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Chronique   

Audrey Horne – Pure Heavy


Audrey Horne confirme. Pas la qualité de son œuvre – ça il l’a fait depuis déjà belle lurette, depuis ses premiers albums qui le positionnaient en outsider de la scène metal avec une musique très personnelle – mais son virage artistique. Pure Heavy, déclaration, et même célébration à la gloire du heavy intemporel, authentique, historique, suit directement dans les pas de Youngblood où le combo embrassait sans complexe l’héritage qui coule dans ses veines, l’héritage de toute une scène, celui du hard/metal des années 70 et début 80. Pure Heavy confirme donc cette direction et enfonce le clou.

Un album bourré de références et d’hommages, volontaires ou non, à commencer par cette illustration pouvant facilement évoquer celle du Eliminator de ZZ Top, là où celle de Youngblood penchait largement du côté de chez Kiss. Puis dès l’ouverture d’album, l’amorce du titre « Wolf In My Heart » singe littéralement les Who. Un peu plus loin le jovial « Out Of The City » se la joue Thin Lizzy jusqu’au bout des ongles. « Tales From The Crypt » reprend quant à lui, en clin d’œil assumé, le rire reconnaissable de « Sweet Leaf » de Black Sabbath. Et la montée harmonique de « Waiting For The Night » rappellera celle bien connue du « Hangar 18 » de Megadeth, avant d’enchaîner sur un refrain qui pourrait sonner très pop années 80, pour peu que l’on remplace l’instrumentation rock par des synthétiseurs (penser « Maniac » de Michael Sembello). Puis, Kiss (« Tales From The Crypt »), Judas Priest (« Holy Roller » avec en prime une accalmie « black sabbathienne »), Iron Maiden (« High And Dry »), Mötley Crüe (« Into The Wild » aux airs de « Live Wire »), etc. sont autant de références que l’on pourra déceler au travers de Pure Heavy. Ce qui pose évidemment la question de l’originalité et de la personnalité, une question que l’on n’aurait jamais songé à se poser il y a quelques années en parlant d’Audrey Horne, qui peut désormais, parfois, donner la sensation de vivre au travers du passé et la patte musicale des « anciens », à défaut de la sienne.

Pourtant, une patte, Audrey Horne en a une et, s’il sait se montrer en bon imitateur, cette voix et ces lignes de chant de Toschie (quoi qu’Ozzy n’est parfois pas loin), cette intelligence de composition avec ses petits rebondissements, mais aussi cette petite touche de mélancolie dans l’interlude « Diamond » sont bien les siennes. Tout comme le plus épique et sombre « Boy Wonder » de clôture qui renvoie à un Audrey Horne plus personnel. Certes, cette originalité que tant de groupes pourtant recherchent, Audrey Horne a décidé, tout ou partie, de la bazarder. Mais par ce sacrifice, le combo affirme une chose : rien ne peut se substituer au bonheur qu’il s’est trouvé. Le plaisir qui a été celui du quintet à confectionner cet album est évident, par cette musique généralement joviale, positive et assurément taillée pour le live et le partage. Audrey Horne s’amuse comme jamais. Alors, on peut bien regretter la régression – mais une régression savamment maîtrisée – dans laquelle s’engouffre le combo, l’essentiel reste la sincérité qui en émane. Et de la sincérité, de l’amour pour la musique hard et heavy, Pure Heavy, à travers sa poignée d’hymnes, en a à revendre. Il faudra en revanche que les Norvégiens prêtent attention à ne pas finir avec le syndrome Avenged Sevenfold par des emprunts trop prononcés, car on ne peut nier qu’ils s’en approchent ici dangereusement…

Ecouter le titre « Out Of The City » :

Album Pure Heavy, sortie le 26 septembre 2014 chez Napalm Records.



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