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Interview   

AUDREY HORNE: “SEXY PEOPLE WITH SEXY MUSIC”!




Audrey Horne, dernier album éponyme

Radio Metal : Nous voilà rendus à cette période de l’année où l’on fait le bilan de l’année passée. Que s’est-il passé pour AUDREY HORNE en 2009 ?

Ice Dale (guitare) : Nous avons réalisé une tournée européenne en novembre et décembre 2008. Après cela, nous sommes directement repartis en tournée en Norvège en janvier et février 2009. Nous avons ensuite commencé l’écriture du nouvel album. Nous avons passé la plus grande partie de l’année à écrire et composer, puis nous nous sommes rendus à L.A. à la mi-septembre pour l’enregistrement. L’année 2009 s’est résumée à une série de concerts, à l’écriture de l’album et à son enregistrement.

Fin 2008, vous vous êtes embarqués dans une énorme tournée européenne avec ENSLAVED. Au total, vous avez donné une quarantaine de concerts en un mois et demi. C’est énorme ! Ce rythme vous a-t-il posé problème ? J’ai entendu dire que Toschie avait eu des difficultés à chanter à la fin de la tournée…

Oui, Toschie est tombé malade à la fin de la tournée. Il a continué à chanter car nous ne voulions annuler aucun concert, mais sa voix n’a fait qu’empirer. Au final, nous avons malgré tout dû annuler quelques concerts. Il a assuré une grande partie de la tournée, mais nous avons dû nous retirer sur la fin. Ça arrive, et on n’y peut pas grand-chose !

Tu joues toi-même dans les deux groupes. Était-il difficile de te donner à fond pour les deux concerts ?

Avant de partir en tournée, nous pensions que ce serait difficile, mais je voulais tout de même essayer. En fait, ce n’était pas si terrible. Notre show arrivait toujours avant celui de ENSLAVED. Je restais sur scène, je buvais un coup et j’y retournais. C’était sympa, une expérience intéressante.

Aujourd’hui, ENSLAVED est un groupe de black metal progressif, tandis que l’approche musicale de AUDREY HORNE est plus directe et plus mélodique. Ouvrir les concerts de ENSLAVED avec AUDREY HORNE était-il approprié ? Comment les fans de ENSLAVED vous ont-ils accueillis ?

C’était plutôt sympa. Nous étions un peu nerveux avant la tournée européenne, mais je pense que nous avons gagné de nouveaux fans. Ce n’est pas toujours facile d’évoluer sur la scène extrême, car nous sommes plutôt un groupe de rock traditionnel. Nous avons malgré tout de nombreux fans du côté extrême, alors pourquoi ne pas se lancer !


« Lorsque nous avons écrit le premier album, nous étions six, et la musique reflétait les goûts de chacun. Pour le deuxième album, nous avons perdu deux membres, mais nous avons malgré tout utilisé de nombreuses idées tirées de ce que nous avions écrit tous ensemble. Pour ce troisième album, nous ne sommes plus que quatre. C’est comme repartir à zéro. »
Vous êtes sur le point de sortir votre troisième album, éponyme celui-ci. Généralement, lorsqu’un groupe sort un album éponyme, c’est pour marquer un nouveau départ dans leur carrière, ou parce que cet opus est considéré comme le meilleur. Est-ce le cas ici ?

Plus ou moins, oui. Lorsque nous avons écrit le premier album, nous étions six, et la musique reflétait les goûts de chacun. Pour le deuxième album, nous avons perdu deux membres, mais nous avons malgré tout utilisé de nombreuses idées tirées de ce que nous avions écrit tous ensemble. Pour ce troisième album, nous ne sommes plus que quatre. C’est comme repartir à zéro. Nous avons passé beaucoup de temps sur l’écriture et la préparation de l’album. Nous avons une nouvelle agence de booking, un nouveau management… C’est un nouveau départ pour tout le monde.

Le Fol, votre premier disque, était auto-produit. Pour ce nouvel album, vous avez fait appel à Joe Barresi, avec qui vous aviez déjà travaillé à l’époque de No Hay Banda. Cela signifie-t-il que l’auto-production de Le Fol n’était pas une expérience concluante ?

Comme je l’ai déjà dit, lorsque nous avons réalisé Le Fol, l’ambiance dans le groupe était un peu chaotique. À l’époque, produire l’album nous-mêmes semblait la meilleure solution. C’est un disque très honnête, qui montre où nous en étions en tant que musiciens à l’époque. Pour l’album suivant, nous avons franchi une nouvelle étape en faisant appel à un producteur qui pouvait nous aider en termes de son. Nous avions vraiment envie de quitter Bergen pour réaliser ce disque, cette fois. Lorsque l’on travaille sur un album dans sa propre ville, les sources d’interruption sont nombreuses : famille, amis… Nous avions toujours rêvé d’aller à L.A. pour y enregistrer un album, et c’est ce que nous avons fait. Travailler avec Joe était une super expérience, il est très professionnel et a notamment une très bonne oreille pour la batterie. Tout ça était très nouveau pour nous. Avant ça, j’avais pris l’habitude d’arriver en studio avec ma guitare et mon ampli et de dire : « voilà ce que j’ai ». Ce n’était pas le cas ici.

Certains groupes préfèrent s’occuper de la production et du mixage eux-mêmes, au nom de la liberté de création. Ils n’aiment pas que des personnes extérieures leur disent quoi faire. Avez-vous toujours cette liberté avec Joe Barresi ou préférez-vous que des tiers avec une approche extérieure vous disent ce qu’ils en pensent ?

Joe avait déjà mixé notre premier album ; il a accepté de le faire car il aimait le groupe et la musique. Lorsque nous avons commencé à travailler sur le deuxième album, nous avons réalisé qu’il voulait exactement la même chose que nous. Nous n’aurions jamais pu travailler avec un gros producteur qui aurait voulu apporter d’énormes changements à notre musique et nous envoyer dans une autre direction. C’est pour cette raison que nous avons choisi Joe, nous savions qu’il voulait arriver au même résultat que nous. Je sais que certains groupes plus connus sont parfois poussés par leur label à faire les choses différemment, parce que le label veut pouvoir passer les chansons à la radio, par exemple. Mais comme nous ne sommes pas très connus, nous avons beaucoup plus de liberté. Le label n’a même pas entendu l’album avant qu’il ne soit mixé et terminé.

On dit souvent que le troisième album est très important dans la carrière d’un groupe. Avez-vous fait un effort particulier pour ne pas reproduire les erreurs dont vous avez pu tirer des leçons sur les précédents albums ?

Ce qu’il y a d’intéressant avec la musique et le fait d’écrire des albums, c’est que l’on apprend beaucoup. Un album est une sorte de photographie instantanée, dans laquelle vous avez injecté vos idées en tant que personne, en tant que musicien et en tant que groupe. Lorsqu’on revient sur l’album après quelques temps, on se dit qu’on aurait pu faire les choses différemment, mais on apprécie toujours autant son travail. Je suis toujours fier des deux premiers albums, je les trouve très bons. Mais nous évoluons en permanence ; lorsqu’un groupe en arrive à se dire qu’il a réalisé l’album parfait, il peut arrêter de sortir des disques.

Dans la dernière chanson, “Godspeed”, on peut entendre “These Vultures will guide you” ; or, la première chanson de l’album s’intitule “These Vultures”. Que sont ces vautours auxquels vous faites allusion et quel est le lien entre les deux chansons ?

La dernière chanson permet de renvoyer l’esprit de l’auditeur à la première. Vous avez alors envie de reprendre l’album au début et de le réécouter.

Si on écoute “These Vultures” immédiatement après “Godspeed”, l’enchaînement musical semble très logique. Était-ce voulu ? Avez-vous volontairement essayé de faire de cet album un cercle parfait ?

Tout à fait, oui. Lorsque nous avons agencé les titres de cet album, nous avons essayé de leur donner du sens. Ce n’est pas un concept album, mais musicalement parlant, toutes ces chansons s’emboîtent et créent un ensemble. Pour nous, c’était très important. Nous avons écrit une série de chansons, avons choisi les dix ou onze meilleures, et avons tenté d’en faire un ensemble cohérent.


Audrey Horne, la seule et l’unique. Bavez, chers lecteurs, bavez.
Le nom du groupe vient d’un personnage de Twin Peaks, la série de David Lynch. L’ambiance dans les films de David Lynch est généralement assez tordue. Un titre comme “Circus” et de nombreux autres dans le répertoire d’AUDREY HORNE prennent également cette direction. D’où vous vient cette folie que l’on retrouve dans votre musique ?

Comme tu viens de le dire, le nom du groupe vient d’un personnage de David Lynch. Nous aimons tous cette série et ce réalisateur. Mais nous n’essayons pas de baser toute notre musique autour de David Lynch. Nous sommes un groupe de rock classique, un peu comme BLACK SABBATH, DEEP PURPLE, AEROSMITH ou GUNS N’ ROSES. Lorsque nous écrivons de la musique, nous nous concentrons davantage sur les mélodies : si une chanson n’a pas de mélodie, on ne l’utilise pas. Je nous vois comme un groupe de rock classique, voire pop !

Comment comparerais-tu AUDREY HORNE, le groupe, à Audrey Horne, le personnage ?

Elle est très sexy et mystérieuse. Notre musique est un peu comme ça ! C’est peut-être le lien.

Vous êtes un groupe sexy ?

Oh que oui ! Des musiciens sexy qui font de la musique sexy !

Tom Cato Visnes a quitté le groupe en 2007. Depuis, aucun bassiste officiel n’a été choisi pour le remplacer, mais un musicien de session a enregistré l’album et assure les concerts. Est-ce par choix ou parce que vous n’avez pas encore trouvé la bonne personne ?

Après que Tom et notre claviériste aient quitté le groupe, j’ai assuré la basse sur le deuxième album et nous avons décidé de nous passer de clavier. Sur le dernier disque, je n’ai pas voulu me mettre à la basse. Nous voulions un vrai bassiste, alors nous avons engagé un type que nous connaissions, un bassiste brillant qui venait de Bergen. Nous avons utilisé un musicien de session car nous ne voulions pas l’engager officiellement dans le groupe pour l’instant. C’est un peu comme quand on rencontre une fille, on ne va pas se marier avec après le premier rendez-vous : on veut d’abord faire un essai, voire comme les choses se passent, voir si l’étincelle est là. Nous allons engager de nouveaux membres, mais nous voulons faire des essais d’abord et voir comment ça se passe. Nous voulons nous assurer d’avoir trouvé la bonne personne.

J’ai entendu dire que Tom avait quitté le groupe car il avait choisi de s’impliquer davantage dans GOD SEED et dans SAGH. En règle générale, les membres de AUDREY HORNE jouent dans d’autres formations bien établies. Est-il difficile pour le combo d’évoluer en sachant que ses membres sont impliqués dans d’autres groupes ?

Nous considérons tous AUDREY HORNE comme notre groupe principal, ce n’est pas simplement un groupe de plus. Je pense que Tom est parti car il avait trop de choses à faire. À l’époque, il avait un emploi régulier, une copine et un enfant. Il jouait également dans pas mal de groupes et faisait beaucoup de scène. Ça faisait trop et il a dû faire un choix. J’ai moi-même participé à pas mal de groupes, mais aujourd’hui, pour nous quatre, AUDREY HORNE est la priorité. Nous sortons un nouvel album en mars et nous sommes totalement concentrés dessus. Le tout, c’est de planifier les choses. Vous sortez un album, partez en tournée, faites de la promo… C’est la routine, ça rend les choses faciles à planifier. Pour l’instant, on s’en sort pas mal. Nous verrons comment ça évoluera.

Entretien réalisé en janvier 2010 par phoner
Myspace AUDREY HORNE : www.myspace.com/audreyhornemusic




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  • Metal'o Phil/RM dit :

    Enfin !!!

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  • Erreur sur la newsletter envoyée ce jour : l’album est pas encore sorti…ouh quelle est vilaine celle-là !!!

    Bon je vais me pendre.

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  • Spaceman / RM dit :

    Amaury, quel diffamateur celui là… Je reconnais bien là l’enseignement de ton perfide MAITRE! 😉

    D’ailleurs, c’est l’occasion de remercier Seb, non pas la femme à barbe, mais un vendeur chez un très bon disquaire lyonnais (Gib… …seph) qui connais bien ma boulimie et n’hésite pas à me brancher sur les disques qu’il découvre. C’était le cas de Audrey Horne en 2005 lorsque l’excellent No Hay Banda est sorti, pourtant dans la plus totale indifférence.

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  • Spaceman va-t-il reconnaitre que c’est moi qui lui ait fait découvrir ce très bon groupe ?

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