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Metalanalyse   

Audrey Horne : du sang neuf sur l’autel du hard rock


Depuis ses débuts en 2002, Audrey Horne a toujours eu pour but avoué de faire du hard rock. Une sorte de défouloir imaginé par et pour des musiciens qui, dans leurs projets respectifs, touchent pour certains à des styles plus sombres et agressifs : le guitariste Arve Isdal évolue au sein de Enslaved, Kjetil Greve offre ses talents de batteur à Deride. Audrey Horne, c’est donc l’opportunité pour ces Norvégiens de s’exporter sous un label traditionnellement moins revendiqué par cette région du globe : le « True Norwegian Soft Rock ».

Avec son premier album No Hay Banda, Audrey Horne avait débuté sur un rock largement influencé par la scène grunge des années 90. Avec le troisième album éponyme Audrey Horne, les Norvégiens ont tracé leur route jusqu’à ce que Toschie, (chanteur) avait appelé rétrospectivement en décembre 2012 sur Rocking.gr « la pure essence de ce qu’est Audrey Horne » : des compositions attachées à ses références de classic rock qui dégagent en même temps une personnalité originale bien perceptible. Audrey Horne fabrique des chansons qui s’offrent la voix haut-perchée de Toschie et laissent s’exprimer sans lourdeur la maîtrise technique des musiciens. La touche finale qui vient renforcer le caractère authentique d’Audrey Horne, c’est cette ambiance légèrement planante et mélancolique qui hante la plupart des lignes mélodiques, perceptible sur « Down Like Suicide » pour ne citer que ce titre en exemple.

Avec leur nouvel album Youngblood, les Norvégiens continuent sur leur lancée et gravent définitivement les influences de leurs idoles de jeunesse. Le clip de « Redemption Blues » (ci-dessus) transpose en images cet esprit de retour aux sources du hard rock puisqu’il met en scène un papi rocker qui abandonne le temps d’une chanson sa routine de couple retraité pour revivre un concert comme au temps de sa jeunesse. Youngblood semble marquer la volonté de ramener un peu de son neuf dans les oreilles d’un public nostalgique. La détermination et l’énergie mises dans cette entreprise par les Norvégiens trouvent un écho dans la pochette qui représente avec humour les quatre musiciens – incluant Espen Lien, le nouveau bassiste du groupe – concentrant leurs regards électrisés sur un Toschie crachant des éclairs rouges.

Pour le groupe, ces réminiscences musicales sont autant un prétexte qu’une finalité pour s’amuser avec tous les patterns du hard rock : les riffs sautillants à toute allure de « Straight Into Your Grave », le ternaire catchy de « Yougblood », les refrains haut-perchés repris en chœur sur « There Goes A Lady », les duels entre guitaristes aussi épiques les uns que les autres… Youngblood laisse s’exprimer plus largement la virtuosité technique des musiciens, comme le montre par exemple toute la deuxième moitié de la chanson « Redemption Blues » principalement instrumentale. Ceci s’inscrit manifestement dans un processus d’écriture un peu différent des précédents albums qui a, comme l’expliquait justement Arve Isdal ce mois-ci sur About.com, laissé à chacun « plus de liberté de faire ce qu’il voulait sur les chansons », ce qui mène à retrouver dans l’album « les éléments et l’inspiration de tous les groupes favoris » de chacun des musiciens.

Le revers de la médaille, c’est que ce qui caractérisait l’identité musicale décrite un peu plus haut sur l’album, Audrey Horne a tendance à s’estomper derrière ces références musicales qui dominent dans une bonne moitié des compositions. Heureusement, c’est sans compter les lignes de chant de « Youngblood » ou la tonalité du refrain « Cards With The Devil » sur lesquels reviennent des sonorités plus personnelles au groupe. Les derniers morceaux de l’album « This Ends Here » et « The King Is Dead » réalisent d’ailleurs une synthèse de ces efforts en équilibrant les passages dynamiques et les soli qui héritent de ces influences hard rock avec les mélodies plus planantes des refrains – la proximité maritime de Bergen, ville d’origine du groupe, aidant peut-être d’ailleurs à insuffler aux morceaux quelques thématiques et quelques sonorités plus « norvégiennes » (« The Open Sea » et « The King Is Dead »).

Youngblood est le fruit des efforts de cinq musiciens qui, quel que soit le style dans lesquels ils officient, font preuve d’une aisance et d’une personnalité musicale incontestables. Avec ce quatrième album, Audrey Horne a donné le jour à un rejeton plein de caractère qui s’inscrit dans la ligne droite de la démarche affichée par le groupe : jouer du rock et se faire plaisir en reprenant les ingrédients qui ont bercé leurs jeunes oreilles.

Album Youngblood, sortie le 4 février 2013 via Napalm Records



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