personnelle.

La couverture de l’album ressemble à quelque chose que Kiss aurait pu faire. En fait, elle ressemble quelque peu à la couverture de l’album Rock And Roll Over de Kiss. Était-ce une référence, le genre d’esprit que vous vouliez lui donner ?

Oui, c’était le cas. J’ai réalisé cette couverture après que le groupe m’ait demandé de la faire, et ensuite, ils m’ont demandé si je pouvais dessiner les têtes de chacun d’entre nous. Je me suis rendu compte qu’il avait un feeling similaire à Rock And Roll Over, mais nous avions le sentiment que c’était cool. Après tout, la plupart d’entre nous avons été introduits à la musique grâce à Kiss.

Votre précédent album avait été produit par Joe Barresi, mais cette fois-ci vous avez fait appel à un producteur Norvégien connu sous le nom de The Magnet. Pensiez-vous que quelque chose manquait dans le travail de Joe Barresi ? Qu’est-ce qui vous a poussé à faire appel à The Magnet ?

Il n’y avait strictement rien à reprocher à Joe, nous voulions simplement faire les choses différemment. Magnet étant un artiste de spectacle, nous pensions qu’il était l’homme qu’il fallait pour le job. Il a de l’expérience avec les deux facettes, la production et le jeu live. Il a qui plus est un talent incroyable lorsqu’il s’agit de comprendre la musique. Donc, l’un dans l’autre, nous avons décidé de partir avec lui. De plus, c’est un vieil ami et c’est toujours bien de faire la fête avec de bon amis.

L’album Le Fol avait été produit par le groupe lui-même. N’étiez-vous pas intéressés de retenter l’expérience ?

Non, pas vraiment. Il y a trop d’arguments en défaveur !

Tu es le type de chanteur qui possède une forte présence sur scène. Est-ce quelque chose que tu as emprunté aux chanteurs de classic rock ? Quelles sont tes références lorsqu’il s’agit de faire le show ?

Merci, ouais j’ai appris en regardant et écoutant ces mecs. David Lee Roth, Paul Stanley, Ronnie James Dio, Eddie Vedder, David Bowie, Steven Tyler, Tom Waits, Bruce Dickinson, etc.

Et en ce qui concerne la performance vocale ?

Grosso-modo les mêmes mecs. La performance scénique n’est pas nécessairement qu’une question de sauter dans tous les sens. Tu peux être très calme et malgré tout offrir un putain de show. Il suffit simplement de regarder Robert Plant de nos jours.

« Réaliser des images pour des tatouages est par bien des aspects, comme écrire des paroles. Tu utilises ça pour raconter quelque chose à propos de quelqu’un, de sa vie, son expérience et sa passion. »

J’ai lu quelque part que tu étais également un artiste tatoueur. Peux-tu nous en dire plus au sujet de cette activité ? Est-ce que tu fais un lien entre cette activité et ton travail en tant que chanteur et parolier ?

Oui je le fais. Un grand nombre de paroles proviennent de mes images d’artiste tatoueur et inversement. Réaliser des images pour des tatouages est par bien des aspects, comme écrire des paroles. Tu utilises ça pour raconter quelque chose à propos de quelqu’un, de sa vie, son expérience et sa passion. Donc pour moi, ce sont deux faces d’une même pièce, parfaites à combiner. Tu n’as pas à te cantonner à certaines règles et tu peux laisser ton imagination devenir folle, ce qui offre souvent le meilleur résultat.

La Norvège est bien connue pour sa scène black metal mais depuis ces dix dernières années une belle scène hard rock a émergé, incluant Audrey Horne mais aussi des groupes comme Sahg et d’autres. D’où provient cette passion pour le rock en Norvège ?

Le cœur. Je ne crois pas que ce soit différent du reste du monde, nous le colorions avec un pinceau différent par rapport à ce qu’ils font en, disons, Angleterre ou en Pologne. Nous sommes colorés par notre culture et notre environnement.

Le plus connu et le plus influent des groupes de rock provenant de Norvège est assurément Turbonegro. Que penses-tu de ce groupe ? Quel impact a-t-il eu sur Audrey Horne et la scène rock norvégienne ?

J’aime ce groupe et ils ont influencé une quantité d’artistes ici, d’une manière ou d’une autre, dans le sens où ils ont démontré qu’un groupe underground avec des idées folles pouvait s’emparer du monde.

Interview réalisée par e-mail en avril 2013.
Traduction : Spaceman

Site internet officiel d’Audrey Horne : www.audreyhornemusic.com

Album Youngblood, sortie le 4 février 2013 via Napalm Records



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