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Chronique   

Avantasia – Ghostlights


Avantasia - GhostlightsAvantasia n’a pas quitté l’ère victorienne et Tobias Sammet (Edguy) a toujours son histoire à conter. The Mystery Of Time (2013) narrait le récit de ce scientifique agnostique confronté à un cercle de confrères cherchant à manipuler la notion de temps, le tout dans une atmosphère de l’Angleterre du XIXe siècle. Le nouvel effort d’Avantasia, Ghostlights, en est la suite directe. Douze titres qui explorent la question de la spiritualité et son antagonisme avec la science. Douze titres qui rappellent qu’en 2016 le heavy metal est aussi fringant qu’il est exubérant. Après tout, n’est-ce pas ce qu’on désire tous secrètement ?

Avantasia n’a pas changé sa recette. On retrouve Tobias Sammet en tant que principal compositeur et une pléthore de guests : Jorn Lande, Ronnie Atkins (Pretty Maids), Robert Mason, Dee Snider (Twisted Sister), Geoff Tate (Queensrÿche), Michael Kiske (Helloween), Marco Hietala (Nightwish), Herbie Langhans, Sharon Den Adel (Within Temptation), Bob Catley (Magnum)… Un album qui peut être considéré justement comme une sorte d’ode au heavy. Si le protagoniste de l’opus est le même, les titres ne forment pas un ensemble aussi homogène que sur The Mystery Of Time. Ces derniers peuvent s’appréhender individuellement sans paraître isolés. Tobias Sammet propose ainsi une musique qui relate selon ses dires « douze moments clés » du voyage du personnage, évitant de former un « tout » inamovible. Pari réussi : chaque titre se démarque par ses caractéristiques singulières sans doute grâce aux interventions justifiées des invités. Ainsi le plutôt classique « Mystery Of The Blood Red Rose » se charge d’introduire orchestralement l’album profitant d’un des refrains les plus accrocheurs de l’album. « Let The Storm Descend Upon You » lui succède. Plus de douze minutes d’épique au premier sens du terme. Tout y est : les arrangements grandiloquents, la pseudo-ambiance de tension, les leads de guitares, le chant conjugué de Tobias Sammet, Ronnie Atkins, Robert Mason et Jorn Lande. L’héroïsme à l’ancienne, sorte d’ « hymne au courage » pour les pleutres que nous sommes. Et si d’aucuns pensaient qu’Avantasia atteignait le faîte de la grandiloquence avec ce titre, le refrain de « Seduction Of Decay », avec le très expressif Geoff Tate, leur fait découvrir de nouveaux horizons… En sus, la singularité des chansons est bien illustrée par Herbie Langhans, pourtant pas le plus prestigieux nom de cette fournée, qui délivre une prestation gothico-romantique à la The 69 Eyes remarquée sur « Draconian Love » ou le titre « Master Of The Pendulum », qui fait bon usage de Marco Hietala grâce au contraste entre les parties agressives et le refrain enjoué.

Tout n’est pourtant pas du meilleur goût possible. Certaines lignes mélodiques pêchent par leur facilité, soutenues par un chant qui paraît trop démonstratif, à l’instar du titre éponyme où l’association Tobias Sammet–Jorn Lande-Michael Kiske éprouve les tympans pour peu que l’on veuille apprécier Avantasia au casque. On regrettera également le refrain un peu mièvre et répétitif de « The Haunting » (avec Dee Snider) qui brise l’ambiance inquiétante des couplets. D’autres compositions, bien qu’exécutées et produites à la perfection laissent de marbre. C’est le cas d’ « Unchain The Light », surtout quand on a passé l’atmosphère prenante créée par le timbre de Sharon Den Adel dans « Isle Of Evermore » et le très énergique « Babylon Vampires » qui redonne envie de s’adonner à la air-guitar devant son miroir, comme on le faisait pour un Powerslave (ou non). Avantasia est parfois inégal, mais peut-on le blâmer lorsqu’on constate la difficulté de créer une œuvre destinée à soutenir des prestations live de trois heures ?

Tobias Sammet souligne avec Ghostlights son amour pour le classic-rock et le heavy, une nouvelle fois. Les auditeurs hermétiques au genre haïront cet opus et haïront Avantasia, il ne faut pas se leurrer. Pour le reste, Ghostlights ravive une flamme endormie qui nous fait retomber dans un plaisir coupable. Les mélodies, les refrains à l’unisson, les leads dantesques… Certes Avantasia a ce côté kitch et désuet, presque ringard en de rares moments. Ghostlights ne fait pas exception. Seulement, une fois que cette critique est prononcée il n’y a qu’une chose à en faire : l’ignorer.

Les lyrics vidéos des chansons « Ghostlights » et « Mystery Of A Blood Red Rose » :

Le trailer de l’album :

Album Ghostlights, sortie le 29 janvier 2016 via Nuclear Blast Records.



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